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Tabarnak : un spectacle survolté à Bobino

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          Un peu de cirque sur le blog parce que ça commençait à faire longtemps ! Il faut dire que je ne sors pas des masses en ce moment. Je ne connaissais pas le cirque Alfonse mais je n’ai encore jamais été déçue par la programmation de Bobino et ça avait l’air d’être du cirque contemporain comme je les aime. Tabarnak est, comme son nom l’indique, un spectacle québecois. Entre cirque contemporain, théâtre et musique, le spectacle est assez déroutant et unique en son genre. Le Cirque Alfonse est un cirque familial, créé par la famille Carabinier-Lépine et leurs amis proches, perpétuant la tradition du cirque familial itinérant. Une jolie promesse.

Tabarnak à Bobino, affiche

         Sur scène, un joyeux bordel accueille le spectateur. Dès l’arrivée dans la salle, on sait qu’on a affaire à de gais lurons. Ils sont habillés de chemise blanches comme au XIX° s. et tricotent en attendant le début du spectacle qu’ils définissent eux-mêmes comme une « messe à gogo surréaliste, happening musical débridé, office exubérant et festif ». J’ai beaucoup aimé l’univers que ces artistes complètement déjantés arrivent à mettre en place. Ca respire la bonne humeur. Ils chauffent la salle, ils jouent avec le public, ils font rire : j’ai rarement vu une aussi bonne ambiance lors d’un spectacle de cirque. Ils sont rayonnants, un vrai régal.

Cirque Alfonse, Bobino

Photo : Nicolas Descoteaux

         Côté performance, ce n’est peut-être pas ce que j’ai vu de plus spectaculaire mais ils se défendent bien. Il faut dire qu’entre Les 7 doigts de la main qui accomplissent prouesse sur prouesse et la compagnie XY qui rend fade à peu près tout numéro de main à main, j’ai été très gâtée ses dernières années. Il y a deux très bons acrobates dans la troupe (je soupçonne qu’ils sont habituellement 3 mais qu’il y a eu une blessée lors d’un petit raté en tout début de spectacle) et j’ai trouvé que l’un d’eux notamment tenait vraiment le spectacle par son énergie et son charisme. C’est bien simple, plus il fait des trucs fous, plus il rayonne : un véritable soleil. On voit que cette troupe prend un énorme plaisir à ce qu’elle fait et leur bonheur est communicatif. Ils sont totalement barrés et essaient plein de trucs fous avec une certaine réussite. J’ai grandement apprécié leur audace.

Cirque Alfonse

Photo : Audric Gagnon

         J’ai beaucoup aimé l’histoire que raconte ce spectacle. Il nous transporte dans un Québec d’un autre temps, avec beaucoup d’humour et de tendresse. Les musiciens sont un gros plus et donnent une énorme pêche à l’ensemble. Il y a une bonne dose d’inventivité dans les numéros, j’ai souvent eu l’impression qu’ils s’étaient dit : « tiens, qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus fou / de plus improbable ? ». Ca fonctionne dans l’ensemble assez bien. Il y a quelques passages peut-être un peu brouillon qui mériteraient d’être affinés mais c’est vraiment histoire de chipoter. On passe un très bon moment avec le cirque Alfonse qui propose de très belles choses avec une énergie et une bonne humeur communicatives. Que du bonheur !

Cirque Alfonse, Bobino

Photo : Audric Gagnon

Tabarnak – Cirque Alfonse

Du 16 mai au 09 juin

Bobino

14 – 20 rue de la Gaîté
75014 Paris

De 19 à 49€

Magasin général

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          J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD mais je n’avais jusque-là jamais eu l’occasion de la lire. J’ai donc entamé cette lecture avec un enthousiasme certain. Je dois avouer que le premier tome m’a un peu déçue. Si je n’avais eu que celui-là sous la main, je n’aurais sans doute pas poursuivi ma lecture. C’est un peu long à démarrer et je n’ai pas vu de suite ce que ça avait d’exceptionnel. Comme souvent dans les premiers tomes, l’histoire met un peu de temps à se mettre en place.

Magasin général

         Le dessin est classique et très soigné. On ne peut pas dire qu’il soit très original mais j’ai apprécié sa précision et son côté un peu rétro qui cadre si bien avec l’histoire. Comme j’avais les neuf tomes sous la main, j’ai continué ma lecture. L’univers est un peu long à se construire mais on s’attache peu à peu aux personnages en apprenant à les découvrir. Chacun a son caractère, ses qualités, ses défauts et ses failles : ils sont terriblement humains. Leurs relations ne manquent pas d’intérêt… et de surprises !

