Mes lectures

Le système Victoria – Eric REINHARDT

          La vie de David bascule le jour où il aborde Vicoria dans une galerie marchande. David est marié et cette femme va devenir sa maîtresse. Moins d’un an après, elle trouve la mort et David se retire dans un hôtel perdu de la Creuse, bouleversé par le rôle qu’il a joué dans cette histoire.

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          J’attendais beaucoup de ce livre dont l’histoire me paraissait intéressante et dont j’avais entendu dire le plus grand bien de toute part. Ca ne m’avait pourtant pas empêché de le laisser un peu mariner dans ma bibliothèque, ne manquant pas d’autres lectures. Je me suis finalement lancée il y a peu, pleine d’enthousiasme, quasiment sure de tenir là un grand roman. Comme souvent dernièrement, j’ai vite déchanté. J’en viens à me demander si ce n’est pas juste moi qui suis mal lunée en ce moment… Toujours est-il que je n’ai pas du tout accroché.

          Au début du roman, on regarde David suivre Victoria pendant des heures dans un centre commercial. La situation est aussi improbable que dénuée d’intérêt. Les cent premières pages sont entièrement consacrées au désir de cet homme – dont on se contrefout – et ont mis mes nerfs à dure épreuve. J’ai eu beau insister, rien à faire, impossible de m’intéresser à cette histoire à laquelle je n’ai pas cru une seconde. Sans compter que j’ai trouvé le style assez plat et plutôt froid. L’ennui fut tel (assorti d’une petite pointe d’agacement, admettons-le) que j’ai fini par abandonner lâchement. Une déception. 

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Quand vous vous trouvez, en compagnie de quelques-uns de vos semblables, tout en haut de la pyramide, et c’était le cas de Victoria, personne n’est susceptible de vous causer des ennuis, vous êtes payé pour en créer aux autres par les contraintes que vous imposez et par les stratégies que vous mettez en oeuvre.

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D’être possédé par l’autre nous rend à nous-même.

Musique

Roger Hogdson à l’Olympia

          Roger Hogdson, une légende vivante du rock anglais. Jamais entendu parler ? Et si je vous dit « Supertramp » ? Les années 70, une musique légère et enlevé, une voix unique : celle de Roger Hodgson. 25 après avoir quitté le groupe, il chante toujours les tubes de sa jeunesse, et quelques uns plus récents. Présentations.

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          Quand j’ai vu que l’ancien chanteur de Supertramp passait à Paris, je me suis jetée sur les places tout à fait hors de prix. Après de longs mois d’attente, le grand jour est enfin arrivé. Le concert avait lieu à l’Olympia, salle tout aussi mythique que le chanteur qui s’y produisait, et où je n’avais jamais mis les pieds. Je dois admettre que le lieu est démesuré et assez impressionnant, surtout quand on pense à tous les grands noms qui ont foulé cette scène. En parlant de scène j’ai été un peu surprise du côté très kitch de ce qui se trouvait dessus : tapis, plantes, synthés et le nom de l’artiste écrit en gros dans une police franchement moche. On aurait dit un groupe qui s’apprêtait à chanter pour un mariage.


          Ce côté un peu démodé s’oublie dès que Roger Hugdson rentre sur scène. Cet homme a une prestance incroyable ! Et cette voix ! Certes, il n’a pas un coffre d’enfer, on ne peut pas parler vraiment de voix exceptionnelle, simplement il a un timbre clair et extrêmement agréable qui fait de chaque chanson un vrai régal. Certaines de ses chansons, dont une en particulier, m’ont fait frissonner tant elles étaient émouvantes. Je crois bien que jamais une voix de chanteur de variété ne m’avait à ce point donné la chair de poule. Mais le vrai point fort de ce chanteur, c’est son amour de la scène, du public, de son métier. On sent qu’après 45 ans sur les planches, il y prend toujours autant de plaisir. Il chante ses vieux tubes des étoiles plein les yeux et le sourire jusqu’aux oreilles. Loin d’être blasé, il semble tout étonné et heureux de voir le public hystérique en écoutant ses succès. On dirait qu’il prend plus de plaisir encore que s’il chantait pour la première fois. Ses musiciens paraissent s’amuser tout autant.

