Mes lectures

Thomas BERNHARD, Les Mange-pas-cher

          L’histoire ? Euh… jetez un oeil au texte et si vous comprenez de quoi il retourne, n’hésitez pas à venir m’expliquer…

          Il paraît que ce texte est un des plus beau de Thomas Bernhard. On est en droit de se demander à quoi doivent ressembler les autres… Si le style est assez brillant, il est aussi imbuvable. Un bel exercice de style qui m’a ennuyée à périr. Absolument aucun intérêt sauf peut-être pour les amoureux de l’absurde et des phrases de 3 pages.

          Pardon pour cette concision extrême, mais je ne vois vraiment rien à ajouter, les extraits parlent d’eux-mêmes.

J’ai une jambe artificielle, un artifice pour jambe et je ne pouvais pas encore me servir de ma jambe artificielle, […] je ne pouvais pas encore manier comme il fallait et de la façon requise pour ne pas se faire remarquer, dit Koller, aussi bien n’avait-il été libéré de l’hôpital Wilhelmi,e que le matin même et il avait fait de sa jambe artificielle ce qu’il appelait ses premiers pas de liberté.

Comme ça, ça n’a l’air de rien, coupures oblige, mais à la lecture j’ai bien cru mourir étouffée avant la fin de la phrase.

16 commentaires sur “Thomas BERNHARD, Les Mange-pas-cher

  1. ben moi j’ai lu jusqu’au bout et je ne regrette pas. ce qui ne se comprend pas au premier abord est parfois précieux, ça demande un effort, ne vous réjouissez pas trop de refuser l’effort. cela a à voir pour ce que j’en ai compris, avec la recherche obsessionnelle et perdue d’avance de l’absolue, ce à quoi vous vous refusez semble t’il c’est votre droit. Mais ne riez pas de ceux qui tentent!

    1. Je ne rie pas de ceux qui recherchent l’absolu, bien que je ne voie absolument pas le rapport avec Thomas Bernhard… Et je ne refuse nullement l’effort, simplement pour moi tout l’intérêt de ce texte réside dans son intention même, raison pour laquelle je n’en ai pas poursuivi la lecture jusqu’à la fin. Ce n’est pas parce que ses textes m’ennuient que je ne pense pas que Thomas Bernhard soit un grand auteur, l’un et l’autre ne sont pas incompatibles. C’est tout à fait votre droit de l’apprécier, je suis pour ma part plus touchée par un autre genre de littérature.

  2. Relisez vous, votre ton est moqueur, supérieur, « aucun intérêt » dites vous. Vous dissuadez de lire ce que vous n’êtes pas parvenu à lire. Il y a des livres qui se donnent tout de suite, d’autres qu’on tente dix fois de lire avant d’y parvenir, d’autres qu’on ne peut pas lire, jamais. C’est la désinvolture paresseuse de votre commentaire qui m’a un peu choquée. et tout le monde qui n’a pas lu d’en rajouter, ah ben non, on va pas se faire chier, hein? C’est pourquoi j’ai voulu dire ici même, sur votre petit territoire que je viens de lire ce livre avec grand intérêt et grande joie, même si le style est un peu austère, il y faut toutes ces pages. Vous auriez dit ah ben zut, j’y suis vraiment pas arrivé! ok. ou: cet auteur n’est pas pour moi, moins ok mais ça peut s’entendre. mais non, vous vous êtes réjouie de votre impuissance et ça, c’est intellectuellement malhonnête, de même que faire un commentaire qualificatif sur un livre non lu en faisant appel à la complicité rigolarde d’autres qui n’ont pas lu. l’extrait suffit? oui, pour les livres manifestement indigents, mais vous-même sentez que ce n’est pas le cas, donc l’extrait ne peut suffire. Ce livre vous est tombé des mains, c’est un fait, mais cela met-il le livre en cause? votre commentaire et ma lecture me font penser que non. Koller est en quête d’absolu, c’est ce que j’ai compris du livre. cela dit, bonnes lectures!

    1. Si mon ton est moqueur, le votre est franchement agressif, ce qui ne donne nullement envie d’engager une discussion qui sans cela eut pu être intéressante. Il y a une nuance entre « vouloir » et « pouvoir ». Il me semble qu’il est dans mon droit de ne pas poursuivre la lecture d’un livre si je n’en ai pas l’envie, quelle qu’en soit la raison. Pour ce qui est de ma paresse, à laquelle vous semblez tant tenir, il me paraît un peu hâtif d’en juger à la lecture d’un seul de mes commentaires. Je ne suis pas responsable des commentaires des autres, adressez-leur directement vos ricriminations. Je n’empêche personne de lire ce qu’il veut. Avec le temps, j’ai appris à connaître les gens qui me lisent et si mes articles exposent mon avis, quand je réponds à leurs commentaires, j’essaie de le faire en fonction de leurs goûts à eux. J’ai déconseillé ce livre à certains et l’ai recommandé à d’autres pensant qu’il leur correspondrait. Je donne mon avis tel qu’il est, avec parfois trop verve, c’est certain ; mais je n’aime ni le politiquement correct, ni la condescendance. Nous n’avons pas tous les mêmes goûts, et c’est bien là tout le piquant de la chose, cela n’empêche en rien de s’entendre et de partager ses expériences. Je suis toujours prête à en discuter, dans un respect commun. Nul besoin de prendre ce ton supérieur.

