Mes lectures

Colleen McCULLOUGH, Les oiseaux se cachent pour mourir

          La famille Cleary vit en Nouvelle-Zélande. Bien que pauvres, ils connaissent une relative tranquillité. Un jour, l’occasion se présente d’échapper à la misère en partant pour l’Australie, à Drogheda, un domaine dont les hautes herbes argentées s’étendent à perte de vue. Là-bas, la petite Meggie, alors âgée de 9 ans, va rencontrer le père Ralph, un jeune ecclésiastique séduisant. Au fil des ans, leur affection va se transformer en un amour profond que tous deux pensent impossible. Mais arriveront-ils vraiment à y échapper ?

          Voilà, vous savez maintenant pourquoi le blog est désert de toutes nouveautés littéraires depuis début décembre : j’étais en train de lire LE roman de la ménagère de moins de 50 ans. Un roman fleuve (près de 900 pages tout de même !) où l’amour est roi. Oui oui, je sais, ça ne me ressemble pas. J’ai un peu honte de le dire mais j’avais A-DO-RÉ L’espoir est une terre lointaine du même auteur, sur les premiers colons débarqués en Australie. J’ai donc décidé de m’attaquer à son roman le plus célèbre pour voir si c’était aussi bien.

          Bon, certes, l’histoire m’emballe moins que la colonisation par des forçats. N’empêche, c’est prenant. J’ai dévoré les 700 premières pages (presque) d’une traite. Les personnages sont attachants et le fond social et historique sur l’Australie est passionnant. Il y a quelques rebondissement gênants, des retrouvailles improbables, des malheurs en série… c’est parfois un peu convenu, mais dans l’ensemble ça reste un très bon moment de lecture. J’ai un peu décroché sur la fin. L’histoire se centre plus sur les enfants de Meggie dans les derniers chapitres et ça m’a moins passionnée. J’ai d’ailleurs trouvé que sur la fin des évènements qui auraient dû être centraux sont totalement zappés.

          Mis à part ces dernières pages moins enthousiasmantes, j’ai beaucoup aimé ce livre. Ce n’est certes pas de la grande littérature mais ça fait tellement de bien des fois de se laisser emporter par de grandes histoires sans réfléchir ! Je me demande même si je ne vais pas aller jusqu’à lire un autre de  ses romans, Le temps de l’amour. Je crains que ce ne soit tout de même aller trop loin… Dans quelques mois peut-être. En tout cas, je recommande chaudement ce livre aux amateurs d’histoires romanesque qui ont du temps devant eux.

Et, peu à peu, le souvenir du jeune homme s’estompa, comme il en va de tous les souvenirs, même ceux auquel s’attache infiniment d’amour ; il semble qu’un processus de cicatrisation s’opère dans notre cerveau et nous guérit en dépit de notre détermination farouche à vouloir ne rien oublier.

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Miss Mackail avait une silhouette étonnante, mais un visage évoquant un cheval en train de manger une pomme à travers un grillage.

Cinéma·Mes lectures

Le liseur, film VS livre

          C’est l’histoire d’un adolescent, dans l’Allemagne d’après guerre. Il rencontre par hasard une femme qui a le double de son âge et en tombe amoureux. Il entretiendra avec elle une liaison pendant de longs mois. Froide et distante, elle aime qu’il lui fasse la lecture. Des années plus tard, il découvrira son lourd secret. 

          L’année dernière (au moment de la sortie du film justement), j’avais lu Le liseur (The Reader) de Bernhard Schlink. Beaucoup considèrent ce livre comme un chef-d’oeuvre et j’avais été déçue. J’avais trouvé l’histoire extrêmement forte et l’écriture bien faiblarde en comparaison. J’avais beaucoup aimé le sujet du livre, ses rebondissements. La froideur du style, son côté impersonnel, m’avaient gênée. Je m’étais pourtant demandé si une trop grande distance n’était pas préférable à un excès de pathos. Si je n’avais pas été franchement emballée, il m’avait semblé que c’était peut-être ce que je n’avais pas aimé dans ce livre qui en faisait la force, le démarquant de la masse des drames amoureux. Un avis mitigé donc.