Magasin général

         Il y a beaucoup de charme dans les expressions typiquement québecoises qui jalonnent ce texte et lui donnent une touche toute particulière. Les petits travers de chacun les rendent terriblement attachants et les relations entre les uns et les autres sont plus vraies que nature, avec leurs bons et leurs mauvais moments. On croirait presque faire nous aussi partie de cette vie de village.

Magasin général

         Certains tomes sont plus réussis que d’autres, il y a des personnages qu’on aime plus au moins mais dans l’ensemble on prend plaisir à lire cette BD pleine de rebondissements. Tripp et Loisel parviennent à nous amener mans leur monde délicieusement rétro qu’on ne quitte qu’à regrets. Une série qui nous fait souvent sourire et nous immerge dans un Québec d’un autre temps : c’est drôle et plein de tendresse, on en redemande.

Starbuck

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          Comédie de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand.

         David est un grand ado qui a la quarantaine. Endetté jusqu’au cou, il fait pousser du cannabis dans son garage pour arrondir les fins de mois. Il travaille aussi comme livreur dans la boucherie de son père. Alors que sa copine qu’il délaisse lui apprend qu’elle est enceinte, il découvre que suite à des dons de sperme, il est le géniteur de 533 enfants dont 142 sont déterminés à le retrouver.

         J’étais un peu sceptique en allant voir ce film. Comme chacun sait (enfin ceux qui me connaissent ou me suivent régulièrement via ce blog), je ne suis pas très bon public pour les comédies. D’autant que l’humour québécois me laisse souvent perplexe. Ajoutez à ça un sujet improbable (et prêtant à un humour bien gras), je m’attendais au pire… Mais comme j’en avais entendu le plus grand bien, je me suis dit que ça méritait quand même d’aller voir cette drôle de chose.

         Grand bien m’en a pris ! Cette comédie est pleine de qualités. Dans le désordre : les personnages sont très attachants, les situations vraiment cocasses, il y a une histoire qui se tient, l’humour n’est si lourd qu’on l’aurait pu craindre. Qu’on aime ou non, on doit bien admettre que ça sort du lot ! Bon certes, il y a quelques blagues vaseuses mais le tout est bien plus subtil qu’il n’y paraît. Cette situation folle est aussi l’occasion d’une petite réflexion sur la famille, l’amitié, la morale… La vie sous son aspect relations humaines de manière générale.

          Et c’est plutôt réussi. J’ai franchement ri. Le film joue sur plusieurs types d’humour, ce qui est souvent un bon pari. Contre toute attente l’histoire se tient et n’est que le prétexte à aborder des sujets plus sérieux. La loufoquerie cache ici une certaine profondeur. Il y a sans doutes quelques longueurs et maladresses mais elles sont largement excusées par l’inventivité déployée. Peut-être pas un chef-d’oeuvre mais un film qui mérite tout de même largement le détour.

Les amours imaginaires, de Xavier DOLAN

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Comédie dramatique québécoise de et avec Xavier Dolan, avec Monia ChoKri et Niels Schneider.

          Francis et Marie sont amis et colocataires. Lors d’une soirée, ils rencontrent Nicolas, dont ils vont tomber tous les deux follement amoureux. Une situation avec laquelle va jouer le jeune, entraînant le trio dans une relation toujours plus malsaine.

          Un film pour le moins surprenant ! Il a d’ailleurs été sélectionné à Cannes dans la catégorie « Un certain regard » en 2010. Tenues, déco, coiffures, musiques, on est propulsé dans les années 60. Ca frise parfois le ridicule, les couleurs ultra saturées surprennent, on est un peu perdus dans le décor. Côté histoire, on alterne celle de ce trio assez hérissant et des témoignages face à la caméra de jeunes sur leurs propres histoires d’amour foireuses. Ca semble partir un peu dans tous les sens et pourtant, petit à petit, on s’habitue à cet étrange mélange (et à l’accent, aussi).

          L’ambiance que crée le réalisateur est très particulière. L’aspect malsain de cette relation se ressent tout au long du film. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai adoré mais ce film m’a interpellée. C’est surprenant, plein d’idées, dérangeant souvent. Les acteurs aussi sont étonnants. On a parfois l’impression d’un film tourné à la va vite sans moyens et pourtant en y regardant de plus près, le tout reste très construit. Xavier Dolan a sans le moindre doute un immense talent et je suis curieuse de savoir comment va évoluer son cinéma. Au final l’ambiance de ce film m’a séduite et j’y ai repensé longtemps après son visionnage. Un OVNI cinématographique.