Mes lectures

Hernani – Victor Hugo

          Dona Sol est promise à Don Ruy Gomez, mais elle aime le bandit Hernani et veut fuir avec lui. Mais Don Carlos, roi d’Espagne, lui aussi épris d’elle va découvrir leur amour et tenter de voler au brigand son amante. Une série de péripétie va s’ensuivre pour savoir qui des trois aura la main de la belle.

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          Du théâtre d’Hugo, je ne connaissais que Ruis Blas, que j’avais lu adolescente et que j’avais a-do-ré. J’en garde un souvenir merveilleux, une vraie révélation ! Pourquoi n’ai-je rien lu d’autre du même auteur moi qui étais alors un peu monomaniaque en matière de littérature (comme vous l’aurez constaté, ça a changé depuis !) ? Mystère ! Mais quand j’ai qu’Hernani était joué en début d’année à La Comédie Française, je me suis empressée de réserver ma place. Et j’ai bien sûr profité de l’occasion pour découvrir ce texte ; lecture dont je ne doutais pas de sortir comblée et émerveillée…

          Que s’est-il passé ? Je n’en sais rien… Toujours est-il que je me suis ennuyée dès la première ligne. Le style et pompeux et le romantisme outrancier sombre bien souvent das le ridicule. Beaucoup de vers sont franchement mauvais, et on voit bien que l’auteur, peinant souvent à trouver des rimes, et s’en est sorti par des associations malheureuses. On attendait un drame, des cris, des larmes, de l’amour, et au lieu de s’émouvoir, on ricane bêtement à certains passages franchement grotesques – notons que je possède une édition qui signale les passages où l’auteur a lui-même signalé que le public riait ou huait pendant la représentation, je ne suis donc visiblement pas la seule à trouver le texte franchement mauvais (parce que je me suis quand même posé la question, vous pensez bien qu’on ne touche pas à Hugo impunément !). Pour ne rien arranger, plus on avance, plus l’histoire s’enlise. Ce quatuor amoureux est des plus complexes et les rebondissements les plus improbables surviennent sans cesse, perdant un peu le lecteur. Bref, vous l’aurez compris, non seulement je me suis ennuyée à cette lecture, mais j’ai trouvé que ça tenait plus de la farce que du drame. On a connu Hugo mieux inspiré. Espérons que la mise en scène sera moins indigeste que la lecture !

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Dona Sol

Ce silence est trop noir. Ce calme est trop profond. / Dis, ne voudrais-tu point voir une étoile au fond ? / Ou qu’une voix des nuits, tendre et délicieuse, / S’élevant tout à coup, chantât…

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Capricieuse ! / Tout à l’heure on fuyait la lumière et les chants !

Dona Sol

Le bal ! – Mais un oiseau qui chanterait aux champs ! / Un rossignol, perdu dans l’ombre et dans la mousse / Ou quelque flûte au loin… – Car la musique est douce ,/ Fait l’âme harmonieuse, et, comme un divin choeur, / Eveille mille voix qui chantent dans le coeur !

Théâtre

La Place Royale

          Alidor aime Angelique mais veut retrouver sa liberté, préférant être malheureux mais libre qu’heureux attaché à une femme. Il décide alors de la quitter et d’offrir le coeur de sa belle à son meilleur ami, Cléandre. Mais rien ne se passe comme prévu et, se retrouvant seule, Angélique décide d’épouser Doraste, le frère de sa confidente. Après de nombreux quiproquos et rebondissements, qu’adviendra-t-il finalement de nos amoureux ?

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          Je ne connaissais pas du tout ce texte de jeunesse de Corneille mais le résumé me semblait des plus alléchants, bien que je ne sois pas très friandes de comédies (plutôt tragi-comédie pour cette pièce-ci d’ailleurs). Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre mais partais avec un a priori positif. Dès le lever de rideau, j’ai été agréablement surprise par le décor, simple et dépouillé. Plus que Place des Vosges on se croirait plutôt dans un vestiaire de piscine mais on comprend l’idée : c’est un lieu de passage. Les acteurs sont en tenue décontractée, jean/baskets, la mise en scène prend clairement le parti-pris de la modernité. A différents moments, la pièce sera d’ailleurs agrémenté de succès des années 80 (on a même une boule à facette pour le bal) qui lui siéent particulièrement bien. Je suis généralement très réticente face aux tentative de modernisation des textes classiques mais celle-ci est particulièrement réussie. En faisant ni trop, ni trop peu, elle garde l’esprit de la pièce, et lui donne une belle énergie.

