Cinéma·Expositions·Théâtre

On prépare la rentrée

          Certes, pour beaucoup, c’est à peine le début des vacances et il est indécent de parler de rentrée, j’espère qu’il me pardonneront. Pour ma part, pas de vacances en vue et Paris est bien calme en été. Je réféfléchis donc activement à la reprise d’activité pour septembre. En effet, l’été c’est aussi le moment pour prendre les divers abonnements pour vos activités culturelles de l’année : théâtre, opéra, concerts, musées. Abonnez-vous pour bien commencer l’année ! Voici quelques pistes… Excusez une légère tendance à favoriser les tarifs jeunes et surtout une sélection uniquement parisienne mais il se trouve que je prêche pour ma paroisse et ne fais que partager avec vous mes modestes recherches personnelles.

Le Louvre : le Louvre propose une carte qui vous ouvre les portes de ses collections ainsi que des expositions temporaires. Pour rappel, l’entrée des collections permanentes est gratuite pour les moins de 26 ans. La carte Louvre jeunes est à 15€ jusqu’à 25 ans, puis à 35€ jusqu’à 30ans. Vous pouvez également vous abonner en famille ou en adhérent aux Amis du Louvre. Pour trouver la carte qui vous correspond, c’est ici.

Orsay : le musée est entièrement gratuit pour les moins de 26 ans, expositions comprises. Inutile de faire la queue, présenter sa carte d’identité à l’entrée des salles suffit. L’adhésion permet d’accéder aussi au musée de l’Orangerie, elle est disponible en offre solo ou duo. Le tarif jeune s’applique jusqu’à 35 ans. Et pour les tarifs, c’est par .

Grand Palais : le musée propose une carte qui donne l’accès à toutes ses expositions. Elle est aussi disponible en combinaison avec le Musée du Luxembourg, en offre solo ou duo. Contrairement aux autres, elle fonctionne selon le calendrier civil, rendez-vous en janvier donc. Les différentes formules sont présentées .

Quai Branly : comme pour les autres musées, le Quai Branly propose une carte, à 35€ pour les grands et 15€ pour les moins de 26 ans et les enseignants. Et voici la grille des tarifs.

Centre Pompidou : le Centre Pompidou, comme les autres grand musée, propose un laisser-passer pour ses collections et expositions temporaires. Il propose différentes formules dont un pass à 48€, ou 22€ pour les moins de 26 ans. Le détail est ici.

Gaité lyrique : la carte de La Gaîté Lyrique permet d’accéder à des tarifs préférentiels toute l’année, sur la quasi-totalité des évènements proposés. Plein tarif 28€, – de 26 ans 20€. Liste des prix et avantages sur cette page.

Comédie française : au choix, un abonnement avec 4 spectacles minimum, ou une carte, sans engagement. Pour les moins de 28 ans, les tarifs de l’abonnement sont assez compétitifs avec des places à 14€ en catégorie B. Le site n’est pas très clair mais tout est ici.

Opéra : l’opéra de Paris propose des combinaisons de spectacles à tarifs réduits. La plupart des formules sont complètes mais il reste encore quelques possibilités. Les possibilités étant variées et les tarifs variables, je ne peux vous les résumer mais vous invite à aller les consulter sur le site de l‘Opéra de Paris.

Le théâtre du Châtelet : le théâtre propose plusieurs types de cartes qui permettent d’accéder à des tarifs préférentiels sur une sélection de représentations. La carte jeunes est extrêmement intéressante, avec des places en catégorie B à des prix défiant tout concurrence, mais attention, le choix de dates est très chiche. Pensez à vérifier le planning avant de vous engager. Les détails sont disponible ici.

Le théâtre du Rond Point : le théâtre propose au choix une carte ou un abonnement. Les deux sont à des tarifs intéressants, le choix dépend du nombre de pièces que vous souhaitez voir. La carte jeune est très intéressante : 10€ la carte puis 11€ la place. Pour le reste des tarifs, rendez-vous sur leur site.

Cent quatre : le Cent Quatre propose un abonnement. Il permet de choisir au minimum 4 représentations et offre de nombreux autres avantages. Une carte est également disponible, sans engagement. Je trouve les termes de l’abonnement assez vague, mais vous pouvez y jeter un oeil ici.

Pleyel : un abonnement à partir de 5 spectacles par an. Il est particulièrement intéressant pour les jeunes, avec des places à 9€. Les détails sont par .

