Archives de Tag: témoignage

Barbara SAMSON, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans

Par défaut

          Le petit dernier de la série « Les stars du blog ». L’article le plus lu avec plus de 25000 lecteurs ! Je dois avouer que ce chiffre m’impressionne. J’ai écrit cet article lorsque je travaillais sur mon mémoire consacré à Hervé Guibert et son roman « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie« . Je me suis beaucoup intéressée au sida dans la littérature à cette époque et c’est dans ce cadre que j’ai lu le témoignage de Barbara Samson. Une découverte avec un regard un peu particulier donc puisque je le comparais à ds textes sur le même thème bien plus littéraires et aboutis. Je ne pensais pas recevoir autant de retours et j’avoue que si j’avais su j’aurais probablement tourné les choses de manière très différente. Mais il paraît que mon honnêteté fait mon charme, voici donc un parfait exemple de « critique assassine ».

Madimado's Blog

          Barbara a 17 ans. Elle aime pour la première fois. Il est séropositif et elle ne le sait pas. Elle apprendra quelques mois plus tard qu’elle a été contaminée. Elle témoigne ici pour partager son expérience, pour faire connaître cette maladie qui fait des ravages depuis quelques années (le livre paraît en 1994) et informer le grand public.

          Soyons honnête, ce livre n’a qu’un intérêt très limité. Sur le moment, il a fait pleurer dans les chaumières : une jeune fille de 17 ans condamnée à mort, ça a de quoi émouvoir. L’histoire est plus contrastée. La jeune fille est en réalité dépressive et a fait plusieurs tentatives de suicide. Elle apprend très vite que son amoureux est un ancien toxicomane (qui va bien vite replonger) séropositif mais décide de continuer sa relation avec lui sans pour autant prendre les précautions qui s’imposent, dans une volonté avouée de jouer avec…

View original post 458 mots de plus

Celui qui va vers elle ne revient pas

Par défaut

          Marié dès l’âge de dix-huit ans à une femme que sa communauté lui a choisie, Shulem Deen a longtemps mené une vie austère encadrée par les règles strictes des skver. Considérés comme trop extrêmes même par les plus fanatiques – les satmar, les belz, les loubavitch –, les skver font revivre les coutumes et les pratiques des premiers Juifs hassidiques et se tiennent à l’écart du monde extérieur. Seulement, un jour, Shulem s’est mis à douter.

Couverture de Celui qui va vers elle ne revient pas de Shulem Deen

          J’avais lu la quatrième de couverture de ce livre avant de le commencer pourtant, allez savoir pourquoi, je ne m’attendais pas du tout à ça. J’avais dû lire en diagonale, ou mal, en oublier la moitié ou comprendre de travers, en tout cas j’avais visiblement raté quelque chose. Je ne sais pas pourquoi je l’associais à l’histoire d’un homme qui fuit la guerre et s’installe aux Etats-Unis. Au-cun rap-port. Le livre fait dans les 400 pages et quand j’ai vu comme c’était écrit petit, j’ai eu un léger moment de découragement. Et puis bon, ça avait l’air intéressant mais les juifs ultra-orthodoxes ça ne me vendait pas trop du rêve non plus. Bref, je traînais un peu des pieds et je regrettais presque mon choix.

          Pourtant, dès les premières pages, j’ai eu un gros coup de cœur pour le style. C’est extrêmement bien écrit. J’ai trouvé qu’il y avait un petit côté journalistique dans la plume (ce qui s’est avéré juste). Sans doute parce que l’auteur prend un certain recul avec sa propre histoire. Il décrit sa vie passée en essayant d’être juste, sans acrimonie, voire même avec une certaine tendresse. Et surtout avec une bonne dose d’auto-dérision. Cet homme a un talent fou. Dès le début, on sait qu’il va se faire exclure de sa communauté pour hérésie, il revient ensuite sur ce qui là mené là. Comment il a grandi dans la religion et s’est investi dans une frange ultra-orthodoxe et hyper rigoriste pour perdre ensuite peu à peu ses convictions.

Portrait de Shulem Deen

          L’histoire est passionnante. En quelques pages à peine, j’étais plongée jusqu’au cou dans cet univers et j’avais le plus grand mal à lâcher ce roman. Je dois avouer que je n’y connais rien en juifs ultra-orthodoxes et ceux-là sont particulièrement sectaires. J’ai le plus grand mal à croire qu’il y a de nos jours des gens qui vivent encore selon l’observance aussi stricte des traditions ancestrales à deux pas de New-York (enfin, ça me fait la même chose avec les mormons). J’avoue que cette découverte m’a fascinée. Et si l’auteur est sorti de ce milieu très fermé, il en parle toutefois avec un certain respect. Il met en avant les aberrations tout en expliquant comment il y a adhéré. J’ai aimé qu’il nous permette de comprendre le fonctionnement de cette communauté.

