Cinéma

La bella gente, d’Ivano de MATTEO

Drame italien d’Ivano de Matteo avec Monica Guerritore, Antonio Catania, Victoria Larchenko.

          Susanna et Alfredo sont un couple d’intellectuels aisés aux idées larges. Ils passent tranquillement l’été dans leur maison de campagne. Un jour, Susanna voit une très jeune prostituée se faire maltraiter sur le bord d’une route et décide lui venir en aide. Mais pourra-t-elle se défaire de ce lourd fardeaux ? et eux, sauront-ils oublier leurs préjugés ?

          Je suis assez mitigée sur ce film. J’ai trouvé l’idée de départ assez peu crédible, surtout de la manière dont elle est amené. Le sujet est intéressant mais introduit de manière artificielle. Heureusement, ça a tendance à s’améliorer par la suite. Le film flirte parfois avec les clichés mais parvient (plus ou moins bien en fonction des moments) à ne pas trop s’y enliser. Plus on avance dans l’histoire, plus les personnages montrent leur complexité, ce qui donne une certaine profondeur au tout. Dommage que la jeune réfugiée demeure quelque peu en retrait, le personnage  semble quelque peu laissé pour compte et aurait mérité d’être un peu plus travaillé.

          J’ai longtemps craint que ce film ne sombre dans la mièvrerie la plus totale. Il nous emmène finalement sur de fausses pistes pour nous offrir une fin quelque peu pessimiste mais assez réussie. Malgré quelques faiblesses, un film qui dans l’ensemble présente un certain intérêt. Le très bon jeu d’acteurs porte le tout pour nous offrir un agréable moment. Avec quelques tâtonnements, le réalisateur parvient finalement à argumenter son propos de manière relativement convaincante. Un résultat en demi-teinte mais malgré une certaine naïveté dans le traitement de ce sujet, le film parvient à apporter un regard intéressant, à la fois lucide et cruel, sur notre société.

Culture en vrac

Salon du livre 2012

          Le salon du livre 2012 se tiendra porte de Versailles du 16 au 19 mars Porte de Versailles. Cette année, il se construit autour de 5 grands axes.

Le Japon est à l’honneur avec une vingtaine d’auteurs nippons présents sur le salon, notamment pour des séances de dédicaces. L’occasion de venir écouter le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oé

– Le concept de la ville invitée a également été reconduit, avec cette année Moscou en première ligne.

– Vous pourrez également retrouver des conférences « Du livre au film » sur l’adaptation de livres au cinéma.

« Le livre dans la cité » nous questionnera sur la place du livre dans la société et nos habitudes de lecteurs.

– En complément de la présentation de la littérature japonaise, « Culture manga » met en valeur ce genre hérité des estampes traditionnelles.


          Parmi les autres moments forts de cette année, un espace dédié aux livres de collection, anciens ou modernes, « Trésors de livres ». Bien sûr vous pourrez aussi retrouver de nombreux exposants, des expositions, des espaces jeunesse et un grand nombre de conférences et dédicaces. Le programme complet est disponible sur le site du salon. L’entrée est gratuite pour les étudiants du moins de 26 ans sur demande préalable ainsi que pour les moins de 18 ans. Bonne visite à tous ! 

Et voici le résultat du concours d’illustration dont je vous avais parlé ici.

Mes lectures

Mélanie FAZI, Serpentine

          Des nouvelles à l’univers sombre et fantastique. L’histoire d’un homme étrange qui hante le métro, celle d’une maison familiale bientôt vendue, ou encore celle d’un homme qui se fait tatouer avec une encre très spéciale. Autant de déclinaisons autour de l’étrange et du malaise.

          J’attaquais ce livre avec un petit a priori négatif. La science-fiction (même si ici on est plutôt du côté du fantastique) est un genre capable du pire comme du meilleur, surtout du pire. J’en lis assez peu et bien que ça me soit sympathique, me rappelant mon adolescence, j’en ressors souvent déçue. Je ne m’attendais donc pas vraiment à quelque chose d’exceptionnel. Finalement, je me suis assez vite laissée prendre dans cet univers particulier. Les nouvelles sont assez inégales, comme souvent. Cependant, un esprit se dégage de chacune de ces histoires qui donne une certaine unité au recueil.

