Mes lectures

Christian PETIT, Bombay Victoria

          A la mort de son père, le petit Raju doit se mettre au service du prêteur pour payer les dettes de sa famille. Pour échapper à cette servitude, il s’enfuit et rejoint Bombay où il veut retrouver son oncle et devenir menuisier. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et il devient malgré lui le chef d’une bande d’enfants qui ramassent les ordures dans la gare pour les revendre. Le début d’une grande aventure !

          Ce livre commence bien, avec un petit garçon malicieux à qui il n’arrive que des tuiles. Malheureusement, ça ne dure pas. Ce personnage attachant partage vite le devant de la scène avec d’autres, bien moins intéressants. Nous avons une française qui s’est découvert une passion pour l’Inde lors de vacances dans le Larzac (!), un indien qui a enseigné à la faculté aux Etats-Unis et qui suite à une rencontre fortuite se lance dans l’enseignement pour les enfants défavorisés, une jeune femme riche qui elle aussi se dévoue corps et âme aux enfants des rues, bref, vous l’aurez compris, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. L’Inde c’est joli et puis ça sent bon, c’est un pays merveilleux.

          On sent pourtant que l’auteur ne veut pas nier la réalité du pays, simplement il est tellement enthousiaste qu’il le fait malgré lui. Les doutes des personnages, qui devraient faire tout l’intérêt de ce livre, sont à peine effleurés. Les personnages ne sont pas assez contrastés, en accentuant les aspects positifs pour nous les rendre sympathique, l’auteur leur enlève toute vie. Les bons sentiments s’accumulent jusqu’à l’écoeurement (qui chez moi arrive vite, avouons-le). L’idée de départ était jolie, dommage que les bonnes intentions ne suffisent pas à faire de bons livres.

Cinéma

Les amours imaginaires, de Xavier DOLAN

Comédie dramatique québécoise de et avec Xavier Dolan, avec Monia ChoKri et Niels Schneider.

          Francis et Marie sont amis et colocataires. Lors d’une soirée, ils rencontrent Nicolas, dont ils vont tomber tous les deux follement amoureux. Une situation avec laquelle va jouer le jeune, entraînant le trio dans une relation toujours plus malsaine.

          Un film pour le moins surprenant ! Il a d’ailleurs été sélectionné à Cannes dans la catégorie « Un certain regard » en 2010. Tenues, déco, coiffures, musiques, on est propulsé dans les années 60. Ca frise parfois le ridicule, les couleurs ultra saturées surprennent, on est un peu perdus dans le décor. Côté histoire, on alterne celle de ce trio assez hérissant et des témoignages face à la caméra de jeunes sur leurs propres histoires d’amour foireuses. Ca semble partir un peu dans tous les sens et pourtant, petit à petit, on s’habitue à cet étrange mélange (et à l’accent, aussi).

          L’ambiance que crée le réalisateur est très particulière. L’aspect malsain de cette relation se ressent tout au long du film. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai adoré mais ce film m’a interpellée. C’est surprenant, plein d’idées, dérangeant souvent. Les acteurs aussi sont étonnants. On a parfois l’impression d’un film tourné à la va vite sans moyens et pourtant en y regardant de plus près, le tout reste très construit. Xavier Dolan a sans le moindre doute un immense talent et je suis curieuse de savoir comment va évoluer son cinéma. Au final l’ambiance de ce film m’a séduite et j’y ai repensé longtemps après son visionnage. Un OVNI cinématographique.

Librairies

Et si vous aviez une librairie ?

          La question du jour vise à aider une lectrice assidue qui se lance dans une grande aventure : elle ouvre sa propre librairie. Vos idées peuvent l’aider alors soyez nombreux à répondre à l’appel. La librairie sera de taille modeste et dans une petite ville qui en est pour le moment dépourvue. Les questions sont simples :

– Pour quelles raisons vous rendez-vous chez un libraire de quartier ? pour y acheter un titre précis ? pour faire un cadeau ? pour demander conseil et trouver des idées ?