          Ceci représente seulement quelques pistes. J’en oublie surement : le Palais de Tokyo, le Jeu de Paume, le théâtre des Champs Elysées, La Colline, les Amandiers, la Maison Européenne de la Photographie (MEP), le Théâtre de la Ville, La Villette, la Cité de la Musique, la Cité des sciences ou encore la Cinémathèque. Il y a tellement de choses, une liste exhaustive est impossible à dresser, j’espère que vous aurez quand même trouvé quelques pistes pour bien commencer l’année. Si vous aussi vous avez des projets pour la rentrée, ou simplement des idées à partager, n’hésitez as à ajouter votre pierre à l’édifice. N’oubliez pas non plus les formules avantageuses dans les cinémas, que je n’ai pas citées ici. Bonnes sorties à tous !

Mes lectures

Eurydice, Jean ANOUILH

          Quand Eurydice, une jeune comédienne, croise Orphée, qui gagne sa vie en jouant du violon aux terrasses des cafés, c’est immédiatement le coup de foudre. Tous deux vont tout quitter pour vivre leur amour. Mais devant la dure réalité de la vie, la magie des début s’estompe bien vite.

          Je suis une inconditionnelle des pièces noires d’Anouilh. J’ai toutefois été assez déçue de celle-là qui est loin d’être sa meilleure. On n’y retrouve pas vraiment la poésie qui fait tout le charme de cet auteur. Peut-être est-ce aussi parce que je connais à présent assez bien sa manière de traiter l’amour dans son oeuvre et que j’ai trouvé qu’il le faisait avec plus de brio dans d’autres textes. Toujours est-il que j’ai trouvé ce texte-ci assez moyen. Une pièce qui se rapproche presque par moment du théâtre de boulevards et supporte donc assez mal la lecture, demandant à être vue sur scène, comme s’est également le cas pour La Colombe. A voir montée donc.

          Au festival de Cannes, Alain Resnais présentait cette année un film hommage à notre Eurydice : Vous n’avez-encore rien vu. Je pense aller le voir dès sa sortie afin de voir ce que donne l’adaptation.

Mes lectures

La nuit juste avant les forêts, Bernard-Marie KOLTES

          Un homme aborde un inconnu dans la rue et lui parle de tout et de rien, et surtout de lui, pour tenter de le retenir. L’autre ne répond jamais et on ne saura rien de lui, pas même s’il existe vraiment. Un long monologue désespéré de 63 pages, en une seule phrase, fait de redites et d’obsessions. Perturbant.

          A vrai dire je n’ai pas grand chose à raconter sur ce texte que je n’ai pas réussi à finir, bien qu’il soit très court. Je n’ai absolument pas réussi à rentrer dedans. Dès le départ j’ai eu beaucoup de mal avec ce style moderne et décousu. Ce post-modernisme affiché m’a gênée, j’ai une préférence pour des écritures plus rondes. J’ai toutefois tenté de faire abstraction de ces premières lignes pour e pencher sur le coeur du sujet. Rien à faire, impossible de m’intéresser à ce qu’il se passait. Trop décousu à mon goût, trop déstructuré, trop cru dans le langage employé. Décidément tant de modernité me laisse perplexe.

          Ce long looooong monologue, en une seule phrase, m’a épuisée. Je me suis très vite désintéressée de ce discours auto-centré. Typiquement le genre de texte qui me laisse de glace. Ce n’est pas faute d’essayer mais c’est comme si les mots n’avaient aucune prise sur moi : je les vois mais ne les enregistre pas. Il y a visiblement là tout un courant à côté duquel je suis condamnée à passer faute de pouvoir me concentrer dessus plus de 2 minutes (j’ai vécu une expérience tout à fait comparable avec Thomas Bernardt). Des auteurs qui pourtant me tentent par les théories qu’ils mettent en oeuvre et leur volonté de bousculer les codes littéraires, bien que le résultat me passionne beaucoup moins. Une rencontre ratée donc, dommage.

Tu tournais le coin de la rue quand je t’ai vu, il pleut, cela ne met pas à son avantage quand il pleut sur les cheveux et les fringues, mais quand même j’ai osé

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l’usine, vos gueules, et on a le dernier mot _ et ils ont le dernier mot, le petit nombre de baiseurs qui décident pour nous, de là-haut, organisés entre eux, calculateurs entre eux, techniques à l’échelle internationale – l’échelle internationale !

Théâtre

Hiroshima mon amour

          Texte de Marguerite Duras. Mise en scène, Christine Letailleur. Avec Valérie Lang et Hiroshi Ota.

