Mes lectures

L’art de choisir sa maîtresse – Benjamin FRANKLIN

          Dans ce recueil de courts textes, le rédacteur de la Constitution américaine et inventeur du paratonnerre nous livre des conseils aussi loufoques qu’indispensables sur des sujets divers et variés de la vie quotidienne. Vous apprendrez ainsi comment bien choisir votre maîtresse, pourrez lire la touchante supplique de la main gauche ou vous initier avec humour au commérage, entre autres utiles fantaisies.

          J’avais acheté ce livre en raison de son titre racoleur et de sa très jolie édition à la mise en page soignée imprimée sur un très beau papier. Un objet de très bonne facture, comme on en trouve trop peu à des tarifs encore relativement raisonnables. C’était donc l’objet plus encore que son contenu qui m’avait attirée. Je pense d’ailleurs aller voir d’un peu plus près le catalogue des éditions finitude… Cette lecture fut un plaisir. Je connaissais peu Benjamin Franklin et j’ai appris nombre de choses très intéressantes à son sujet dans l’introduction qui lui est consacrée. Quand à ses textes, ils sont des plus savoureux ! On y trouve un humour délectable qui n’a bien souvent pas pris une ride. J’ai beaucoup aimé cette lecture divertissante qui instruit et amuse tout à la fois.

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Les Commérages, comme toute vertu, portent en eux-mêmes leur propre récompense en nous donnant la satisfaction de paraître meilleure que les autres, tout en constatant qu’ils ne nous sont réellement pas supérieurs.

Cinéma

Flight

Drame américain de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly

          Whip est pilote de ligne expérimenté. Lors d’un vol, un incident grave survient et il parvient miraculeusement à faire atterrir l’appareil. Il aurait pu devenir un héros mais il est alcoolique et avait bu avant le vol, sa compagnie va essayer de se décharger en lui mettant l’accident sur le dos.

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          Le film démarre avec le vol catastrophe. Je ne suis pas franchement une adepte du genre mais j’ai trouvé le passage sur l’accident très réussi. On a beau savoir qu’il va réussir à se poser, l’ambiance anxiogène est très bien reconstituée. Sans nul doute la partie du film que j’ai préférée ! Je m’attendais à tout autre chose pour la suite. Je pensais qu’ayant sauvé tous ces gens en étant saoul, le pilote douterait de lui, de son rôle dans tout ça, de son nouveau statut de héros. C’est tout l’inverse ! Alors qu’il est imbus de lui-même et crie sur tous les toits que sans lui tout le monde serait mort (ce qui est vrai d’ailleurs), ce sont les autres qui l’accablent et tiennent à rejeter sur lui la responsabilité d’un accident qui ne peut en aucun cas lui incomber. J’avoue avoir été un peu perplexe et assez sceptique face à ces réactions pour le moins surprenantes. Je me suis finalement dit que ça devait être typiquement américain…

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          Malgré cette bizarrerie, l’histoire reste assez réussie, avec un anti-héros un peu paumé assez loin des stéréotypes du genre. C’est d’ailleurs là que se trouve tout l’intérêt du film, dans cette volonté de sortir un peu des sentiers battus et de présenter des personnages nuancés. Malheureusement, si l’idée était très bonne, ça se gâte sérieusement sur la fin. Si pendant quasi toute la durée du film, malgré quelques maladresses, un certain équilibre est conservé grâce aux tâtonnements de Whip et à des opinions assez diverses qui se confrontent, la fin est une véritable catastrophe. On sombre dans un moralisme d’une incroyable lourdeur avec une touche de religiosité en prime. Inutile de dire que ça gâche tout le film, dont l’intérêt tenait justement dans le côté un peu incertain d’un point de vue moral. Ca commence sur les chapeaux de roue et ça s’enfonce dans le cliché sur la fin. Un film assez moyen qui malgré de bonnes idées peine à décoller et finit par s’écraser lamentablement.

Actualité

L’actu de la semaine (23/02)

Scandale au Vatican : un réseau d’évêques homosexuels serait organisé au sein de la cité papale. Ils auraient entretenu des liaisons avec des laïcs dont certains menaceraient de les dénoncer. C’est la possibilité d’un nouveau scandale qui aurait poussé Benoît XVI à démissionner.

Un père a retrouvé ses 3 enfants égorgés en rentrant chez lui en Seine-et-Marne. Les policiers soupçonnent un drame familial en raison de problèmes entre les deux parents. La mère, introuvable après les faits, a été arrêtée.

La bataille fait rage entre Maurice Taylor et Arnaud Montebourg. Le PDG de Titan a adressé une lettre incendiaire au ministre du redressement productif qui avait sollicité son aide pour sauver Goodyear. Le ministre a répliqué et le PDG en a rajouté une couche en matière de propos insultants. Vous pouvez retrouver un résumé de l’affaire ici. La guerre du Made in France est visiblement loin d’être gagnée.