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          Le texte en lui-même m’a également beaucoup surprise : quelle modernité ! Il y a des répliques qui semblent écrites aujourd’hui et non il y a trois siècles ! L’amie d’Angélique possède de nombreux amants et ses réflexions à leur sujet sont des plus goûteuses (et osées !). J’ai ri franchement à plusieurs reprises et n’ai cessé de m’étonner de l’actualité de ce texte aujourd’hui encore. Seule la fin a un peu vieilli, pour le reste, le spectateur se reconnaîtra forcément dans l’un des personnages : la jeune fille qui multiplie les amants, l’amoureuse qui veut se marier à tout prix, le phobique de l’engagement, l’amoureux éconduit… autant de portraits intemporels. La pièce a beaucoup de rythme, les répliques s’enchaînent souvent avec drôlerie, pour une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît. Car au fond, ce jeu de l’amour entraîne bien des souffrances et tout ne finit pas toujours bien. Les acteurs sont impeccables et servent avec énergie ce texte rythmé. La mise en scène et la musique ne font qu’ajouter à a modernité et au dynamisme de cette pièce qui est un vrai régal. Sans nul doute le meilleur moment théâtre de l’année. 

LA PLACE ROYALE -

La Place Royale, de Pierre Corneille

Théâtre du Vieux Colombier (Comédie Française)

21 rue du Vieux-Colombier, Paris 6°

Jusqu’au 13 janvier, 29€

Mise en scène d’Anne-Laure Liégeois avec :

Et sans le rôle de Polymas : Muriel Piquart

LA PLACE ROYALE -

Théâtre

Anne [Rouge]manoff

          Anne Roumanoff revient au théâtre du Palais Royal avec un nouveau spectacle. On y retrouve bien sûr ses personnages les plus célèbres parmi lesquels la bouchère ou la coach québécoise. Sans oublier bien sûr « radio bistrot ». Elle aborde des thèmes d’actualité avec un certain penchant pour la vie politique. Un spectacle plein d’humour sur notre quotidienne.

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          J’avais vu le dernier spectacle de l’humoriste et l’avais bien aimé. En revanche, j’ai entendu dire le plus grand mal de son émission quotidienne sur France 2 (que pour la peine je n’ai jamais regardée). J’ai toutefois voulu retenter l’expérience, en raison de ce bon souvenir, mais aussi et surtout parce que je cherchais un spectacle avant Noël et qu’elle était la seule à réunir les conditions de date/intérêt/place/tarif. Je n’étais jamais allée au théâtre du Palais Royal, j’en profite pour glisser un petit mot à son sujet : un très joli théâtre à l’italienne comme il y en a tant à Paris.

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          Assez vite, mes craintes ont été apaisées. J’ai trouvé le début un peu « artificiel », ça manquait un tantinet de vie et de spontanéité, mais très vite, les sketchs se sont enchaînés, les bonnes vannes aussi, et l’ambiance a commencé à prendre. Anne Roumanoff a un  talent certain pour les jeux de mots et pour peindre des personnages hauts en couleurs. Ce nouveau spectacle est dans la lignée du précédent, un peu trop peut-être, on aurait sans doute aimé être un peu plus surpris. Toutefois, ça fonctionne bien ; s’il y a quelques passages que j’ai moyennement aimés, ils sont restés rares et j’ai ri la plupart du temps, comme le reste de la salle d’ailleurs. Un spectacle bien écrit et bien rodé, qui manque sans doute un rien de nouveauté (à ce sujet, lire la critique sur Criticomique, plus mitigée que la mienne) mais m’a tout de même beaucoup fait rire et m’a fait passer un très bon moment ; c’est bien là l’essentiel !

Théâtre

Le jeu de l’amour et du hasard

          Dorante et Sylvia sont promis l’un à l’autre mais ne se connaissent pas. Pour découvrir l’autre sans se découvrir, chacun imagine le même stratagème : échanger sa place avec son valet ou sa femme de chambre. Malgré ce jeu de dupes, l’amour triomphera-t-il ? 