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          Roger Hodgson est particulièrement sympathique : il fait l’effort de parler dans un français hésitant, raconte des anecdotes entre ses chansons, fait de l’humour à la moindre occasion, on le sent heureux d’être là, ce qui ne fait que décupler notre propre plaisir. Cet homme a un charme incroyable et une énergie folle ! Il arrive à nous donner l’impression qu’il vit avec nous un moment unique. On l’écoute avec bonheur chanter ses tubes à tue tête, ou nous faire découvrir des compositions plus intimistes. Son programme est très bien construit et alterne intelligemment différents styles. Il nous embarque dans son univers décalé, à la fois léger et poétique. Deux heures de pur bonheur.

Actualité

L’actu de la semaine (25/05)

Christine Lagarde a été entendue pendant deux jours dans le cadre de l’affaire Tapie – Crédit Lyonnais. Elle ne sera finalement pas mise en examen.

Georges Moustaki est mort ; il avait 79 ans. Il a écrit pour Piaf, Barbara, Gréco ou Regianni. Il sera inhumé lundi au Père Lachaise.

Le procès Meilhon s’est ouvert cette semaine. Le jeune homme avait tué puis découpé une jeune fille, Laëtitia Perrais, en 2011. Il a donné plusieurs versions qui se contredisent. Le verdict est attendu le 7 juin.

Un soldat a été tué dans les rues de Londres à coups de machette. La scène est particulièrement choquante. Les deux hommes ont agi en plein jour dans la rue et l’un d’eux a été interviewé par un journaliste juste après son acte, arme à la main et couvert de sang.

Deux attentats suicide au Niger ont tué 18 militaires, un civil et quatre militaires. Ils ont visé une base militaire et un site d’Areva. Ils ont été revendiqué par le Mujao.

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Le mot de la semaine sera CÉNOTAPHE : « Tombeau vide élevé à la mémoire d’un mort, généralement illustre ou représentatif, qui a été enterré ailleurs ou qui n’a pas reçu de sépulture. »

Les sorties ciné

La Grande Bellezza : Jep a écrit un roman à succès dans sa jeunesse ; grand séducteur, il écume les soirée mondaines ; cynique et désabusé, il lui arrive parfois de rêver de se remettre à écrire mais y parviendra-t-il ? Ce film en compétition à Cannes me fait vraiment envie, j’ai hâte d’aller le voir.

Only God Forgives : à Bangkok, dans le milieu de la boxe qui sert à couvrir le trafic de drogue, Julian veut venger la mort de son frère, assassiné après avoir sauvagement massacré une prostituée. J’avais beaucoup aimé Drive, du même réalisateur et avec le même acteur principal, ce qui est plutôt encourageant. En revanche, le film a l’air ultra violent, il est donc possible que je m’en passe…

Alata : Nimer est un étudiant palestinien réfugié clandestinement a Tel Aviv, un soir il rencontre Roy, un jeune israélien, entre son amour pour lui et son désir de partir pour trouver une vie meilleure, il va devoir choisir. J’aime généralement beaucoup ce type de sujets et j’apprécie toujours de découvrir un cinéma qu’on connaît un peu moins, ce film m’inspire donc assez, d’autant que les critiques sont bonnes.

Cinéma

Trance

Thriller britannique de Danny Boyle avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson

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          Simon est commissaire priseur. Pour payer ses dettes de jeu, il s’associe à Franck et son gang pour voler un célèbre tableau. Au dernier moment, il essaie de le doubler et cache la toile. Ayant reçu un violent coup sur la tête au moment du braquage, il est incapable de se rappeler où il a mis la toile. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de lui faire retrouver la mémoire.

