Mes lectures

L’emprise, Marc Dugain

          Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier ? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien.

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          Un jour que j’étais à la librairie, je suis tombée sur Marc Dugain qui présentait son dernier roman. Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais ce qu’il racontait était vraiment passionnant et m’a donné très envie de lire son livre. Pourtant, la lecture ne s’est pas avérée à la hauteur de mes espérances. J’ai trouvé le style bien faiblard. Même si l’auteur avoue lui-même s’être plus concentré sur l’histoire que sur l’écriture, je ne pensais pas que c’était à ce point. Je ne m’attendais pas à de la grande littérature mais là ça a quand même grandement gâché mon plaisir. Quant à l’histoire… et bien là aussi, je m’attendais à mieux !

          L’auteur semble extrêmement bien renseigné sur les services secrets et les dessous du pouvoir ; pourtant, j’ai trouvé qu’il parvenait assez mal nous faire partager son expérience. Il y a beaucoup de personnages dont les histoires sont alternées d’un chapitre à l’autre et j’ai trouvé qu’il était difficile de se retrouver. L’auteur se disperse un peu et on a du mal à trouver un fil conducteur à ce livre et à comprendre où il va. Entre un style assez pauvre et une histoire décousue, je n’ai pas réussi à venir à bout de ce roman qui avait pourtant sur le papier tout pour me plaire.

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On dit que pour être adulte, il faut avoir pardonné à ses parents tout en étant capable de garder sa part d’enfant. Je vous ai pardonné. Et pour la part d’enfant, la politique s’en charge. Tu sais, c’est comme dans la cour de récréation. Les mêmes haines, les mêmes alliances, la loi du plus fort. On ne vieillit jamais dans ce milieu, c’est l’avantage.

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Il définissait la mondialisation comme une perte de contrôle des gens sur leur propre vie en contrepartie de l’opportunité de consommer moins cher. La mondialisation était selon lui peu ou proue la continuation du modèle colonial. Les nations développées continuaient à se procurer des matières premières et de la main-d’œuvre à bas prix.

Mes lectures

Peine perdue, un très beau roman d’Olivier Adam

         Sur la Côte d’Azur, après les beaux jours les touristes ont quitté la petite station balnéaire où vivent Antoine et les autres. Une vie en apparence paisible où vont pourtant survenir des événements qui vont bouleverser les habitants. Chacun va alors être confronté à ses peurs, ses espoirs et ses échecs.

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          Je n’avais pas lu grand chose d’Olivier Adam et je dois avouer que mes dernières lectures de ses romans dataient un peu. J’avais trouvé les deux romans que j’avais lus pas mal, sans plus. Une écriture un peu sèche à mon goût, avec laquelle j’avais un peu de mal à accrocher. Une écriture qui ne m’émeut pas outre mesure malgré la force des histoires qu’il raconte. Un peu trop sobre à mon goût sans doute. On m’avait dit le plus grand bien de son dernier roman, paru il y a deux ans, bien au-dessus du lot paraît-il. Et puis je ne sais pas, le temps est passé, je ne l’ai pas lu. Pourtant, quand celui-ci est sorti, j’ai eu une soudaine envie de l’acheter en le voyant sur les étals des libraires. Et c’est par ce roman que j’ai commencé mes lectures de cette rentrée littéraire. Quelle riche idée n’ai-je pas eue là !

          Dès les premières lignes, j’ai été happée par ce style si particulier. Toujours haché mais plus rond que dans mon souvenir, plus travaillé. Je n’y ai pas retrouvé la sécheresse qui m’avait gênée dans ses premiers ouvrages mais au contraire, une écriture comme un souffle, riche et pleine. On le retrouve pourtant, il a simplement mûri, semblant façonner ses phrases avec une énergie nouvelle. Une écriture qui déroute. Une ponctuation parfois absente, des mots durs qui semblent par moments se chevaucher dans un ordre incertain, comme heurtés, et qui paraissent aller de soi pourtant. C’est simple, c’est juste, et c’est terriblement beau. Tout comme l’histoire qu’il raconte d’ailleurs.

