Divers

Mes réponses à 28 questions sur les livres

          Il y a quelques temps, Filou me désignait pour répondre à des questions sur la littérature. 28 questions sur mes habitudes de lecture. Je devrais à mon tour demander à 5 personnes d’y répondre mais je vais passer cette étape étant donné que je pense qu’à peu près toutes les personnes que je connais y ont déjà répondu. Voici donc mes réponses à ces 28 questions.

1- Plutôt corne ou marque-page ?

Marque-page, sans hésiter ! J’en ai toute une collection et j’aime bien les assortir à la couverture ou au contenu de mon livre. Je déteste corner mes livres même s’il m’est arrivé de le faire la mort dans l’âme pour ms livres de fac. Quand je n’ai pas de marque-page, n’importe quel bout de papier peut en faire office : un ticket de métro, un ticket de caisse, ou mes préférés, des tickets de musée.

2- As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

C’est quoi cette question ?! Mais évidemment ! Tout le temps même ! A tous les Noëls, tous les anniversaires et même des fois sans raison particulière. Et vous savez quoi ? J’adore ça !

3- Lis-tu dans ton bain ?

Non. Déjà, parce que je n’ai pas de baignoire. Et que je n’aime pas trop les bains. Mais même quand j’en prenais chez mes parents, je ne lisais que très rarement dedans. L’image est très romantique mais j’ai trop peur de mouiller mes livres alors dans mon bain, je me contente de buller.

4- As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Oui et non. Enfant, je rêvais d’écrire des livres. Bizarrement, l’envie m’est très vite passée. Depuis elle n’est jamais vraiment revenue. J’ai bien eu quelques idées, comme un livre de cuisine, mais je ne sais pas si ça compte. Ni le blog ni mon envie de travailler dans l’édition ne reposent sur une quelconque frustration de ce côté-là, quoiqu’en pensent la plupart des gens. Je n’ai pas l’impression d’avoir grand chose à raconter alors je n’écris pas, c’est aussi simple que ça.

5- Que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?

Pas grand chose. J’en ai lu beaucoup étant ado. Un peu moins maintenant. J’hésite un peu plus à en commencer aujourd’hui, faute de temps surtout, j’adore diversifier mes lectures et les séries sont chronophages. Et puis c’est tellement frustrant d’attendre la sortie d’un tome, avec la peur qu’il ne paraisse jamais. Mais ça fait aussi partie du charme des sagas.

6- As-tu un livre culte ?

Le Seigneur des Anneaux. C’est le premier livre « pour les grands » que j’ai lu. J’avais 10 ou 11 ans. Ca a changé ma vie. Il m’a fallu presque un an pour m’en dépêtrer, avec quelques lectures plus légères et de mon âge entre temps. C’a été mon premier choc littéraire. Je ne l’ai jamais relu, trop peur d’être déçue. Il y a eu quelques autres grands tournants littéraires dans ma vie, pas si nombreux que ça au fond. Mais le premier a toujours un charme particulier non ?

7- Aimes-tu relire ?

Pas du tout. Je ne relis presque jamais un livre. Même quand j’étais à la fac, je ne rechigner à relire les livres au programme dans leur intégralité. J’ai toujours eu une assez bonne mémoire (enfin, jusqu’à maintenant en tout cas, ça a bien changé !) et j’oublie rarement une histoire du la relecture manque toujours un peu de surprise. Et puis il y a tant de livres à découvrir ! Il m’arrive quand même de temps en temps de relire un classique ou un livre aimé, même si c’est de plus en plus rare. Les livres que j’ai relus le plus souvent sont Un roi sans divertissement, dont j’ai appris des passages entiers par cœur, Les liaisons dangereuses, qui est un texte absolument incroyable dont je ne me lasse pas et, bien sûr, Les fleurs du mal, que je peux lire et relire en découvrant de nouvelles choses à chaque fois comme si c’était la première.

8- Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

Plutôt ne pas les rencontrer. Parce que je suis assez timide (doux euphémisme, même si je me soigne) et que je ne vois absolument pas ce que je pourrais leur dire. Je n’oserais même pas les aborder et je m’en voudrais après qui plus est. En revanche, pour les auteurs que j’apprécie le plus, j’aime participer à des lectures dans lesquelles je peux me noyer dans la masse. Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de rencontrer par le plus grand des hasards un de mes auteurs favoris, quelqu’un que j’admire énormément. Je n’ai pas su quoi lui dire, ni même osé lui dire à quel point j’aimais ses textes mais il m’a adressé quelques mots, malgré le regret de ne pas avoir si saisir l’occasion d’échanger avec lui, j’en garde un souvenir ému.

