Cinéma

Les marches du pouvoir, de George CLOONEY

          Drame de et avec George Clooney. Avec Ryan Gosling et Philip Seymour Hoffman.

      Pendant les primaires démocrates américaines, le conseiller d’un des candidats observe les jeux de pouvoir. Idéaliste, passionné par la cause qu’il sert, il va peu à peu découvrir les coulisses d’une élection. Entre manipulation et compromission, ses illusions vont être mises à mal.

         C’est le premier film de Georges Clooney que j’ai l’occasion de voir : la réalisation lui va bien. L’atout majeur de ce film réside dans son casting impeccable. Trois grands acteurs dans les rôles principaux (le talent de Ryan Gosling ne cesse de se confirmer), incroyablement convaincants, et des seconds rôles soignés. On n’a aucun mal à y croire. Le scénario est bien ficelé, c’est filmé plutôt sobrement et la musique est assez réussie. Une base solide donc.

           Le deuxième point fort est un regard quasi documentaire. Clooney est démocrate, chacun le sait et le film ne laisse aucun doute à ce sujet. C’est son propre camp qu’il a choisi de filmer, en montrant les faiblesses, accentuant le fait qu’il n’est guère plus honnête que le camp adverse. Ce sont les rouages de la politique, dans ce qu’elle a de plus noir, qui sont mis en avant. Un choix judicieux, qui laisse de côté les considérations purement affectives : adhérer aux idées d’un parti ne doit pas empêcher d’être conscient de ce qui se trame en coulisse.

        Au passage, on a quand même un beau pamphlet politique en toile de fond : mariage homosexuel, port d’armes, peine de mort… Les grands thèmes sont abordés de manière détournée, amenant avec finesse les opinions du réalisateur. Un film intelligent et subtil qui, s’il manque peut-être un peu de force, est toutefois un très bon cru.

Cinéma

The Artist, de Michel HAZANAVICIUS

          Comédie -drame-romance (pour reprendre la définition de la presse) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman.

          Une star du cinéma muet tombe amoureux d’une jeune figurante. Il va voir sa carrière décliner avec l’arrivée du film parlant pendant que celle de la jeune femme va décoller et l’amener aux sommets.

          Un film qui avait connu un grand succès à Cannes, où Jean Dujardin avait été primé pour sa prestation. Un long métrage qui s’inscrit dans la pure tradition du cinéma muet (en noir et blanc, bien sûr !, et porté par une musique très marquée, avec même un peu de claquettes pour le plaisir), ce qui se fait très rare de nos jours et semblait ne plus exister que dans quelques courts-métrages.

          Je craignais un peu la longueur du film, n’étant que moyennement adepte du film muet. Pourtant c’est un pari réussi. Jean Dujardin, qui a tendance à en faire toujours trop, est parfait dans ce rôle où les expressions caricaturales sont de rigueur. Bérénice Bejo est particulièrement convaincante, avec une interprétation un peu plus en finesse et pleine d’énergie.

          La bande son est parfaitement réussie (à part peut-être quelques violons surnuméraires). L’histoire fonctionne bien et rend un bel hommage aux débuts du cinéma. Un film qui reprend les standards du cinéma muet et y ajoute quelques belles trouvailles. Une jolie réussite dont on ressort avec le sourire.

Cinéma

Habemus Papam, de Nanni MORETTI

          Comédie dramatique franco-italienne de et avec Nanni Moretti. Avec Michel Piccoli et Jerzy Stuhr.

          Le Pape vient de mourir et le Conclave se réunit selon la tradition pour élire son successeur. Le cardinal élu n’était en rien préparé à cette nouvelle et le poids de sa charge l’écrase. Il doute être capable d’assumer cette fonction suprême et refuse de se présenter devant les fidèles, préférant se retirer de longs jours pour réfléchir à sa condition de mortel. Dehors, la foule s’inquiète….