          Ce roman polyphonique raconte la vie d’une petite station balnéaire du sud-est à l’approche d’une tempête. L’histoire avance en multipliant les points de vues, donnant la parole tour à tour à une vingtaine d’habitants qui en plus du drame collectif, ont leurs blessures propres. Le tout crée un mélange saisissant, étrangement juste et touchant. A travers ces portraits de gens un peu perdus, c’est de la société qu’Olivier Adam nous parle avec brio. Il y a un air de vécu dans la détresse de ces gens, dans leurs tracas quotidien où chacun se retrouve un peu. J’ai trouvé la fin assez noire, elle aurait peut-être mérité d’être plus lumineuse pour donner du relief au récit. C’est un peu dommage mais reste cohérent avec le reste du texte et ne gâche en rien la qualité de l’ensemble. Un roman à l’écriture puissante qui possède un pouvoir d’évocation remarquable. Une fresque sociale juste et touchante. Un très beau texte.

Photo : David IGNASZEWSKI pour Flammarion
Photo : David IGNASZEWSKI pour Flammarion

Au final ici l’été ce n’est pas seulement le mercure. C’est surtout les gens. La manière dont ils remplissent les lieux, les silences, les paysages.

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Mais c’était une autre époque. Il a mis du temps à le comprendre. Le fossé qui se creuse entre deux générations. C’est un truc difficile à intégrer. A se figurer. Que les choses puissent changer à ce point en si peu de temps. Qu’au même âge ont ait plus le même âge à vingt-cinq ans d’intervalle. Et que la vie elle-même ne soit plus la même vie. Le décor. Les mots. Les gestes. Les façons de se tenir. Les sentiments.

Mes lectures

L’homme de la montagne, Joyce Maynard

          Rachel et Patty ont grandi près de San Francisco avec une mère quasi absente et un père volage qui a fini par quitter la maison pour une autre femme. Pour tromper leur ennui, elles passent des heures à jouer dans la montagne derrière leur maison. Jusqu’au jour où une affaire de meurtre va bouleverser leur quotidien et celui de leur père, chargé de l’enquête. 

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          Je ne connaissais pas du tout Joyce Maynard mais la quatrième de couverture me tentait beaucoup et j’ai été très contente de recevoir le roman avant sa sortie. Je dois dire que je n’ai pas été déçue ! J’ai été agréablement surprise par la qualité de l’écriture tant que par l’histoire. Le personnage principal, Rachel, est attachant et j’ai aimé la voir évoluer au fil des pages. Elle respire la spontanéité et je pense que ses excursions dans la montagne avec sa sœur comme leurs jeux rappelleront des choses à plus d’un. On s’identifie assez bien à ces deux petites filles un peu à part et pleines de vie.

          J’ai trouvé les rapports entre les personnages très intéressants : deux sœurs inséparables, un père qu’elles adulent et une mère dont elles ne se préoccupent guère. Il y a également quelques réflexions très justes sur l’adolescence qui donnent une touche nostalgique au texte. Je pensais avoir affaire à un roman policier mais il ne l’est pas au sens classique du terme, même si en effet il y a bien des meurtres, une enquête et un certain suspens qui se crée au fil des pages. On oscille entre plusieurs styles : à la fois roman à suspens et récit intime sur une famille qui se brise.

          Ce roman est très bien construit, autour d’une trame policière inspirée d’un fait réel. Mais la série de meurtres est avant tout un catalyseur qui exacerbe les réactions de chacun, dévoile la nature des gens. Les personnages sont variés et bien construits, à la fois marquants et assez éloignés des clichés du genre. Une subtilité dans la description des relations humaines et du ressenti de chacun qui m’a touchée. Pourtant, malgré une certaine nostalgie, l’écriture conserve toujours une part de légèreté des plus agréables. Comme si la jeunesse des personnages l’emportait sur tous les malheurs qu’elles peuvent rencontrer. Un roman sensible et très juste qui m’a embarquée dans son univers et m’a intéressée de bout en bout. Une belle découverte.

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Les filles de treize ans croient aux pères héroïques et aux méchantes belles-mères. Aux paroles des chansons, aux conseils de leurs amies du même âge – et aussi que leur premier amour durera toute la vie […].
La fille de treize ans déteste sa mère. Adore son père. Déteste son père. Adore sa mère. Alors quoi ?
Les filles de treize ans sont grandes et petites, grosses et maigres. Nil’un ni l’autre, ou les deux. Elles ont la peau la plus douce, la plus parfaite, et parfois, en l’espace d’une nuit, leur visage devient une sorte de gâchis. Elles peuvent pleurer à la vue d’un oiseau mort et paraître sans cœur à l’enterrement de leurs grands-parents. Elles sont tendres. Méchantes. Brillantes. Idiotes. Laides. Belles.

