Expositions

Doisneau, Paris Les Halles

          Le célèbre photographe a longtemps photographié le coeur de Paris. Les Halles, un lieu plein de charme où la vie gronde. Le photographe y passé de longues heures, des années durant, pour prendre sur le vif ces instants de vie au petit matin. Son objectif a immortalisé aussi bien le travailleur que la bourgeoise venant faire son marché ou les glaneurs venant ramasser les restes une fois les marchands retirés. Un véritable voyage dans l’histoire parisienne.

          J’ai beaucoup aimé cette exposition. Elle est assez riche, avec 205 clichés originaux. Ils sont rangés par ordre chronologique, ce qui semble adapté au sujet, et les photographies prises à la même époques sont ensuite regroupées par grandes thématiques (bouchers, fleuristes, passants…). De 1933 jusqu’à l’inauguration du hideux forum des Halles en 1979, plus de 40 ans de photographies. Cette évolution est intéressante et très bien expliquée par les panneaux à l’entrée, concis mais efficaces. On découvre avec émotion la destruction de ce lieu qui était jusqu’alors au centre de la vie parisienne. On constate une fois de plus la folie architecturale des années 70 qui ont détruit des lieux historiques pour les remplacer par des horreurs bétonnées. Une très belle exposition. Courrez-y, c’est gratuit !

Doisneau, Paris Les Halles

Hôtel de Ville

Salon d’accueil – 29, rue de Rivoli – 75004 Paris

Jusqu’au 28 avril

Tous les jours de 10h à 19h. Dernier accès à 18h30. Fermé dimanche et jours fériés.

Voir aussi le très beau catalogue d’exposition disponible chez Flammarion.

Expositions

Cézanne et Paris

          On connaît de Cézanne son amour pour sa Provence natale et les nombreuses toiles qu’il a peintes de la Sainte-Victoire. Pourtant, le peintre n’a pas immortalisé que les paysages du Sud, il a aussi passé de nombreuses années à Paris et dans sa région, peignant les bords de Seine, les toits de zinc ou les amis qui partageaient sa vie dans la capitale.

          Beaucoup des toiles présentés sont des oeuvres de jeunesse, quand le jeune Paul Cézanne a choisi de s’installer à Paris pour apprendre autant que pour se faire connaître. Il y a rencontré des noms depuis devenus célèbres. On voit son style évoluer et se construire pas à peu avec notamment des essais sur des natures mortes qui feront plus tard son succès. Mais même plus tard, lorsqu’il est rentré à Aix-en-Provence pour peindre le soleil, Cézanne a continuer à se rendre régulièrement en région parisienne pour continuer à en peindre les paysages. Une deuxième maison qu’on lui connaît peu. Les oeuvres les plus célèbres sont absentes de cette exposition où on découvre un Cézanne méconnu mais non moins intéressant.

Expositions

L’expressionnisme allemand

          La Pinacothèque propose une exposition sur les deux grands mouvements expressionnistes allemands. Une période que je ne connais pas du tout. L’accrochage m’a moyennement convaincu. Le parcours thématique est assez sinueux et manque un peu d’unité. Toutefois, il est vrai qu’on voit de grandes tendances se préciser et les nombreux panneaux explicatifs, un peu fastidieux à lire, permettent d’éclairer le néophyte.

          J’avoue ne pas avoir pris grand plaisir à cette découverte. Comme je le disais il y a quelques jours, je suis d’un classique désespérant en matière d’arts plastiques. On atteint donc mes limites dès le début du XX° siècle (bon, j’exagère un peu, mais il y a quand même de ça). Je n’ai pas particulièrement aimé ces toiles dans l’ensemble mais fort heureusement il y avait quelques merveilles qui feront vite passer cette première impression en demi-teinte (vous ai-je aussi précisé que je suis particulièrement mal disposée le matin ?).

Amis puristes, veuillez m’excuser, l’image est inversée…

          Une exposition qui a défaut de m’émerveiller m’a cultivée, ce qui est déjà bien. Quelques belles découvertes toutefois dont un véritable coup de coeur pour certaines oeuvres de Macke qui à elles seules justifiaient largement le déplacement. Intéressant.