– Que vous attendez-vous à y trouver ? plutôt des classiques ou des nouveautés ? des poches ou des grands formats ?

– Quels types de livres achetez-vous plutôt chez un libraire qu’en grande surface (culturelle ou non) ou sur internet ? littérature classique, romans contemporains, polars, essais, beaux-livres… ?

– Qu’aimeriez-vous trouver chez votre libraire et qui n’y est pas forcément ? des livres « rares » ou originaux, des rencontres avec des auteurs méconnus, des lectures à voix haute ?

– Quels sont ces livres, qui sortent des sentiers battus, mais que vous voudriez absolument voir figurer dans les rayonnages de votre librairie ? Pour moi il y aurait Folco et Somoza par exemple.

          La liste est non exhaustive et, bien sûr, l’idée n’est pas de répondre à tout. Je voudrais simplement me faire une idée de ce que vous aimez chez votre libraire qu’il n’y a pas ailleurs, ce qui peut vous faire faire des kilomètres rien que pour le voir. J’aimerais essayer de toucher du doigt ce qu’est l’essence même pour vous d’une librairie. Comment en faire un petit coin de paradis ou on se sent chez soi ? Toutes les idées, même les plus folles, seront les bienvenues. En un mot :

DECRIVEZ-MOI VOTRE LIBRAIRIE IDEALE !

Mes lectures

Long John Silver, 3 Le Labyrinthe d’émeraude, de Xavier DORISON et Mathieu LAUFFRAY

          La suite de ce périple à la recherche d’une cité perdue. La traversée des océans touche à sa fin, on arrive en vue des terres. Sur le bateau, l’ambiance est toujours aussi tendue. Et malgré son amour de l’or, Lady Vivian craint de retrouver son époux. 

          Le deuxième tome m’avait un peu déçue, moins dynamique, moins inventif. Ici on revient à l’esprit du premier : de l’action, de l’aventure ! Les personnages sont toujours aussi délicieusement horribles. Et on finit en apothéose avec un beau retournement de situation qui nous surprend autant qu’il nous laisse en plein suspens. Je ne vous en dit pas plus, une histoire palpitante, des illustrations splendides : vivement la suite !

Mes lectures

Ryû MURAKAMI, 1969

          1969, Ken passe en terminale dans son petit lycée de province. Il rêve de Révolution, de rock, de filles : de liberté ! Il décide de poser des barricades au lycée et d’organiser le premier festival japonais. Dans ce Japon autoritaire, souffle un vent de liberté au son de la musique pop. 

          On est très loin de l’univers sombre auquel Murakami nous a habitués. Un livre lumineux, frais, optimiste même. La fin des années soixante vue du côté japonais : une bonne surprise, un point de vue inhabituel. L’histoire de cette bande de lycéens est somme toute assez banale. Comme ailleurs, la même révolte contre l’autorité, la même envie de liberté, la même énergie.

          Ce texte est empreint d’humour et de nostalgie, ce qui en fait tout le charme. J’ai beaucoup apprécié de plonger dans le passé de l’auteur. Je ne n’avais jamais lu un livre (ni vu de film d’ailleurs) traitant de cette période au Japon et j’ai trouvé ça à la fois intéressant et amusant de découvrir ce qui avait transpiré du mouvement hippie de l’autre côté du Pacifique. Un livre sans prétention mais très agréable à lire, totalement en opposition avec ce à quoi cet auteur nous a habitués. Un bon moment de lecture.

Nous avions donc l’espoir un peu naïf que quelque chose allait peut-être changer et qu’en tout cas tirer du plaisir d’un joint de marijuana s’accordait beaucoup mieux à l’ère nouvelle que la volonté d’entrer dans quelque université.

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Essayer, par exemple, de parler de La Peste de Camus en patois transformait immédiatement le débat en une farce grotesque. Cela donnait : « La peste, ben, c’est point seulement qu’une maladie des gens. Si que ça se trouve, que ça serait peut-être un symbole métaphorique du fascisme. »