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Salina les trois exils, Laurent Gaudé

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          Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.

          De Laurent Gaudé, je n’avais lu que Le soleil des Scorta qui avait été un énorme coup de cœur. J’avais adoré sa plume à la fois sèche et poétique, brûlante comme un soleil d’été. Je ne sais pas pourquoi je n’avais rien lu d’autre de lui depuis, alors que j’avais tellement envie de découvrir le reste de son œuvre. Toujours est-il qu’en septembre de l’année dernière, dans une rentrée littéraire où rien, absolument rien, de ce que je lisais ne m’emballais, j’ai décidé d’acheter son dernier roman dont je n’avais même pas entendu parler. Juste parce que « Gaudé c’est bien » et que j’avais besoin de quelque chose de beau.

Couverture du roman Saline les trois exils

          Pourtant, je ne l’ai pas lu de suite. Jamais je n’avais eu autant de mal à me dépêtrer d’une rentrée littéraire et après m’être enfin débarrassée de la tonne de services de presse sous laquelle j’ai bien failli finir ensevelie, je n’avais qu’une envie : lire tout sauf de la nouveauté. Pas qu’en soi ça change grand-chose qu’un roman soit sorti il y a 5 ans ou avant-hier mais j’avais besoin de faire une pause pour retrouver le plaisir de lire des livres qui m’attendaient sagement dans ma bibliothèque depuis trop longtemps. C’est ainsi que j’ai laissé Laurent Gaudé de côté pour ne le ressortir qu’au début de l’été. Et quelle claque ç’a été mes amis !

          C’est bien simple : il y avait longtemps que je n’avais rien lu d’aussi beau. Le style est plus beau encore que dans mon souvenir. J’y ai bien retrouvé sa pâte pourtant, son écriture me donne toujours l’impression d’une soif inextinguible. C’est tellement âpre et tellement beau à la fois. Ca m’émeut profondément. J’y ai trouvé cette fois une poésie et un rythme plus marqués encore. Un récit qui se rapproche du conte, ce qu’on ressent dans le style, plus onirique.

          L’histoire est très forte. Elle est dure et belle. On retrouve tous les codes du conte ici et j’ai beaucoup aimé cet univers entre réel et imaginaire. Il n’y a pas d’indications de lieu ou de temps dans ce texte qui tend à l’universel. Une histoire d’amour, de rejet, de vengeance, qui aurait pu advenir en tout lieu et en tout temps. C’est fort et émouvant. Je n’ai pas assez de mot pour décrire l’infinie beauté de ce texte. Un roman court et puissant, d’une incroyable force évocatrice. Une texte tout simplement magnifique.

Portrait de Laurent Gaudé

Il écoutait tout, avec avidité, sidéré qu’il puisse y avoir tant de mots dans cette femme. Que sa mère qui ne vivait rien d’autre que ces journées longues passées à ses côtés, ces journées de marche, de campement, de survie, ait pu avoir une vie si pleine de blessures et de fracas.

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Elle sait, elle, que la vie se soucie peu de la volonté des hommes, qu’elle décide à leur place, impose, écarte les chemins qu’on aurait voulu explorer et affaiblit ce qu’on croyait éternel.

La Momie

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          Film d’horreur/aventure américain de Alex Kurtzman avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Annabelle Wallis
Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain.

Affiche du film La Momie

          Bon, bon, bon, puisqu’il le faut, parlons de ce film… Je ne vais d’habitude pas voir ce type de blockbuster. J’en vois bien d’autres, j’adore les films d’action et de super-héros, mais les trucs un peu horreur, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Je ne comptais pas particulièrement à le voir (pas du tout même) mais un ami m’a proposé de l’accompagner à l’avant-première. Je ne suis pas une habituée de ce type d’évènement mais c’était l’occasion de se voir et de sortir un peu, autant en profiter !

Image du film La Momie

          Si je ne m’attendais pas à un grand film, j’espérais au moins que ce serait divertissant. Eh bien franchement, même pas ! J’ai trouvé ce film d’un ennui… Le scénario est hyper bateau. Enfin, si on peut appeler ça un scénario parce que c’est franchement creux. On voit tout venir de très loin. Visuellement, malgré la grosse débauche d’effets spéciaux, j’ai trouvé ça assez raté. C’est plat, l’esthétique est bâclée, aucun intérêt. C’est vu et revu, étant donnés les moyens mis en œuvre on pouvait s’attendre à bien mieux.

Image du film La Momie

          Côté casting, c’est guère mieux. Tom Cruise est le seul à avoir l’air de s’amuser. La momie – Sofia Boutella – est assez fascinante mais malheureusement beaucoup trop en retrait dans l’histoire (oui, ce n’est pas comme si le film portait son nom…). Les autres acteurs sont franchement mauvais. Mais surtout, le film a un énorme problème de rythme. Il y a des gros temps morts, les scènes d’actions sont bâclées, je me suis ennuyée ferme. C’est quand même un comble. Sans compter que les petites blagues viennent systématiquement tuer le suspens. Bref, ce film est un des plus gros navet qu’il m’ait été donné de voir. Sans le moindre intérêt.

Eurydice, Jean ANOUILH

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          Quand Eurydice, une jeune comédienne, croise Orphée, qui gagne sa vie en jouant du violon aux terrasses des cafés, c’est immédiatement le coup de foudre. Tous deux vont tout quitter pour vivre leur amour. Mais devant la dure réalité de la vie, la magie des début s’estompe bien vite.

          Je suis une inconditionnelle des pièces noires d’Anouilh. J’ai toutefois été assez déçue de celle-là qui est loin d’être sa meilleure. On n’y retrouve pas vraiment la poésie qui fait tout le charme de cet auteur. Peut-être est-ce aussi parce que je connais à présent assez bien sa manière de traiter l’amour dans son oeuvre et que j’ai trouvé qu’il le faisait avec plus de brio dans d’autres textes. Toujours est-il que j’ai trouvé ce texte-ci assez moyen. Une pièce qui se rapproche presque par moment du théâtre de boulevards et supporte donc assez mal la lecture, demandant à être vue sur scène, comme s’est également le cas pour La Colombe. A voir montée donc.

          Au festival de Cannes, Alain Resnais présentait cette année un film hommage à notre Eurydice : Vous n’avez-encore rien vu. Je pense aller le voir dès sa sortie afin de voir ce que donne l’adaptation.