          Les critiques étaient partagées pour le film. Je n’étais donc pas allée le voir sur grand écran. Mais Canal + à une fois de plus rempli son office de rattrapage de séance. Il s’agit d’un drame américano-allemand de Stephen DALDRY avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus larmoyant que le livre. C’est en effet le cas, mais sans excès. L’histoire est bien traitée et le style respecté, notamment pour le personnage principal, aussi glacial que dans le livre. L’aspect impossible de la relation est plus ou moins occulté sans que l’on y perde beaucoup. Le film est extrêmement émouvant, contrairement au livre dont il est tiré. Une assez bonne surprise dans l’ensemble.

          Finalement, j’ai trouvé que livre et film se complétaient bien. Le premier tire sa force de son incroyable froideur, là où le second s’engage dans les chemins plus familiers du sentimental. Les images permettent de mettre en avant des facettes différentes des relations entre les personnages. Pourtant, même si le film m’a plus convaincue que le livre, je pense qu’il me marquera moins durablement, sortant moins de l’ordinaire.

Jeunesse·Mes lectures

Top ten thuesday

          Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste nos 10 livres préférés en fonction d’un thème défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture. Je n’aime pas beaucoup les classements, étant incapable de m’en tenir à une liste, mais Gwen m’a demandé de répondre à celui de cette semaine sur

Les 10 livres qui ont bercé votre enfance

1 ) Hansel et Gretel : un classique que mon grand-père me lisait le soir au coin du feu et qui me terrifiait autant qu’il me fascinait. Sans doute l’une des histoires lues et relues le plus souvent.

2 ) Los bons amics : une belle histoire d’entre-aide, bien plus connue sous son titre français, Les bons amis, mais que ma maman m’a toujours lue dans sa version occitane, ce qui lui donnait tout son charme.

3 ) La vache orange : parce que j’aime les vaches, que mon premier mot a même été « meuh » et qu’en orange c’est encore plus beau.

4 ) Pierre et le loup : un magnifique livre pop-up qui s’ouvrait comme un petit théâtre. Et bien sûr, la découverte au passage de la très belle musique de Prokofiev.

Photo : Ribambinelles

5 ) La Princesse fine-mouche : LE livre de mon enfance qu’aujourd’hui encore je lis et relis avec plaisir. Une princesse indépendante qui ne se laisse pas compter fleurette par le 1° venu !

6 ) Ernest et Célestine : parce que les personnages sont mignons et que j’aimais beaucoup la douceur des aquarelles.

7 ) La totalité des albums Caroline : ses aventures avec sa bande de chiens sont poilantes, je ne m’en lassais pas ! Mon préféré reste sans doute Caroline aux sports d’hiver, sorte de Bronzés revisités pour enfants. Bien plus drôle que sa célèbre cousine Martine.

8 ) Arc-en-Ciel : parce qu’il brille, que les dessins sont magnifiques et que l’histoire est mignonne (eh oui, j’ai eu un coeur un jour !)

9 ) Les lettres de mon moulin : j’ai toujours eu une peur bleue de La chèvre de Monsieur Seguin mais Le secret de maître Cornille est resté très longtemps une de mes histoires préférées.

10 ) Les contes de la rue Brocard : je les aimais tous ! Tellement que je les connaissais presque par coeur. Rien que d’y penser, j’ai envie de les relire sur le champ !

          Bien sûr, la liste est non-exhaustive et fournie dans un joyeux désordre. Je me suis contentée des livres de ma petite enfance, ceux qu’on m’a lus plus que je ne les ai lus de moi-même. Bien d’autres livres m’ont marquée : Monsieur chien, entres autres (un livre ayant appartenu à ma maman quand elle était petite), et beaucoup beaucoup de contes. Et je ne vous parle que de ceux que j’ai découverts avant mes 7 ans !

      J’ai un énorme regret, c’est de les avoir presque tous donnés lors de mon déménagement. Faute de place, je me suis défait de ces livres dont je ne pensais plus avoir l’usage. Rares sont les survivants. Aujourd’hui, bon nombre sont désormais introuvables. Et je regrette de ne pas avoir gardé quelques uns de ces trésors pour les transmettre à mon tour à mes hypothétiques enfants. En espérant qu’au moins ils auront fait beaucoup d’autres petits heureux et auront déclenchés de nouvelles vocations pour la lecture.

