Aurora, Kentucky : une belle chronique de l’Amérique puritaine des annes 30 par Carolyn D. Wall

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          Aurora, Kentucky, 1938. Olivia tient seule l’épicerie héritée de son père. Sa vie se partage entre son travail, son petit-fils – William, sa mère à moitié folle et les loups qui peuplent les collines. Dans un société profondément raciste, ses liens avec la communauté noire vont lui attirer des ennuis bien plus graves que ce qu’elle aurait pu soupçonner.

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          J’ai reçu ce livre dans le cadre du Swap organisé par Critéïne et réalisé avec Ashtray Girl. J’ai été très contente de le trouver dans mon colis car la quatrième de couverture me faisait vraiment envie. Je me suis donc lancée rapidement dans la lecture de ce roman et je n’ai pas été déçue ! Dès les premières pages, j’ai été accrochée par cette histoire. Le style, sans être exceptionnel, est très agréable. Une écriture plutôt simple mais efficace et qui dégage une impression de force qui colle parfaitement aux dures conditions de vie décrites. J’ai trouvé les personnages très attachants, leur psychologie est riche, ce qui donne une certaine épaisseur au roman. Chacun a ses petits défauts qui le rendent terriblement humain. Et bien sûr, quand on aime les personnages, on a envie de connaître leur histoire. Des gens simples au grand cœur qui vivent dans le dénuement et sont plein de bon sens : quelque chose qui me touche toujours.

          Le roman se construit autour de la relation de cette grand-mère à son petit-fils qui est très forte et touchante. Le personnage d’Olivia est particulièrement charismatique. Une femme forte, peu portée sur le sentimentalisme et qui semble hermétique aux préjugés de l’époque, ce qui n’est pas sans lui attirer bien des ennuis ! Les questions du racisme ou de la place des femmes sont abordées avec une certaine finesse. Absorbée par les problèmes familiaux et les soucis du quotidien d’Olivia et William, je n’ai pas saisi d’autres aspects de l’histoire avant les derniers chapitres, ce qui fut une excellente surprise. J’aimais déjà beaucoup ce roman qui m’apparaissait comme un beau texte intimiste mais il est en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît et offre une intéressante critique de l’Amérique des années 30. Ce livre m’a très agréablement surprise. J’ai pris un grand plaisir à cette lecture et je ne l’ai refermé qu’à regrets. Une belle découverte. 

Belew's Dairy Bar

Je suppliai Dieu de me laisser manger des tripes sans vomir, de m’aplatir le nez et de me donner des cheveux crépus. Je l’implorai au nom du carré de pommes de terre, avec ses plants retournés et ses pédoncules caoutchouteux. Je l’implorai au nom des tomates vertes et des concombres en tranches, des courgettes et des pastèques macérées. Au nom du révérend Timothy Culpepper, je priai pour être noire. Yessir. Amen.

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Il se passe quelque chose quand je me retrouve seule. Sans autre regard pour renvoyer le mien, un grand doute m’assaille et, dans ces moments-là, je me demande même si j’existe.

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