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          Que dire, que dire, que dire ? Ce film me tentait bien, j’aime assez les histoires labyrinthiques, à condition bien sûr qu’elles soient bien construites. La bande-annonce me donnait l’impression d’un polar assez efficace et Vincent Cassel en gangster, ça marche toujours. Pourtant, j’ai vu ce film il y a une dizaine de jours et j’ai dû aller voir sur Allociné pour me rappeler de quoi il était question. Mon seul souvenir était qu’il y avait quelques bons acteurs, une ambiance chargée et une histoire extrêmement compliquée. La lecture du synopsis m’ayant quelque peu remis les idées en place, je vais tenter de vous en parler sans en dévoiler les ressorts : c’est pas gagné !

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          Je suis très mitigée sur ce film. Je dirais que dans l’ensemble il est extrêmement compliqué et un peu confus. L’intrigue prend des tours et des détours, on ne sait pas qui manipule qui et ce genre d’histoires sur les méandres de l’esprit demande une mécanique parfaitement huilée pour fonctionner. Malheureusement ici ce n’est pas vraiment le cas. La complexité de scénario n’est pas toujours maîtrisée et au moment où tout devrait se mettre en place, le spectateur peine un peu à éclaircir le dénouement. Un léger manque de clarté dû au côté un peu brouillon de ce film qui se perd dans ses propres ramifications. Le réalisateur ne parvient pas vraiment à se dépêtrer de son affaire et peine à dégager une trame nette. C’est bien dommage car le film avait un beau potentiel, le résultat est quant à lui tout à fait dispensable.

Mes lectures

La Compagnie Noire, V – Glen COOK

          La compagnie noire est morte. Rares sont les survivants et ils sont dispersés. Madame, qui croit Toubib mort, décide de reprendre à son compte la rédaction des Annales. Toubib, bien mal en point, est en mauvaise posture aux mains d’un mystérieux ennemi. Quant aux autres, ils sont coincés dans une ville assiégée. Cette fois, il se pourrait bien que c’en soit finie de la vieille Compagnie Noire.

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          On change de narrateur après 4 tomes auprès de toubib. L’auteur arrive à accompagner ce changement d’un style nouveau, moins littéraire, plus « brut ». Madame ne fait pas dans la délicatesse et les belles phrases. Le style est un peu moins agréable que dans les tomes précédents mais l’histoire est toujours aussi prenante. Pour la première fois nos héros sont totalement dispersés, on suit donc plusieurs histoires à la fois. Deux tout du moins, puisqu’on alterne entre le récit de la vie de Madame qui tente de rassembler de nouvelles troupes pour mener à bien le contrat, et Toubib en proie avec bien des difficultés. Ce qui peut d’ailleurs paraître étrange car comment peut-elle raconter une histoire dont elle n’est pas témoin ? Je suppose que Glen Cook a dû penser à tout ça et que l’explication tient dans des retrouvailles futures et le récit détaillé des aventures de notre héros à sa belle, qui s’empresse de les retranscrire.

          On se retrouve donc avec deux histoires en parallèle, assez différentes. Nombreux sont les rebondissements souvent inattendus mais après 4 tomes on commence à être habitués à ne rien tenir pour acquis avec Glen Cook ! Les morts reviennent à la vie, les trahisons ne manquent pas et de nouvelles légendes sortent des mémoires endormies. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde ! Si ce tome est sans doute un peu moins exaltant que les précédents (à la fois par son style volontairement moins travaillé et son côté plus décousu en raison de la dislocation de la compagnie), il n’en offre pas moins un nouveau souffle à la série, ouvrant de nombreuses pistes pour la suite. L’auteur prépare la suite et on sent qu’on n’a pas fini de passer du bon temps en compagnie de nos héros. Une série fantasy de très bonne qualité, tant par son écriture de qualité que par son histoire surprenante et bien souvent dénuée de morale. L’assurance à chaque tome de passer un excellent moment.