          Si c’est intéressant de découvrir un mode de vie aussi extrême et ses motivations, j’ai été plus intriguée encore par la suite. Comment fait-on pour s’adapter à une vie « normale ». Ca semble tellement impossible quand on vient d’aussi loin, honnêtement j’étais curieuse de voir comment notre héros allait s’en sortir. Inutile de dire que ce n’est pas rose tous les jours. J’aime beaucoup le recul avec lequel il raconte ça. Il porte un regard sur sa vie assez implacable mais non dénué de tendresse et d’humour. J’aurais aimé savoir ce qu’il advenait de cet homme et de ses relations avec ses anciens proches, mais peut-être lui-même n’a-t-il toujours pas la réponse. Ce témoigne est absolument passionnant. Intéressant, drôle, original et bien écrit : un grand livre.

Enregistrer

A la découverte du Moyen-Orient

Par défaut

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.

Si c’est un homme – Primo Levi

Par défaut

          Dans ce livre autobiographique, Primo Levi raconte sa déportation à Auschwitz alors qu’il avait 24 ans. Le récit de sa lutte pour la survie au Lager, jour après jour, dans des conditions inhumaines et sans espoir d’en réchapper. Il s’en sortira pourtant et se fera un devoir de témoigner de ce qu’il a vécu.

PrimoLevi05

          Je reportais depuis longtemps la lecture de ce texte. J’ai pourtant lu un certain nombre de livres sur les camps, mais je ne sais pourquoi celui-ci me paraissait encore plus sombre – à cause de sa couverture peu engageante ? parce que la rencontre du témoignage avec la littérature me fait toujours un peu peur ? Toujours est-il que j’ai enfin fini par me lancer. Et ce fut une véritable surprise. J’ai lu des textes horribles sur les camps, la déshumanisation qui y avait lieu, les privations constantes, les humiliations… Si tout cela se retrouve bien sûr d’une certaine manière chez Primo Levi, c’est de manière bien moins frontale. Certes, il nous raconte tout, il a vécu le même enfer que les autres, et pourtant, il y a dans son témoignage une incroyable humanité.

          En effet, j’ai été surprise par l’attention que porte l’auteur tout au long de son récit aux traces d’humanité qui perdurent malgré tout dans le camp : un regard, un sourire, une phrase prononcée dans sa langue natale ; tout ce qui peut rappeler de près ou de loin qu’il y a eu une vie, avant, comme autant de parenthèses dans le malheur qui l’entoure. Pourtant, Primo Levi ne fait pas partie de ceux qui pensent que tout cela aura une fin, il ne croit à la possibilité de sortir vivant de ce camp ; il s’efforce juste de survivre le plus longtemps possible, plus par habitude que par espoir. Et malgré tout, en s’accrochant à tous ces détails que les autres pour la plupart ne voient plus, il parvient à demeurer terriblement humain et à puiser de la force pour continuer à résister à l’anéantissement qui le guette. Un texte magnifique et bouleversant.

primolevi460

Nous découvrons tous tôt ou tard dans la vie que le bonheur absolu n’existe pas, mais bien peu sont ceux qui s’arrêtent à cette considération inverse qu’il n’y a pas non plus de malheur absolu.

_______________

Quand on attend, le temps avance tout seul sans qu’on soit obligé d’intervenir pour le pousser en avant, tandis que quand on travaille, chaque minute nous parcourt douloureusement et demande à être laborieusement expulsée.

Les rêves de mon père – Barack OBAMA

Par défaut

          L’histoire d’un héritage en noir et blanc. Le sous-titre annonce la couleur. Barack Obama livre dans ce récit la difficulté de se construire entre deux cultures, dans une Amérique où le racisme règne toujours, aussi bien chez les blancs que chez les noirs. Une enfance avec un père absent mais une mère et des grands-parents aimants, des études faites sans grande conviction, un travail auprès des communautés noires, la découverte de sa famille kényane… Barack Obama revient sur son parcours. Voyage à la découverte d’un homme plein de doutes et d’espoirs.

            Barack Obama a écrit ce livre sur la demande d’un éditeur à sa sortie de Havard où il a été le premier noir à diriger la revue de l’université. Nous avons donc affaire à un document rare : un président qui écrit ses « mémoires » lui-même avant d’avoir quoi que ce soit à cacher. Le style n’est franchement pas terrible et je dois admettre avoir trouvé cette lecture franchement fastidieuse. De plus, l’histoire n’a pas grand chose pour impressionner. C’est celle d’un enfant métisse des classes moyennes élevé par sa mère et qui peine à trouver sa place dans une société où le communautarisme est très fort. Mais c’est justement ce destin en apparence ordinaire (à quelques détails près) qui fait tout l’intérêt de ce livre. On peine à voir sous le jeune homme naïf celui qui deviendra 20 ans plus tard le premier président noir des Etats-Unis. Ce portrait sincère et sans concessions est extrêmement touchant et pousse à se poser des questions sur les choix de vie de chacun. Il donne un éclairage nouveau sur cet homme d’exception qui n’était absolument pas voué à de grandes chose mais c’est forgé un destin hors du commun, non pas ambition personnelle mais pour défendre ses conviction. Un livre pour le moins instructif qui redonne un peu de foi en l’animal politique.

L’astuce c’est de ne pas faire attention quand ça fait mal.

_______________

C’est là-dessus qu’est bâtie la civilisation, la culpabilité. C’est une émotion sous-estimée.

_______________

– Je n’aime pas trop la politique.

– Pourquoi ?

– Je ne sais pas. Les gens finissent toujours par être déçus.