Actualité

L’actu de la semaine, 11/05/12

          Un article un peu inhabituel aujourd’hui. Je vais essayer de me tenir à un nouveau rendez-vous hebdomadaire : le vendredi, on revient sur l’actualité de la semaine. Quels ont été les grands évènements ? les infos insolites ? les actualités culturelles ? Un petit condensé très personnel pour avoir toujours un sujet de conversation à lancer en soirée.

Alors, quoi de neuf cette semaine ?

– Bon, je vais être d’une sombre banalité, ça n’aura échappé à personne, cette semaine nous avons changé de président (houuuuuuuuurraaaaaaaaa !!!). François Hollande a été élu à la fonction présidentielle et succède à Nicolas Sarkozy. S’en est suivie un grand rassemblement populaire des plus festifs Place de la Bastille pour célébrer la grande nouvelle. Un moment riche en émotion.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Karachi (pour ceux qui n’auraient pas suivi : un attentat il y a 10 ans et une suspicion de financement illégal de la campagne d’Edouard Balladur pour la présidentielle de 95). Les juges auraient une preuve d’un retrait de 10 millions de francs, somme qui serait mystérieusement apparue sur le compte de campagne 3 semaines plus tard.

– Aux Etats-Unis, une vraie belle histoire d’espionnage comme dans les films. Un attentat à la bombe qui visait un avion a été contre-carré. Le kamikaze était en réalité un agent double, envoyé chez Al-Quaïda pour se porter volontaire à l’attentat suicide afin de récupérer la bombe pour que les services secrets puissent l’étudier. James Bond a du soucis à se faire.

– Etats-Unis toujours, après l’espionnage, un petit air de science-fiction. Google a mis au point une voiture qui peut rouler sans conducteur. Elle enregistre le trajet, repère les obstacles, le passager n’a plus qu’à se laisser porter. Elle d’ores et déjà a l’autorisation de circuler dans l’état du Nevada.

– Enfin, le mot de la semaine : « Maïeusophilie ». Fait de n’être attiré que par des femmes enceintes. Excusez l’incongruité de la chose mais on ne décide pas toujours des enrichissements de sa propre culture.

          Côté sorties, il ne vous reste que 2 jours pour vir les expositions Pluie (c’est de saison) et Patagonie au Musée du Quai Branly. Dans les salles obscures sortent cette semaine Dark Shadowsle dernier Tim Burton ; Chercher le garçon, de Dorothée Sebbagh, l’histoire d’une jeune femme qui décide de s’inscrire sur un site de rencontre sur Internet pour trouver l’amour ; ou encore 11 fleursl’histoire d’un petit garçon qui au coeur de la révolution culturelle chinoise rencontre un meurtrier.

          Voilà pour cette semaine. Si vous avez des scoops, n’hésitez pas à nous les faire partager. Rendez-vous la semaine prochaine.

Jeunesse·Mes lectures

Histoires pressées, de Bernard FRIOT

          De courtes histoires pour les enfants sages ou moins sages. Une ou deux pages pour rêver quand le temps presse.

          J’ai bien aimé certaines de ces histoires, aussi variées qu’imaginatives. Cependant, j’ai une petite préférence pour les histoires qui prennent un peu plus le temps de s’installer. Un petit livre sympathique, à destiner peut-être avant tout aux enfants turbulents qui ont du mal à fixer leur attention plus de quelques minutes et trouveront ici peut-être le goût de la lecture.

Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. Dès que sa mère commençait : « Il était une fois un ogre cruel… », il l’interrompait.

– Ne me raconte pas d’histoires, disait-il, les ogres ça n’existe pas !

Mes lectures

Natacha, Vladimir NABOKOV

          Des nouvelles de Vladimir Nabokov. Toutes ont pour thème principal l’amour. Un amour chaste aux funestes conséquences, un adolescent amant d’une femme mariée, une jeune femme folle amoureuse de son mari aussi vieux que cruel… Autant d’histoires tragiques de Nabokov nous livre avec délices.