    2. Cela dit, vous ne nous avez toujours pas dit ce que vous avez aimé dans ce livre. Peut-être pourriez-vous nous faire partager la raison de votre enthousiasme ?

  3. En somme, vous me reprochez de vous traiter comme vous avez traité le livre! 🙂 Bien sur qu’on ne peut tous aimer les mêmes livres, et ça ne me choque pas du tout qu’on n’aime pas celui-là, qui ne cherche pas à être « aimé ». Ce n’est pas mon propos, mais voilà quand j’aime un livre ça me fait mal de le voir refoulé d’un revers de main.
    Comment dire ce qui m’a plu? la façon dont l’auteur nous fait entrer dans la spirale obsessionnelle des pensées de son personnage m’a semblé vertigineuse. L’écriture est répétitive, et c’est voulu, c’est récurrent chez cet auteur. Comme si un maniaque mégalomane écrivait, Tout cela est très ironique et douloureux, Koller pourrait être aussi le double de l’auteur. le style ressasse et c’est ce qui vous a ennuyé semble t’il, mais on comprend à mesure que ce n’est pas gratuit. Koller ressasse son existence, cherche un sens à sa vie, il est à la fois exalté et mu par une ambition qu’il pense « supérieure » ( une étude sur la physiognomonie, supposée être l’étude des êtres à partir de leurs caractéristiques physiques). En même temps, cet homme est invalide, amputé depuis qu’un chien l’a mordu, ce qu’il considère comme la chance de sa vie. C’est un peu burlesque, ironique, cruel, étouffant, presque totalitaire dans sa structure: pas un blanc, de longues phrases qui reviennent sans cesse en arrière, style indirect…. TB Est un styliste, mais pas que. Sa langue est étrange mais incroyablement précise, il écrit au scalpel, et ça, ça me fascine. C’est un livre très inconfortable, provocateur où TB se livre à une réflexion sur la vie, est-elle jouée d’avance ou non? et où il dénonce l’école et la société.
    Koller est grandiose et misérable. à la fois porteur de certaines vérités mais fou de logique jusqu’à la déraison, tout cela m’a touchée et fait réfléchir. TB, autrichien né en 31 semble y ressasser les effets du nazisme (autre déraison de la logique), et du passage à la grande bêtise consommatrice généralisée. Voilà ce que j’en ai retenu, ce que je voulais dire c’est que l’inconfort de lecture est inscrit dans le projet du récit même . ce n’est pas gratuit, ce n’est pas un exercice de style pour épater la galerie, c’est rugueux mais sensé. Ce qui ne vous oblige nullement d’aimer, vous pouvez même détester, car c’est vraiment un livre étouffant, mais qui a beaucoup d’intérêt. Voilà les raisons de mon enthousiasme et s’insurger n’est pas être agressif, même si je suis virulente. Toute fraîche sortie de cette lecture qui m’a bouleversée, votre commentaire m’a heurtée, je ne m’en cache pas, et il semble que c’est aussi votre cas face au mien. Toutetois, je suis ravie d’avoir eu l’occasion de tenter de partager mon enthousiasme grâce à ces heurts et à votre blog 🙂

    1. Je comprends très bien ce que l’on ressent quand on entend dire du mal d’un livre qu’on aime, c’est une expérience qui peut s’avérer terriblement douloureuse 🙂 et si je me suis montrée un peu sèche c’est uniquement parce qu’on est ici sur mon territoire, que je défend tant bien que mal. J’avoue que je suis dure avec Thomas Bernhard mais c’est un grand auteur, il me semble donc (à tort peut-être) tout à fait sans conséquences de clamer haut et fort qu’il m’a prodigieusement agacée. Vous avez aimé exactement ce qui m’a horripilée. Je sais que c’est le but, c’est terriblement réussi, mais ça ne me l’a pas rendu plus supportable. J’admire l’écriture, je loue l’intention mais le résultat a été une vraie torture pour moi, ce qui par ailleurs est sans la moindre importance. De là un article extrêmement court : que dire quand on détesté un livre justement parce qu’il est réussi ? Merci d’avoir accepté de venir exposer votre avis ici, j’aime bien que les avis contraires se confrontent. N’hésitez pas à revenir déposer vos avis.

  4. ah! que nous avons bien fait de nous quereller puisque finalement, nous parvenons à nous comprendre! merci beaucoup de votre réponse. Les livres, parfois, font très mal, et souvent les trés bons! curieusement, je supporte très bien en livre ce que je ne supporte pas forcément en image, mettez-moi devant un film de Pasolini et je suis sous le siège, je ne sais pas pourquoi, sans doute l’image est plus violente, interdit plus le recul que les livres et je peine à comprendre qu’elle l’emporte sur lui. En tout cas, merci de votre invitation très classe sur votre blog qui est bien le vôtre, c’est l’effet pesant du blog que des inconnus s’y invitent et vous enquiquinent! le blog est un territoire ouvert difficile à défendre!:-) petite info, la physiognomonie est recensé par Wikipédia, je viens de l’apprendre par une amie, ce n’est pas une invention de T.B.

    1. Ce n’est pas grave, cela m’arrive assez souvent aussi. On se laisse facilement aller à la colère ou l’enthousiasme face aux livres qu’on aime. Mieux vaut trop de passion que pas assez.

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