Cinéma

Nos plus belles vacances, de Philippe LELLOUCHE

         Comédie familiale française de et avec Philippe Lellouche. Avec Julie Gayet, Gérard Darmon.

          Des vacances en Bretagne vue par les yeux d’un petit parigot. Autant vous dire que ça démarre mal. Les bretons sont gentils mais sont ploucs. Après un temps d’adaptation, on finit quand même par bien les aimer. Le papa parisien arrive et trouve plein d’idées géniales pour aider les habitants parce que quand même, chez eux c’est un peu le Moyen Age. Du coup, il est adopté et tout le monde est très tristes quand ils repartent.

          Je ne sais trop que dire. Des parisiens qui découvrent la campagne restent des parisiens qui découvrent la campagne. Quand on en fait partie, ça doit rappeler des souvenirs et on doit trouver ça attendrissant. Quand on a passé ses vacances du côté des « ploucs », on apprécie moins. Pas que ce soit malveillant, bien au contraire, mais une telle naïveté est horripilante. Ces vacances en technicolor sont un cliché ambulant. Que dire ? c’est navrant. C’est plein de bons sentiments, dans un été où il fait toujours beau et où  les vacances sont forcément merveilleuses. Désespérant.

Expositions

Doisneau, Paris Les Halles

          Le célèbre photographe a longtemps photographié le coeur de Paris. Les Halles, un lieu plein de charme où la vie gronde. Le photographe y passé de longues heures, des années durant, pour prendre sur le vif ces instants de vie au petit matin. Son objectif a immortalisé aussi bien le travailleur que la bourgeoise venant faire son marché ou les glaneurs venant ramasser les restes une fois les marchands retirés. Un véritable voyage dans l’histoire parisienne.

          J’ai beaucoup aimé cette exposition. Elle est assez riche, avec 205 clichés originaux. Ils sont rangés par ordre chronologique, ce qui semble adapté au sujet, et les photographies prises à la même époques sont ensuite regroupées par grandes thématiques (bouchers, fleuristes, passants…). De 1933 jusqu’à l’inauguration du hideux forum des Halles en 1979, plus de 40 ans de photographies. Cette évolution est intéressante et très bien expliquée par les panneaux à l’entrée, concis mais efficaces. On découvre avec émotion la destruction de ce lieu qui était jusqu’alors au centre de la vie parisienne. On constate une fois de plus la folie architecturale des années 70 qui ont détruit des lieux historiques pour les remplacer par des horreurs bétonnées. Une très belle exposition. Courrez-y, c’est gratuit !

Doisneau, Paris Les Halles

Hôtel de Ville

Salon d’accueil – 29, rue de Rivoli – 75004 Paris

Jusqu’au 28 avril

Tous les jours de 10h à 19h. Dernier accès à 18h30. Fermé dimanche et jours fériés.

Voir aussi le très beau catalogue d’exposition disponible chez Flammarion.

Mes lectures

Une vie inutile, Maxime Gorki

           Un jeune orphelin grandit avec son oncle et sa tante. Chétif et disons-le, franchement moche, il est la risée de ses camarades. Quand il se verra obligé d’aller en ville commencer un apprentissage chez un libraire, les choses ne vont pas vraiment changer. Une vie solitaire qui va par hasard le mener à devenir un mouchard. Si cela va vaguement arranger ses relations avec autrui, ça ne va pas sans lui amener un certain nombre de problèmes.

           J’ai beaucoup aimé le début de ce livre, l’enfance assez malheureuse chez un oncle pourtant bienveillant. Le personnage principal est franchement antipathique mais sa souffrance est touchante. Après ce début des plus prometteurs, la suite m’a moins convaincue. L’arrivée en ville a fini de m’ôter toute compassion pour cette espèce de têtard sur pattes (je sais, je m’attache trop à l’histoire…). Je me suis donc un peu ennuyée dans la deuxième partie de ce roman. Heureusement, vers les 2/3 du livre, la révolte à commencer à gronder dans les classes populaires, ce qui a donné bien du travail à nos mouchards. Un peu d’action bienvenue.

           A partir de là, le livre se fait plus politique et a de nouveau capté mon attention. On est en 1905 et les différentes mouvances politiques sont ici représentées. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un ouvrage politique. Le personnage principal n’ayant pas vraiment d’avis propre et défendant l’ordre établit, on a l’impression de suivre ce bouillonnement d’idées du point de vue de quelqu’un qui les observe sans vraiment les comprendre. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre, ce point de vue si particulier qui rend peut-être la situation plus forte encore, allant jusqu’à perturber les esprits les plus obtus. La fin est surprenante et très très sombre mais ne fait qu’augmenter la valeur de ce texte. Une belle découverte.

