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La Mule

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          Drame américain de et avec Clint Eastwood, avec Bradley Cooper, Laurence Fisburne et Michael Peña
          À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain.

Affiche du film La Mule de Clint Eastwood

          Encore un gros retard dans mes critiques ciné. Déjà qu’elles se font rares, en plus elles n’arrivent pas à l’heure ! Ce n’est plus ce que c’était… Je pensais qu’avec le temps, ça décanterait un peu et que mon avis sur ce film serait disons plus… clair ? Raté, c’est plutôt le contraire. Je ne savais pas trop quoi en penser en ressortant, maintenant je n’ai plus d’avis du tout tellement il s’est estompé de ma mémoire. Vous me direz, en soi ce n’est pas bon signe si un mois après j’ai déjà quasi oublié. Heureusement, je prends des notes, histoire d’avoir 2/3 trucs à vous raconter quand même.

Image extraite du film La Mule de Clint Eastwood

          Vous l’aurez compris, le dernier film de Clint Eastwood n’est pas un énorme coup de cœur. J’ai adoré cet homme, autant comme acteur que comme réalisateur, ses films ont émaillé mon adolescence et participé à mon amour du cinéma, mais bon soutien inconditionnel s’est visiblement émoussé avec le temps. Je n’ai pas suivi de près sa carrière ces dernières années, je sais que j’ai raté plusieurs de ces derniers films, soit par flemme, soit parce qu’ils ne me tentaient pas plus que ça. Mais cette fois je me suis laissée tenter et franchement, je ne suis pas sure de savoir ce qu’il faut en penser. Bref, je suis un tantinet perplexe. Pourtant, si j’ai mis un peu de temps à rentrer dans ce film, je crois pouvoir dire que je l’ai plutôt apprécié. Tentons de démêler tout ça.

Image extraite du film La Mule de Clint Eastwood

          Au premier abord, j’ai trouvé ce film assez anecdotique (au second aussi à vrai dire). Ce papy jardinier est assez antipathique et franchement, j’ai trouvé cette histoire de drogue hautement improbable. Bref, ça ne commençais pas très bien. Pourtant, je me suis laissée prendre au jeu. Le truc, c’est que ça se laisse regarder. Et puis Clint Eastwood est bougrement crédible en vieux con ! L’air de rien, ça pose quand même des questions sur la société, le famille, la vieillesse, tout ça… Pas que ça creuse particulièrement mais bon, quand même, ça interroge. Et sous son aspect un peu lisse le film serait peut-être bien mieux rythmé qu’il n’y paraît. Faut dire que le réalisateur n’en est pas à son coup d’essai. Étonnamment, si j’ai trouvé que c’était tiré par les cheveux, j’ai quand même trouvé au sujet un vague intérêt (non, ce n’est pas un enthousiasme délirant, faut pas pousser non plus).

Image extraite du film La mule de Clint Eastwood

          Par contre les relations avec la famille m’ont laissée perplexe : si mon mari hypothétique préfère bouturer des foutues fleurs et les présenter à des concours plutôt que de s’occuper de nos non moins hypothétiques enfants, je peux vous dire que s’il s’avisait de revenir, même sur mon lit de mort je l’accueillerais à coups de carabines. Dans ce film les femmes sont infiniment trop patiences et promptes au pardon. Mais bon, on ne va pas demander à un vieil américain d’être féministe non plus… Je n’ai pas trop su ce qu’il fallait déduire de tout ça sur ce que pense le réalisateur de la société qu’il nous décrit. Quelle est la morale (il y en a toujours une, on est aux states) ? Aucune idée. Je suis donc ressortie de ce film un peu déroutée, sans trop savoir ce que j’en avais pensé. Ca tient moyennement la route côté crédibilité, ça se laisse regarder avec un certain plaisir et je n’ai aucune idée du message véhiculé. Sans doute pas le meilleur Clint Eastwood mais certainement pas le pire non plus.

