Mes lectures

Jean-François DAUVEN, Le manuscrit de Portosera la rouge

          Une ville accablée de chaleur, où l’eau fraîche devient une rareté. Les canalisations sont vétustes et dans les quartiers les plus pauvres l’eau est contaminée par une bactérie. Pendant ce temps, l’élite bien protégée de ce genre de désagrément, continue à couler une vie paisible. 

          Je continue dans la série « livres lus en 2011 que j’ai oublié de vous présenter ». Un petit livre surprenant. Le personnage principal n’est pas un être humain mais bien la ville elle-même, avec tous ses habitants. Leurs histoires s’entrecroisent sans qu’on ne s’arrête jamais sur une seule. On passe de l’un à l’autre sans cesse. Pourtant, contre toute attente, ça semble former un tout : l’identité d’une ville.

          Je me suis assez vite lassée de ce texte, aimant les choses un peu moins décousues. Toutefois j’ai beaucoup aimé l’idée et la mise en oeuvre est magistrale. C’est très bien écrit. On se laisse emporter par se texte et on a l’impression de découvrir cette ville imaginaire aussi surement que s’y on était en train de s’y promener. Un très joli texte.

Mes lectures

Hervé GUIBERT, Fou de Vincent

          Un livre qui se présente comme un journal à rebours de l’histoire d’amour d’Hervé et Vincent. On commence par le mort fictive de l’amant pour revenir peu à peu jusqu’à la rencontre. Troublant. 

          Un de mes textes préférés d’Hervé Guibert que j’avais totalement oublié de vous présenter. Un tort enfin réparé. A part la mort de Vincent, tout dans ce récit est, d’après les dires de son auteur, extrait du journal qu’il tenait. Le texte se présente donc comme un vrai journal. Des paragraphes de longueurs variées, à la 1° personne et qui, toujours, parlent de la même histoire d’amour.

          Le fait de revenir en arrière est particulièrement troublant. C’est ce que j’aime dans ce livre. Les repères sont bouleversés. J’aime également beaucoup la mort fictive de Vincent que je trouve aussi imaginative que poétique. Une histoire particulièrement forte dont je ne me lasse pas.

L’être qui manque à ma vie : celui qui saura me battre ; j’ai cru un temps qu’il sortirait de T., que ce serait un être compris dans lui qui s’en dédoublerait, mais il n’en a rien été ; j’ai cru longtemps que ce serait Vincent, mais il n’en est rien.

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Le (un) travail de la littérature : apprendre à se taire.

Divers

Des projets pour 2012

          Je comptais vous faire un beau résumé de mon année 2011 mais je dois admettre avoir un peu de mal à trouver la motivation pour m’y mettre. J’ai lu exactement 100 livres cette année, dont beaucoup de très bonne qualité. Côté films, un début d’année bien fade et du mieux par la suite, un résultat mitigé donc. J’essaierai de vous présenter tout ça d’ici quelques jours.

          En attendant, parlons de 2012. Je vais bientôt revoir la déco du blog. Voilà un petit moment qu’il n’a pas changé et une nouvelle tête lui fera le plus grand bien. Maintenant que j’ai un peu plus de temps, je voudrais aussi me lancer dans des regroupement d’articles par thèmes. Une fois par mois sans doute (ou 2 peut-être ?), je choisirai un thème autour duquel j’axerai une partie de mes lectures et sorties culturelles. Je regrouperai ensuite ces nouveaux articles et ceux éventuellement parus précédemment. J’espère que cela permettra d’avoir une approche plus large de certains sujets, à travers des médias différents. Si vous avez des idées de thèmes, je vous écoute !

          Côté lectures, je vais reprendre mes voeux de 2011 je pense, puisque je ne les ai que partiellement tenus : continuer à lire les auteurs que j’aime, m’ouvrir aux littératures du monde, revenir un peu plus vers les classiques. Le plaisir est aussi dans la diversité. Si j’ai lu des styles relativement variés, je voudrais aussi revenir vers des genres non-romanesques : j’ai délaissé le théâtre et la poésie, je voudrais y revenir un peu plus. Et faire l’effort de lire également plus d’essais, parce que le choix de la facilité engourdit les neurones à la longue alors les études finies, ne perdons pas l’habitude de réfléchir.