          J’avais un peu peur en allant voir ce film qu’il ne soit un peu longuet d’une part, et un peu trop tourné vers la religion d’autre part, même si avec Nanni Moretti et Michel Piccoli on est face à des valeurs sures. Mes craintes ont été vite dissipées. Le film n’est pas trop lent, plein d’humour et la religion y est très secondaire. C’est plutôt sur ses envies profondes que ce cardinal réfléchit. Je n’ai pas grand chose à dire de ce film. Les acteurs sont excellents, évidemment, c’est bien filmé, c’est drôle, c’est intelligent. On passe un on moment, on rit, et pourtant la réflexion est bien là. Bref, rien à y redire, à part peut-être quelques légères longueurs à déplorer. Un très bon film.

Cinéma

Drive, de Nicolas WINDING REFN

           Film d’action-thriller américain de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston.

       Cascadeur pour le cinéma, mécanicien, mais aussi conducteur dans des casses, « The driver » est le meilleur au volant d’un bolide. très professionnel, avec un code d’honneur à part, il n’a jamais pris part aux crimes et se contente de conduire. Jusqu’à ce qu’il rencontre Irene, dont le mari sort de prison, et a besoin d’aide pour régler ses dettes…

            Un film pour le moins surprenant. Je suis entrée dans la salle sans savoir où je mettais les pieds, persuadée d’avoir affaire  un bon vieux film d’action à l’américaine. Que nenni ! Drive est un film à part. Très esthétique, assez lent, peu d’effets spéciaux, une bande originale fabuleuse… On évite tous les pièges du genre, même celui de la romance. La violence est en revanche très présente, et parfois gratuite, âmes sensibles s’abstenir.

           Un film qui rappelle le cinéma asiatique, tant par sa violence que par ses ralentis très esthétisants (dont le réalisateur abuse un peu à mon goût). Le résultat est surprenant. La mise en scène est impeccable et a d’ailleurs été primée à Cannes. Les acteurs sont également excellents (l’acteur principal qui est ici aussi ouvert qu’une huître et charismatique comme une vieille chaussette – mais je vous rassure, c’est le rôle qui veut ça – est à découvrir absolument dans Half Nelson). Un film beau et bien fait, qui sort totalement des normes du genre. Surprenant mais très réussi.

Cinéma

La guerre est déclarée, de Valérie DONZELLI

        Comédie dramatique française de et avec Valérie Donzelli, avec Jérémie Elkaïm et César Desseix.

     Roméo et Juliette s’aiment, ils nagent dans le bonheur et la naissance de leur fils, Adam, les comble tous les deux. Mais rapidement, Adam semble avoir un comportement inquiétant. Une tumeur au cerveau est diagnostiquée, un long combat s’engage.

         L’histoire est autobiographique, c’est celle des deux acteurs principaux. L’idée de départ est intéressante, il s’agit de ne pas montrer que l’aspect dramatique, mais aussi les moments de joie au milieu de la détresse, parce que même quand tout va mal, la vie continue. Une approche de la vie qui me correspond assez et en tout cas m’attire. Ca et une très belle bande-annonce, ce film avait tout pour me séduire. Le film a été présenté en ouverture du Festival de Cannes.

            J’ai vite déchanté (oui, encore !). Je n’ai pas du tout trouvé ce que j’attendais dans ce film. Pour commencer, je n’ai pas tellement vu le côté drôle, si j’ai bien ressenti une volonté de légèreté, je trouve que le résultat n’est pas là, l’effet tombe un peu à plat. Ensuite, les deux acteurs me sont insupportables. Ils m’ont agacée au plus haut point. Impossible de m’y identifier un tant soit peu. Et chose étrange, bien qu’il s’agisse de leur propre histoire (simplement agrémentée de prénoms ridicules), j’ai trouvé qu’ils jouaient incroyablement faux.

          L’aspect technique laisse également à désirer. Les intentions sont bonnes, il y a une vraie volonté de faire un film original qui mêle les genres, mais là encore, le manque de maîtrise se fait sentir et ce qui aurait pu être un plus devient un désavantage et donne un aspect brouillon. Il y a un passage chanté particulièrement gratiné, avec des paroles de haut vol… (« j’aime ton cul quand tu as bu », je vous laisse admirer la poésie du texte).

          Un résultat décevant. Un film trop décousu qui manque de tenue. Sans doute peut-on voir là tant un manque d’expérience que de recul face à une expérience vécue. Il a sans doute manqué à ce film un regard extérieur et neutre sur l’histoire. Dommage.