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Rentrée littéraire 2020 : littérature étrangère

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         Cette année, énormément de livres de la rentrée littéraire me font envie. Il y avait longtemps qu’une rentrée ne m’avait pas autant enthousiasmée. Voici donc une liste non-exhaustive des livres que je souhaiterais lire, sachant que ce sera déjà pas mal si j’arrive à en parcourir la moitié. Pas facile de s’y retrouver avec 511 sorties en fin août et début octobre ! J’ai essayé d’aller chercher des choses assez différentes, j’espère que cela vous aidera à trouver vos prochaines lectures. On notera quand même une certaine prédominance des drames et des romans sociaux, on ne se refait pas ! J’ai trouvé beaucoup de jolies choses chez Grasset, Stock, Albin Michel, L’Harmattan, Globe et Les Escales cette année. Pour plus de lisibilité, j’ai séparés les nouveautés en 3 catégories à paraître dans des articles différents : premiers romans, littérature étrangère et littérature francophone. 50 idées de lecture pour (presque) tous les goûts. N’hésitez pas à ajouter en commentaire vos envies de lecture ou vos coups de cœur de la rentrée.

 

 

Lumière d’été, puis vient la nuit, Kalman Stefanson,Grasset

 

Dans un petit village des fjords de l’ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois : le retour d’un ancien amant qu’on croyait parti pour toujours, l’attraction des astres ou des oiseaux, une petite robe en velours sombre, ou un chignon de cheveux roux. Il suffit de peu pour faire bas-culer un destin. Et parfois même, ce sont les fantômes qui s’en mêlent…

 

 

Rassemblez-vous en mon nom, Maya Angelou, Notabilia

 

Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d’une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d’une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l’espoir et la joie, l’accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

 

 

Delicious foods, James Hannaham, Globe

 

A 17 ans, Eddie vient de s’évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante – et pas seulement agricole -, au cœur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée 6 ans plus tôt, comme d’autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers au cœur de la Louisiane grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d’un endettement perpétuel à l’entreprise et d’une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie. Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l’aider à se libérer de ce piège.

 

 

Fille, femme, autre, Bernardine Evaristo, Globe

 

C’est l’histoire entremêlée d’Amma, Yazz, Dominique, Carole, Bummi , LaTisha, Shirley, Winsome, Penelope, Megan/Morgan, Hattie et Grace et d’autres encore. Chacune d’elles cherche un avenir, une maison, l’amour, une mère absente, un père perdu, une identité, un genre – il, elle, iel – une existence, et au passage, le bonheur. Toutes ont traversé l’espace et le temps – pour atterrir au coeur de l’Angleterre, carrefour historique des migrations et échouer aux confins éternellement figés des castes britanniques.

 

 

She said, Jodi Kantor et Megan Twohey, Alisio

 

Le 5 octobre 2017, le New York Times publiait un article de Jodi Kantor et Megan Twohey. Il y eut un avant et un après. Pendant des mois, les deux journalistes rencontrèrent en secret des actrices, d’anciennes employées de Weinstein… Enquêtant sur des allégations inquiétantes, depuis longtemps enfouies sous des accords de non-divulgation et des sommes conséquentes, elles persuadèrent des femmes, connues ou non, de témoigner. Rien n’aurait pu les préparer à ce qui suivit : la boîte de Pandore du harcèlement sexuel était ouverte et les femmes, qui s’étaient tues jusque là, commencèrent à prendre la parole.

 

 

 

Apeirogon, Colum McCann, Belfond

 

Apeirogon
Une figure géométrique au nombre infini de côtés.En son cœur, deux pères.
Un palestinien, un israélien, tous deux victimes du conflit, qui tentent de survivre après la mort de leurs filles. Abir Aramin, 1997-2007. Smadar Elhanan, 1983-1997. Il y a le choc, le chagrin, les souvenirs, le deuil. Et puis l’envie de sauver des vies. Ensemble, ils créent l’association « Combattants for Peace » et parcourent le globe en racontant leur histoire pour susciter le dialogue.

 

 

Sublime royaume, Yaa Gyasi, Calmann-Lévy

 

Gifty, américaine d’origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit accueillir chez elle sa mère, très croyante, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et reste enfermée dans sa chambre toute la journée. Grâce à des flashbacks fort émouvants, notamment sur un frère très fragile, nous découvrons progressivement pourquoi la cellule familiale a explosé, tandis que Gifty s’interroge sur sa passion pour la science si opposée aux croyances de sa mère et de ses ancêtres. ​

 

 

Les graciées, Hargrave Kiran Milwood, Robert Laffont

 

1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège. Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon.