Sept otages français ont été enlevés au Cameroun cette semaine, quatre enfants avec leurs parents et leur oncle. L’enlèvement n’a pas été revendiqué et les spécialistes pensent qu’ils seraient retenus de l’autre côté de la frontière, au Nigéria. Le flou de la situation complique le travail des négociateurs et le gouvernement a demandé la discrétion sur cette affaire en l’absence d’informations fiables.

La cérémonie des Césars s’est déroulée hier. Le grand gagnant de la soirée est Amour de Michael Haneke avec entre autres les Césars de la meilleure actrice, du meilleur acteur et du meilleur film. Pour l’intégralité du palmarès, c’est par-là.

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Le mot de la semaine sera ECORNIFLEUR : « Personne qui se procure à bon compte, par ruse, en volant, en parasitant, ce qui est nécessaire à son existence » ou, par extension, « Personne qui profite d’une situation. »

Les sorties ciné :

Syngué Sabour – Pierre de patience : à Kaboul, un jeune homme dans le coma à qui sa femme vient rendre visite ; peu à peu, elle va se libérer et se livrer à lui. Je n’avais pas lu le livre du même nom qui avait pourtant obtenu le Goncourt mais je pense me rattraper avec cette auto-adaptation dont j’ai entendu dire le plus grand bien.

Elefante blanco : à Buenos Aires, deux prêtres s’efforcent d’aider la population ; l’arrêt des travaux pour le nouvel hôpital va mettre le feu aux poudres et changer leur vision des choses. J’aime généralement beaucoup ce type de sujets, surtout dans le cinéma latino-américain, j’ai donc très envie de voir ce que ça donne.

Les chevaux de Dieu : Yachine, un jeune marocain, enchaîne les petits boulots, quand son frère, Hamid, sort de prison converti à l’islamisme, il se convainc de rejoindre les « frères » avec un ami ; une longue préparation les attends pour devenir martyrs.

Mes lectures

Les silences de la guerre – Claire FOURIER

          En 1944, en Bretagne, un officier allemand réquisitionne la maison de Klauda et de son père et s’installe dans la chambre au fond du couloir, près de celle de la jeune fille. Il est reçu avec froideur mais son naturel diligent, sa curiosité et sa culture arrivera peu à peu à faire sortir ses hôtes de leur mutisme. Contre toute attente, une certaine complicité va s’établir entre ces deux factions ennemies.

          Je dois admettre que j’étais moyennement emballée par ce livre : une histoire d’amour entre une bretonne et un officier nazi pendant l’Occupation n’avait a priori pas grand chose pour me séduire. Pourtant, les premières pages de ce roman m’ont agréablement surprise. Le style est très fluide et agréable, mais surtout bien plus travaillé que ce à quoi je m’attendais. La rencontre est également traitée de manière assez intelligente. Les personnages mettent du temps à s’apprivoiser, on n’est pas vraiment dans un coup de foudre mais plutôt dans la lente mise en place d’une relation plus durable. Malheureusement, cette bonne lancée qui m’a tenu en haleine à peu près un tiers du livre n’a pas duré. Les conversations entre Hermann et Klauda, qui tournent beaucoup autour de l’art, la littérature, la philosophie et les mérites comparés des côtes bretonnes et baltes, sont absolument soporifiques. L’officier allemand y est décrit comme un tel modèle de perfection qu’il en perd toute consistance et affadit sérieusement une histoire d’amour qui aurait mérité d’être plus tourmentée étant donné les sombres circonstances. Un livre bien écrit mais qui lasse assez vite par la longueur de ses descriptions et le manque de profondeur de ses personnages.

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Des étoiles clignotaient. La chambre au bout du couloir donnait au nord. Elle est sombre et froide, me dis-je. Je n’y songeais pas quand mon frère était là.

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L’homme parlait avec le sombre sérieux d’une âme guerrière qui en voulait à la guerre d’être une chose haineuse et vile, une chose sans envergure.

Cuisine

Poêlée hivernale aux épices douces

Pour 2 personnes

1 panais

4 topinambours

4 petites pommes de terre

Un filet d’huile de tournesol

1/2 c. à café de 5 épices

Une pincée de fleur de sel

Un filet d’huile de sésame

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Epluchez les légumes et coupez-les en cubes d’environs 1 cm de côté.

Faites chauffer un filet d’huile de tournesol dans une sauteuse. Quand elle est chaude, ajoutez-y les légumes et couvrez.

Laissez cuire à feu moyen 10 min et remuant régulièrement puis ajoutez le 5 épices. Remettez sur feu vif quelques minutes afin de faire dorer les légumes. Lorsqu’ils sont à la fois fondants et légèrement grillés, sortez-les du feu et placez les sur un papier absorbant afin d’éliminer l’excédent de gras.

Mettez les légumes dans un plat de service, salez à la fleur de sel et ajoutez-y un filet d’huile de sésame. Cette poêlée hivernale aux notes douces accompagnera très bien les viandes grillées.

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Bon appétit !