Mes lectures

Corinne POUILLOT, Dolorose

          C’est un livre un peu particulier que je vous présente aujourd’hui. En effet, il ne sera disponible en librairie que le 26 août. En voici donc la présentation en avant première.

          Dolorose est à la fois un roman historique (avec comme toile de fond la Seconde Guerre Mondiale), un roman régionaliste (Rouen et sa région servent de décor à l’histoire) et un roman d’amour (un amour impossible est au centre du récit). Avant la guerre, Marie tombe amoureuse de Werner. Cet amour est réciproque mais, tous deux étant mariés, ils choisiront d’y renoncer. Le hasard les réunira quelques années plus tard à Rouen, sous l’Occupation. Elle est résistante et lui officier de la Wehrmacht. Leur amour est plus impossible que jamais.

          Le récit est bien mené et les personnages ne tombent pas dans la caricature. L’écriture est agréable et le style soutenu. On se laisse prendre à l’histoire même si les grandes envolées lyriques ne sont pas trop à mon goût (mais bon, les histoires d’amour et moi, ça n’a jamais été ça, je suppose que je ne suis pas très objective sur la question). Une assez bonne surprise au final. Les âmes exaltées aimeront sans doute cette belle histoire.

Les jours d’Heidelberg déferlèrent soudain avec toute la force de l’émotion que Werner suscitait en elle. Assise derrière sa caisse, Marie avait envie de se jeter sur lui, de le toucher, de voir ses yeux tout près des siens, de sentir sa discrète odeur d’eau de Cologne. Au lieu de cela, elle resta immobile.

Mes lectures

Laurent MAUVIGNIER, Loin d’eux

          Loin d’eux est le premier roman de Laurent Mauvignier. C’est l’histoire de Luc, qui a force de ne pas trouver comment communiquer avec ses parents, finira par se suicider. On suit les pensées des personnages de l’intérieur : Luc, ses parents, sa cousine. L’écriture est saccadée, reproduisant le fil de la pensée, souvent décousue.

          Il m’a fallu un peu de temps pour m’habituer à l’écriture, très particulière, et au changement constant de point de vue. Mais si l’écriture est dérangeante, le sujet ne l’est pas moins. Au final, un roman sensible et touchant.

L’obscurité entre nous, j’ai dit, moi, Jean. L’obscurité où se disait vraiment qu’à la fin on ne se comprenait plus, ou même que si peut-être on avait cru des fois se comprendre on s’était trompés toujours, qu’on n’avait jamais su vraiment et maintenant c’était évident qu’on ne pourrait plus, qu’il fallait accepter ça, les lignes continues séparant l’espace de nos vies.

Mes lectures

Henning MANKELL, La lionne blanche

          En enquêtant sur la disparition d’une jeune mère de famille, l’inpsecteur Wallander découvre une affaire d’une toute autre ampleur. Quel lien peut-il bien y avoir entre cette femme apparemment sans histoires, l’explosion d’une maison abandonnée, la découverte d’un doigt noir tranché et l’Afrique du Sud ?

          Une enquête haletante qui balance entre Suède et Afrique du Sud, sur fond politique. Un Mankell grand cru.

Ils parvinrent à la ferme isolée peu avant vingt heures. Dajà à Saint-Pétersbourg, Victor avait découvert avec surprise que l’obscurité sur ce continent ne ressemblait en rien à celle de l’Afrique. Il faisait clair alors qu’il aurait dû faire nuit ; le crépuscule ne tombait pas sur la terre comme un énorme coup de poing, mais comme une feuille légère.

Mes lectures

Je viens de m’attaquer à…

… un gros morceaux : « Humiliés et offencés » de Dostoïevski. Bientôt (enfin, pas tant que ça, la lecture risque d’être longue) sur le blog.

Mes lectures

Sam SAVAGE, Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres

          Firmin est un grand lecteur, un passionné de livres en tout genres, un amoureux de littérature. Son originalité ? Firmin est un rat. Ce livre est son autobiographie supposée.

          Si l’idée de départ est excellente et l’écriture de qualité, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas un peu plus de rythme, et d’humour. Une écriture un peu trop figée, les monologues intérieurs du petit rat manquent un peu de vie. Un agréable moment de lecture tout de même, un livre qui sort de l’ordinaire.

Tous les matins, Norman et moi lisions le Boston Globe. Nous le lisions de la première à la dernière page, y compris les petites anonces. J’étais au courant de ce qui se tramait dans le monde. Je suis devenu un citoyen bien informé, et quand un article évoquait le « grand public », je ressentais un petit pincement de fierté narcissique.