 

 

Impossible, Eri de Luca, Gallimard

 

On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l’immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d’une rencontre avec un cerf au franchissement d’une forêt déracinée par le vent. Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l’affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.

 

 

Nickel boys, Colson Whitehead, Albin Michel

 

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

 

 

 

Les abysses, Rivers Solomon, Aux forges de Vulcain

 

Lors du commerce triangulaire des esclaves, quand une femme tombait enceinte sur un vaisseau négrier, elle était jetée à la mer. Mais en fait, toutes ces femmes ne mouraient pas. Certaines ont survécu, se sont transformées en sirènes et ont oublié cette histoire traumatique. Un jour, l’une d’entre elles, Yetu, va le leur rappeler, dans ce roman d’émancipation, magique et réflexif, sur la condition noire et sur l’impossibilité d’une justice, en l’absence de vérité.

 

 

De sang et d’encre, Rachel Kadish, Le Cherche Midi

 

2017, Londres. Professeur d’université proche de la retraite, Helen Watt est contactée par un ancien élève afin de venir étudier des documents en hébreu récemment découverts dans une maison du XVIIe siècle. Très vite, elle est intriguée par l’auteur de ces manuscrits, un certain « Aleph », dont elle va vouloir déterminer l’identité.
1660, Amsterdam. Ester Velasquez est une femme d’une intelligence et d’une culture exceptionnelles. Secrétaire bien-aimée d’un rabbin aveugle fuyant l’Inquisition espagnole, elle le suit à travers l’Europe et jusqu’à Londres, au moment où la ville est touchée par la peste.

 

 

American Dirt, Jeanine Cummins, Philippe Rey

 

Libraire à Acapulco, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu’au jour où Sebastián, s’apprêtant à révéler dans la presse l’identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n’est autre que Javier, un client érudit avec qui elle s’est liée dans sa librairie… La parution de son article, bouleverse leur destin à tous. Contrainte de prendre la fuite avec son fils de huit ans, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Ils vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable Bestia, le train qui fonce vers le nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel…

 

 

Betty, Tiffany McDaniel, Gallmeister

 

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

 

 

Ma vie de cafard, Joyce Carol Oates, Philippe Rey

 

Doit-on être loyal à la justice ou loyal à sa famille ? Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d’un jeune afro-américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans. Elle se remémore son enfance en tant que cadette d’une fratrie dysfonctionnelle d’origine irlandaise, durant les années 70 dans l’État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contestation et où les garçons ont plus de valeur que les filles. La jeune femme raconte comment elle est passée du meilleur au pire.

 

Et la vie reprit son cours, Catherine Bardon

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          Jour après jour, Ruth se félicite d’avoir écouté sa petite voix intérieure : c’est en effet en République dominicaine, chez elle, qu’il lui fallait poser ses valises. En retrouvant la terre de son enfance, elle retrouve aussi Almah, son énergie et ses projets. Petit à petit, la vie reprend son cours et Ruth sème les graines de sa nouvelle vie. Jusqu’au jour où Lizzie, malade, réapparaît. Dès lors, Ruth n’a de cesse de remettre son amie sur pied et s’y emploie avec tout l’optimisme qui la caractérise.

Couverture du roman Et la vie reprit son cours

          Voici le troisième tome de la saga Les déracinés de Catherine Bardon. J’avais beaucoup aimé l’histoire du premier tome, sur la création d’une colonie juive en République Dominicaine pendant la Première Guerre mondiale. Malgré un style parfois un peu hésitant, j’avais beaucoup apprécié découvrir ce pan d’histoire méconnu. J’avais pris plaisir à retrouver les personnages dans le second tome, malgré une histoire moins forte qui traînait parfois un peu en longueur. J’étais donc curieuse de savoir quelle tournure allait prendre l’histoire avec ce troisième tome.