9- Aimes-tu parler de tes lectures ?

Évidemment puisque mon blog en est plein ! Quand j’aime un livre, j’en parle à ma famille, à mes amis, à la terre entière grosso modo et mon blog m’aide à en parler même à de parfaits inconnus. Quand je n’aime pas c’est sensiblement pareil d’ailleurs. Je passe ma vie à parler des livres et films qui croisent ma route. Je saoule tout le monde avec ça. Mais j’essaie de me calmer et de canaliser un peu tout ça sur mon blog histoire de ne pas rendre mon entourage complètement fou.

10- Comment choisis-tu tes livres ?

Ca dépend. Ca peut être à peu près n’importe comment. Parce qu’on m’en a parlé, parce que j’aime l’auteur, parce qu’on me l’a offert, parce que je l’ai vu sur la liste de tel ou tel prix littéraire, parce que le titre me tente ou juste parce que j’aime la couverture. Toutes les raisons sont bonnes !

11- Une lecture inavouable ?

Je crois que j’avoue et assume à peu près toutes mes lectures. Je vous en fais même profiter ! Peut-être éventuellement quelques romans pour ados mal écrits ou des romances bien fleur bleue. Mais j’avoue que j’en lis de moins en moins. Il y a énormément de titres qui attendent dans ma bibliothèque du coup j’essaie quand même plus d’aller vers des choses susceptibles de me plaire. Je pense que ma prochaine lecture inavouable sera Inglorious Bastard, gagné lors d’un concours, voilà, vous savez tout.

12- Des endroits préférés pour lire ?

L’endroit où je lis le plus est clairement les transports en communs puisque j’y passe un certain temps tous les jours. Mais mon endroit préféré pour lire est clairement le rebord de la fenêtre de ma chambre chez mes parents, face à mes montagnes. J’aime aussi les parcs, les bancs, mon fauteuil, les plages ou n’importe quel endroit de préférence au soleil. Si le paysage est sympa c’est encore mieux. J’aime bien aussi prendre quelques minutes pour lire au lit le matin, un luxe !

13- Un livre idéal pour toi serait… ?

Aucune idée. Je n’ai pas de livre idéal je crois. D’ailleurs j’aime des choses très très variées. J’adore les livres qui me font rire, ils sont tellement rares ! Sinon j’aime les livres assez épais avec plein de personnages un peu décalés. Je suis assez obsédée par la folie. J’aime bien apprendre des choses aussi. Bref, je crois que j’aime juste être embarquée dans une histoire, un style sympa, quelque chose qui me surprenne : j’aime lire quoi.

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14- Lire par dessus l’épaule ?

Oui et non. Me tordre le cou pour tenter de lire le titre du livre d’un passager dans les transports ou n’importe où ailleurs, oui oui oui et re-oui. Pour le reste je trouve très inconfortable de lire par dessus l’épaule de quelqu’un. J’essaie de laisser les livres tranquilles, en revanche, si un de mes proches lit un article qui me semble intéressant et qu’il est trop long pour que je m’échine à lire à l’envers, de côté ou par en dessous (ce qui est presque toujours le cas donc), je finis par lui arracher purement et simplement le journal des mains, avec souvent un cruel manque de diplomatie. C’est très malpoli, je sais, j’essaie de faire des efforts de patience mais il y a encore du boulot !

15- Télé, jeux vidéo ou livres ?

Les trois ! Beaucoup trop de télé même si j’essaie de limiter au minimum les émissions à la con pour me consacrer aux films et séries, je vois encore beaucoup trop de choses sans intérêt juste pour faire un bruit de fond. Je vis seule et j’avoue que la télé a tendance à occuper vite beaucoup d’espace si on n’y prend pas garde. Difficile de s’en dépêtrer une fois qu’on a pris l’habitude de l’allumer en rentrant chez soi. J’adore les jeux vidéo mais je joue finalement assez peu. Surtout par périodes en fait, de manière irrégulière. J’aimerais trouver le temps de jouer plus, c’est vraiment quelque chose que j’apprécie. Mais les livres restent la seule chose dont je ne pourrais absolument pas me passer, où que je sois et quelques soient les circonstances. J’en ai toujours un dans mon sac (voire deux), où que j’aille, même si je sais que je ne l’ouvrirais pas. On n’est pas à l’abris d’un imprévu et je ne connais pas de meilleure compagnie. Je me sens nue si je n’ai pas de livre avec moi.

