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L’évangile des Quenouilles

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          Ce texte écrit au Moyen Age retranscrit des savoirs populaires féminins. Les femmes étaient déconsidérées (mais sans doute moins que dans les siècles suivants étrangement) et ont ressenti le besoin de partager leur savoir, qui valait bien celui des hommes. Comme les Evangiles dans la Bible donnent une orientation à la vie spirituelle, les évangiles des Quenouilles veulent instruire sur la vie du foyer.

          Il y a 6 évangiles, à la fois parce qu’il y a 6 jours dans la semaine (le dimanche, c’est repos) et il faut la parole de 3 femmes pour celle de 2 hommes (on est avant l’invention de la parité), donc, par simple calcul, on a 4 évangélistes dans le Nouveau testament, il nous en faut 6 pour la version féminine. Les femmes les plus en vue du village ont donc pris chacune à leur tour la parole pour partager leur sagesse. Bon, autant vous le dire de suite, vous n’apprendrez pas de secrets disparus à cette lecture (quoi que). Ce sont essentiellement des croyances populaires qui sont regroupées et que la science a pour la plupart invalidée depuis. Certaines peuvent toutefois être considérées comme des « recettes de grand-mère », encore utilisées aujourd’hui. Et beaucoup de ces croyances aujourd’hui disparues, ont longtemps perduré dans nos campagnes.

          Cependant, à travers ces conseils, on apprend beaucoup de choses sur la vie de l’époque, parfois surprenantes. Notamment sur la place des femmes ou l’importance de la religion. Cela m’avait déjà frappée à la lecture des Contes et Fabliaux du Moyen Age : on se fait une idée totalement faussée de la période (certes très longue, ce qui ajoute nombre de nuances, ce texte-ci date de la fin du XV° siècle). On est assez loin de l’obscurantisme dont on nous parlait à l’école. La liberté de ton est surprenante compte-tenu des siècles de pudibonderie qui suivront. Une lecture qui met à mal bien des idées reçue et donne envie de se pencher de plus près sur cette période.

Tout homme qui fait quelque chose sans en parler à sa femme, je vous dit comme Evangile qu’il est en conscience pire qu’un larron, qui, lui, l’oserait dire.

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Pour aussi vrai qu’Evangile, je vous dis que, lorsqu’un jeune homme puceau épouse une jeune fille pucelle, le premier enfant qu’ils ont naît habituellement fou.

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Si vous voyez un chat assis sur une fenêtre au soleil se lécher le derrière et lever sa patte pour la passer au-dessus de l’oreille, alors ne doutez pas qu’il ne pleuve ce jour-là.