Jeunesse·Mes lectures

Alain SERRES et PEF, Travailler moins pour lire plus

          Sur l’île Turbin, on fabrique des livres mais personne n’a le temps de les lire. Le roi Dontontairalenom exige qu’on travaille toujours plus. Mais un jour le révolte gronde, un rêve est né : « travailler moins pour lire plus ».

          Un petit livre dont le titre a de suite piqué au vif ma curiosité. Bon, honnêtement, je n’ai pas grand chose à en dire. Tout est dans le titre. J’avoue avoir été un peu déçue. J’ai beaucoup aimé l’idée mais le contenu reste finalement assez classique. Il y manque un sans doute un brin de finesse ou d’érudition pour me plaire. Ca reste léger et sans surprises. Une bonne idée tout de même et un livre qui a le mérite de défendre la lecture auprès des petits. Et pour les grands, affiches et badges se chargent de faire passer le message.

Sur le troisième mont, le mont Pin-Pon, on fabrique de la bonne santé : des médicaments calmants, des sirops anti-rots, des vaccins anti-piqûres… et surtout les redoutables suppositoires-aux-orties qui permettent  à tous les habitants de courir comme des lapins quand ils vont au travail le matin !

Mes lectures

Florence AUBENAS, Le quai de Ouistreham

          En 2009, Flaurence Aubenas décide de s’immerger dans le quotidien d’une femme sans diplôme et sans expérience à la recherche d’un emploi. Elle s’invente une histoire : après son bac, elle a rencontré un homme qui l’a entretenue des années durant avant de la quitter. Elle se retrouve donc sans ressources et à la recherche d’un travail. Le Pôle Emploi lui propose de faire des ménages. La journaliste décide d’arrêter l’expérience le jour où elle décrocherait un CDI. Une immersion dans le monde de la précarité qui durera de longs mois.

          Ce livre est vraiment très prenant. Il est assez impressionnant de voir Flaurence Aubenas, journaliste célèbre, se fondre dans un milieu précaire. Dès les premiers jours, elle semble oublier totalement le milieu dont elle vient et se livre corps et âmes dans cette grande bataille qu’est la recherche d’emploi. Elle enchaîne les petits boulots, plus ingrats les uns que les autres, acceptant même le pire. Son quotidien devient celui de toute femme de ménage, courant après la moindre heure de travail, ne dormant pas assez, galérant avec les moyens de transport. Bien sûr, on savait déjà comment ça se passait, mais ça fait quand même du bien de voir cette réalité écrite noir sur blanc, et elle est encore pire que ce qu’on croyait.

          Cette histoire se lit comme un roman, on attend avec impatience chaque réponse pour un emploi, on se réjouit de chaque bonne rencontre, on croit presque ressentir la même fatigue. L’histoire est racontée de l’intérieur, ce qui lui donne bien plus de force que n’importe quel reportage qu’on a déjà pu lire sur le sujet. On voit l’auteur se transformer au fur et à mesure de son expérience, oublier qu’elle a eu une autre vie où tout était plus facile. Un livre poignant à faire lire à tous ceux qui pensent encore qu’il y a toujours du travail pour ceux qui en veulent.

Voilà des jours que je n’ai pas vu passer une proposition d’emploi à plein temps, pour un contrat à durée indéterminée ou un salaire au dessus du Smic. Un agent de Pôle Emploi m’a expliqué que c’était normal. « Ce type d’emploi n’existe tout simplement plus dans votre circuit à vous. Bientôt, il n’existera peut-être plus nulle part. »

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Caissière, ça a toujours été bien. La caissière a un trône, elle règne. À mon époque, elle représentait déjà l’aristocratie.

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Il n’y a plus rien, y compris les déménagements qui se font rares, sauf peut-être pendant la période des expulsions locatives, et encore.

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Pourquoi se sont les salariés qui pleurent leur usine ? Ce sont les patrons qui devraient être tristes.