Cuisine

Torsades à l’orientale

Pour deux personnes

200 g de pâtes torsades

2 merguez

Un filet d’huile d’olive

1 petit poivron

1 petit oignon

Une dizaine d’olives

10 cl de sauce tomate

Une pincée de coriandre

Une pincée de piment

Sel, poivre

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Faites bouillir de l’eau avec une pincée de sel et ajoutez-y les pâtes. Faites cuire environ 7 min.

Faite cuire les merguez sur un grill ou, le cas échéant, dans une poêle.

Emincez l’oignon et le poivron et faites-les revenir à la poêle avec un filet d’huile d’olive. Lorsqu’ils sont dorés, ajoutez les olives et la sauce tomate. Insérez ensuite les merguez coupées en morceaux d’environ 1 cm à cette sauce.

Une fois les pâtes cuites, égouttez les et nappez-les de sauce tomate/merguez. Saupoudrez de coriandre et de piment avant de servir.

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Bon appétit !

Culture en vrac·Mes lectures

Collection .2 ou le format ultra poche

          Voici environ 2 ans, La Martinière lançait un tout nouveau concept : le format ultra poche. Une collection qui propose des oeuvres intégrales dans un livre ultra léger qui tient dans la poche. Une idée originale et une mise en page qui ne l’est pas moins. Il y avait là largement de quoi éveiller ma curiosité…

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          Dès la sortie de cette collection, je m’en étais procuré un exemplaire afin de tester ce nouveau mode de lecture. Malheureusement, mes bonnes intentions se sont visiblement un peu perdues en route vu qu’il m’aura tout de même fallu deux ans pour m’y mettre enfin. Les livres de la collection .2 ne mesurent que 8 cm sur 12, soit environ la moitié d’un format poche classique (quant à l’épaisseur des ouvrages, elle est également minime). Ils sont donc les premiers livres de poche à tenir réellement dans la poche. Pour réduire à ce point l’encombrement des oeuvres sans les amputer, il a fallu ruser ! Comment ce tour de force a-t-il été rendu possible ?

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           C’est une mise originale qui a permis la mise en place d’un format aussi compact. Une fois ouvert, le livre ne se présente pas sous le schéma classique page de gauche/page de droite. On le tourne à 90° degré pour obtenir une page unique, ce qui permet de limiter la perte de place. Si l’idée est pour le moins ingénieuse, j’avais peur qu’elle s’avère déroutante, voire même assez désagréable (oui, je suis un peu vieux jeu parfois). Les marges sont réduites au minimum mais cela ne gène pas tellement la lecture étant donné la taille réduite de la page. Le corps employé pour le texte est assez petit mais demeure toutefois lisible. Quant à la prise en main de l’ouvrage, je dois admettre que le pari est réussi ! Le livre tient très bien en main (dans une seule main même), et s’avère très maniable. L’utilisation du papier bible réduit au minimum l’épaisseur et le poids, malheureusement ça rend également les pages un peu fragiles et pas toujours simple à tourner. Même s’il faut admettre qu’entre la pluie et le froid, mes doigts gourds n’aidaient pas beaucoup non plus.

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          La lecture s’est avérée assez agréable. Les ouvrages sont légers et très peu encombrants, à tel point que j’ai parfois eu du mal à le retrouver au fond de mon sac ! L’idée de cette collection était vraiment bonne et sa mise en oeuvre des plus réussie. Le format est très pratique, notamment dans les transports ou en voyage. Je ne suis pas une adepte du papier bible, un peu fragile, mais son utilisation est ici intelligente et ce n’est qu’un petit bémol face aux indéniables qualités indéniables de cette collection qui compte aujourd’hui un peu moins d’une centaine de titres. Je n’irai pas jusqu’à me convertir totalement à ce format, lui préférant une lecture plus traditionnelle et des mises en pages plus espacée (assorties d’un papier plus épais surtout) mais je n’hésiterai pas à y refaire appel à l’occasion. Une belle initiative et un résultat aussi pratique qu’original que je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait.  

Retrouvez tous les détails ici.

Mes lectures

Nouvelles d’Ecosse – Laura HIRD

          Onze nouvelles provocatrices et autant d’histoires sur la solitude et le désespoir. Un style décapant, voire même franchement choquant, qui ne peut en aucun cas laisser indifférent. Un livre choc de la contre-culture écossaise.

