Mes lectures

Marie Curie et ses filles

Une sonnerie. Electrique. La petite Maria Sklodowska, sagement habillée, meilleure élève de sa classe, relève la tête. S’immobilise. Non à cause du froid dans la salle de classe de Varsovie, en cet hiver 1874. Non. Parce que ce méchant tsar russe dont les adultes mentionnent le nom à voix basse à la maison, cet homme qui inspire la peur, leur envoie un inspecteur. 

Une Curie peut en cacher une autre, et si Marie, physicienne et chimiste double Prix Nobel, a inspiré le monde entier, ses filles Irène et Ève ont également eu des vies hautement romanesques.
Marie Curie est une combattante : malgré des débuts difficiles en Pologne occupée, avec une mère malade puis des études à Paris sans le sou, elle révolutionne la médecine et les recherches sur la radioactivité aux côtés de Pierre Curie. Mais si on connaît bien la scientifique, la femme et mère, aussi, est passionnante – et l’éducation qu’elle dispense à ses deux filles les mènera chacune vers un grand destin.

Il y a quelques temps j’avais vu le film Radioactive. Il y a beaucoup à redire sur ce film assez barré et globalement raté mais il m’avait donné envie d’en apprendre plus sur la vie de Marie Curie (et de sa fille Irène tant qu’à y être), que je connais finalement assez mal. Je suis donc partie à la recherche d’une biographie. Une amie avait celle-ci dans sa pile de livres à moitié lus, et hop, direct dans ma bibliothèque ! Franchement, ça commençait super bien cette histoire.

Couverture du livre Marie Curie et ses filles de Claudine Monteil

Je lis peu de non fiction et si on doit bien reconnaître quelque chose à ce livre, c’est qu’il n’est pas difficile à lire. Le style est simple, ça se lit comme un roman. Et c’est là que ça commence à coincer (oui, déjà) : sachant que, certes, il m’arrive de lire des biographies et j’ai l’habitude de me frotter à des textes un peu exigeants – mais pas trop parce que je lis pour le plaisir, pas pour choper une migraine – que j’aime quand c’est fluide et que j’apprends sans devoir relire 3 fois chaque page, quelle était la probabilité que je trouve l’écriture vraiment trop proche d’un roman de gare ? Enfin, je sais pas, on parle de Marie Curie, on s’attend à 2/3 infos scientifiques à un moment, ça semble être le minimum… Eh bien écoutez, j’en sais plus sur ses robes noires, son amour pour feu son mari et les roses devant son laboratoire que sur ses recherches !

Est-il utile de préciser que j’ai donc été assez déçue, puis agacée, puis franchement exaspérée par ce parti pris pour le moins déroutant. Je veux bien que ce soit un livre qui s’adresse au grand public mais enfin, c’est plus proche d’une espèce de saga de l’été dans Gala que d’un livre de physique/chimie pour collégiens. Pour le Nobel – enfin LES Nobel devrais-je dire – je pense qu’il y a plus de références au soutien de Pierre puis après sa mort, à son absence, qu’aux recherches en elles-mêmes. Alors perso, quand je lis une biographie de Marie Curie, c’est quand même un peu pour en apprendre plus sur ses découvertes et le parcours qui y a mené, son peu d’intérêt pour la mode et que son mari lui manque je m’en cogne totalement, si j’étais inspirée par ce genre de considérations, je lirais Cosmo, non mais on est où là, oh !

Marie Curie et ses deux filles, Irène et Eve

Désolée, comme vous pouvez le constater, rien que de repenser à certains passages de ce livre, ma tension monte en flèche. Est-ce que ça vous étonnera vraiment si je vous dis que je l’ai arrêté après une centaine de pages avec une furieuse envie d’en faire des confettis ? Si sa propriétaire me lit, qu’elle se rassure, aucun ouvrage n’a été maltraité pour écrire cet article. Pour résumer l’autrice se focalise sur trois axes que voici : « Pierre était l’homme de sa vie, il lui manquait mais parfois elle était heureuse malgré tout » (désolée pour le spoiler mais si vous l’ignoriez, Pierre Curie est mort), « elle aimait la nature d’ailleurs elle faisait pousser des roses devant son laboratoire » (elle allait souvent en Bretagne, très déçue qu’il n’y ait aucune référence aux hortensias), « elle avait l’esprit scientifique » (elle a eu 2 Nobels, un en physique, un en chimie sans déc, j’aurais pas deviné que c’était une scientifique).

Concernant ses filles, je les ai laissées au début de l’âge adulte, mon cerveau menaçant de fondre devant tant de platitudes. En gros, Irène a également l’esprit scientifique (elle aura également un prix Nobel de chimie) et son père aurait été fier d’elle. Pour Eva, c’est plus compliqué. Elle apparaît souvent comme la gardienne de la mémoire familiale, puisqu’elle a écrit une biographie sur sa mère à laquelle il est très souvent fait référence. Sinon elle saoule sa mère et sa sœur à jouer du piano, ça fait du bruit, ça empêche de réfléchir, et elle aime les jolies robes. Si vous voulez en savoir plus sur les femmes Curie, franchement, vous en apprendrez plus sur leur page Wikipedia. Sauf si bien sûr c’est l’aspect sentimental qui vous intéresse mais ce n’est pas particulièrement croustillant, il y a les collections Harlequin pour ça. Vous l’aurez compris, je n’ai pas exactement été sous le charme de la prose de Claudine Monteil. Je vais donc partir à la recherche d’une autre biographie consacrée à la famille Curie. Avec son ton emphatique et son manque cruel de fond sur l’aspect scientifique, ce livre accomplit l’exploit de rendre totalement insipides les destins de ces trois femmes parmi les plus remarquables du XXe siècle.

Portrait de Claudine Monteil

Éblouies et heureuses face à cette puissance de la nature, à laquelle les femmes Curie étaient déjà si sensibles lors de leurs séjours à l’Arcouest en Bretagne ou dans le petit jardin devant l’Institut du radium. Marie y a d’ailleurs planté des roses.  


Si Bronia pouvait à son tour la rejoindre dans l’aventure du radium, ce serait un réconfort supplémentaire dans sa vie de chercheuse, de scientifique et de veuve.  

2 commentaires sur “Marie Curie et ses filles

  1. Moi qui m’intéressait à ce livre étant un fan de Marie Curie… Je viens de lire et chroniquer Marie et Marya de Jillian Cantor qui me paraît beaucoup plus recommandable… Et sur un autre sujet, Marie Curie prend un amant d’Irène Frain… Bonnes lectures !

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