          Il y a un certain charme dans ces nouvelles. On y retrouve un peu de la cruauté de Lolita. Cependant, bien que l’écriture soit agréable et le développement souvent surprenant. Je reste assez mitigée. Ces nouvelles sont agréables à lire mais manquent un peu de mordant à mon goût. Une lecture que j’ai appréciée mais qui ne me marquera pas durablement. A lire en guise d’initiation à Nabokov.

Mes lectures

Mélanie FAZI, Serpentine

          Des nouvelles à l’univers sombre et fantastique. L’histoire d’un homme étrange qui hante le métro, celle d’une maison familiale bientôt vendue, ou encore celle d’un homme qui se fait tatouer avec une encre très spéciale. Autant de déclinaisons autour de l’étrange et du malaise.

          J’attaquais ce livre avec un petit a priori négatif. La science-fiction (même si ici on est plutôt du côté du fantastique) est un genre capable du pire comme du meilleur, surtout du pire. J’en lis assez peu et bien que ça me soit sympathique, me rappelant mon adolescence, j’en ressors souvent déçue. Je ne m’attendais donc pas vraiment à quelque chose d’exceptionnel. Finalement, je me suis assez vite laissée prendre dans cet univers particulier. Les nouvelles sont assez inégales, comme souvent. Cependant, un esprit se dégage de chacune de ces histoires qui donne une certaine unité au recueil.

          C’est bien écrit, et si certaines histoires sont meilleures que d’autres, le style reste assez constant. L’auteur sait faire naître le malaise rapidement et construire un univers en peu de mots. Certaines nouvelles sentent le vécu et sont d’ailleurs les plus réussies, la première notamment, sur le tatouage, retranscrit bien les émotions (enfin je suppose), de même pour celle se déroulant dans le métro. J’ai beaucoup aimé également celle sur la maison à vendre, assez touchante. Quelques unes possèdent des fins assez originales et réussies. Ma préférée reste je crois la nouvelle qui prolonge le mythe de Circée et Ulysse. Une idée originale et bien menée. Dans l’ensemble, on évite les clichés du genre. Un beau recueil qui présume bien de l’avenir de cet auteur. A suivre.

Le site internet de l’auteur.

http://www.melaniefazi.net

Mes lectures

Dai SIGIE, Trois vies chinoises

          Trois histoires qui se déroulent en parallèle, dans un même temps et un même lieu, sans jamais se croiser et qui pourtant, ont bien des similitudes. Trois destins tragiques : celui d’un adolescent atteint d’une maladie rare, d’une jeune fille qui pense que son père a assassiné sa mère et d’une ancienne forgeronne dont le fils perd la raison. Le décor ? l’île de la Noblesse où sont recyclés les déchets électriques de tout le pays.

          Ces trois nouvelles sont fortes et marquantes. Des histoires tragiques, à la fois inattendues et touchantes. Il y a quelque chose de Maupassant dans ces textes (si, si, je vous assure) : la même cruauté et la même justesse. Malheureusement, l’écriture n’est pas aussi incisive que chez l’illustre auteur. Si elle est agréable, elle est un peu lisse à mon goût. Ces histoires ont un incroyable potentiel, pour les rendre géniales, il y manque paradoxalement un soupçon de banalité. Ici l’auteur va droit au but, on aimerait qu’il nous ballade un peu plus, qu’il nous endorme avec une histoire triviale avant de nous asséner la chute brutalement. Ca fonctionne plutôt bien sur la deuxième nouvelle, dont on ne voit pas venir le coup final, très réussi. Toutefois, ce n’est qu’un détail, un léger manque de verve qui n’occulte pas le plaisir de la lecture et de la découverte de ce sombre univers.

Au jour de sa retraite définitive, avant de rendre l’âme, le vieux conteneur rougira encore, avec raison, de l’échange qui eut lieu devant sa porte.

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Ce qu’elle aimait dans le patinage, c’était la danse. Elle préférait me voir tourner, tourner, sur un seul pied, et dessiner, d’un seul trait de lame sur la glace, une colombe d’un mètre cinquante.

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Comme jamais dans sa vie, il ressentit à la poitrine une douleur qui secoua ses flancs maigres à les faire éclater. La clé lui échappa, tomba à terre et rebondit.