          J’ai apprécié cette lecture, tout à fait dans la lignée du reste de la série. On retrouve bien sûr les mêmes personnages, de retour en République Dominicaine. Si l’histoire est moins passionnante que dans le premier tome, j’ai trouvé que l’intimité des personnages était intelligemment mêlée aux évènements majeurs de l’époque. C’est fait avec subtilité et ça fonctionne très bien, même si finalement l’aspect politique et historique ne tient pas une place majeure dans l’histoire. Quant au style, j’ai trouvé qu’il s’était affirmé et était plus fluide, plus maîtrisé.

          Si ce troisième tome n’a pas l’originalité et la profondeur de premier, il reste tout à fait dans la même lignée. On voit les personnages évoluer peu à peu et le contexte historique est toujours bien présent en toile de fond. Le texte se fait plus intime, très centré sur la famille et l’évolution des personnages. Il aborde ainsi des thèmes différents, avec beaucoup de réussite. Une série qui s’affirme au fur et à mesure et parvient à nous garder en haleine, avec un style fort agréable. Une jolie suite.

Portrait de Catherine Bardon

©Philippe Matsas

Je retrouvais mon âme d’enfant. Le carnaval était fait pour ça. Une véritable ode païenne sans aucune retenue, où tout un peuple communiait sans considérations de classe, d’origine ou de couleur de peau.

Petit pays, Gaël Faye

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          En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. 

          J’avais beaucoup entendu parler du roman de Gaël Faye au moment de sa sortie. On en disait de toutes parts le plus grand bien. Après hésitation, je ne l’avais pas acheté sur le moment, attendant sa sortie en poche. Ce n’est sans doute pas plus mal, ça m’a permis d’oublier un peu entre-temps ce que j’avais pu entendre à son sujet. Je vais mettre les pieds dans le plat (pour changer) mais j’ai été un peu déçue par ce roman. Ou en tout cas pas tout à fait aussi enthousiasmée que je l’espérais.

Couverture du livre Petit Pays

          L’écriture est agréable ne m’a pas non plus emballée outre mesure. C’est simple et ça fait le boulot à défaut d’être un style particulièrement marquant, ça se laisse lire (c’est déjà pas si mal me direz-vous). Du côté de l’histoire en revanche, j’ai trouvé que ça coinçait un peu. Au début du moins Toute la première moitié est d’un intérêt très mitigé. L’auteur y raconte une enfance finalement très privilégiée et extrêmement protégée où il ne se passe pas grand-chose. Il a en plus un petit côté sale gosse assez exaspérant. Je me suis longtemps demandé pourquoi on avait autant parlé de ce texte.

          Toutefois, la seconde moitié marque une réelle rupture et on rentre dans le vif du sujet avec l’arrivée de la guerre et ses scènes d’horreur. Si dans un premier temps la famille du personnage est assez épargnée vivant dans un quartier résidentiel tranquille, peu à peu l’atrocité de la situation les rattrape et les dernières scènes sont particulièrement marquantes. Le basculement dans les horreurs de la guerre semble inexorable, malgré toutes les précautions. Les faits sont décrits avec simplicité mais avec beaucoup de justesse et on se représente sans mal les scènes de violence et de mort décrites par l’auteur.

          Si l’enfance protégée de la première partie permet surement de trancher plus surement encore avec le déferlement de violence qui va suivre et de montrer à quel point personne n’y échappe, j’ai toutefois trouvé que ça prenait beaucoup de place dans le récit. Cela crée un déséquilibre qui rend l’ensemble un peu bancal. C’est d’autant plus dommage, qu’en effet l’auteur signe dans la deuxième moitié de ce court roman un grand texte, particulièrement poignant. Un récit en demi-teinte mais qui après un début laborieux finit avec brio pour un résultat intéressant et marquant qui malgré tout mérite d’être lu.

Portrait de Gaël Faye, auteur de Petit pays

Photo : Jérôme Fouquet

Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.

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Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore.

Les épidémies en quelques romans

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Puisque c’est de saison, j’ai concocté une petite liste de lecture autour des épidémies.  Je n’ai lu quasi aucun de ces livres mais je vais essayer de m’en procurer quelques-uns (en version numérique, histoire de ne pas mettre mon postier en danger) pour m’y atteler avant la fin du confinement. Des classiques, du contemporain, du suspense : il y en a un peu pour tous les goûts. Peu de femmes se sont attaquées au sujet en revanche.

La peste écarlate, Jack London

Sur le sujet, vous pouvez également retrouver ma sélection de livres et de films sur le sida dans cet article.

