Expositions

Kanak : l’art est une parole au musée du Quai Branly

          Le musée du Quai Branly propose la plus importante exposition réalisée sur la culture kanak. Elle rassemble plus de 300 œuvres venues du monde entier et présentées par la voix des kanaks eux-mêmes afin de mieux comprendre leur vision du monde. Mais un dialogue s’établit aussi avec un passé colonial qui a souvent mené à la violence. L’exposition est construite autours de différents axe parmi lesquels la maison, les esprits et la parole.

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Kanak parole afp Une fois de plus, il m’aura fallu beaucoup de temps pour vous parler de cette exposition. Le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas au comble de l’efficacité ces temps-ci et mon avis étant assez mitigé, je craignais un peu de me lancer dans la rédaction de cet article qui s’annonçait quelque peu ardue. Mais bon, à force de laisser traîner, le temps passe et alors que j’ai vu l’accrochage presque dès l’ouverture, l’heure de le fermeture a presque sonnée, il était plus que temps de faire quelque chose et de sortir ma plus belle plume pour y consacrer un petit article. L’exposition est de taille importante et les œuvres sont présentées de manière originale puisque le texte explicatif est à la première personne, comme si le peuple kanak s’adressait directement au visiteur pour présenter sa culture et sa vision du monde. Une mise en scène très axée sur la parole que j’ai trouvée assez réussie.

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          J’ai été un peu moins enthousiaste quant au contenu. La première partie contient énormément d’ornements de portes. Certains sont très spectaculaires mais cela a un côté un peu répétitif tout de même et j’aurais pour ma part souhaité voir des choses un peu plus variées. De même pour la suite où un grand nombre de haches ornementales sont présentées. Les objets sont dans l’ensemble intéressants mais chacun est présenté en grand nombre, ce qui peut avoir un côté lassant lorsqu’on n’est pas spécialiste. De plus, si les questions de la parole, de la famille ou de la culture de l’igname sont intéressantes, il me semble que ce n’est toutefois pas ce qu’il y a de plus crucial dans les relations franco-kanakes, avec notamment un passé colonial très lourd. Aujourd’hui encore, la question reste épineuse et j’ai trouvé que le sujet était très largement évité.

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dscf1344Le sujet est en effet sensible et il est difficile de l’aborder sans froisser les susceptibilités, d’un côté comme de l’autre. Question pour le moins épineuse donc… Elle est tout de même abordée mais un peu en pointillé. En effet, l’exposition se construit autour d’un parcours principal, très politiquement correct donc, toutefois, de petites salles sont aménagées un peu marge pour aborder les points plus sensibles. Une manière de faire qui m’a un peu dérangée. En effet, le jour où nous avons visité l’exposition, il y avait relativement peu de monde, pourtant, certaines de ces petites salles étaient bondées, dont une sur l’habitat et le mode de vie notamment qui me semblait très intéressante et dont je n’ai pas pu lire la totalité du texte. Les suivantes sont consacrées à l’évangélisation ou aux différentes révoltes sur l’île. J’ai trouvé ces aspects-là passionnants et assez scandaleux qu’il soit possible de passer à côté par la conception même de l’exposition. On évite de regarder à droite et à gauche et hop, la culture kanak ce n’est plus que masques et appliques de portes, je trouve ça un peu facile et très honnêtement, ça me révolte ! Je sais, je suis une fille naïve avec des idéaux, je n’ai pas fini d’être déçue…

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          Il y a donc en quelque sorte un parcours principal, sur la culture kanake traditionnelle et un parcours secondaire, sur les aspects coloniaux. Bon, pourquoi pas me direz-vous ? Moui, sauf que ce n’est pas très clair et que ça donne la très nette impression qu’on planque ce qui dérange dans un coin. Ce qui est dommage car j’ai trouvé cette partie-là très bien traitée et franchement passionnante. Je n’en dirais pas tant du reste de l’exposition… Il y a certes des choses intéressantes, sur la place de la parole notamment, ou l’usage de masques, mais j’ai trouvé que ça manquait cruellement d’objets du quotidien. Nous avons vu moultes appliques de portes de cases ou haches ostentatoires mais très peu de choses pouvant nous aider à nous représenter de manière concrète le mode de vie kanak. Un peu plus de diversité dans le choix des œuvres exposées aurait peut-être permis de se faire une meilleure idée de la manière dont vivent les gens. Pas grand chose sur les costumes par exemple, ou sur la nourriture (en de l’igname, sujet très développé, il est vrai).