Pinacothèque

Place de la Madeleine

75008 Paris

Expositions

Ilone et George Kremer, Héritiers de l’âge d’or hollandais, à la Pinacothèque de Paris

Homme lisant une lettre à une femme, Pieter de Hooch, 1670/74

          Une soixantaine de tableau de l’âge d’or hollandais (traduisons pour les non-initiés : du 17° siècle). S’il ne sont pas des plus célèbres (quoi qu’elle compte tout de même quelques Rembrandt), il y a pourtant là quelques merveilles. J’ai toujours beaucoup aimé la peinture hollandaise : la précision du trait, les jeux de lumière, les scènes de la vie quotidienne. Oui, je l’avoue, j’aime les classiques et ceux-là tout particulièrement.

Vieille femme examinant une pièce de monnaie à la lumière d'une lanterne, Gerrit van Horthost, 1623

          L’histoire de cette collection est incroyable. M. Kremer a depuis son enfance fréquenté le Rijksmuseum à Amsterdam. À 10 ans, il tombe amoureux de La fiancée juive de Rembrandt. À 44 ans, en 1995, il achète son premier tableau. Depuis il a constitué de salles des ventes en salons une incroyable collection (ne me demandez pas comment on peut être ou devenir assez riche pour en à peine 15 ans réunir pareils chefs d’oeuvres, je suis à la fois sidérée, admirative et envieuse). Tableaux qu’il a fait restaurer. On reproche à la peinture hollandaise d’être sombre mais avais vu déjà vu un de ces toiles débarrassée de ses couches de vernis bruni par le temps ? Certaines scènes sont si lumineuses qu’elles semblent éclairées de l’intérieur.

Chaumière et Paysans trayant leurs chèvres, Abraham Bloemaert, 1620

          J’ai trouvé la plupart de ces tableaux très beaux. Je suis tombée littéralement amoureuse de trois d’entre eux, dont un que je mettrais bien dans ma cuisine, à la place de ma reproduction de La ruelle de Vermeer (quoi ? c’est beau de rêver…). L’accrochage est assez réussi, bien que la pièce soit extrêmement sombre. Les toiles sont bien mises en valeur. Et surtout, il n’y avait pas foule et le plaisir de pouvoir s’extasier aussi longtemps qu’on le souhaite devant ces petits bijoux. Une très belle exposition : courez-y temps qu’il est encore temps !

Femme comptant des pièces à la lueur d'une chandelle, Mattias Stom, 1635

Pinacothèque de Paris

28, place de la Madeleine

75008 Paris

http://www.pinacotheque.com

Et par ici, une petite vidéo si vous voulez en apprendre plus… (désolée pour l’absence de lecteur, je n’arrive pas à trouver le bon lien…)

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Expositions

Fra Angelico et les maîtres de la lumière

          Le célèbre peintre de la Renaissance et ceux de ses contemporains qui se sont inspirés de son travail s’exposent au musée Jacquemart-André, à Paris. Fra Angelico est un artiste italien né vers 1387 et mort en 1455. Il est attaché aux courants gothique et nouvelle renaissance. Il est avant tout un religieux appartenant à l’ordre des dominicains. Il apprend la peinture à Florence et est l’un des premiers à appliquer les règles de perspective. Ses tableaux, illustrent des sujets religieux et sont réputés pour leur lumière. De nombreux artistes travaillent avec lui et il atteint bientôt une renommée internationale.

          En 1436, il s’installe au couvent de San Marco, à Florence, qu’il décorera sous le mécénat des Médicis de nombreuses fresques murales invitant à la méditation. Elles sont considérées comme le sommet de son oeuvre. Il a également peint à Rome la chapelle du Saint-Sacrement de la basilique Saint-Pierre. Ayant fait voeu de pauvreté, il a toujours refusé les honneurs. Le peintre a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1984 et proclamé saint patron des artistes.

        L’exposition présente 25 oeuvres majeures de l’artiste et autant des de panneaux réalisés par des peintres qui l’ont côtoyé. Divers supports sont représentés, du parchemin au panneau de bois. Les explications permettent de découvrir l’artiste et de juger de son évolution au fil du temps et des rencontres. Un petit film présente également les fresques du monastère San Marco. malheureusement, la foule et l’étroitesse des lieux ne permettent pas de profiter pleinement des oeuvres. Malgré tout, la visite, bien que trop brève, demeure intéressante. A découvrir jusqu’au 16 janvier, 158 boulevard Hausmann, dans la 8° arrondissement.