Cinéma

A dangerous method, de David CRONENBERG

          Drame britannique-allemand-canadien-suisse de David Cronenberg avec Keira Knightley, Michael Fassbender, Viggo Mortensen.

          L’histoire de la rencontre des pères fondateurs de la psychanalyse, Freud et Jung. Le jeune Docteur Jung a entendu parler des travaux de son aîné qui l’intéressent fort. Lorsqu’il rencontre Sabina Spielrein, une jeune patiente russe sujette à l’hystérie, il décide de tester sur elle ce traitement révolutionnaire : guérir par la parole. Il va à cette occasion rencontrer l’illustre professeur Freud avec qui il échangera durant de longues années. Quant à la patiente, elle exerce sur lui une fascination toujours plus forte…

          Le point fort de ce film tient sans aucun doute à son casting irréprochable. Keira Knightley dans le rôle de la patiente est époustouflante. Les deux rôles masculins sont sans surprise très bien campés également. C’est une grande joie de retrouver ici ces deux acteurs talentueux. Le scénario, qui se base sur l’histoire vraie des 2 psychanalystes, tient la route. Le tout est bien filmé et impeccablement réalisé. C’est beau, c’est propre, il n’y a rien à y redire.

          Un très bon film. Il manque peut-être un peu de passion par moments. Il évite toutefois l’écueil de la romance ou au contraire du traité psychanalytique. Ce point de vue extérieur, sans doute un peu froid, est toutefois une manière assez efficace de traiter l’histoire bien qu’on puisse peut-être reprocher au film un certain manque de profondeur. Ceci dit, on aimerait que tous les films soient de cette qualité. A classer parmi les films à voir en cette rentrée.

Mes lectures

Vladimir NABOKOV, Lolita

          Humbert Humbert est un homme dans la fleur de l’âge qui n’aurait bien de bien remarquable si ce n’était son amour des nymphettes : petites filles prébubères à la grâce ingénue. S’il n’est jamais passé aux actes, c’est par manque de courage mais quand il rencontre Lolita, toute sa vie bascule.

          En 2011 je n’ai pas lu mon traditionnel classique russe annuel (généralement un Dostoïevski). Je me rattrape donc début 2012 même si cette fois j’ai donné un peu plus dans la modernité. J’ai donc choisi Lolita comme première lecture pour cette nouvelle année. L’épaisseur du morceau explique l’absence de nouveauté sur le blog ces derniers jours. Après deux semaines de lecture intensive, verdict.

          J’ai adoré ce livre dès les premières lignes. L’écriture est tellement brillante ! C’est à la fois frais et érudit. Le style est vraiment magnifique. Et cette histoire de pédophilie tellement novatrice. Je me suis délectée de chaque ligne. Du moins pendant les 200 premières pages : la description du personnage, sa rencontre avec Lolita. La première partie est un chef-d’oeuvre. La deuxième m’a malheureusement bien moins emballée. Le temps de la séduction est passé et nous entrons dans le quotidien du personnage, fait de jalousies et de faits insignifiants.

          Si je comprends qu’on puisse y trouver un certain charme, ça a eu sur moi un effet lénifiant. Cependant, le personnage écrivant de prison, on attend une fin tonitruante, ce qui interdit d’arrêter sa lecture en route. Le roman retrouve de son dynamisme dans les dernières pages sans pour autant retrouver la fougue du début. Malgré ces petits bémols on ne peut que s’incliner devant le génie de Nabokov et son esprit si délicieusement torturé. Un grand roman et plus encore, un mythe.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta.

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J’y découvris, en effet, l’enchantement capiteux et inépuisable que l’on éprouve à mystifier les psychiatres. Le jeu consiste à les mener habilement en bateau, en leur cachant avec soin que l’on connaît toutes les ficelles du métier.

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Je suis assez fier de savoir quelques petites choses pour avoir la modestie d’admettre que je ne sais pas tout.

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Je présume que le lecteur parcourt cet ouvrage, sous sa forme imprimée; dans les premières années du troisième millénaire.