Amanda

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Drame français de Mikhaël Hers  avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin
      Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

Affiche du film Amanda

          Je risque de ne pas me faire foule d’amis avec mon avis sur Amanda, ce film qui a tant fait pleuré dans les chaumières en cette fin d’année. Il faut dire que ça partait plutôt bien, le sujet a tout pour émouvoir. Il y avait vraiment matière a faire un grand film (enfin celadit la plupart des gens trouvent que c’est déjà le cas…). Pour tout vous dire, à part le synopsis je n’ai à peu près rien aimé. En même temps ce n’est pas pour rien que je l’ai élu « flop de l’année ».

Image extraite du film Amanda

          J’aime généralement beaucoup Vincent Lacoste mais là, j’ai trouvé qu’il n’était pas crédible une seconde, il joue terriblement mal, tout comme les autres acteurs. La seule qui s’en sort bien dans cette histoire c’est Stecy Martin, qui joue la petite copine. La gamine n’est pas trop mal non plus. Enfin moins pire en tout cas. Pour les autres, ça sonne atrocement faux. D’une manière générale j’ai trouvé ce film creux et vide. Zéro émotion, crédibilité douteuse, personnages lisses et sans profondeur… Quant au montage, à la photo et au scénario, au mieux, on peut les qualifier de banals. Du coup j’ai relu les critiques et franchement ce n’est pas possible, on n’a pas dû voir le même film.

Image extraite du film Amanda

          Malgré mes efforts pour apprécier ce film (qui était sensé être si mignon et si touchant), ce fut un échec total, un grand moment d’ennui et de perplexité. Même pas d’ennui profond, non, juste de vague lassitude. Même nous assommer ce film ne le fait pas bien ! J’ai quand même fini par m’endormir sur la fin, quelques secondes de répit dans un dialogue particulièrement creux. Non, décidément il n’y a pour moi pas grand chose à trier dans Amanda. Je propose qu’un autre réalisateur reprenne l’histoire pour en faire un vrai film pour lequel on aurait écrit un scénario et où on dirigerait les acteurs. Vous l’aurez compris, grosses attentes et tout aussi grande déception pour Amanda, pas franchement nul non plus, juste terriblement insipide.

 

Evorybody knows

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          Thriller, drame espagnol d’Asghar Fharadi avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin.

          A l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

affiche de Everybody knows

          J’attendais beaucoup de ce thriller dont j’apprécie autant le réalisateur que les acteurs. J’avais vu la bande-annonce, qui m’avait fait hésiter à aller le voir en salle tellement ça m’avait paru horriblement anxiogène. Je m’attendais donc à du suspens et de l’angoisse en me rendant au cinéma et je dois avouer que je n’étais pas particulièrement sereine. Je ne suis pas du tout fana des huis-clos, ça me pèse très vite et c’est vraiment une chose avec laquelle j’ai beaucoup de mal. Je m’attendais donc à ne passer un super moment.

Image de Eveybody knows

          Ca démarre plutôt gentiment. Une mère qui vit en Argentine avec ses enfants rentre en Espagne pour le mariage de sa sœur. Tout le monde est content de se revoir. Elle retrouve son ex qui semble aussi être son meilleur ami. Quelques vieilles rancœurs ressurgissent vaguement et certains se demandent pourquoi son mari n’est pas du voyage mais dans l’ensemble, ça reste très mignon. Rien que de très naturel pour des retrouvailles une veille de mariage. D’ailleurs j’ai même trouvé ça par moments un peu trop mignon. Le côté léger est pas mal surjoué… M’enfin.

Image de Eveybody knows

          Évidemment, on est dans un thriller quand même donc ça tourne mal. Normalement, c’est le moment où ça devient intéressant. Ou pas. Je m’attendais à un huis clos où tout le monde soupçonne tout le monde et où la tension monte sérieusement. J’attendais des secrets de famille à tout va et des gens qui s’écharpent. Ce n’est pas vraiment le cas. Il y a deux suspects principaux qu’on n’arrive jamais à soupçonner vraiment. Quant au secret de famille, on le sent tellement arriver qu’il n’y a que le personnage concerné qui n’a rien vu venir. On ne peut pas dire que j’ai été rongée par l’angoisse.