16- Lire et manger ?

Dans l’idée oui mais dans les faits c’est compliqué. Le livre a du mal à rester ouvert, je ne fais pas attention à ce que je mange, bref, je fais mal les deux et je n’aime pas ça. Alors quand je mange seule à l’extérieur, je lis en attendant mon plat, je mange calmement, je fais éventuellement une micro pause lecture, je recommence à manger et je m’empresse de retrouver mon livre bien sûr !

17- Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Presque toujours en silence même si je bruit ne me dérange absolument pas. Parfois, mais extrêmement rarement, je mets un fond de musique classique pour accompagner mon livre. Une association qui fonctionne souvent très bien. Mais c’est vrai que la lecture reste plutôt pour moi un moment de calme en général.

18- Que deviendrais-tu sans livres ?

Aucune idée ! Je serais tentée de faire de grandes phrases, dire que je ne pourrai pas vivre sans, que lire est pour moi aussi important que respirer, tout ça. Même si ce n’est pas loin d’être vrai ce serait un peu exagéré. Non, je ne sais pas. Je pense que j’y perdrais un peu de ma vivacité d’esprit, de mon esprit d’analyse, que mon cerveau s’endormirait un peu. Je serais surtout terriblement triste, ça représenterait un manque énorme dans ma vie, c’est sans doute la dernière choses dont j’envisagerai pouvoir me passer.

19- Tu achètes un livre sur internet et tu le reçois un peu abîmé, que fais-tu ?

Probablement rien, à part râler un peu quand même. Déjà, je n’achète quasiment jamais de livres sur internet, je préfère aller voir mon petit libraire qui lui me vend des livres en bon état. Et puis je déteste aller à la Poste, faire des colis, tout ça, donc si je peux éviter de renvoyer un livre, je m’en passe très bien. Ca me ferait surement passer l’envie d’acheter mes livres sur le net en tout cas.

20- Quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ?

Difficile à dire. L’ambiance générale chez moi je crois. Ma mère me lisait une histoire chaque soir, mon grand-père était un conteur fabuleux et j’étais fascinée par l’immense bibliothèque de mes parents. Ils lisent beaucoup tous les deux et bien sûr je voulais faire comme eux. Et puis j’ai toujours adoré l’odeur des livres, les couleurs, leur toucher. Une passion qui ne s’est jamais démentie depuis.

21- Que penses-tu de toutes ces adaptations cinématographiques ?

Pas grand chose. Souvent, je trouve les films très décevants quand on a aimé les livres dont ils sont inspirés. C’est difficile quand on a imaginé des lieux et des personnages de voir la vision qu’en a eu quelqu’un d’autre. Un peu réducteur aussi. En revanche, nombreux ont été les films qui m’ont donné envie de lire les livres dont ils sont tirés. Je trouve quand même qu’il y a un peu surnombre d’adaptations dernièrement, un peu d’inspiration du côté des scénaristes serait bienvenue. Enfin, si ça peut donner à quelques uns l’envie de lire, pourquoi pas.

22- Si tu ne devais retenir qu’un seul personnage rencontré dans tes lectures, ce serait lequel ?

Non mais c’est quoi cette question ?! Comment je pourrais choisir un seul personnage ? Je pense qu’on pourrait me poser 1000 fois cette question et obtenir 1000 réponses différentes mais là le premier personnage qui me vient à l’esprit est Stavroguine dans Les démons de Dostoïevski.

23- Quels sont les 5 livres de ta PAL qui te font le plus envie ?

Oulà ! Il y en a tellement, difficile de faire un choix. Nombreux sont ceux qui me tentent. Là spontanément je dirais Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde, Je te vois reine des quatre parties du monde d’Alexandra Lapierre, Opium de Laure Garancher, La fabrique des illusions de Jonathan Dee et La clé de l’abîme de José Carlos Somoza. Ou à peu près 100 autres…

24- Si tu ne pouvais plus lire qu’un seul type de livres, lequel ce serait ?

Des romans ! A vrai dire je ne lis déjà quasiment que ça. J’ai beau essayer de diversifier mes lectures, j’ai beaucoup de mal à aller vers d’autres choses. