Drame polonais, suédois, français, norvégien, de Marius Holst avec Stellan Skarsgard, Kristoffer Joner, Benjamin Helstad.
Norvège, au début du XX° siècle. Sur l’île du Diable se dresse le camp de redressement de Bastoy. Un lieu sans espoir, dont on ne sort que brisé par l’autorité des surveillants. Un nouvel arrivant va changer la donne. Un insoumis qui va soulever peu à peu un vent de révolte.
Ce film n’est pas unique en son genre, il ressemble à s’y méprendre à l’excellent Magdalene Sisters, sorti il y a quelques années. On retrouve ici les mêmes grandes lignes : des adolescents maltraités en camp de redressement et une volonté d’échapper à sa condition coûte que coûte. Malgré une trame très proche et donc un effet de surprise moindre, ce film est tout aussi réussi. On ne peut que regretter qu’il soit aussi mal distribué (à peine une dizaine de copies en France).
Les images, très sombres, sont de toute beauté. On est plongé dans le froid et l’austérité qui règnent sur l’île. On suit avec une angoisse croissante le quotidien de ces adolescents. La tension va en augmentant sans cesse. Le réalisateur parvient à créer une atmosphère incroyablement lourde. Plus on sent la révolte poindre, plus l’attente paraît insoutenable. Une violence psychologique à laquelle le spectateur ne semble pas pouvoir échapper tant c’est brillamment mené.
Il n’y a que deux acteurs professionnels dans ce film. Il est pourtant criant de réalisme, sans doute parce que certains des acteurs sont des jeunes ayant réellement séjourné en prison. Un film très réussi. Avec une tension extrême née d’une mise en scène impeccable. Le tout est d’une grande beauté. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas pareillement vibré au cinéma, une émotion incontrôlable, qui prend aux tripes et ne vous lâche pas. Un véritable bijou.