Image de Eveybody knows

          Tout n’est pas pour autant négatif. Ca ne correspondait simplement pas à mes attentes, ce qui est assez différent. Même si j’ai trouvé ça parfois un peu surjoué au début, j’ai bien aimé l’ambiance du film, le côté famille, le Sud, la bonne humeur. On s’y croirait. Les personnages sont dans l’ensemble assez réussis et attachants (j’émettrais simplement quelques réserves sur la personnalité du gamin, totalement mis à l’écart pendant à peu près tout le film). Le casting envoie du rêve et c’est un vrai régal de les voir évoluer à l’écran. Enfin, même si le suspens ne m’a pas rongé les entrailles, le scénario est bien ficelé et la mise en scène impeccable. Plus drame familial que thriller, si le film ne correspondait pas à ce que j’attendais, il n’en reste pas moins efficace.

Les hauts de Hurlevent

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          Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés.

          Si j’ai réduit un peu réduit le rythme dans ma découverte (ou redécouverte pour certains) des classiques de la littérature, je continue tout de même à en intercaler quelques uns dans mes arrivées de romans contemporains. C’est cette fois à la littérature anglaise que je m’attaque avec les célèbres Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Je ne savais pas au juste à quoi m’attendre – même si j’avais déjà entendu parler de l’histoire bien sûr, et que j’en avais même lu des extraits il y a fort longtemps.

Couverture des Hauts de Hurlevent

          Je dois avouer avoir été un peu déçue par le style. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction mais je l’ai trouvé assez terne. Ca n’a pas très bien vieilli et ça manque un peu de rythme. Mais je m’y suis assez vite habituée. Il faut dire que l’histoire s’avère assez prenante. Les histoires de famille et moi ne sommes pas franchement inséparables mais je dois avouer avoir trouvé dans celle-ci un ton tellement particulier et empreint de désespoir que c’en est tout à fait fascinant. On ne peut s’empêcher de se demander comment les personnages ont bien pu en arriver là.

          Le gros point fort de ce roman, ce sont ses personnages donc, assez atypiques, et surtout qui entretiennent des relations qui le sont encore plus. C’est vraiment un aspect du livre que j’ai adoré et qui est inhabituel pour cette période où tout était quand même assez codifié. Pas étonnant que sur le moment le roman n’est pas rencontré un succès fou. C’est très sombre et dérangeant. S’il y a quelques longueurs – notamment sur la fin – et malgré un style qui manque de fraîcheur, j’ai beaucoup aimé ce roman au thème inhabituel extrêmement bien traité.

Portrait d'Emily Brontë par son frère

Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.

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Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité.

Deux films sur l’adolescence

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Call me by your name

          Drame, romance franco-italo-americain de Luca Guadagnino avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg
          Été 1983. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans la villa de sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Affiche du film Call me by your name

          J’avais entendu le plus grand bien de ce film. Si fin, si émouvant. Tout ça tout ça. Sur le papier ça ne me tentait absolument pas mais devant un tel déluge d’éloges, j’ai cédé à la curiosité et laissé mes doutes de côté. Franchement, j’en viens en penser que parfois être bornée et obtuse évite bien des déconvenues. Enfin, on peut aussi raisonnablement supposer que je commence à bien me connaître. Dès le début, ce n’est pas passé. Mais alors pas du tout. Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis avec cette critique mais je vais essayer d’expliquer mon ressenti – qui, cela va de soi, n’engage que moi (au cas où ce ne serait pas clair pour tout le monde…). D’un point de vue purement esthétique, je n’ai pas grand chose à reprocher à ce film. Je n’ai pas trouvé ça fou-fou visuellement mais c’est propre et plutôt bien fait. Les acteurs sont un peu fades mais là encore, ça va. L’histoire en revanche, ç’a été plus compliqué.