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Nouvelle-Calédonie - Houaïlou : Le Chef Mindia et ses lieutenants Mais il faut bien admettre qu’il est difficile de tout dire en si peu de temps ! Toutefois, j’ai été frustrée de ne pas toujours arriver à très bien remettre les choses dans leur contexte. Il y a des cartes des îles, quelques photographies auraient pu aider à visualiser un peu mieux les lieux. De même pour les fameuses portes de cases, un petit dessin aurait été largement aussi éloquent qu’un grand discours. J’ai trouvé que la partie secondaire de l’exposition permet de mieux se projeter, à travers des photographies, des objets variés et des témoignages ; j’aurais aimé retrouver cela dans la partie principale. Heureusement, certaines parties de l’exposition sont un peu plus riches en photographies, avec notamment un diaporama de passionnant de gens qui se faisaient tirer le portrait en costume traditionnel au début du siècle. Finalement, de salle en salle, une certaine image de la culture kanak finit quand même par émerger.

MQB. Exposition temporaire : "Kanak, l'art est une parole". Du 15 octobre 2013 au  26 janvier 2014.

          Même si j’ai quelques reproches à faire à cet accrochage que je trouve quelque peu discutable dans sa conception (mais prudemment sous-titré autour de la parole, notons-le), il est toutefois très bien réalisé avec une présentation originale, des éclairages qui mettent très bien en valeur les œuvres et la convocation de médias variés. Quelques réalisations contemporaines viennent se mêler à celles plus traditionnelles pour un  rendu très réussi. Malgré ses lacunes, l’exposition atteint il me semble son but en parvenant à faire découvrir certain aspects de la culture kanak et surtout, en donnant envie une fois qu’on l’a quittée de se pencher d’un peu plus près sur le sujet.

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Kanak : l’Art est une parole

Du 15 octobre au 26 janvier

Musée du Quai Branly

37, quai Branly

75007 Paris

De 11h à 19h ou 21h selon les jours, fermé le lundi

9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes

Expositions

Jordaens, une expo à ne pas rater au Petit Palais

          Jordaens est l’un des trois grands peintres flamands du XVII° s. avec Rubens et Van Dyck, bien que moins connu en France faute d’exposition de taille lui étant consacrée jusqu’à ce jour. Les sources d’inspiration variées du peintre et sa maîtrise technique permirent à la ville de maintenir son prestige artistique. Très vite sa renommée parcourut l’Europe entière et il travailla pour les plus Grands bien que quittant rarement la Belgique ; voilà qui méritait bien une rétrospective.

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4068727680Le Petit Palais a rassemblé 120 œuvres pour cette première grande rétrospective française consacrée au peintre flamand. J’ai trouvé qu’elle passait un peu inaperçue face aux grandes expositions de la rentrée et c’est bien dommage car, comme souvent, le Petit Palais propose en toute discrétion des choses très intéressantes et loin des foules des grands musées. – Au cas où vous l’ignoreriez, j’en profite pour rappeler que les collections permanentes sont gratuites et que le lieu, très agréable, mérite le détour. – J’ai toujours beaucoup apprécié les maîtres flamands. Même si on peut trouver leur peinture austère, je suis subjuguée par la finesse de l’exécution et leur traitement si particulier de la lumière. Je ne saurais expliquer le fait que je trouve la peinture flamande chaude et froide à la fois. Sans doute est-ce dû au fait que les tons extérieurs sont très froids alors que les éclairages intérieurs sont quant à eux chaleureux, créant un contraste qui exerce sur moi une certaine fascination, surtout dans la manière de peindre les paysage et, plus encore, les visages. C’est un style réellement à part qui, s’il n’a pas la chaleur de la Renaissance italienne par exemple, est d’une délicatesse sans pareille.

