La vérité sur l’affaire Harry Quebert, un roman (trop ?) ambitieux de Joël Dicker

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          Après avoir connu un premier succès immense, Marcus Goldman jeune écrivain à succès, connaît les affres de la page blanche. Son éditeur le presse de lui fournir un nouveau roman et il voit arriver l’échéance sans avoir écrit la moindre ligne. Quand son ami Harry – son ancien professeur et écrivain de talent – est accusé du meurtre d’une jeune femme disparue 30 ans auparavant, il est convaincu de son innocence. Il décide alors d’aller sur place découvrir ce qu’il s’est passé et rétablir la vérité.  

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          J’avais énormément entendu parler de ce roman qui a eu le Grand Prix du roman de L’Académie Française et le Goncourt des lycéens en 2012. Deux distinctions qui sont souvent synonyme de qualité. Pourtant, il semblait que si beaucoup avaient adoré et n’avaient plus pu refermer ce livre une fois entamé, une minorité l’avait trouvé mal écrit et au fond assez insipide. Connaissant ma tendance à être à contre-courant du plus grand nombre, je craignais un peu de faire partie de la deuxième catégorie et j’ai repoussé ma lecture un certain avant de finalement me décider à m’y mettre cet été dans une envie à la fois de lecture pas trop difficile et de gros pavés. Je dois bien avouer qu’au début, je n’ai trop su que penser de ce roman – et n’ai d’ailleurs jamais vraiment réussi à me décider…

          L’écriture ne m’a pas parue catastrophique du tout, mais pas bonne non plus. Juste plate. Enfin, dans le meilleur des cas car plus on avance, plus les clichés s’empilent et les dialogues deviennent insipides. Je n’en pouvait plus d’entendre Harry appeler la jeune fille dont il était amoureux « Nola chérie ». J’ai trouvé qu’il y a avait entre eux un manque total de naturel. Mais bon, dans l’ensemble, mis à part certains passages qui m’ont un peu agacée, j’ai trouvé que si le style n’était pas exceptionnel, il n’était pas non plus particulièrement plus mauvais qu’un autre. Facile à lire, il a par moments même un côté assez accrocheur. L’histoire est quant à elle plus prenante, même si elle n’est pas exempte de défauts.

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          J’ai trouvé que l’énorme point faible de ce roman, ce sont ses femmes. En effet, toutes celles qu’on y croise semblent hystériques, idiotes, voire les deux. Pas une ne m’a été franchement sympathique, elles sont plus caricaturales et imbuvables les unes que les autres. Je redoutais chaque apparition de la mère de Marcus dans le roman tellement je la trouvais hérissante. Sinon, dans l’ensemble, l’ouvrage est très influencé par la littérature américaine et ça se sent ! Là aussi, l’hommage manque parfois un peu de finesse et j’ai eu l’impression dans certains passages que l’auteur empilait ses connaissances du pays par besoin de prouver quelque chose plus que par nécessité pour l’histoire. Un défaut que l’on retrouve souvent chez les jeunes auteurs, ce besoin de tout dire, la volonté tout mettre dans un grand roman, qui finalement le dessert par manque de sobriété et de maîtrise.

          Heureusement, malgré des rebondissements parfois un peu improbables, j’ai trouvé l’histoire prenante et j’avais réellement envie de voir comment ça finissait, ce qui fait que j’ai lu ce roman assez vite. Et même si j’ai parfois trouvé l’écriture maladroite et que certains passages m’ont agacée, dans l’ensemble, j’ai trouvé que ça se lisait très bien. D’autant plus que le style colle assez bien au genre choisi par l’auteur. Certains n’ont pas aimé les conseils sur l’écriture intercalés entre chaque chapitres. Pour ma part, j’ai trouvé qu’ils étaient dans l’ensemble assez juste et donnaient une vraie identité à ce roman. Moi qui suis habituellement plutôt tatillonne (enfin, c’est ce qui se dit en tout cas…), je n’ai pas un instant songé à tenir rigueur à l’auteur de ne pas complètement arriver à les appliquer lui-même. Je trouve déjà que l’effort est louable. Un roman très ambitieux dont le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur par manque de maturité sans doute. Si le style est parfois un peu bancal, il reste dans l’ensemble agréable et sert une histoire prenante pour un résultat mitigé mais somme toute assez réussi.

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Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer.

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Deux choses donnent du sens à la vie : les livres et l’amour.

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L’amour, c’est très compliqué. C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l’amour, c’est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C’est pour ça que souvent, on pleure après.

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  1. J’ai bien aimé ce livre, pas transcendant, mais agréable à lire. Je me suis aussi beaucoup cassé la tête à essayé de découvrir le véritable coupable, et au final j’avais tout faux ! 🙂

    • Oui, découvrir le coupable est quasi impossible je pense. L’auteur met sans cesse sur de fausses pistes. C’est un des points forts de ce texte, il maintient le suspens 🙂

      • Oui c’est sûr ! Et puis à l’annonce finale j’étais un peu sur le « cul » ! Je m’y attendais vraiment pas !

  2. Je partage completement ton avis sur ce livre. Je l’ai aimé mais certaines petites choses m’ont laissées un peu mitigée. Je pense que je lirai néanmoins d’autres livres du même auteur pour me faire un avis sur son écriture.

    • Il y a plein de bonnes idées, avec le temps son écriture s’améliorera surement, ça manque encore un peu de maturité. Je pense aussi que je lirai ses prochains romans pour voir comment il évolue.

  3. tiens c’est marrant..hier soir sur twitter je voulais te dire que j’avais pas encore commencé à lire tous les romans de la rentrée littéraire qui étaient dans ma boite aux lettres- et les 30 recus auparvant- car j’avais à peine commencé dans le train du retour de mes vacances ce Harry Quebert dont j’ai également repoussé pas mal la lecture non pas parce que je ne pensais pas qu’il me plairait ( je suis généralement assez bon client de ces page turner surtout si le style est là) mais bien parce que 900 pages quand même, faut les avaler.. pour l’instant j’en suis juste à 220 pages, donc je suis loin d’etre au bout des rebondissements, j’ai très légerement tiqué sur les nola chérie et si le style est loin des autres grands romans que j’ai pu lire cet été- eugenides ou barnes- c’est quand même super addictif, je trouve…mais bon j’attendrais le mot fin pour poser un avis définitif dessus…

    • Oulà, tu n’en as pas fini avec les Nola-chérie alors, ça empire sacrément vers le milieu ! 🙂 Mais bon, même si le style n’est pas toujours au top, ça se lit bien quand même 🙂

    • Je réagis à retardement mais 30 livres ?! en plus de tous ceux que tu viens de recevoir ?! Je me plains de ne pas en recevoir assez mais finalement, je vais peut-être changer d’avis… au moins je ne peine pas trop à tous les lire et les critiquer 🙂 Bonnes lectures !

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