Théâtre

Retour sur ma saison de cirque 2021/2022

Je n’ai pas eu l’occasion de voir beaucoup de spectacles ces derniers mois, toutefois j’ai glané quelques places pour du cirque contemporain deci-delà. Une seule compagnie que je connaissais déjà mais quelle compagnie ! En j’ai enfin pu découvrir le travail de chorégraphe de Rachid Ouramdane (par deux fois, heureux hasard du calendrier). Voilà un petit résumé de ma courte saison 2021/2022.

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Théâtre

La nuit du cerf

          Il y a deux ans, j’avais découvert le cirque Le Roux avec leur premier spectacle, The elephant in the room. Si je n’avais pas accroché avec leur humour potache, j’avais adoré la mise en scène hyper originale et extrêmement bien maîtrisée et la qualité des acrobaties avait fini de me séduire. Malgré un début un peu longuet, j’avais finalement beaucoup aimé ce spectacle inventif. J’étais donc curieuse de découvrir leur nouvelle création, La nuit du cerf, cette fois présentée au Théâtre Libre. Vous pouvez retrouver mon avis complet sur leur premier spectacle ici.

Affiche du spectacle La nuit du cerf

          On reste tout à fait dans le même esprit, avec une référence marquée au cinéma et un aspect très théâtral. Dans l’ensemble, beaucoup des remarques faites sur leur premier spectacle pourraient tout à fait s’appliquer à celui-ci, on est vraiment dans la même veine. J’avais une petite préférence pour le côté noir et blanc du précédent spectacle, mais encore une fois, la mise en scène très travaillée est une vraie réussite. J’aurais aimé que le parallèle avec le cinéma soit un peu plus exploité toutefois l’ensemble fonctionne plutôt bien avec une esthétique très marquée. Ils parviennent à construire un univers fort dans chacune de leurs créations.

La nuit du Cerf 2019
©Jean-Marc Helies

          A mes yeux, le point faible de spectacle est à chercher du côté de l’humour et plus globalement de l’écriture. C’est souvent très lourd… Il faut dire que je ne suis pas une adepte des blagues potaches et le vaudeville m’ennuie terriblement. Le côté surjoué n’aide pas et il y a toujours un clair problème de rythme (même si c’est cette fois un peu moins marqué) : il y a certaines longueurs et l’écriture manque cruellement de précision. On est entre cirque et théâtre et c’est vraiment très bavard. Dommage, ça plombe un peu l’ambiance par moment, avec un auteur de talent, ils pourraient faire quelque chose de vraiment exceptionnel, c’est bien là leur principal point faible.

- La nuit du Cerf 2019
©Jean-Marc Helies

          Heureusement, la qualité des numéros est toujours au rendez-vous. Les numéros de main à mains sont absolument époustouflants. C’est enlevé, rythmé, on croirait assister à un ballet. Leur sens aigu de la mise en scène met parfaitement en valeur les numéros de hautes volée qui sont proposés. C’est un véritable régal. Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser la surprise mais le dernier numéro m’a particulièrement éblouie. C’est très original, poétique et virtuose à la fois. J’en suis restée bouche bée d’admiration. Malgré quelques maladresses dans l’écriture du texte, le cirque Le Roux propose un spectacle inventif et original, avec une mise en scène soignée, un univers décalé et des numéros très réussis. Une troupe à suivre !

Cirque Le Roux, La nuit du cerf
©Frank W Ockenfels

La nuit du Cerf
Cirque Le Roux

Théâtre Libre
4, bd de Strasbourg
75010 PAris

Jusqu’au 9 février 2020
A partir de 16€

Théâtre

Cirque Plume, La dernière saison

          J’ai découvert le cirque Plume il y a de cela bien longtemps. Je devais avoir 7 ou 8 ans. C’était la première fois que je voyais du cirque contemporain et j’étais tombée amoureuse de leur poésie. Tant d’années après, je me souviens encore de mon émerveillement. Je ne les avais jamais revus depuis, bien que leurs spectacles passent régulièrement à Paris. Je me disais toujours que j’avais le temps, que si c’était complet cette fois-ci ou trop cher pour mon porte-monnaie, l’occasion se représenterait toujours l’année suivante. Et puis, cette année, nous avons appris que ce serait la dernière. J’ai voulu prendre des places pour aller les voir en famille à Noël mais je n’ai pas été assez rapide, c’était complet. C’est donc la mort dans l’âme que je m’étais doucement faite à l’idée que jamais je ne les reverrais.

Affiche de La dernière saison du Cirque Plume

          Et puis, je suis allée faire une cure thermale à Chambéry. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que le cirque Plume y était exactement aux mêmes dates que moi ! Évidemment, c’était depuis bien longtemps complet mais quelques places étaient disponibles chaque soir aux premiers arrivés. J’ai donc tenté ma chance. Et – ô joie – j’ai réussi à avoir une place ! La grande amatrice de cirque contemporain que je suis allait avoir la chance de revoir la compagnie avec qui tout avait commencé. La boucle pourrait être bouclée.