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jacques-jordaens-gloire-danvers-retrospective-L-0pUY0MJ’avais déjà vu des toiles de Jordaens,  dont les musées français sont bien pourvus, mais aussi à l’étranger ou dans des expositions, mais nombreux sont les aspects de son oeuvre que j’ignorais ou sous-estimais. Je crois que je n’en saisissais pas bien toute l’étendue et la diversité, que cette exposition met bien en avant. En effet, le parcours thématique amène le visiteur à travers une succession de salles plus ou moins vastes où les toiles sont exposées, mettant bien en valeur les différentes facettes du travail du peintre : compositions mythologiques ou religieuses, illustrations de proverbes, scènes de banquets, cartons de tapisseries… Le maître à plus d’une corde à son arc, et certaines sont parfois inattendues ! En revanche, étonnamment peu de portraits malgré des études de visages saisissantes.

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3485681_6_884d_jacques-jordaens-1593-1678-adoration-des_dcc4d81d4285618923fb254d00a57d89Ces dernières m’ont souvent beaucoup touchée et ce sont ces visages si expressifs qui donnent une telle force aux grandes compositions de Jordaens. L’exposition est très bien conçue et nous plonge dans l’univers de l’artiste. Les explications permettent de saisir rapidement la manière de travailler de l’artiste et aborde me semble-t-il sa vie et son oeuvre de manière assez complète sans pour autant sombrer dans la verbiage. Certains tableaux représentatifs sont commentés de manière un peu plus précise afin d’éclairer le visiteur, ce que je trouve toujours intéressant et bien trop rarement appliqué dans les musée ou les informations restent souvent d’ordre général si on ne prend pas d’audioguide (ce que j’avais exceptionnellement fait, et il était également très bien conçu quoique pas indispensable tant l’exposition est complète).

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n_jordaens_palais2Il est appréciable de pouvoir déambuler dans une exposition où il n’y a pas foule, de pouvoir prendre le temps devant les toiles, de ne pas avoir à se presser. J’ai passé environ 1h30 dans cette exposition qui est certes de belle taille mais ne me paraissait pas non plus immense. Il est vrai que l’audioguide ralentit toujours un peu mais c’est un réel plaisir de flâner au milieu de ces toiles immenses et d’en admirer les moindres détails. En tout cas ce le fut pour moi. Je dois avouer avoir pris un plaisir tout particulier à la série Le Roi boit qui est non seulement de saison mais est pleine de vie et grouillante de détails ! Quelle richesse dans la peinture de Jordaens ! Je sais, je suis d’un classicisme décourageant en matière de peinture, mais que voulez-vous, on ne se refait pas. Il ne vous reste plus que quelques jours pour en profiter alors si vous êtes sur Paris, foncez sans hésiter. Une très belle exposition, intéressante et bien conçue, qui permet de mieux découvrir ce grand nom de la peinture flamande jusqu’ici un peu délaissé. De toute beauté. 

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Jordaens

19 septembre – 19 janvier

Le Petit Palais

Avenue Wiston Churchill

75008 Paris

Du mardi au dimanche 

De 10h à 18h, jusqu’à 20h le jeudi

Plein tarif 11€

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Actualité·Expositions

20 expos à voir en janvier à Paris

bd_afficheFélix Vallotton, le feu sous la glace : une exposition de taille consacrée à cet artiste inclassable proche des nabis. Des toiles dans des styles variés au traits marqués et aux couleurs franches, pour moi, l’une des plus belles expositions de ces dernières années, malgré un style parfois hésitant, un immense coup de cœur (ma critique ici). Du 02 octobre au 20 janvier au Grand Palais.

affiche_orsay_masculinmasculinMasculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours : si le nu féminin est souvent exposé, le nu masculin connaît rarement les mêmes faveurs. Il est ici mis à l’honneur à l’honneur à travers peintures, sculptures et photographies. Une exposition qui m’a déçue mais allez voir par vous-même, mon avis complet par-là. Du 24 septembre au 12 janvier au Musée d’Orsay.

99692-frida-kahlo-et-diego-rivera-au-musee-de-lorangerie-en-2013-2Frida Kahlo / Diego Rivera, l’Art en fusion : cette exposition présente conjointement les œuvres d’un couple mythique de l’histoire de l’art, divorcé mais jamais réellement séparé. L’occasion de confronter leurs deux univers, à la fois très différents et pourtant complémentaires. Du 09 octobre au 13 janvier à l’Orangerie.