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          Cette pièce légère écrite par Marivaux en 1730 est un vrai régal. Inscrite au répertoire de la Comédie Française depuis 1778, elle reste près de 3 siècles après sa naissance, un excellent divertissement. Cette nouvelle mise en scène ressuscite-t-elle la légèreté et l’énergie de ce classique ? A vrai dire, pas tellement. Le décor m’a un peu gênée. A mi-chemin entre tapisserie baroque (rose à fleurs, beuuuuuurk) et structure moderne, j’ai trouvé le mélange à la fois froid et écoeurant ; en plus d’être d’une utilité douteuse (des espèces de blocs qui se déplacent sans jamais définir de nouveaux espaces : mais pourquoi ???). Bref, sans être réellement gênant à moins d’une grave allergie au vieux rose (ce qui est mon cas), un décor sans le moindre intérêt. En revanche, les costumes, qui respectent peu ou prou les codes vestimentaires du XVIII° s., sont très réussis.

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          Le jeu d’acteur à présent. Très trèèèèès mitigé ! Nos deux héros, Dorante et Sylvia, sont absolument parfaits ! Une belle énergie, de la conviction, leur jeu est impeccable, tout comme celui M. Orgon et Mario par ailleurs. En revanche, je n’en dirais pas tant de Lisette et Arlequin. Ce dernier est bien trop cloownesque à mon goût. Certes, le personnage le veut mais là on sombre dans la farce la plus grossière et on se vautre dans une vulgarité qui sied mal au raffinement de Marivaux. Quant à Lisette, sa diction est tout bonnement insupportable, ampoulée au possible, avec un parfait manque de naturel. Au final, un résultat mitigé. L’ensemble est loin d’être mauvais, mais ça ne prend pas vraiment, on s’ennuie un peu, ça traîne en longueur, il y manque ce côté enlevé propre aux marivaudages. Un résultat en demi-teinte qui, s’il ne m’a pas déplu, n’a pas non plus réussi à me convaincre.

Le Jeu de l'amour et du hasard

Le jeu de l’amour et du hasard

Mise en scène de Galin Stoev

Avec : Gérard Giroudon : Monsieur Orgon, Alexandre Pavloff : Dorante, Léonie Simaga : Silvia, Pierre Louis-Calixte : Arlequin, Suliane Brahim : Lisette, Pierre Hancisse : Mario

Théâtre Ephémère (Comédie Française)

Place Colette, 75001 Paris

Jusqu’au 3 janvier

27 à 39 €

Actualité·Patrimoine·Théâtre

Théâtre éphémère

          Aujourd’hui, c’est une salle de théâtre que je vous présente. Comme son nom l’indique, elle est un peu particulière, n’étant pas faite pour durer. Mais qu’est-ce que ce projet de théâtre éphémère ? et comment a-t-il poussé en plein coeur de Paris ? Réponses dans quelques instants…

Salle Richelieu

          A la Comédie Française, la célèbre salle Richelieu, avec ses fauteuils de velours rouge, ses boiseries et ses dorures, doit fermer ses portes pour rénovation. Mais peut-on priver Paris de son théâtre le plus prestigieux ? Bien sûr non ! Enfin, vu l’attention portée à la culture – surtout quand l’Etat doit payer – on aurait pu en douter, mais ils reste visiblement quelques forteresses de l’esprit qui demeurent encore imprenables. Mais quelle solution offrir alors pour reloger les comédiens dans une ville déjà surchargée ? Le tout sans décourager les vieilles dames habituées des lieux par un déplacement en banlieue (horreur, horreur, horreur, et pourquoi ne pas prendre le métro tant qu’on y est !).

Théâtre éphémère, intérieur

          Un petit génie a alors eu une idée originale : une salle éphémère. Cette structure en bois, située à quelques pas à peine de la salle Richelieu, allie des qualités écologiques, acoustiques et thermiques. Près de 750 places à bonne visibilité, grâce à des gradins assez en pente (pas de têtes gênantes devant, même quand on est petit) et une absence de poteaux ou autres éléments visuels gênants. Il devrait rester en service un an. Entièrement démontable, ce légo géant sera revendu à la réouverture de la salle principale. Une initiative intéressante et innovante.

Théâtre éphémère, extérieur

Théâtre éphémère

Comédie Française

Place Colette

75001 Paris