Photo du spectacle La dernière saison du Cirque Plume
Photo Yves Petit, Cirque Plume 2017

          Après tant d’années et tant d’autres spectacles vus, j’avais presque peur d’être déçue. Ou en tout cas, de trouver que finalement, ce n’est pas forcément très différent des autres compagnies. Mais non, je ne m’étais pas trompée du haut de mes 8 ans, mes souvenirs ne m’avaient pas trahie, Plume c’est vraiment un univers très particulier, tout en poésie. D’ailleurs, ce n’est presque plus du cirque à ce niveau-là, plutôt un tableau qui prendrait vie. Les décors sont magnifiques, avec des ambiances très travaillées qui nous plongent dans un univers féérique. Des tableaux tous plus beaux les uns que les autres, un peu inquiétants aussi parfois, qui font travailler notre imaginaire. C’est terriblement beau.

Photo du spectacle La dernière saison du Cirque Plume
Photo Patrick Denis, Cirque Plume 2020

          La musique a également une grande place dans le spectacle. C’est presque autant un concert qu’une représentation de cirque et j’ai beaucoup aimé leurs créations musicales. Il y a beaucoup de numéros de clowns dans ce spectacle. Pas du genre nez rouge évidemment, plutôt du mime ou une espèce de théâtre muet, quelque chose qui pourrait parfois se rapprocher d’un humour à la Chaplin (en moins fin tout de même). Je dois avouer que c’est loin d’être ce que je préfère. Si ça m’a parfois fait sourire, il y a pas mal de moment où j’ai trouvé cet humour un peu lourd. Il faut bien avouer cependant que les enfants, eux, riaient de bon cœur (quelques adultes aussi d’ailleurs) et j’ai envié cette propension à savoir ce qui les touchait. Leur bonheur avait quelque chose de communicatif.

Imagage de La dernière saison du Cirque Plume, musiciens et parapluies
Photo Yves Petit, Cirque Plume 2017

          Il y a au final peu de numéros de cirque pur dans ce spectacle. Mais en revanche, non seulement ils sont assez longs et magnifiquement mis en scène, mais ils sont surtout de haute volée. Chaque fois, c’était ce que j’ai pu voir de mieux dans la discipline. Absolument bluffant ! On reconnaît sans peine leur influence dans beaucoup de troupes de cirque d’aujourd’hui. Finalement, plus qu’un cirque, Plume est un ovni à la frontière des genres : cirque, musique, théâtre, on ne saurait trop où le classer. Une esthétique léchée et une poésie folle de bout en bout, un moment de grâce pure.

Musique

Les Wriggles

          Je les avais découverts sur le tard, j’étais déjà à la fac quand une amie m’a fait écouter. Sans être une immense fan, j’ai souvent écouté leurs chansons. De suite j’ai apprécié leur humour tendre et décalé. Mais aussi et surtout leurs textes plus engagés, plus profonds sous des airs de ne pas y toucher. Bien souvent, ça touche à des sujets plus sensibles qu’il n’y paraît sous le vernis du rire et de la poésie.

Affiche de tournée les Wriggles

          Cinq clowns tristes que j’aurais aimé entendre sur scène. Seulement voilà, à l’époque j’habitais Aix-en-Provence, pas exactement le cœur battant de la scène musicale française. Puis je suis venue à Paris, j’ai cru que j’aurais l’occasion de les voir jouer, mais j’étais à peine arrivée qu’ils s’étaient déjà séparés. C’était il y a 10 ans. Je n’écoute plus leurs textes que rarement et pour les Wriggles ça restait un peu une rencontre ratée. Pour rappel, à l’époque, ça ressemblait à ça :

          Alors quand j’ai été invitée à les voir en concert à Bobino pour leur retour sur scène après une si longue rupture, j’ai sauté sur l’occasion. Je n’allais quand même pas laisser passer la chance des les voir « en vrai » après tant d’années ! Bon, il faut bien l’admettre, malgré une certaine excitation, j’avais aussi un peu peur. Les retours après des séparations, on sait ce que ça donne : trop souvent ce vieux goût de réchauffé, un peu comme des frites passées au micro-ondes toutes mollassonnes. Les corps ont vieilli, les vieilles querelles ne sont pas toujours enterrées et le retour est plus dû au besoin de renflouer les caisses après 10 piges à se la couler douce qu’à l’envie de se retrouver. Bref, la déception guettait.