La Renaissance et le Rêverenaissance : cette période a donné au rêve une place importante. En effet, pour les savants des XV° et XVI° s., rêver permettait d’échapper à son corps et d’accéder à l’au-delà. Une conception qui a inspiré les artistes dont 80 toiles sur ce thème ont été réunies. Du 9 octobre au 26 janvier au musée du Luxembourg.

285455_desirs-volupte-a-l-epoque-victorienne-paris-08Désir et Volupté à l’époque victorienne : une exposition qui invite à la découverte des grands artistes de l’époque victorienne à travers le culte de la beauté. Du 13 septembre au 20 janvier au Musée Jacquemart-André.

partenariat_pinacotheque-exposLes peintres témoins de leur temps : la Pinacothèque consacre 3 expositions à ce thème qu’elle décline autour d’artistes très différents. Vous pourrez ainsi découvrir Goya et la modernité, La dynastie Brueghel et Chu Teh-Chun. Du 11 octobre au 16 mars à la Pinacothèque.

Jordaens.previewJordaens : l’un des trois grands maîtres de la peinture flamande du XVII° s., avec Van Dyck et Rubens, le moins connu en France pourtant. Cette première grande rétrospective lui étant dédiée met en valeur une œuvre très riche. Une exposition magnifique, à ne pas rater ! Du 19 septembre au 19 janvier au Petit Palais.

exposition-kanak-musee-du-quai-branli-2013-2014-jewandaKanak, l’art est une parole : avec plus de 300 œuvres et documents, le quai Branly propose la plus grande exposition réalisée sur la culture kanak. Une exposition assez riche, dommage que les aspect culturels les plus intéressants ne soient  pas assez mis en avant. Du 15 octobre au 26 janvier au Musée du Quai Branly.

exposition bronze cernuschiBronzes de la Chine impériale : la collection du musée est l’une des plus importantes du monde, avec plus de mille œuvres du X° au XIX° s. Un ensemble très varié montré pour la première fois. Du 20 septembre au 19 janvier au musée Cernuschi.

mg_edition_roman_dune_garde-robeRoman d’une garde-robe : Une garde-robe exceptionnelle des années 30 est proposée par le musée de la mode hors les murs. L’histoire d’une parisienne à la mode à travers ses robes e chapeaux. Du 17 octobre au 16 mars au Musée du Carnavalet.

1925-quand-l-art-deco-seduit-le-monde_xl1925, quand l’Art Déco séduit le monde : le style Art Déco s’est développé entre 1920 et 1940. Il se caractérise par ses formes géométriques qui allient pureté et vivacité. Souvent confondu avec l’Art Nouveau, il réunit des champs artistiques variés et s’est diffusé à l’échelle mondiale. Du 16 octobre au 03 mars à la Cité de l’Architecture et de Patrimoine.

7766693579_l-affiche-de-l-exposition-pixar-a-parisPixar, 25 ans d’animation : pour son ouverture, le musée d’art ludique reçoit l’exposition Pixar. 500 dessins de recherches, études, story-boards, sculptures, mais aussi le fameux zootrope de « Toy Story » permettent de mieux découvrir l’univers des studios. Il y a beaucoup de matière dans cette exposition mais j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait aucun texte, les amoureux de Pixar et les enfants l’apprécieront tout de même. Du 16 novembre au 02 mars au Musée d’art Ludique.

Mecanhumanimal-3 Enki Bilal, Mécanhumanimal : la rencontre d’un créateur multimédia et d’une collection scientifique ; un dialogue surprenant autour de plusieurs grands thèmes.  Si vous ne connaissez pas le musée, profitez absolument de la visite guidée gratuite, un vrai régal ! Du 4 juin au 2 mars au musée des Arts et Métiers.

