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Les complicités involontaires

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          Par un jour d’avril, Corinne V., psychiatre, reçoit dans son cabinet une quinquagénaire, Zoé B., désireuse d’entreprendre une analyse. Reconnaissant en elle une ancienne amie, elle s’apprête à l’adresser à un confrère, quand Zoé lui révèle qu’elle souffre d’une amnésie ayant effacé ses souvenirs de jeunesse.

          Ca y est, la rentrée littéraire approche à grands pas. Les romans de juin à peine fini, on enchaîne aussi sec avec ceux de septembre et une sélection conséquente pour cette année (j’en avais sélectionné une vingtaine l’année dernière, je vais essayer de ne pas dépasser ce chiffre déjà bien trop élevé). Pas mal de choses très tentantes dedans avec notamment ce roman de Nathalie Bauer. Je l’avais découverte avec Les indomptées et j’ai été ravie de la voir revenir avec ce thème qui me tentait beaucoup. C’est donc naturellement avec ce roman que j’ai ouvert les hostilités.

Nathalie Bauer

          J’avais beaucoup aimé le style de son précédant roman, que j’avais trouvé très clair et agréable, un peu désuet peut-être parfois mais qui nous plongeait si bien dans l’ambiance du roman. Cette fois, le style n’est pas passé du tout. Pourtant, si je dois bien lui reconnaître une chose, c’est qu’il colle tout aussi bien à cette nouvelle histoire, avec un côté « bourgeoise du 16° » horripilant mais qui ne pourrait tomber plus à propos. L’auteur semble avoir un véritable don pour créer une ambiance et adopter un style qui nous plonge dans l’univers de ses personnages. Pas de chance, cette fois, je n’ai pas été séduite. Pourtant, le style est toujours maîtrisé, force est de le reconnaître.

          L’histoire me tentait beaucoup mais là encore, j’ai eu du mal à rentrer dedans. Il faut dire que le personnage principal m’a vite été antipathique et que ça n’a pas aidé. Il y a énormément de digressions sur l’adolescence des deux protagonistes, leur rencontre, leurs sorties, je suppose que ça prend du sens au fil du récit mais j’ai trouvé ça sans grand intérêt. Non vraiment, quand ça ne veut pas… Je ne suis finalement pas allée au bout de cette histoire qui pourtant est bien écrite et semble intéressante, je suis totalement passée à côté. Peut-être plus tard, qui sait ? Il se peut que mes attentes aient été tout simplement trop éloignées de ce style-ci et que ça passera mieux à la deuxième tentative. En attendant, je vous invite fortement à lire son roman précédent, qui lui m’avait beaucoup touchée.

A dangerous method, de David CRONENBERG

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          Drame britannique-allemand-canadien-suisse de David Cronenberg avec Keira Knightley, Michael Fassbender, Viggo Mortensen.

          L’histoire de la rencontre des pères fondateurs de la psychanalyse, Freud et Jung. Le jeune Docteur Jung a entendu parler des travaux de son aîné qui l’intéressent fort. Lorsqu’il rencontre Sabina Spielrein, une jeune patiente russe sujette à l’hystérie, il décide de tester sur elle ce traitement révolutionnaire : guérir par la parole. Il va à cette occasion rencontrer l’illustre professeur Freud avec qui il échangera durant de longues années. Quant à la patiente, elle exerce sur lui une fascination toujours plus forte…

          Le point fort de ce film tient sans aucun doute à son casting irréprochable. Keira Knightley dans le rôle de la patiente est époustouflante. Les deux rôles masculins sont sans surprise très bien campés également. C’est une grande joie de retrouver ici ces deux acteurs talentueux. Le scénario, qui se base sur l’histoire vraie des 2 psychanalystes, tient la route. Le tout est bien filmé et impeccablement réalisé. C’est beau, c’est propre, il n’y a rien à y redire.

          Un très bon film. Il manque peut-être un peu de passion par moments. Il évite toutefois l’écueil de la romance ou au contraire du traité psychanalytique. Ce point de vue extérieur, sans doute un peu froid, est toutefois une manière assez efficace de traiter l’histoire bien qu’on puisse peut-être reprocher au film un certain manque de profondeur. Ceci dit, on aimerait que tous les films soient de cette qualité. A classer parmi les films à voir en cette rentrée.