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert, un roman (trop ?) ambitieux de Joël Dicker

          Après avoir connu un premier succès immense, Marcus Goldman jeune écrivain à succès, connaît les affres de la page blanche. Son éditeur le presse de lui fournir un nouveau roman et il voit arriver l’échéance sans avoir écrit la moindre ligne. Quand son ami Harry – son ancien professeur et écrivain de talent – est accusé du meurtre d’une jeune femme disparue 30 ans auparavant, il est convaincu de son innocence. Il décide alors d’aller sur place découvrir ce qu’il s’est passé et rétablir la vérité.  

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          J’avais énormément entendu parler de ce roman qui a eu le Grand Prix du roman de L’Académie Française et le Goncourt des lycéens en 2012. Deux distinctions qui sont souvent synonyme de qualité. Pourtant, il semblait que si beaucoup avaient adoré et n’avaient plus pu refermer ce livre une fois entamé, une minorité l’avait trouvé mal écrit et au fond assez insipide. Connaissant ma tendance à être à contre-courant du plus grand nombre, je craignais un peu de faire partie de la deuxième catégorie et j’ai repoussé ma lecture un certain avant de finalement me décider à m’y mettre cet été dans une envie à la fois de lecture pas trop difficile et de gros pavés. Je dois bien avouer qu’au début, je n’ai trop su que penser de ce roman – et n’ai d’ailleurs jamais vraiment réussi à me décider…

          L’écriture ne m’a pas parue catastrophique du tout, mais pas bonne non plus. Juste plate. Enfin, dans le meilleur des cas car plus on avance, plus les clichés s’empilent et les dialogues deviennent insipides. Je n’en pouvait plus d’entendre Harry appeler la jeune fille dont il était amoureux « Nola chérie ». J’ai trouvé qu’il y a avait entre eux un manque total de naturel. Mais bon, dans l’ensemble, mis à part certains passages qui m’ont un peu agacée, j’ai trouvé que si le style n’était pas exceptionnel, il n’était pas non plus particulièrement plus mauvais qu’un autre. Facile à lire, il a par moments même un côté assez accrocheur. L’histoire est quant à elle plus prenante, même si elle n’est pas exempte de défauts.

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          J’ai trouvé que l’énorme point faible de ce roman, ce sont ses femmes. En effet, toutes celles qu’on y croise semblent hystériques, idiotes, voire les deux. Pas une ne m’a été franchement sympathique, elles sont plus caricaturales et imbuvables les unes que les autres. Je redoutais chaque apparition de la mère de Marcus dans le roman tellement je la trouvais hérissante. Sinon, dans l’ensemble, l’ouvrage est très influencé par la littérature américaine et ça se sent ! Là aussi, l’hommage manque parfois un peu de finesse et j’ai eu l’impression dans certains passages que l’auteur empilait ses connaissances du pays par besoin de prouver quelque chose plus que par nécessité pour l’histoire. Un défaut que l’on retrouve souvent chez les jeunes auteurs, ce besoin de tout dire, la volonté tout mettre dans un grand roman, qui finalement le dessert par manque de sobriété et de maîtrise.

          Heureusement, malgré des rebondissements parfois un peu improbables, j’ai trouvé l’histoire prenante et j’avais réellement envie de voir comment ça finissait, ce qui fait que j’ai lu ce roman assez vite. Et même si j’ai parfois trouvé l’écriture maladroite et que certains passages m’ont agacée, dans l’ensemble, j’ai trouvé que ça se lisait très bien. D’autant plus que le style colle assez bien au genre choisi par l’auteur. Certains n’ont pas aimé les conseils sur l’écriture intercalés entre chaque chapitres. Pour ma part, j’ai trouvé qu’ils étaient dans l’ensemble assez juste et donnaient une vraie identité à ce roman. Moi qui suis habituellement plutôt tatillonne (enfin, c’est ce qui se dit en tout cas…), je n’ai pas un instant songé à tenir rigueur à l’auteur de ne pas complètement arriver à les appliquer lui-même. Je trouve déjà que l’effort est louable. Un roman très ambitieux dont le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur par manque de maturité sans doute. Si le style est parfois un peu bancal, il reste dans l’ensemble agréable et sert une histoire prenante pour un résultat mitigé mais somme toute assez réussi.