294229_jeux-video-l-expoJeux vidéo l’expo : une exposition pour tout découvrir sur le jeu vidéo, que vous soyez un joueur passionné ou un néophyte. On peut aussi bien y découvrir comment naît un jeu que tout simplement s’y amuser avec des classiques ou des nouveautés. Du 22 octobre au 24 août à la Cité des Sciences.

europunk-afficheEuropunk : la première partie de l’exposition est entièrement consacrée aux Sex Pistols, groupe sans doute le plus emblématique du punk. Viennent ensuite Anarchy, Bazooka, WTF, DIY, New Wave mais aussi une timeline et le collectif de photographes Belle journée en perspective. Du 15 octobre au 19 janvier à la Cité de la Musique.

Pasolini-RomaPasolini Roma : Pasolini et Rome, 25 ans d’une passion houleuse. Source d’inspiration et moteur de création, la ville éternelle est au cœur de son œuvre et c’est à travers elle qu’il témoigne des bouleversements de la société italienne. Du 16 octobre au 26 janvier à la Cinémathèque Française.

afficheLe surréalisme et l’objet : l’adhésion des membres les plus actifs du surréalisme au parti Communiste marquera un tournant dans le mouvement avec l’apparition de « recyclage » d’objets du quotidien. Jeux de mots et des images, le ready-made démystifie l’art. Du 30 octobre au 03 mars au Centre Pompidou.

51724-2Bourdelle intime : à travers une soixantaine de photographies prises par l’artiste lui-même ou par ses proches, l’exposition ouvre une nouvelle perspective sur l’atelier comme lieu de création mais aussi comme lieu de vie. Un témoignage rare qui permet de mieux découvrir le sculpteur. Du 13 novembre au 23 février au Musée Bourdelle.

visuel-affiche-Brassaï-sans-traits-de-coupe-693x1024Brassaï, Pour l’amour de Paris : le photographe était fasciné par Paris qui a été son principal modèle. On retrouve la ville dans toute son œuvre, de jour comme de nuit, par ses habitant, ses quartiers, ses graffitis ou ses objets. L’occasion de découvrir gratuitement le photographe, et la ville à travers lui.

Tzuri GuetaNoces végétales : Tzuri Gueta, artiste textile, est invité au cœur des serres. Il y a effectué un travail à base de silicium où les œuvres viennent sublimer la nature, proposant au visiteur de découvrir le monde végétal avec des yeux nouveaux. Du 21 novembre au 03 février au Muséum national d’Histoire Naturelle.

                                                                                      BONNES VISITES

Expositions

Georges Braque est pour quelques jours encore au Grand Palais

          Georges Braque fut l’une des grandes figures de l’avant-garde du début du XX° s. : l’initiateur du cubisme et l’inventeur des papiers collés. Le Grand Palais propose la première grande rétrospective consacrée à l’artiste depuis plus de 40 ans. Elle propose un regard nouveau sur son œuvre, en la mettant en perspective avec le travail d’autres grands artistes de son temps dans différents domaines.

affiche_expobraque          Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai vu cette exposition. J’ai posé plusieurs fois les mains sur mon clavier pour tenter de vous en parler mais rien à faire, les mots ne viennent pas. Toutefois, elle ferme bientôt et il est donc temps de d’écrire quelque chose, inspiration ou pas. Si c’est si difficile pour moi de trouver que vous dire sur cette exposition c’est qu’elle m’a laissé une impression plus que mitigée. Mon problème est simple : je n’aime pas l’œuvre de Georges Braque. Tout comme je n’aime pas celle de Pablo Picasso. Des artiste trop modernes pour moi, qui heurtent mon amour pour une certaine harmonie. Toutefois, je reconnais leur génie, tout comme leur importance dans l’histoire de la peinture, et il arrive même au détour d’une salle qu’une de leurs toiles me touche. Je me laisse donc parfois entraîner dans une exposition qui leur est consacrée, par curiosité ou pour élargir ma culture, même si je sais que ce ne sera sans nul doute pas mon coup de cœur de l’année.

