Club lecture

Club lecture mai

          Avec un peu de retard, la réunion du club lecture pour le mois de mai se met en place. Nous lirons Terres et cendres d’Atiq RAHIMI, un livre qui se déroule en Afghanistan. Voici le résumé de l’éditeur :

Afghanistan, époque de la guerre contre l’URSS. Près d’un pont, un vieillard attend avec son petit-fils devenu sourd après l’attaque de leur village par les Soviétiques. Ils sont les seuls survivants. le vieux tente de rejoindre son fils qui travaill comme mineur. Chaleur, poussière, confidences à un marchand bienveillant. Un camion arrive, le vieux poursuit la route seul, confiant son petit-fils à ce marchand. Rendu à la mine, il voit le directeur qui lui dit qu’il n’a pas voulu que son fils, prévenu de l’attaque, se rende chez lui. Colère du vieil homme… qui finit par apprendre que ce n’est pas la vérité…

Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal lune, une route qui se perd a l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous somme en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union Soviétique. le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine qu’au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons…C’est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de ne n’être pas entendu.

           Il s’agit d’un livre très court, qui a été plus tard adapté au cinéma par l’auteur lui-même (il a été sélectionné à Cannes en 2004 dans la catégorie « Un certain regard » et a obtenu le Prix du regard vers l’avenir, il était également nominé pour le Prix du regard original). L’auteur a obtenu le Prix Goncourt en 2008 pour Syngué Sabour. Il nous a semblé intéressant de nous confronter ce mois-ci à un sujet d’actualité. L’occasion de découvrir une littérature qu’on connaît mal.

          Nous nous retrouverons certainement le jeudi 26 mai à 18h au Café Livres mais j’aurai l’occasion d’apporter plus de précisions quand au lieu et l’heure du rendez-vous d’ici-là. Peut-être pour les 6 mois changerons-nous de lieu de rendez-vous ?N’hésitez pas à vous joindre à nous si le sujet vous intéresse. Bonne lecture à tous.

 

Mes lectures

Luis SEPULVEDA, Le vieux qui lisait des romans d’amour

          Antonio José Bolivar connaît la forêt amazonienne mieux qu’aucun autre blanc. Aussi bien même que les indiens qui l’habitent. Le vieil homme qui fait passer le temps de sa vieillesse en lisant des romans d’amour va devoir repartir en chasse lorsqu’une panthère s’attaque aux hommes.

          Dans ma série « je lis mes classiques », je me suis attaquée cette fois à un petit livre. Tout le monde ou presque l’a lu, souvent au collège ou au lycée, et j’avais un a priori quelque peu négatif (quand un livre a un trop grand succès, je m’en méfie toujours). J’ai finalement pris plaisir à cette lecture. Ce n’est peut-être pas un grand roman, mais ça se laisse lire. Un style clair et simple, efficace. Une histoire prenante, quoique pas bien originale. Rien d’exceptionnel, c’est classique mais bien fait.

          Derrière cette apparente simplicité se cache quand même une réflexion sur la vie, la vieillesse, l’amour, la mort. L’histoire de cet homme est touchante et pleine de sagesse. Un bel hommage à la vie rude dans la nature, qui recèle plus de richesses qu’il n’y paraît. Un joli petit livre, rude et sensible à la fois.

Antonio José Bolivar Proano comprit qu’il ne pouvait retourner à son village de la Cordillère. Les pauvres pardonnent tout, sauf l’échec.

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Mais ce qu’il aimait par dessus tout imaginer, c’était la neige.

Enfant, il l’avait vue comme une peau de mouton mise à sécher au balcon du volcan Imbabura, et ces personnages de romans qui marchaient dessus sans crainte de la salir lui semblaient parfois d’une extravagance impardonnable.

Cinéma

Les chats persans, de Bahman GHOBADI

          Depuis longtemps, j’hésite : dois-je ou ne dois-je pas intégrer à ce blog des films ratés au cinéma et vus lors de leur diffusion à la télé ? Et si oui, lesquels ? Comment choisir ? Je ne peux pas mettre toutes les émissions que je regarde, la tache serait immense (autant qu’inutile). Mettre uniquement ceux que j’aime ne collerait que très moyennement avec l’esprit de ce blog. Mettre aussi alors ceux que j’ai longtemps attendus et qui m’ont déçue ? Je n’ai jamais réussi à me décider, et je me passais donc jusqu’à présent de critiquer des films qui ne passent plus en salle. Aujourd’hui est le début d’une ère nouvelle : pour la 1° fois, je me décide à parler d’un film vu à la télé. A la fois parce que la nécessité de partager cette expérience m’est apparue comme une évidence, et un peu aussi parce que là tout de suite je suis à court d’autre idée pour un article (ben oui, soyons honnête, un article par jour, ce n’est pas évident).

          Drame iranien de Bahman Ghobadi avec Negar shaqhaqhi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad.