          Ma première impression sur ce recueil a été assez défavorable. J’aime les style plutôt classiques et j’ai beaucoup de mal à supporter que la littérature fasse dans le langage de charretier. Dans les dialogues, à la rigueur, si c’est fait avec style, mais dans la narration, JA-MAIS. Je préfère qu’un livre me fasse rêver en me proposant une langue un peu plus belle que celle qui nous écorche les oreilles en bien des occasions à longueur d’année. Autant vous dire que ce livre m’a mise au supplice !!! Toutefois, il s’est passé une chose étrange : bien que le style m’ait laissé perplexe et quelque peu agacée, la première nouvelle m’a assez fascinée. Sans franchement me passionner, elle m’a tout de même suffisamment accrochée pour me donner envie d’aller jusqu’à la fin. Il se dégage quelque chose de ce récit de fort et marqué. L’ambiance qu’il recrée et les émotions qui s’en dégagent sont aussi malsains que fascinants. Un tour de force qui ne se reproduit pas à chaque nouvelle bien que les ingrédients soient souvent là. Un livre que je n’ai pas particulièrement apprécié mais auquel on ne peut que reconnaître une très forte identité.

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Je plonge dans l’armée de bouteilles, recharge mon verre et lui propose à boire. Farfouillant dans son sac genre découpé dans un tapis afghan, posé à côté d’elle, elle en tire une demi-bouteille de Macallan dix ans d’âge et s’en verse une dose de terrassier.

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Je me réveille avec la sensation de froid, de vide, de tête prise dans un étau qui prélude toujours à une journée en famille. Les congés annuels, c’est précieux, et ça me fait chier d’en gaspiller la moindre seconde avec les mômes de mes cousins, mon odieuse tante et les éternelles larmes de ma mère après quelques verres d’asti spumante.

Cinéma

Happiness therapy

Comédie dramatique américaine de David O. Russell avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro

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          La femme de Pat l’a quittée et après avoir perdu son travail et sa maison, il doit revenir vivre chez ses parents. D’un optimisme à toute épreuve, il est décidé à reconquérir sa femme et retrouver son ancienne vie. En route, il rencontre Tiffany, une jeune femme aussi larguée que lui avec qui va se nouer une étrange relation qui va les aider à reprendre en main leurs vies.

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          Je ne suis pas une grande adepte des comédies romantiques mais celle-ci m’avait l’air de vraiment sortir du lot et c’est avec grand enthousiasme que je me suis rendue au cinéma pour la voir. La bande-annonce m’avait donné l’impression d’un concentré de bonne humeur et d’un film un peu décalé, exactement ce qu’il me fallait pour égayer ce début d’année un peu triste. Décalé, ce film l’est pour le moins ! En revanche, je m’attendais à un tout autre style, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. On est très très loin des standards de la comédie romantique, on est même plus proche du drame par moments. La première partie du film m’a très souvent mise mal à l’aise. Aussi plein d’énergie et de bonne volonté que soit le personnage principal, il est complètement ravagé et sa nouvelle amie est guère mieux. Quand aux parents et amis qui tentent d’aider, ils ne s’en sortent pas toujours très bien.

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          Comme vous le savez peut-être, j’ai un petit problème avec les engueulades au cinéma ; une sorte de grave allergie, ça me stresse, me hérisse le poil et me met dans un état de stress et d’agacement pour lequel le retour en arrière est rarement possible. Même si je dois admettre que les moments de tension du film sont rondement menés, truffés d’humour et criants de vérité, j’ai toutefois eu le plus grand mal à les apprécier à leur juste valeur et ça a un rien gâché mon plaisir. Malgré ce léger contre-temps, j’ai grandement apprécié ce film aussi frais que terriblement original. Les rapports humains y sont disséqués avec une grande justesse. Les personnages sont tous un peu cassés et maladroits mais profondément optimistes, ce qui donne une belle énergie au film qui n’est pas avare en scènes cocasses. Si la fin est un peu traditionnelle par rapport au développement, on reste quand même clairement au dessus de la mêlée des nombreuses comédie américaines. Un excellent film qui surprend par sa justesse et son subtil dosage entre profondeur de fond et légèreté de ton – dont ressortie étrangement bouleversée.

Culture en vrac·Patrimoine

Culture occitane : les cathares

          C’est aujourd’hui un grand pan de la culture occitane que je vais vous présenter. Une histoire tragique, celle d’une religion qui a été éradiquée dans un bain de sang : le catharisme. Issu de la foi chrétienne, il est né en Europe vers la fin du XI° s. et s’est propagé dans le Sud de la France, notamment sur les territoires des comtes de Toulouse. Combattu par l’Eglise et le Roi, il a disparu après une croisade sanglante au début du XIV° s. Voici son histoire.