g_GrandPalais13GeorgesBraque03B          Je savais donc en passant les portes du Grand Palais que ce serait pour moi un moment un peu difficile. Et ce fut le cas. On a parfois des bonnes surprises, des révélations. Les œuvres de jeunesses au moins sont souvent plus accessibles que les autres et nous réconcilient quelque peu avec un artiste. Mais là, il n’en fut rien. J’ai trouvé une certaine unité au travail de George Braque, même s’il évolue clairement au fil du temps, ce qui ne m’a guère aidé à y trouver une porte d’entrée. Pourtant, on ne peut le nier, cette exposition est magnifique. Elle présente de manière très claire le travail de Georges Braque et met en avant sa place de choix dans l’histoire de la peinture, comparant son travail à celui d’autres artistes de son temps que ce soit dans le même domaine ou dans d’autres, complémentaires comme la littérature ou la musique. Cela permet de mieux comprendre l’artiste, sa manière de penser et son besoin de toujours innover, d’aller toujours plus loin dans la nouveauté.

braque130919s          Si cette puissance créatrice et ce génie créateur font avancer l’art, ses techniques et sa théorie, j’avoue préférer une approche plus sensible des choses, comme je vous le disais dans mon article sur Félix Vallotton, touche à tout qui ne paraît avoir eu pour objectif que le plaisir de peindre et dont les toiles (plus ou moins réussies) m’ont profondément touchée. Georges Braque est au contraire un visionnaire, il m’a semblé en voyant ses toiles qu’une ligne directrice assez nette se détachait de son œuvre. Je crois bien qu’en plus d’avoir des goûts classiques en matière de peinture j’apprécie bien plus la poésie des tâtonnements. Toutefois, non seulement l’exposition aide à comprendre le travail de l’artiste mais elle le met largement en avant avec un incroyable nombre d’œuvres exposées (plus de 200 sont réunies pour l’occasion !), représentant toutes les périodes de sa peinture : impressionnant !

dsc08544          Certains tableaux sont assez spectaculaires et bien sûr, les plus célèbres sont de la partie (on en a même un sur l’affiche). N’aimant pas particulièrement l’artiste, j’ai trouvé l’exposition – quoique passionnante – très très longue, et j’ai un peu décroché sur la fin. Toutefois, même dans la période cubiste que je goûte pourtant fort peu, certaine toiles sortent du lot par une délicatesse et un équilibre assez remarquable (il faut bien le reconnaître). Je n’ai pas noté les noms mais je me souviens notamment de natures mortes avec des jeux de cartes et des bouteilles de rhum dans des tons bruns qui m’auraient presque réconciliée avec le genre. Les oiseaux passent toujours bien aussi bien sûr même si je ne suis pas une inconditionnelle. L’utilisation de verre pilé dans certaines toiles vient leur donner du relief, ainsi, un très beau vase semble lancer des reflets dorés de toute beauté.Mais, les toiles qui m’ont éblouie sont peu nombreuses et rassemblées tout à la fin de l’exposition. Ce sont parmi les dernières peintes par l’artiste. Des paysage dans de petits formats tout en longueur mais qui tous dégagent une grande force. Ils illustrent bien cette phrase de leur auteur « L’art est une blessure qui devient lumière ». J’avoue être restée un long moment sans voix dans cette petite salle. Une exposition bien conçue, intéressante et riche qui ravira sans doute les amoureux de cet artiste et devrait aider les plus réticents à s’initier à cette œuvre très dense.

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Galeries Nationales du Grand Palais

Place Clémenceau – 75008 Paris

Du 18 septembre 2013 au 06 janvier 2014

Entrée 12€, tarifs réduit 8€

Expositions

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

          Félix Vallotton est un peintre de la fin du XIX° – début XX° s. proche des nabis. Son oeuvre est moderne et son style très personnel, inclassable. Parmi ses travaux, des huiles, des gravures mais aussi des sculptures, des critiques d’art et même des romans. Il a peint aussi bien des portrait que des paysages, des nus que des natures mortes. Un artiste prolifique et surprenant à découvrir en ce moment au Grand Palais.

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Site_mail_femme-nue-assiseSi je connaissais Vallotton de nom, je dois bien admettre que c’est à peu près tout. Je situais vaguement l’époque et le style mais j’aurais été incapable de citer une seule de ses toiles et je ne sais même pas si j’en avais déjà vu une auparavant. Etant assez férue de cette période j’étais curieuse d’en découvrir un peu plus et j’avais donc hâte d’inaugurer ma carte Sésame pour aller voir de plus près de quoi il retournait. Dès les premières salles, j’ai été agréablement surprise. En effet, la diversité des styles est assez incroyable : du portrait le plus classique à des paysages proche de l’impressionnisme ou des scènes d’intérieur qui ne sont pas sans rappeler Hopper ; une grande richesse dans les sujets et les formes d’expression qui m’a ébahie.

