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Une femme aimée – Andreï Makine

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          Oleg est un jeune cinéaste fasciné par la vie de la Grande Catherine ; cette souveraine présentée comme une séductrice invétérée, tsarine cruelle et parfois despotique se définissant pourtant comme républicaine. Une femme complexe à la tête d’un empire. Il souhaite effacer ces clichés et trouver derrière ce destin exceptionnel ce qu’il y a pu avoir de simplement humain chez cette femme hors du commun. Une quête qui va le poursuivre et trouvera un échos dans sa propre vie, dans une Russie en pleine mutation.

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          Ceux qui me suivent depuis un moment le savent déjà, je suis une inconditionnelle de l’écriture sensible d’Andreï Makine. Je ne pouvais donc que me réjouir de la sortie de ce nouvel ouvrage pourtant un peu particulier puisqu’il s’attache à la biographie de Catherine II de Russie. Comme souvent chez cet auteur, bien qu’on rentre directement au coeur du sujet, il faut un certain pour se plonger dans le style et l’histoire, d’autant que mes connaissances en culture russe sont quand même très limitées. Le sujet devient réellement intéressant quand l’histoire d’Oleg vient se confondre avec celle de la souveraine dont il décortique la vie. Il cherche à se retrouver dans une destinée qui n’a en apparence strictement aucun rapport avec la sienne, à part peut-être dans les manques et les insatisfactions qui les traversent : l’envie d’être aimée ou l’impression de ne pas être à sa place dans son temps.

          On retrouve dans ce roman beaucoup des qualités que j’aime chez cet auteur. Le style est fluide et la construction travaillée. Comme souvent chez Makine, il est question à la fois d’amour et du rapport à la société. Ses personnages sont en décalage avec leur temps et leur histoire permet d’aborder avec légèreté des sujets universels. J’ai aimé découvrir Catherine II, avec ses contradictions et ses excentricités. Le fait de lire sa biographie à travers les yeux d’un jeune russe passionné permet de mettre l’accent sur certains aspects de sa vie et d’y chercher une logique qui défie les préjugés. Andreï Makine sait comme personne mettre en lumière l’humanité des personnages qu’il construit et leurs fêlures. Un roman intelligent et sensible qui mêle plusieurs visions d’une Russie en perpétuelle évolution. 

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Cette chambre dans un appartement communautaire, quinze habitants répartis dans les sept pièces, une cuisine commune, l’unique salle de bain. Un enfer quotidien, et pourtant on peut y être heureux (ses parents, de leur vivant, le disaient : en Enfer, profitons du feu…)

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Rien de plus lointain qu’une femme qui s’installe dans un nouvel amour. Une extraterrestre, un doux monstre distrait dont le visage, proche et déjà méconnaissable, provoque une attirance exacerbée, torturante et vaine.

Sylvain TESSON, Dans les forêts de Sibérie

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          Sylvain Tesson est un aventurier qui a parcouru le monde. Et puis, il a décidé de s’arrêter, de cesser de vadrouiller pendant quelques mois. Une confrontation au vide et au silence, loin de l’humanité. Pour sa retraite solitaire, il a choisi une cabane, sur les rives du lac Baïkal où il a passé six mois avec pour seule compagnie des livres, des cigares et de la vodka. 

          Le Grand Nord m’a toujours fascinée. Une cabane surchauffée, au milieu d’une mer de glace, remplie de livres et où l’on peut boire du thé brûlant à longueur de journée s’approche assez de l’idée que je me fais du paradis. Je n’aime pas le froid mais j’ai toujours rêvé de me confronter à ces températures extrêmes. Parce qu’après avoir souffert dehors, après avoir cru qu’on allait perdre ses orteils en pêchant ou ses doigts en coupant bois, après avoir marché des heures dans la neige et le vent jusqu’à ne plus sentir ses joues, le plaisir de retrouver la chaleur du poêle doit être incomparable. Déjà ici en rentrant d’une bonne marche dans la neige par – 5 ou -10 °C, après avoir souffert et avoir eu l’impression de se congeler les poumons, retrouver un bon feu dans la cheminée et afin retirer ses chaussures gelées avant de se faire un thé à boire brûlant avec un bon livre ne doit pas être loin d’être le summum du bonheur. Par – 30 en pleine taïga ça doit être la même sensation en bien plus intense encore. A défaut de le vivre, Sylvain Tesson nous donne un petit goût de liberté par procuration.

         J’ai beaucoup aimé ce livre. Il m’a semblé avoir à peu près la même vision de la vie et la même conception du bonheur que l’auteur. Sauf que je ne franchirai sans doute jamais ce cap du départ vers l’inconnu, ce qui fait quand même une énorme différence, je vous l’accorde. Toujours est-il que je me suis assez retrouvée dans ce texte qui représente une forme d’idéal. Cette idée d’un bonheur simple est réconfortante. On retrouve dans la plume de Sylvain Tesson quelque chose des grands aventuriers. C’est assez proche de certains textes de London notamment (et on connaît mon amour inconditionnel pour London). J’ai aimé ce mélange d’aventure et de culture. Un équilibre rare, une grande bouffée d’air (très) frais. Un vrai coup de coeur, récompensé par le prix Médicis essai. A lire absolument.

J’y ai emporté des livres, des cigares et de la vodka. Le reste – l’espace, le silence et la solitude – était déjà là.
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Quand on se méfie de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres : on pourra toujours remplir son propre vide. L’erreur serait de choisir exclusivement de la lecture difficile en imaginant que la vie dans les bois vous maintient à un très haut degré de température spirituelle. Le temps est long quand on n’a que Hegel pour les après-midi de neige.
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Entre l’envie et le regret, il y a un point qui s’appelle le présent. Il faudrait s’entraîner à y tenir en équilibre comme ces jongleurs qui font tourner leurs balles, debout sur le goulot d’une bouteille.
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Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.
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La contemplation, c’est le mot que les gens malins donnent à la paresse pour la justifier aux yeux des sourcilleux qui veillent à ce que « chacun trouve sa place dans la vie active ».

Andreï MAKINE, La terre et le ciel de Jacques Dorme

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          En Russie, un orphelin écoute une vieille dame lui raconter l’histoire d’amour qu’elle a vécue avec un aviateur français pendant la guerre. L’enfant grandit et décide de partir à la recherche de l’avion disparu pour écrire l’histoire de cet homme oublié de tous.

          Une fois de plus, Andreï Makine nous livre un texte poignant. Les mêmes thèmes reviennent toujours : la mémoire, la langue, la patrie, l’amour. L’écriture est belle, l’histoire aussi. Des personnages simples, la vie de tous les jours. Makine ne nous livre pas ici son plus beau roman mais un beau texte empreint de sensibilité.

Je n’avais pas alors (je ne sais si je l’ai aujourd’hui) une meilleure définition de l’amour que cette sorte de prière silencieuse qui relie deux êtres, séparés par l’espace ou la mort, dans une intuition permanente des douleurs et des instants de joie vécus par l’autre.

Je viens de m’attaquer à…

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… un gros morceaux : « Humiliés et offencés » de Dostoïevski. Bientôt (enfin, pas tant que ça, la lecture risque d’être longue) sur le blog.