Les Wriggles, complètement red

          Je suis arrivée mi-surexcitée, mi-septique donc. Avec ma copine de fac qui me les avait fait découvrir il y a temps d’années. Il ne me reste que deux copine de fac, énorme que coup de bol qu’elle vive justement à Paris et qu’elle ait été dispo. Rien que pour ça, cette soirée vaudrait forcément le coup. Sur scène, toujours les mêmes costumes, le bonheur de retrouver des voix familières, plus difficiles de reconnaître les têtes après tant d’années surtout que deux ont changé. On retrouve ce qui avait fait leur succès, l’humour noir, la dérision, la tendresse aussi. Les nouvelles chansons sont dans la veine des anciennes, ça parle d’actualité, c’est assez réussi. Je me demande presque si ce n’est même pas mieux écrit.

Les Wriggles, 2019
Les Wriggles ©Pidz

          Ils ne jouent pas trop la carte des vieux succès pour ce retour, ils en casent un ici ou là mais ils font surtout la part belle à la nouveauté et donnent envie de redécouvrir leur univers qu’ils ont visiblement su recréer et faire évoluer sans se trahir. Dans la salle, beaucoup de gens entre 30 et 40 ans. On est là, nostalgiques, à retrouver des airs de notre adolescence. Heureux aussi. Surtout heureux après une si longue absence, de retrouver le même esprit 10 ans après. C’est un beau moment. Finalement je n’ai pas été déçue. J’ai aimé les textes, j’ai apprécié les talents d’acteurs qui font beaucoup au spectacle. J’ai aimé l’ambiance si particulière de la salle, mélange de nostalgie et de joie de la découverte. C’était chouette et on est ressortis en ce disant qu’on avait bien de la chance quand même. Sur ce je vous laisse, je me suis donné envie de réécouter leur nouvel album. Quant à vous vous pouvez les voir ou les revoir en tournée dans toute la France.

Théâtre

Cirque Romanès : La trapéziste des anges !

          Vous le savez peut-être, j’ai une sympathie toute particulière pour le cirque Romanes. Ca faisait un petit moment que je ne les avais pas vus puisque la dernière fois c’était avec leur spectacle Voleurs de poules (et l’article est à découvrir par là). Depuis, j’ai été atteinte d’une frénésie de cirque : j’en vois autant que je peux (ce qui n’est pas forcément tant que ça, certes). Mais quasi que du cirque contemporain avec des choses très originales, souvent proches du théâtre, un tout autre style en somme. J’avais donc peur que depuis la dernière fois mes goûts aient quelque peu évolué.

La trapéziste des anges
Photo de Catherine Gaudin

          Même si je me suis pas mal éloigné du cirque traditionnel – fut-il tsigane – et j’ai vu ces dernières années des numéros exceptionnels à côté desquels tout le reste a ensuite tendance à sembler un peu fade, et pourtant, une fois de plus j’ai été happée dans l’univers festif et coloré de cette famille pas comme les autres. Nous y sommes allés en famille le soir de Noël, déjà rien que ça en soi ça en met dans de bonnes dispositions (surtout au moment où je constate qu’il fait chaud sous le chapiteau alors qu’il caille dehors). Cette fois nous étions donc là pour découvrir leur nouveau spectacle, La trapéziste des anges.

La trapéziste des anges
Photo de Catherine Gaudin

          Romanes, c’est toujours un peu la même histoire. On ne va pas chez eux pour y trouver les performances les plus folles, on n’y va pas pour voir un spectacle carré et parfaitement huilé. Non. On y va pour l’énergie communicative qu’ils dégagent, la chaleur humaine, l’ambiance quoi. Par rapport à la fois précédente j’ai toutefois trouvé le spectacle bien mieux rodé et les numéros plus équilibrés, il faut dire aussi que les ados qui étaient déjà sur scène à l’époque ont bien grandi et ont eu le temps de progresser ! En revanche, vu le titre je m’attendais à un peu plus de numéros aériens. Ils sont finalement assez peu nombreux.

La trapéziste des anges
Photo de Catherine Gaudin

          Les numéros de fil de fer et de jonglage ont été mes préférés : le premier pour la magnifique performance technique, le second pour son inventivité et sa poésie (ce jongleur <3). Il y a vraiment quelques très beaux moments. Le tout accompagné toujours par l’orchestre tsigane, le petit plus qui donne le sourire rien que d’y repenser et de se trémousser sur les gradins. Et puis cette ambiance bonne enfant, la famille sur scène, un peu tous les âges, un peu tous les styles. Le cirque Romanès, sans aucun doute celui du partage et de la bonne humeur.

La trapéziste des anges
Photo de Catherine Gaudin

Trapéziste des anges

Cirque Romanès

Square Parodi
Boulevard de l’Amiral-Bruix
75016 Paris

Tous les week-end jusqu’à fin mai
Places autour de 20€

La trapéziste des anges
Photo de Catherine Gaudin