D’une manière générale, les scénarios d’épidémie ne m’attirent pas trop, je n’ai donc que peu de références en la matière. Côté film, j’ai récemment vu Contagion et Perfect sense sur le sujet (j’ai d’ailleurs particulièrement apprécié ce dernier). Je sais qu’il y en a bien d’autres mais ce sont les seuls auxquels je pense spontanément.

Enfin, on sort de l’épidémie mais deux jeux me viennent à l’esprit en ce moment autour de la survie (il y en a bien d’autres, évidemment !) : Dead of winter, un jeu de plateau dans lequel on tente d’échapper à une invasion de zombies et The long dark, un jeu vidéo dans lequel un pilote dont l’avion s’est écrasé quelque part au Canada doit survivre seul après une catastrophe planétaire. Plus « mignon », vous pouvez aussi apprendre à survivre avec Don’t starve, un jeu addictif qui vous occupera de longues heures. Enfin, dernier jeu de saison : Era. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y jouer mais il me fait de l’œil depuis quelques temps. Le but du jeu ? Construire une ville de sorte à éviter la propagation des maladies. Quand je l’ai repéré, je ne pensais pas qu’il serait aussi vite d’actualité !

J’espère que vous trouverez dans cet article un peu d’inspiration pour occuper les prochaines semaines. N’hésitez pas à ajouter vos suggestions en commentaire. Bon confinement à tous !

C’est moi qui éteins les lumières, Zoya Pirzad

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          Par les yeux de Clarisse, épouse et mère de famille, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, deux filles adorables, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence et la vieille mère enfin qui règne sur la mémoire familiale. De nouveaux voisins, une famille arménienne débarquée de Téhéran, vont très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible.

          J’avais acheté ce livre il y a plusieurs années déjà et je l’avais plus ou moins oublié depuis. Quand j’ai décidé de ne lire que de la littérature féminine en mars (ma liste est à retrouver ici), je me suis dit que c’était le bon moment pour le sortir enfin de ma bibliothèque. Si j’ai vu pas mal de films iraniens, la littérature de ce pays m’est étrangère. Je n’ai que bien peu de références en la matière, j’étais donc curieuse de découvrir ce texte qui m’avait été chaudement recommandé.

Couverture du roman, C'est moi qui éteins les lumières

          Je dois admettre qu’au final je ne sais pas trop quoi dire de ce texte. Pour commencer, le style est sobre et agréable. On suit le quotidien d’une mère de famille sans histoires. Une banlieue calme, un mari aimant, des enfants qui grandissent sans encombre. Une vie plutôt ennuyeuse somme toute qui va se retrouver bouleversée par l’arrivée de nouveaux voisins. Enfin, bouleversée, le mot est sans doute bien fort. Légèrement bousculée serait plus juste.

          Des habitudes différentes qui vont l’amener petit à petit à se questionner, à regarder peut-être sa vie d’un nouvel œil. Mais le changement reste subtil. Trop subtil pour moi sans doute. Si j’ai bien aimé découvrir d’autre coutumes, une autre culture, ce texte est trop intimiste pour que ce soit réellement un coup de cœur pour moi (ceux qui me suivent depuis longtemps savent ma faible appétence pour la littérature de l’intime…). Toutefois j’ai apprécié cette lecture toute douce qui m’a fait passer un agréable moment et questionne entre les lignes sur la place de la femme dans la société iranienne.

Portrait de Zoya Pirzad

Chaque fois que j’allais mal, je pensais à lui. Et dès que j’allais bien, je pensais encore à lui. Par exemple, quand je voyais pousser des racines à la branche que j’avais mise à l’eau. Ou bien lorsque je réussissais un plat que je faisais pour la première fois. Ou encore, quand Armen rapportait de bonnes notes. Je me mis à déchiqueter le mouchoir en papier en me demandant pourquoi je pensais toujours à mon père dans ces moments de joie ou de peine.

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Quand je me réveillai, un rayon de soleil frappait la glace de ma coiffeuse. Je me souvins qu’en partant, Artush m’avait glissé à l’oreille : « Dors, aujourd’hui les enfants ne vont pas à l’école. » Les mains derrière la tête je regardais les jeux d’ombre et de lumière dans la glace. Dans la cour, les moineaux pépiaient. « Aujourd’hui, je me suis levée plus tard que vous ! » leur dis-je tout haut en riant.