Bars, restaurants

La Vénus Noire

          La Vénus Noire (anciennement, Le Caveau de la Bolée) est un des bars les plus anciens de Paris. Il était surtout le lieu de rencontre de poètes maudits. Vous aurez ainsi le plaisir de songer que Verlaine et Baudelaire ont foulé ce sol de pierre avant vous. Tentant non ?

          Le lieu est particulièrement surprenant. Pour commencer, il se situe dans une ruelle obscure de Saint Germain et sa porte rouge gardée par un cerbère (fort aimable par ailleurs) fait plus penser à un club échangiste qu’à un simple bar. Une fois à l’intérieur, vous trouverez un lieu sombre, aux murs et au sol de pierre, serti de quelques gargouilles. Au sous-sol, une belle cave voûtée du XIII° siècle au plafond bas. Une fois installé dans l’une des salles de cet antre tarabiscoté, vous pourrez commander outre les boissons habituelles un cocktail maison aux noms évocateurs : Verlaine, Baudelaire ou Madeleine.

         Évidemment, c’est surtout par son histoire que ce lieu est exceptionnel. Et par le fait qu’il soit assez difficile à trouver : on se sent de suite privilégiés d’être un des élus qui vient marcher sur les traces des plus grands. Le bar n’est ouvert qu’à partir de 18h et est souvent un peu tristounet en semaine, surtout en début de soirée. Il semblerait en revanche que le samedi il soit difficile d’y trouver une place, mais l’ambiance est bien meilleure quand il y a un peu de monde. Un endroit original où retrouver vos amis.

La Venus Noire

25 rue de l’hirondelle

75006 Paris

http://www.lavenusnoire.fr/

Culture en vrac

Pourquoi je ne suis pas allée au Salon du livre

          Et voilà, il fallait bien que ça finisse par arriver, cette année je ne suis pas allée au Salon du livre. Mais pourquoi me direz-vous ? Eh bien, je trouve que c’est surtout un évènement grand public qui vise à attirer un public qui n’ouvre pas un livre durant le reste de l’année. Bien sûr, une librairie géante est très attirante mais n’ayant plus la moindre place dans ma bibliothèque, j’ai décidé d’attendre de pouvoir l’agrandir avant de continuer à la remplir. En attendant, autant lire quelques uns des livres qui n’attendent que ça (une bonne centaine tout de même). Car oui, sachant que je ne peux résister à cette fièvre acheteuse, la solution n’est-elle pas de ne pas y aller ?

          D’habitude, outre les livres, 2 raisons me poussent au salon. La première est la présence de petits éditeurs. J’aime découvrir de nouvelles maisons et c’est l’occasion ou jamais. Mais ils se font rares en raison du prix des stands et une fois perdus dans ce grand hangar, on se dirige vers les seuls stands visibles, à savoir, les très très gros. En gros, on oscille entre Actes Sud et Gallimard, avec un éventuel détour par Flammarion ou Bayard et les seuls petits éditeurs qu’on voit sont ceux qui sont sur le chemin, à condition qu’il n’y ait pas trop de monde devant qui les cache. La deuxième bonne raison de se déplacer c’est pour les conférences. Malheureusement, les conférences grand public sont souvent d’un piètre niveau (trop grand public justement). Je m’incruste donc de préférence aux conférences pro. Malheureusement cette année les thèmes étaient essentiellement le numérique (qui me laisse assez froide), la jeunesse (bof bof) et le Japon (qui d’un point de vue professionnel n’est pas palpitant). Les seules interventions qui m’intéressaient tombaient sur mon temps de travail, vraiment pas de bol.

          Les livres anciens ont failli me convaincre de me déplacer. Finalement, j’ai pensé que c’était surement le pire endroit pour faire une bonne affaire et dénicher la perle rare alors autant reprendre les bonnes habitudes et aller flâner dans les librairies spécialisées. N’ayant que faire des dédicaces et ayant plus ou moins invalidé toutes les bonnes raisons de me déplacer, je me suis aperçue que je n’avais pas franchement envie d’y aller cette année. Le site internet assez peu fonctionnel ne m’a pas aidée à me décider. Rien qui ne me fasse réellement envie donc, juste beaucoup, beaucoup de monde, bien trop à mon goût. Ainsi, pour la première fois, je suis restée chez moi. Que m’arrive-t-il ? Serai-je blasée ? Où est passé l’enthousiasme des débuts ? Peut-être mes attentes ont-elles juste évolué et après avoir écumé les allées du Salon du livre, j’ai fini par préférer les rendez-vous plus confidentiels ou plus spécialisés. Peut-être la prochaine édition m’enthousiasmera-t-elle plus ? Et vous, en avez-vous bien profité ?