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Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer.

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Deux choses donnent du sens à la vie : les livres et l’amour.

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L’amour, c’est très compliqué. C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l’amour, c’est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C’est pour ça que souvent, on pleure après.

Mes lectures

Les indomptées, une fresque familiale touchante de Nathalie Bauer

          Nathalie, Julienne et Gabrielle sont trois vieilles dames issues d’une même famille – deux sœurs et leur cousine – qui tentent ensemble de sauver le domaine familial. Leurs déboires sont l’occasion d’évoquer le passé et la vie de leur aïeux pour un roman qui jongle entre passé en présent.

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          Ce roman est un de (très) rares que j’ai reçus des éditeurs pour la rentrée littéraire. Si j’avais demandé les 2 autres qui me sont parvenus, je n’avais pas retenu celui-là dans ma sélection. A la lecture de la 4° de couverture, l’histoire m’a semblé plutôt intéressante mais ça ne me paraissait pas trop être mon genre de littérature, j’étais donc un peu méfiante en entamant ma lecture. Pourtant, je dois avouer que j’ai été agréablement surprise. L’écriture est limpide mais jamais simpliste et même au contraire aux formulations assez recherchées, rendant ce roman très agréable à lire. L’histoire quant à elle est intéressante avec une partie qui se passe de nos jours et une autre (qui a ma préférence, je dois l’admettre) au début du siècle dernier, avec l’arrivée de la guerre et la difficulté de reconstruire après.

          J’avais un peu peur d’un côté « régionaliste » trop marqué. Au premier abord, le livre m’a un peu fait penser à ceux que pouvait lire ma grand-mère sur le terroir ou la vie paysanne et dont le style un peu vieillot ne m’enchante guère. Pourtant ces sujets-là m’intéressent assez et je suis contente de trouver de temps en temps un roman qui sort un peu du lot. Ici le thème est abordé avec beaucoup de finesse puisque chacun des personnages semble avoir un attachement différent au domaine familial et un lien particulier avec ses racines. J’ai trouvé que cette pluralité permettait un point de vue global très intéressant sur la question. Le terroir est constamment présent sans que le trait ne soit jamais trop appuyé : il est en toile de fond, sert de décor aux histoires de chacune et, à travers le domaine, sa sauvegarde est l’enjeu principal du récit. Une manière un peu détournée de présenter les choses qui les rends plus légères et que j’ai appréciée.

          Les trois figures principales du livre – inspirées de la famille de l’auteur – sont des personnages forts qui ont eu des vies assez remarquables quoique très dissemblables. La maison qui les a vues naître semble être la seule chose qui les unit. On découvre aussi à travers elles l’histoire de toute une famille, des femmes mariées à la ville, des hommes partis à la guerre, des naissances et des décès. La vie en somme. J’ai beaucoup aimé que le récit soit constellé de photographies en noir et blanc qui permettent de donner un visage à ces hommes et ces femmes qu’on suit pendant près de 500 pages. J’ai trouvé cela touchant même si la vie des grands propriétaire me parle bien moins que celle des « petites gens ». J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, en particulier avec les passages qui se déroulent au début du XX° siècle. Les autres m’ont un peu ennuyée parfois et je trouve presque qu’on aurait pu s’en dispenser. Une lecture que j’ai appréciée pour la clarté de son style et sa belle histoire qui traverse les décennies. Mais cette saga familiale est surtout un très bel hommage à cette famille comme on aimerait pouvoir en rendre à la nôtre.

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Tout récit étant subjectif par nature et ne proposant qu’une version de la réalité, autant valait raconter les épisodes tels qu’ils auraient « dû » se produire si les êtres avaient été dotés d’un peu plus de poésie.

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Alors elle se demanda si c’était cela, la vie. Si c’était là ce qu’elle faisait : vous rattraper au moment où vous ne croyiez plus à rien et vous saisir, vous soulever, vous porter. Et l’attirance – l’amour peut-être -, c’était cela aussi ? Non un envoûtement, une palpitation du cœur, une pulsation de toutes les veines, mais le calme, l’assurance d’un horizon libre, d’une route aplanie, d’un voyage confortable ?

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La mort agissait souvent dans les familles comme une réaction chimique, révélant les conflits latents, faisant exploser le mélange détonant. Quelques gouttes mal dosées, et voilà qu’était anéantit le travail d’une ou plusieurs vies.