          Le théâtre de la ville propose dans son annexe de la rue des Abbesses une adaptation du célèbre texte de Marguerite Duras. Deux acteurs seuls en scène dans la pénombre, une mise en scène à la fois épurée et imaginative et le texte scandée. Une pièce pour le moins surprenante.

          Voir Duras au théâtre, c’est toujours une expérience déroutante. Ses textes, qui s’apparente souvent à de longs monologues décousus, sont particulièrement difficiles à adapter, ce qui laisse le champ aux meilleures surprises… comme au pire. J’ai donc eu envie d’aller voir cette pièce, histoire de voir ce que ça donnait. Deux acteurs seuls en scène, nus, dans une obscurité presque totale. Seuls les visages sont éclairés, ils sont sur un lit et parlent d’Hiroshima.

          La manière dont le texte est récité est assez gênante au début, le débit est haché et plutôt agaçant. Les premières minutes laissent assez mal présager de la suite… Heureusement, on s’habitue peu à peu à ce jeu inhabituel. Au fur et à mesure qu’on avance dans le texte, le jeu se fait plus naturel et plus vivant. Des images du film sont projetés, ainsi que du bombardement d’Hiroshima. Une mise en scène très forte et par moment extrêmement perturbante.

          J’ai eu du mal à la sortie du théâtre à décider si j’avais ou non aimé cette pièce. Je crois que l’expérience dépasse ces banales considérations tant elle est intense. La performance d’acteurs est indéniable et la mise en scène époustouflante. Sans doute l’une des plus belles mises en scènes qu’il m’ait été donné de voir, sophistiquée et épurée à la fois. Les images projetées sont très fortes et l’intensité de la  pièce est parfois à la limite du supportable. Éprouvant et intense, un moment de théâtre hors normes.

Hiroshima mon amour

Théâtre de la Ville (annexe des Abbesses)

31, rue des Abbesses

75018 Paris

Théâtre

Les liaisons dangereuses

          Mise en scène de John Malkovich. Avec Sophie Barjac, Rosa Bursztejn, Jina Djemba, Lazare Herson-Macarel, Mabô Kouyaté, Yannik Landrein, Pauline Moulène, Julie Moulier, Lola Naymark.

          Les liaisons dangereuses est un de mes romans préférés. J’ai beau le lire et le relire, je ne m’en lasse pas et y découvre toujours des choses nouvelles. La modernité du texte ne cesse de me surprendre. Du grand art. L’adaptation cinématographique avec John Malkovich en Valmont était particulièrement réussie (même si aucun film ne saurait avoir le sel de la littérature) et il me semblait donc raisonnable de penser qu’il pourrait en faire une bonne adaptation théâtrale. Grave erreur.

          Déjà, le casting : Valmont est trop jeune, bien trop jeune. La Merteuil est plutôt bien dans son rôle en revanche. La petite Volange en fait des tonnes et la Présidente de Tourvel, si elle n’est pas mauvaise, est particulièrement mal dirigée (et fagotée). Le texte est mal adapté. Le parti pris est celui de l’humour : on tombe vite dans la farce. Disparues la légèreté et la précision de l’original. Valmont veut nous faire rire et abuse de bons mots (ou de mauvais) pour cela. De plus, l’adaptation fait preuve d’une certaine vulgarité. Pas que le texte ne se distingue par sa pudeur mais il était autrement plus raffiné (bien que ce point là ne soit pas celui qui me gêne le plus en l’occurrence).

          Les lettres sont remplacées par Iphones et Ipads, ce qui est tout à fait superflu. On ne retrouve que très peu le texte de départ, et bien souvent modifié avec excès et sans raison (ainsi la lettre de rupture entre Valmont et Madame de Tourvel , si belle au naturel, est méconnaissable…). Si la première partie est une farce de mauvais goût, la deuxième est d’un ennui mortel. Comment d’un pareil monument de délicatesse peut-on faire une telle platitude ? Malkovich est visiblement bien meilleur acteur que metteur en scène. Une pièce sans le moindre intérêt.

Pour le plaisir, voici la lettre originale de rupture entre ce cher Vicomte et sa pauvre victime :

On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une Loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute. »

Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute.

Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute.

Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute.

Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute.

Je sens bien que voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la Nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute.

Crois-moi, choisis un autre Amant, comme j’ai fait une autre Maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute.

Adieu, mon Ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute.

Les liaisons dangereuses

Jusqu’au 30 juin

Théâtre de l’Atelier

1 place Charles Dullin

75018 Paris

http://lesliaisonsdangereuses.fr/