Avant la chute – Fabrice Humbert

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          En France, Naadir, avec deux grands frères un peu voyous, est le seul bon élève de sa classe en banlieue parisienne. Au Mexique, Fernando Urribal, sénateur, lutte tant bien que mal contre le trafic de drogue et tente par la même occasion de conserver le pouvoir qu’il a durement acquis. En Colombie, une famille de paysan essaie de s’en sortir malgré des conditions toujours plus difficiles. Des destins en apparences bien différents mais qui tous ont un point commun : leur vie se délite avant de basculer, des sociétés qui aux bords de la chute dont ils sont les témoins. 

          Le roman se construit autour de ces trois histoires. Elles sont développées en parallèle, chaque chapitre étant consacré une histoire différente, en alternance. J’aime bien cette variété, tout comme j’apprécie que ces différents univers soient clairement délimités dans le texte. Toutefois, si ces trois destins sont extrêmement différents, on soupçonne qu’ils finiront par se croiser, d’une manière ou d’une autre. En attendant cette rencontre pressentie, on voit les personnages avancer vers un futur qui semble bien sombre. Quelque soit leur univers, leur milieu social, tous semblent avancer inexorablement vers une chute certaine. L’histoire ne semble pas pouvoir rencontrer de dénouement heureux. C’est ce qui nous tient en haleine tout au long de ce livre, l’accumulation de nuages d’orages dont on peine à voir comment ils pourraient se dissiper.

          J’ai beaucoup aimé ce livre. Le style est captivant et la construction impeccable. L’auteur se passe de grands discours moralisateurs et laisse le lecteur tirer ses propres conclusions face à ces sombres récits. Les évènements sont déroulés de manière implacable, sans que jamais le texte n’en devienne larmoyant ; un fatum qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies. Je me passerai bien de vous dévoiler la fin mais je ne peux que vous dire que le happy end n’est pas exactement de rigueur. Et si les histoires finissent bien par se mêler, ce n’est pas aussi intimement qu’on aurait pu le penser mais de manière bien plus subtile. Ce livre crée un suspens digne d’un bon polar, ou peut-être d’une grande épopée. Il nous surprend jusqu’au bout et on ne le lâche qu’à regrets. Un grand roman, empreint d’une incroyable violence, qui déroute et questionne.

Le combat pour le pouvoir s’engageait à la première minute et les élèves partaient gagnants. Il leur arrivait de perdre, ce qui déconcertait tout le monde parce qu’il n’y avait pas de raison : ils étaient vingt-cinq contre un et les vingt-cinq, dans leur grande lucidité, adhéraient très peu à la fiction de l’autorité professorale. Car, après tout, le nombre fait tout et les plus nombreux finissent toujours par l’emporter. Ce n’est qu’une question de temps.

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La dureté de son visage avait pris vie, au profit d’une sorte de séduction inconsciente, qui était à la fois la séduction d’une vitalité naturelle et le besoin effréné de plaire, de convaincre, d’emporter l’adhésion. Elle reconnaissait cela. Elle l’avait rencontré tant de fois chez les politiques. Ce n’était pas un mensonge mais une disposition de leur être. Ils étaient nés comme cela. Ils voulaient plaire.

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  1. Coucou, je suis de retour après une longue absence, suivant ton blog (et quelques autres) de loin sans prendre le temps de laisser un p’tit mot d’billet.
    Donc : la trame de ce roman me tenterait bien, malgré cette ambiance assez noire. J’ai lu il y a quelques années « L’origine de la violence » du même auteur (il faisait partie d’un des prix des lecteurs auxquels je participe régulièrement), mais ce roman m’avais laissée mitigée si je me souviens bien. A voir, donc.

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