          C’est bien écrit, et si certaines histoires sont meilleures que d’autres, le style reste assez constant. L’auteur sait faire naître le malaise rapidement et construire un univers en peu de mots. Certaines nouvelles sentent le vécu et sont d’ailleurs les plus réussies, la première notamment, sur le tatouage, retranscrit bien les émotions (enfin je suppose), de même pour celle se déroulant dans le métro. J’ai beaucoup aimé également celle sur la maison à vendre, assez touchante. Quelques unes possèdent des fins assez originales et réussies. Ma préférée reste je crois la nouvelle qui prolonge le mythe de Circée et Ulysse. Une idée originale et bien menée. Dans l’ensemble, on évite les clichés du genre. Un beau recueil qui présume bien de l’avenir de cet auteur. A suivre.

Le site internet de l’auteur.

http://www.melaniefazi.net

Mes lectures

Top ten tuesday (3)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Mes 10 maisons d’édition ou collections préférées

1 – Gallmeister. Leur collection noire est magnifique, ils ont su créer des collections d’une rare unité, la qualité est toujours au rendez-vous. Une valeur sure et mon modèle de réussite.

2 – Actes Sud. Surtout Babel (notamment la magnifique retraduction de Dostoïevski) et Actes Noir, deux belles collections. Là aussi une réussite exemplaire qui redonne un peu d’espoir en l’avenir de l’édition.

3 – Gallimard. La Blanche reste une référence, Imaginaire est très bien aussi. La maison française de référence où tous les grands noms sont passés.

4 – Minuit. La maison qui a édité les grands noms du XX° siècle. La maison de la modernité.

5 – Flammarion. Je suis un rien de parti pris mais leurs livres de cuisine me font particulièrement rêver.

6 – Picquier. La maison qui ne publie que de la littérature asiatique. Une invitation au voyage.

7 – P. O. L. Les publications de la maison sont très inégales. Cependant, leur volonté de proposer des textes novateurs voire franchement dérangeant est louable.

8 – Phoebus. Une maison que je connais peu mais qui a réédité la quasi totalité de l’oeuvre de Jack London et rien que ça, c’est déjà bien.

9 – Le Sonneur. Une toute petite maison qui propose des livres aux couleurs vives sur des sujets variés. Des textes bien choisis qui méritent souvent le détour.

10 – Rue du Monde. Allez, un peu de jeunesse. Des livres tout en couleurs qui abordent de grands thèmes de société pour faire des têtes bien faites. Les illustrations sont une véritable invitation au voyage.

          Vous l’aurez remarqué, j’ai choisi des maisons d’édition plus que des collections, pour des raisons purement pratique. Sinon la place aurait manqué. Bien sûr je dois en oublier, ce que je vais regretter dès demain. Etant donné que j’aime les livres de manière générale, le choix est forcément difficile et susceptible de variations. J’aime particulièrement découvrir de petites maisons méconnues, qui proposent souvent des textes intéressants. De manière général, j’aime également les beaux papiers et les présentations soignées. Et vous, y a-t-il des maisons d’édition que vous aimez particulièrement ?

Bars, restaurants

Le clan des Jules

          Je vais bientôt déménager et pars d’un à la découverte d’un nouveau quartier. C’est en nous promenant aux alentours des Batignolles la faim au ventre par la journée la plus froid de l’hiver, que nous sommes tombés sur Le clan des Jules. Premier restaurant sur lesquels nous sommes tombés qui avait l’air accueillant et n’étais pas encore complet. Nous sommes donc entrés nous mettre au chaud avec soulagement.

          La décoration est particulièrement réussie. C’est très rétro. Un beau bar, des tables et des chaises de bistrot et une grande bibliothèque (qui comme vous le savez, est un atout séduction majeur à mes yeux). Une grande attention est portée aux détails avec un vieux phono sur le comptoir et des bouteilles de limonade comme carafes d’eau. Même les toilettes sont belles, tapissées de photos en noir et blanc extraites de vieux films !

          Côté nourriture, rien à redire non plus. C’est une cuisine de bistrot assez traditionnelle mais impeccable. On se régale. La côte de boeuf était une vraie merveille… j’en salive encore rien que d’y penser. Dommage que ce soit un peu cher. Pour quelques euros de moins, ça serait mieux. Cependant, si les prix sont un peu excessifs les soirs et week-end (enfin, comme dans les 3/4 des restos parisiens…), les menus proposés le midi en semaine sont intéressants (entrée + plat + dessert à 17€). Une bonne adresse, sympathique et animée, à visiter plutôt en semaine.

Le clan des Jules

7, rue Brochant

75017 Paris

http://www.leclandesjules.com/

L’équipe propose d’autres adresses dans Paris qui semblent tout aussi sympathiques. A découvrir.