Mes lectures

Andreï MAKINE, Le livre des brèves amours éternelles

          Des histoires d’amour entrevues. Des regards échangés, quelques paroles parfois, des instants magiques qui ont bouleversé les personnages de ce roman et ont changé le cours de leur vie. Un roman sur la force de l’amour.

          Bon, avouons-le, ça commence mal. Un roman qui parle d’histoires d’amour platoniques que le narrateur ressasse toute sa vie durant, ça n’a rien pour m’enchanter… Mais je pardonne toujours tout à Makine, même d’écrire des histoires pleines d’amour, alors j’ai fait un effort. Eh bien, il s’en sort pas mal ! Les histoires sont belles et l’écriture toujours aussi fine. L’univers de Makine est unique et c’est chaque fois un plaisir grandissant de s’y replonger. Je reprocherais au livre d’être un peu décousu. Les histoires se passent à des époques différentes, sans autre lien que leur importance dans la vie du narrateur. J’ai trouvé qu’il manquait peut-être d’un fil conducteur un peu plus fort. Cela mis à part, l’écriture est belle, pleine de poésie, on s’y installe avec bonheur et ne la quitte qu’à regrets. On retrouve quelques uns des thèmes de prédilections de l’auteur qui construit une oeuvre d’une incroyable unité (sans pour autant en devenir désespérément répétitif). Pas le meilleur Makine à mes yeux (quoique sans doute un des plus « grand public ») mais un assez bon cru tout de même.

Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes. Des plaisirs qui ne s’usent pas, des attachements persistants, des caresses à la vitalité des lianes : l’arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer. Cette obsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre trajet de mortels. Leurs éblouissements surgissent dans des lieux souvent si humbles et éphémères que nous refusons de nous y attarder. Nous préférons bâtir nos rêves avec les blocs granitiques des décennies. Nous nous croyons destinés à une longévité de statues.

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Oui, la vraie joie est de pouvoir papillonner au-dessus d’une multitude de possibilités, un peu anarchiques, un peu dérisoires.

          Pour ceux qui voudraient découvrir cet auteur, allez plutôt voir du côté de La musique d’une vie, texte court d’une grande force et très facile d’accès ou La vie d’un homme inconnu, à mes yeux son meilleur texte malgré une (longue) première partie particulièrement décourageante (mais quelle suite !).

          Si vous souhaitez savoir ce qu’en a pensé L’Express, c’est par là, l’avis de Pivot pour le JDD est ici et pour Bibliobs c’est.

Cinéma

Somewhere, de Sopia COPPOLA

          Comédie dramatique américaine de Sophia Coppola avec Stephen Dorff et Elle Fanning.

          L’histoire d’un acteur célèbre et un peu paumé et totalement déconnecté de la réalité, qui va apprendre à découvrir sa fille de 11 ans.

          Parlons peu mais parlons bien, ce film n’a aucun intérêt majeur mis à part 2 très bons acteurs qui ne peuvent rien face à l’incroyable vide intersidéral du scénario. Un film sur l’ennui paraît-il et donc réussi dans la mesure où il assomme le spectateur. Je ne suis pas convaincue, je ne me suis pas tellement ennuyée, j’ai juste trouvé ça sans intérêt. La musique est pas mal mais les plans interminables sont inesthétiques au possible. Pas la peine d’en parler pendant 3 heures, il n’y a rien à en dire. Chiant comme du Coppola.

Mes lectures

Bilan lecture 2010

        The Girl Next Door m’a demandé il y a quelques temps quelles étaient mes intentions littéraires en 2011. Avant de lui répondre, je vais commencer par un bilan un peu tardif de mes lectures de l’année dernière.