Image du film Call me by your name

          La famille d’intellos dans laquelle se passe l’histoire m’a exaspérée au plus haut point. Le côté « on parle 3 langues selon l’humeur du moment et on se traduit du Virgile comme ça, peinard, pour passer la soirée » m’est sorti par les yeux au bout d’à peu près 5 secondes (j’ai dit Virgile au pif, mais on s’en fout, vous avez compris l’idée). Ils sont imbuvables. Pédants, têtes à claques, dégoulinants d’auto-suffisance. Et leur mioche mignon-et-pas-trop-con-mais-un-brin-boudeur-et-blasé-de-la-vie c’est pas franchement mieux. Sauf que lui au moins, il a l’excuse de l’adolescence. Quant à leur hôte, plutôt bel homme mais arrogant et dans l’ensemble sans grand intérêt. Voilà pour la galerie de personnages. Partant de là, à moins qu’il ne choisissent brutalement de s’entre-tuer, mettant ainsi fin au supplice de leur conversation, il y avait fort peu de chance que je goûte à toute la subtilité de ce film. Le reste n’aura été qu’un long, très long, trop long moment d’ennui dont je ne voyais jamais venir la fin. Ni le début d’ailleurs. J’ai trouvé ça lisse, plat et teeeellement lent.

Image du film Call me by your name

          Pour ceux qui ne me connaissent pas, notons quand même que la délicatesse des amours naissantes est un truc qui m’assomme profondément. C’est déjà un moment que je n’aime pas vivre alors l’observer chez les autres, très peu pour moi. Et là, clairement, ça prend son temps. Ca m’a rappelé D’amour et d’eau fraîche ou Un amour de jeunesse. Il y a une seule grande qualité que je reconnais à ce film, c’est que le fait que le gosse découvre son homosexualité ne change strictement rien à l’histoire, c’est tout aussi chiant que s’il avait été hétéro. Ca change, c’est reposant. On passera sur la différence d’âge qui met mal à l’ais. Seul joli moment du film, le plan final, je n’irai quand même pas jusqu’à dire que ça valait le coup de rester pour voir ça. Je crois que je devine vaguement ce qui peut toucher dans ce film, les premiers émois, la découverte de la sexualité, tout ça. Ca m’a laissé parfaitement de marbre mais je suppose qu’on peut s’y retrouver. C’est en tout un type de cinéma auquel je reste totalement hermétique. Mon plus grand moment d’ennui depuis longtemps.

Lady Bird

          Comédie dramatique américaine de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts
  Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Affiche de Lady Bird

          Immédiatement après le premier film, j’ai enchaîné avec le second. La bande-annonce m’avait intriguée même si je n’étais pas très sure de savoir si j’avais vraiment envie de le voir pour autant. Mais j’étais devant le cinéma, il était là et je suis curieuse, c’était donc parti pour un second film sur l’adolescence le même jour. J’aurais dû à un moment me dire que c’était une mauvaise idée mais non, j’ai juste pensé : j’ai atteints le summum de l’ennui, ça ne peut pas être pire. Ce n’était pas faux. Mon avis sur Lady bird est plus mitigé. Sans franchement accrocher, je l’ai déjà trouvé plus intéressant (et moins soporifique). Esthétiquement, c’est sans doute moins chiadé, mais c’est aussi moins pédant (et ça, c’est bien).

Image de Lady Bird

          J’ai bien aimé le personnage de Lady Bird. Je n’ai absolument pas réussi à m’y identifier – il faut dire aussi que je n’étais pas franchement ce genre d’ado – mais que la réalisatrice avait réussi à crée un personnage qui avait du caractère et un certain charisme. Elle a un côté touchant et m’a été plutôt sympathique. Quant aux relations entre les personnages (la mère, la meilleure copine boulotte, les nouvelles copines friquées…) elles sonnent juste et sont clairement le point fort de ce film par ailleurs très bien joué. C’est donc plutôt positif dans l’ensemble. Au-delà de ça, je n’ai toutefois pas été vraiment touchée par cette histoire qui aurait peut-être mérité plus de rythme et de profondeur pour vraiment convaincre. Le sujet ne m’a pas vraiment transportée et j’ai trouvé au final le film sympa-sans-plus malgré un personnage prometteur. Si ce film m’a arraché quelques sourires, on reste loin du coup de cœur.