Lolita, c’est aussi 2 adaptations cinématographiques. L’une de Stanley Kubrick en 1962 avec James Mason et Sue Lyon, l’autre d’Adrian Lyne en 1997 avec Jeremy Irons et Melanie Griffith.

Cinéma

La dame de fer, de Phyllida LLOYD

          Biopic, drame historique franco-britannique de Phyllida Lloyd avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Susan Brown.

          L’histoire de Margaret Thatcher, pendant 11 ans première (et unique à ce jour) femme Premier ministre au Royaume-Uni. Conservatrice, elle a dirigé le pays d’une main de fer. Elle est aujourd’hui une vieille femme qui sombre dans la démence. Un parcours hors du commun sur lequel ce film revient, entre passé et présent. 

          On a beaucoup parlé de ce film pour l’interprétation de Meryl Streep, stupéfiante. Honnêtement, je n’ai pas grand chose à ajouter. Ce film pourrait s’inscrire dans la lignée du Discours d’un roi, autre film sur un personnage politique anglais du XX° siècle. Ayant vu ce dernier et l’ayant particulièrement aimé, j’ai été un peu déçue par La dame de fer dans lequel on ne retrouve pas trop ces touches d’humour (quoiqu’une scène où elle s’entraîne à discourir ne soit pas sans un air de déjà vu). Le rythme reste un peu plat.

          Tout est impeccable dans ce film. C’est bien filmé, les costumes et décors sont réussis, les acteurs sont bons, Meryl Streep est éblouissante. Si j’ai plutôt aimé je n’ai pas non plus été particulièrement emballée (peut-être ma fatigue y est-elle aussi pour beaucoup). J’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose pour que ce film décolle vraiment. Je ne connaissais pas trop l’histoire de Margaret Thatcher et j’ai été heureuse de la découvrir. Mais si tout est impeccablement réalisé, c’est peut-être un peu trop lisse à mon goût. Si je n’ai rien de particulier à reprocher à ce film impeccable, je ne pense pas qu’il me laissera un souvenir impérissable. A voir pour la performance d’actrice de Meryl Streep.

Photo

Un peu de soleil…

Etant donné que j’avance peu dans le livre que je lis en ce moment et que je suis loin d’aller assez souvent au cinéma pour compenser cette absence de nouveauté, j’en profite pour rattraper mon retard et vous propose des articles qui attendent depuis bien longtemps. Aujourd’hui, quelques paysages ensoleillés pour égayer un peu ce mois de janvier. Allons faire un petit tour sur la Côte d’Azur.

               

Culture en vrac

Les livres et la télé

          N’ayant pas de nouveau livre à vous présenter (eh oui, il faut le temps de les lire quand même !) et mon ordinateur refusant en ce jour de charger les images, je me vois dans l’impossibilité de vous écrire un bel article aujourd’hui. Toutefois, je vous ai prévu un peu de lecture. Le blog Marianne 2  a publié un article sur les émissions littéraires qui, s’il n’a rien de révolutionnaire, nous rappelle dans quel monde pathétique nous vivons. 

          Bien sûr, les livres présentés à la télé ne sont pas lus. Croyez-vous vraiment que les présentateurs liraient plusieurs livres par semaine ?!? Que nenni ! Et ces mêmes livres, ne sont pas choisis pour leur qualité mais bien pour la télégénie de leur auteur. S’il faut des phrases courtes, qu’il a de l’humour et qu’en plus il est pas mal de sa personne, notre auteur a tout bon. Ou alors il faut qu’il parle de sexe.

          Comment parler d’un livre que l’on a pas lu ? Eh bien tout d’abord en payant quelqu’un pour le feuilleter et nous faire des fiches. Ensuite, en évitant de parler du livre, bien sûr ! On lit la 4° de couverture, on présente l’auteur (sa vie, pas son oeuvre), et on brode autour du sujet principal. On évite les épineuses questions de style. Les maisons d’édition approuvent : tant que ça fait vendre… Bien sûr, on s’y attendait mais bon, une petite piqûre de rappel de temps en temps n’a jamais fait de mal. Et pour l’article complet, c’est par là.