          En 2010 j’ai lu 95 livres, dont 15 pour le travail, soit 80 ouvrages parcourus de mon plein gré. Depuis que je ne note mes lectures, je n’ai jamais autant lu ! Et pourtant, le temps que je consacre à la lecture a rarement été aussi faible. Ce chiffre est donc dû en grande partie à un changement dans mes habitudes de lectrice : amoureuse des gros pavés, je me suis initiée à la lecture d’ouvrages courts. J’ai raté de peu le seuil fatidique des 100. Ce sera peut-être pour l’année prochaine (quoique j’en doute fort) ! Je vous passerai la liste exhaustive qui serait assommante. En début d’année mes lectures ont été variées : théâtre, essais, romans français et étrangers… Marquées aussi par le grand retour de la science-fiction dans mes rayonnages. Ensuite, je suis devenue quelque peu mono-maniaque et ai passé la seconde partie de l’année à lire essentiellement de la littérature française contemporaine.

         

          J’ai comblé quelques lacunes dans ma culture littéraire cette année en lisant Truman Capote, Georges Orwell, Ernest Hemingway et Jim Harrison pour la littérature anglophone ; Françoise Sagan, Pascal Quignard, Annie Ernaux, Olivier Rollin, Laurent Mauvignier, Joseph Kessel et Jean Echenoz pour la littérature française (entre autres !) ; et Mario Vargas Llosa pour la littérature sud-américaine. LA découverte de l’année 2010 fut bien sûr pour moi Hervé Guibert, qui devint même le sujet de mon mémoire et objet d’une véritable obsession.

          Parmi les lectures les plus marquantes : Hervé Guibert donc, avec A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Pascal Quignard, Tous les matins du monde, Antoine Volodine, Ecrivains, Jim Harrison, Une odissée américaine, Julien Gracq, Un balcon en forêt. D’autres très bonnes surprises avec Serge Joncour, Eric Yung, Serge Brussolo… Quelques déceptions aussi, notamment Annie Ernaux, Olivier Rolin ou François Dupeyron. Et puis, toujours mes auteurs fétiches : Andréï Makine, Jack London et, bien sûr, Fiodor Dostoïevski.

 

          Alors, quel programme maintenant pour 2011 ? Eh bien, moins de littérature française contemporaine. En 2011, je vais tenter d’être plus éclectique : plus de polars (délaissés depuis quelques temps), plus de classiques français(pourquoi pas La chartreuse de Parme, Germinal et/ou L’éducation sentimentale), quelques classiques étrangers que je connais trop peu (Henry James, Melville, Faulkner, Goethe, Jane Austen ? J’en ai lu si peu que le choix est vaste !), si possible quelques essais, un peu plus de théâtre et de poésie. Je vais essayer de continuer aussi à lire une peu de science-fiction, quelques BD et albums jeunesse. Peut-être aussi un retour vers le Nature Writting. Sans oublier mon projet de lire ces best-seller qu’on dit si mauvais et que tout le monde s’arrache. Et bien sûr, toujours mes indispensables : les grands auteurs russes, London, quelques contemporains de langue française et de nombreux autres… Bref, essayons de lire de tout, même cela s’avère une tâche impossible ! Pas de programme fixe, ce serait le meilleur moyen de ne pas le tenir ! Juste l’envie de parfaire sa culture littéraire tout en ce faisant plaisir, ce qui est déjà beaucoup.

Théâtre

Paris-Buenos Aires, à la Cigale

          Du 10 au 19 janvier dernier, José Castro et sa troupe (16 danseurs, 6 musiciens et une chanteuse) se sont produits sur la scène de la Cigale à Paris. Un spectacle musical autour du tango, loin de clichés habituels : ici il n’est question ni de bateaux d’immigrants, ni de rixes, mais de l’histoire d’un homme qui a vécu entre Paris et Buenos Aires et partage ses souvenirs.

          L’histoire est très secondaire, c’est la performance qui impressionne. Les danseurs de tango sont éblouissants ! Mais le spectacle ne se cantonne pas à cette image de l’Argentine, on y retrouve aussi de la danse contemporaine, africaine, ou même du cirque. Toujours avec la même réussite. C’est parfois un peu décousu mais on pardonne facilement ce petit défaut devant la richesse de la mise en scène et les prouesses accomplies par les danseurs. Un spectacle enivrant, des rythmes endiablés et des surprises à chaque tableau, on en redemande !!!

Photo

Images d’hiver

          Quelques photos prises à Noël sous un grand ciel bleu.