          Une jeune femme et un de ses amis décident de monter un groupe de musique underground, avec l’espoir de pouvoir sortir du pays pour se produire à l’étranger, notamment en Angleterre. Ils partent à la recherche de musiciens prêts à se lancer dans l’aventure. Les autorisations officielles sont dures à obtenir. Ils devront se battre pour tenter de réaliser leur rêve, sombrant souvent dans l’illégalité, avec les risques que cela comporte. Pourront-ils aller au bout de leurs convictions ?

          Je tenais à voir ce film quand il est sorti en salles. Cependant, pour une raison que j’ignore (ne serait-ce pas cette tendance à toujours reporter au lendemain ?), je l’ai raté. J’ai donc profité de sa diffusion sur Canal+ récemment pour réparer cette erreur. Les films longtemps attendus déçoivent souvent, surtout que le passage au petit écran s’avère souvent difficile. Eh bien, ce film a tenu ses promesses. A mi-chemin entre documentaire et fiction, il retrace l’histoire de jeunes passionnés de musique dans un monde où les libertés sont très limitées. Il me paraissait très intéressant de s’intéresser de plus près à cette vague libertaire iranienne dont on n’entend que trop peu parler.

 

          Ce film retrace assez bien je pense la réalité du pays. Peu de libertés mais une jeunesse qui n’a pas encore totalement perdu espoir. Un dynamisme incroyable et une créativité rare, mais s’ilsrestent confinés dans des caves. La musique rock qui est au centre du film lui donne une énergie propre à captiver le spectateur occidental, faisant peut-être parfois un peu oublier le coeur du problème. Cependant, le fond social est bien présent. Il s’agit bien là d’un film politique, appel au secours de jeunes artistes iraniens avides de liberté et de reconnaissance. On ne tombe jamais dans le misérabilisme et l’auto-apitoiement (même lorsque cela serait justifié). Au final, sans doute un message d’espoir. Tourné à la va-vite, sans autorisation, ce film est une belle réussite, malgré quelques faiblesses, l’énergie communicative qu’il dégage en fait un moment fort du cinéma. Prix spécial du jury à Cannes, Un certain regard, largement mérité. Un film qui vaut le détour, pour découvrir un aspect méconnu de la société iranienne et rendre hommage à l’engagement de ceux qui l’ont tourné, car ne l’oublions pas, réalisateurs et acteurs ont risqué leur vie pour que ces images nous parviennent.

Photo

Images d’hiver

         

 Je me rends rends compte avec retard que les dernières photos d’hiver ne sont pas arrivées jusqu’ici. Voici donc quelques clichés de montagnes enneigées…

 

Mes lectures

Jean-Michel RIOU, 1658, L’éclipse du Roi-soleil

          Ete 1658. A Calais, le jeune roi se meurt. Personne n’arrive à déterminer quel mal ronge le souverain, alors à peine âgé de 20 ans. Antoine Petitbois, espion de la couronne, va mener l’enquête. Partisant de la thèse de l’empoisonnement, il s’alliera aux défenseurs de l’antimoine pour sauver le roi. Arrivera-t-il à découvrir la vérité que le grand cardinal Mazarin semble s’évertuer à cacher ?

          Je lis peu de romans historiques. Je me suis pourtant laissée entraîner par celui-ci. Le style alerte est agréable. Assez ignorante en matière d’histoire (je le confesse avec honte), je ne connaissais rien de cette histoire d’empoisonnement de Louis XIV au début de son règne. J’ai donc été fort aise de m’instruire (le coté instructif étant toutefois à prendre avec des pincettes dans ce type d’ouvrage « grand public ») avec cette enquête à la Cour. L’enquête policière n’est pas des plus palpitantes, mais on se laisse porter par l’histoire somme toute plaisante.

          Le roman semble coller d’assez près à la réalité historique, ce que j’ai apprécié. Les notes en bas de page, apportant des précisions sur les personnages ayant existé sont utiles à la remise en contexte pour les ignorants tels que moi. Le livre comporte des maladresses, si le style est agréable dans l’ensemble car facile à lire et enlevé, il est parfois un peu bancal. Je ne suis pas sure que les dialogues soient toujours très en accord avec l’étiquette du XVII°… Mais peut-être est-ce là l’effet d’un naturel trop méfiant. Si l’ouvrage ne fait pas montre d’une grande profondeur, il a du moins le mérite d’être plaisant et instructif. Quelque chose me dit que les passionnés d’histoire ne le goûteraient guère, les autres y trouveront une lecture agréable.

La rue a ceci de remarquable. On y apprend souvent ce que les puissants ignorent encore. Comment expliquer que le bon peuple sache tout, y compris ce que l’on tente de lui cacher ? Eh bien ! C’est que l’air de la rue contient plus que du vent et, dans le brouhaha de tapages, de racontars qui l’encombre, la Vérité surnage toujours.

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J’avais repéré ma proie, flânant dans la maison même du roi. Elle allait sans méfiance. D’ailleurs, qu’aurait-elle craint puisqu’elle se croyait à l’abri de tout ?

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Si le premier commandement de l’enquêteur est d’écouter, celui de l’espion est de se faire oublier, car l’ombre sied à la profession, je crois l’avoir répété. Cet adage souffre-t-il d’exception ? Aucune.