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pastoureau-vallottonNé en 1865, l’artiste Suisse a étudié à Paris, à l’Académie Julian où se sont formé de nombreux artistes de l’époque. Il a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses gravures sur bois qui rencontrent un vif succès dans l’avant-garde parisienne et lui permettent d’intégrer le groupe des nabis. A partir de 1899, il préférera la peinture et laissera à sa mort en 1925 plus de 1700 tableaux. Il s’est essayé à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte, sujet mythologique, peinture d’histoire… Mais s’il a peint des choses très diverses, ses toiles se distinguent toujours par un dessin précis aux formes bien découpées, des tons recherchés et un aspect lisse. Le cadrage et le perspective s’inspirent souvent de l’estampe ou de la photographie dans une réappropriation de différentes techniques qui est intéressante. Une oeuvre qui peut sembler un peu fourre tout et de laquelle se dégage pourtant un semblant d’unité. Le toiles sont réunies autours de 10 thèmes tels que l’esthétique, la politique, le double féminin… Cette exposition est la première d’envergure consacrée au peintre à Paris depuis près de 50 ans.

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felix-vallotton-feu-sous-glace-grand-palais-L-Sa8CLEJe dois avouer que j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet artiste. Bien sûr, étant donnée la variété de la production, c’est un peu inégal mais ses nus sont de toute beauté, certains m’ont vraiment sidérée. Il y en a un notamment qui m’a clouée sur place. Je suis restée plusieurs minutes figée à l’admirer. Rien pourtant d’exceptionnel dans ce tableau, pas de débauche de technique : c’est simple et beau. Certains paysages sont également très intéressants, avec de belles lumières et des perspectives inattendues. Comme souvent lors des expositions, j’ai noté les tableaux dont je voulais me souvenir et rarement la liste avait été aussi longue ! J’ai par moment eu peine à croire que c’était le même homme qui avait peint des choses si différentes, et parfois à la même époque, pour revenir ensuite vers ce qu’il faisait avant. Même si en cherchant bien, un petit quelque chose dans le trait demeure toujours, qui n’appartient qu’à lui.

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289111_vallotton-le-feu-sous-la-glace-entree-simple-paris-08J’ai trouvé que ce côté touche à tout correspondait finalement assez à la manière dont j’envisageais les choses, bien plus en tout cas que celle qui consiste à choisir une voie et de la pousser à l’extrême, comme Braque (dont je venais justement d’aller voir l’exposition monumentale juste à côté) ou Picasso, même si c’est cela sans doute qui fait des révolutions artistiques. Malgré quelques ratés – dont les sujets mythologiques, franchement sans intérêt – l’exposition m’a dans l’ensemble séduite. Une débauche de formes, de couleurs, de sujets en tous genres qui m’a laissée sous le charme. Quelques réels moment d’émotion et déjà l’envie de retourner voir si la magie opérera une seconde fois.

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Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Galeries Nationales du Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75 008 Paris

Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

Tlj sauf le mardi de 10h à 20h

12€

A lire pour prolonger le plaisir de la visite :

 – Le catalogue de l’expositionFélix Vallotton, Le feu sous la glace. 250 tableaux assortis d’un texte riche. Le hic, le prix et l’encombrement. Ca reste toutefois un joli cadeau de Noël à offrir ou se faire offrir. RMN, 45€.

– Vallotton, L’expoUne sorte de mini catalogue. 170 œuvres et leur cartel ainsi que les panneaux pédagogiques, soit très exactement le contenu de l’exposition : ni plus, ni moins. RMN, 18€.

 Le petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions : en une centaine de pages et 80 illustrations l’auteur présente l’oeuvre de l’artiste à travers ses complexes, ses désirs, ses névroses. Un livre qui est une bonne introduction à l’univers de ce peintre pour le néophyte et s’avère très agréable à lire comme à feuilleter, selon l’envie du moment. Laurence de Cars, RMN, 12€.