Mes lectures

Jim HARRISON, Une odyssée américaine

          Voilà un petit moment que je n’avais plus parlé de livres. J’ai honte mais bon, lire ça prend du temps et du temps justement je n’en ai pas beaucoup. Le nombre de mes lectures s’est trouvé largement réduit dernièrement, ce que j’essaie de compenser par d’autres sorties culturelles (en clair, je tente de me diversifier). Cependant, après 2 semaines de lecture dans le métro, j’ai fini mon 1° Jim Harrison.

          Cliff est un ancien prof reconverti à l’agriculture. A soixante ans passés, sa femme le quitte, le laissant sur le paille (sans mauvais jeu de mots, bien sûr…). Il décide de tout quitter et de se lancer dans un périple à travers le pays. Une sorte de voyage initiatique plein de surprises et d’humour.

          Jim Harrison nous raconte l’Amérique avec un incroyable talent. Cet homme est sans pitié, mettant le doigt sur tous les travers de ses compatriotes. Mais il sait aussi les rendre attachants et ne tombe pas dans la caricature. Un roman des grands espaces qui rappelle c eux édités par la maison Gallmeister. Le rythme assez lent peut être surprenant mais on s’habitue à cette vie au ralenti. Un livre plein de finesse et d’humour. A découvrir.

J’ai adressé un signe de tête à un troupeau de boeufs Angus qui paissaient dans un pré pour les remercier d’avoir si bon goût.

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J’étais tout bonnement le énième américain débile en liberté.

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Les gens qui réussissaient n’avaient pas une minute à consacrer aux choses essentielles de la vie, telles que la chasse, la pêche, la gnôle et les balades dans les bois.

Mes lectures

Romain GARY

          Le 2 décembre, on célébrait le 30° anniversaire de la mort de Romain Gary. A cette occasion, je vous propose une petite présentation de cet auteur.

          Romain Gary est né le 8 mai 1914 à Wilno, en Lituanie. Il est élevé par sa mère, avec qui il s’installe à Nice à l’âge de 13 ans. Il fait des études de droit à Paris et s’engage dans l’aviation. En 1940, il rejoint la « France libre » aux côtés du Général de Gaulle et sera fait commandeur de la Légion d’honneur. En 1945, il entre au Quai d’Orsay et publie son 1° roman, Education européenne, qui recevra le prix des critiques. Il aura des postes dans des pays lointains mais continuera à publier en France. Il reçoit le Prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Il quitte la diplomatie en 1961. Il réalise 2 films, en 1968 (Les oiseaux vont mourir au Pérou) et 1972 (Kill).

          En 1974, Emile Ajar publie son 1° roman, Gros Câlin, dans un style totalement novateur. En 1975, La vie devant soi reçoit le Prix Goncourt. Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Quelques mois plus tard, Paul Pavlovitch, le cousin de Gary, qui avait prêté ses trait à Emile Ajar pour la presse, dévoile la supercherie : Gary et Ajar ne sont qu’un seul homme. Gary est donc le seul écrivain à avoir eu 2 fois le prix Goncourt. En 1981 paraît Vie et mort d’Emile Ajar, un testament dans lequel il annonce être Ajar et s’en explique. Il conclut de la sorte : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. »

          Si vous voulez en savoir plus sur Romain Gary, une exposition a lieu au Musée des lettres et des manuscrits. Delphine est allée la voir et la commente.

Vous pouvez également aller voir jusqu’à la fin de la semaine l’émission de la grande librairie consacrée intégralement à l’auteur.

          Enfin, Folio propose un joli coffret avec La promesse de l’aube et un marque-page en métal ciselé qui est à gagner sur Grim’livres.

Mes lectures

Hervé GUIBERT, Cytomégalovirus

          Le journal d’hospitalisation d’Hervé Guibert, atteint du sida. Trois semaines durant lesquelles il rapporte les faits quotidiens de sa vie à l’hôpital, raconte son rapport aux infirmières et à la maladie. Un livre touchant et surprenant. Guibert va toujours plus loin dans le récit de soi, gardant jusqu’au bout sa curiosité et son humour. Un livre touchant.

J’ai peut-être fait la connaissance, aujourd’hui, de la chambre dans laquelle je vais mourir.

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On n’entend que ça ici : « Bon appétit », « Bonne journée », « Bon week-end », « Bon repos », « Bonnes vacances », jamais « Bon décès ».

Mes lectures

La bibliothèque du Père Noël

          Ouvrage collectif, illustration de Thomas BAAS. Un grand livre qui en renferme 24 petits. 24 petits contes pour patienter jusqu’à Noël. Un calendrier de l’avant littéraire qui ravira les petits et les plus grands.

          Une idée originale et un très beau livre à prix raisonnable, achetez-le vite avant de que décembre ne commence pour que vos enfants puissent profiter d’une belle histoire de Noël chaque soir jusqu’à l’arrivée de vieux monsieur à barbe blanche.

Mes lectures

Olivia ROSENTHAL, Que font les rennes après Noël ?

          En voilà une bonne question ! C’est celle que se pose l’héroïne de cet ouvrage. C’est l’histoire d’une petite fille qui aime les animaux mais dont les parents ne les aiment pas, se pose alors la question de l’obéissance ou de la révolte : doit-on écouter ses désirs ou se plier aux règles ? La petite fille va grandir et s’oublier peu à peu, se fondant dans le moule, arrivera-t-elle à se retrouver ?

          On retrouve dans ce roman le style inimitable d’Olivia Rosenthal. C’est haché et perturbant, sec, durassien. Il y a d’abord un personnage récurent, tout au long du livre et puis d’autres voix, qu’on suit moins longtemps, dont on ne sait d’où elles viennent et dont on ne connaît qu’une partie de l’histoire. Les voix s’alternent à chaque paragraphe et se répondent, de manière parfois évidente, souvent obscure.

          Si ce livre perturbe, il pose des questions intéressantes. Comment devient-on soi-même ? Comment se détache-t-on de l’emprise sociale et familiale ? Peut-on seulement y arriver sans remplacer une dépendance par une autre ? Le rapport à la mère, à la famille, à la société sont ici disséqués à travers une histoire particulière. Un ouvrage surprenant, qui sort largement du lot (aucun jugement de valeur à voir ici). Comme tous les autres romans de l’auteur, je ne saurais dire si je l’ai réellement apprécié. Des choses très intéressantes, un style qu’on reconnaît dès les premières lignes, un travail littéraire qui se construit et s’étoffe peu à peu. Beaucoup de bonnes choses donc mais une écriture déroutante et un peu difficile. Cependant, Olivia Rosenthal signe ici un de ses romans les plus abordables. A lire ne serait-ce que par curiosité, pour voir quelles formes peuvent prendre les nouvelles formes de la création littéraire.

Vous écrivez donc régulièrement au vieux monsieur à barbe blanche, à qui vous réclamez un animal domestique, une petite boule de poils que vous pourriez caresser, nourrir, cajoler, embrasser, avec qui vous pourriez jouer sans relâche et dont vous vous occuperiez. Mais comme le père Noël n’a pas l’air de vous écouter, vous décidez, sitôt la fête consommée, de partir avec ses rennes pour vous venger.

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Vous vous habituez à laisser votre chambre ouverte, vous n’éprouvez même plus le besoin de vous enfermer. Vous reconnaissez la mère en votre mère, en votre père le rival et l’ennemi, vous reproduisez les schémas, vous intégrez les fonctions, vous vous imprégnez.