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          Le catharisme est une religion issue de la chrétienté qui s’est surtout propagée dans le Sud de la France au XI° s. S’il s’est implanté dans de nombreux pays d’Europe, s’est dans le Languedoc, et particulièrement au sud d’Albi, qu’il a pris le plus d’importance. Les cathares souhaitent s’approcher du message originel du Christ. Leur mode de vie est proche de celui des premières communautés chrétiennes et s’appuie essentiellement sur les enseignements du Nouveau Testament. Leur idéal est basé sur une vie ascétique et ils refusent les lieux de cultes, la parole de Dieu pouvant être enseignée partout. On est ainsi dans un idéal de simplicité qui sera plus tard à l’origine de la Réforme et à la naissance du protestantisme.

          Toutefois, le mode de vie cathare se distingue du christianisme sur d’autres plans. Ils ne mangent pas de viande. Pour eux, toute créature ayant du sang est susceptible d’accueillir une âme céleste, selon le principe de la réincarnation. Sur le plan des croyances, les cathares dissocient de manière très nette le Bien et le Mal. Le premier et l’oeuvre de Dieu, le second celle de Satan. Ainsi, la création est divisée en deux parties : le monde spirituel et invisible relève de Dieu et le monde matériel et visible relève au contraire du Diable ; concernant l’homme, son âme divine est donc prisonnière de son corps, création du Malin. Les âmes divines ne sont pas périssables et se réincarnent donc jusqu’au salut final.

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          L’organisation de la hiérarchie est simple et bien organisée. Les croyants s’appellent « bons chrétiens » ou « bons hommes ». Quand au clergé, il est formé de « parfaits » qui ont reçu l’unique sacrement de cette religion, « lo consolament ». Le territoire est ensuite divisé en évêchés qui comporte un évêque assisté d’un Fils majeur et d’un Fils mineur. Les Parfaits mènent une vie dure et dépouillée et se consacrent entièrement au salut de leur prochain, notamment par le biais de la prédication : une vie à l’opposée des excès du clergé catholique. Les femmes peuvent accéder à ce statut. Les cathares souhaitant avant tout être proches du peuple, il n’y a pas de lieux de culte et la bonne parole est dispensée en langue régionale (en l’occurrence l’occitan). La messe catholique était alors en latin et souvent incompréhensible pour le peuple. C’est cette proximité qui a valu au catharisme son succès, et l’a amené à sa perte.

          La Croisade contre les albigeois (nom donné au Cathares pour l’occasion) a été initiée par le pape Innocent III. Il n’admet pas les idées cathares – souhaitant que rien de ce qui se passe dans le monde ne lui échappe – et bien sûr, il ne goûte guère les critiques contre l’Eglise… Plusieurs seigneurs répondent à son appel, dont le célèbre Simon de Montfort, et se croisent contre les hérétiques en 1209. Si la Croisade est née de revendications religieuse, elle se transformera rapidement en guerre de territoire et mettra le pays littéralement à feu et à sang. Les cathares étaient invités à renier leur foi, en cas de refus, la torture puis le bûcher les attendaient. Une forte résistance s’est organisée via un réseau de Parfaits clandestins et certains cathares ont trouvé refuge dans des forteresses de montagne.

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          Parmi les évènements majeurs qui ont marqué cette période sanglante, on trouve le sac de Béziers (1209 à 1213), où après sièges et batailles, la population a été exterminée et les cathares refusant de renier leur foi brûlés. Quand les croisés ont envahi la ville, ils demandent au légat du pape, Arnaud Amaury, comment reconnaître les hérétiques des catholiques, il aurait alors prononcé cette parole devenue célèbre : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.». En 1244, Montségur, dernier bastion cathare, tombe aux mains des croisés ; 200 Parfaits sont brûlés, c’est la fin du catharisme. La Croisade aura eu pour conséquence majeure d’agrandir le domaine capétien – le Roi parvient à mettre un pied en Occitanie, annexant en partie le comté de Toulouse (je vous passe les subtilité politiques et d’alliances qui mèneront à terme à ce résultat) – et de renforcer le pouvoir du Roi comme de l’Eglise. C’est à la suite de cette croisade que la civilisation et la culture occitane verront la fin de leur essor et que les modèles du Nord commenceront à s’imposer dans tout le royaume.