          Je voudrais également sortir plus en 2012. Plus de théâtre notamment, je n’y vais vraiment pas assez souvent. Je compte bien essayer de me forcer à aller voir du spectacle vivant, même seule et même si c’est cher. Une fois par mois me semblerait déjà pas si mal. De même pour les expositions, que j’ai tendance à délaisser. Côté cinéma, l’objectif reste le même : un film par semaine. En 2012, cultivons-nous !

Cinéma

Une vie meilleure, de Cédric KAHN

Drame franco-canadien de Cédric Kahn avec Guillaume Canet, Leïla Behkti, Slimane Khettabi.

          Yann et Nadia veulent ouvrir un restaurant au bord d’un lac en région parisienne. Ils se surendettent pour réaliser leur rêve qui va bien vite virer un cauchemar. Elle décide alors de tenter sa chance au Canada et laisse son fils à Yann pour quelques mois, avant de disparaître.

          Je suis allée voir ce film au hasard, parce que j’avais envie d’aller au cinéma et qu’il passait à l’heure qui me convenait. Mais contrairement à ce que dit l’adage, le hasard ne fait pas toujours bien les choses… J’ai commencé par trouver les personnages extrêmement agaçants. Et encore, c’était avant qu’ils ne prennent des décisions toutes plus stupides les unes que les autres. Lui est un petit con arrogant et elle une pauvre fille crédule. Je ne vous raconte pas le mélange…

          Je me suis vaguement ennuyée dès le début. J’ai même songé à sortir pour aller retrouver ma télé, c’est dire la force de mon intérêt. Je suis finalement restée « pour voir ». Ce film est un peu plat. Pourtant, les rebondissements s’enchaînent. Mais on ne se laisse pas surprendre dans la première partie du film et ensuite on ne sait plus si « improbable » ou « pathétique » conviendrait mieux à la description de chaque nouveau rebondissement. Un film plein de grosses ficelles, de la bonne volonté mais un résultat sans le moindre éclat.

Mes lectures

William SHAKESPEARE, Hamlet

          Hamlet ne se remet pas de la mort de son père, le roi du Danemark, et moins encore du mariage de sa mère avec le frère de celui-ci. Le spectre du roi défunt se pour réclamer vengeance ce qui va plonger le jeune homme dans un état proche de la folie. 

          Pour ma dernière lecture de 2011, j’avais décidé de m’attaquer à un classique. Et en plus, ça colle avec le thème du club-lecture de décembre, qui a été reporté à janvier. J’ai vu quelques pièces de Shakespeare au théâtre et c’est un auteur que j’aime beaucoup. En revanche, je n’ai lu quasiment aucune de ses pièces, je me suis donc dit qu’il fallait arranger ça.

          Terrible déception ! Je sais que c’est un sacrilège mais je me suis ennuyée à périr. Certes, on perd beaucoup à la traduction et je soupçonne de plus la traduction d’être particulièrement mauvaise, mais tout de même, le résultat est là, j’ai dû me faire violence pour arriver à la fin de la pièce (et encore, en survolant certains passages).

          Le premier point perturbant est qu’il n’y a pas d’unité de temps, de lieu et d’action, contrairement au théâtre classique du siècle suivant, ce qui m’a quelque peu déroutée. L’intrigue en revanche fonctionne plutôt bien. Mais malgré quelques passages brillants, j’ai trouvé le tout assez inégal. Je refaire bien sûr des tentatives, pas question de baisser les bras si vite, mais je pense que Shakespeare fait partie de ces auteurs qui confirment l’idée selon laquelle, le théâtre il ne faut pas le lire, il faut le voir.

La carpe de la vérité se prend à l’hameçon de nos mensonges.

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Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix, et me regarder comme le roi d’un espace infini, si je n’avais pas de mauvais rêves.

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Nous engraissons toutes les autres créatures pour nous engraisser ; et nous nous engraissons nous-mêmes pour les vers. le roi gras et le mendiant maigre ne sont que variété dans le menu : deux plats pour la même table.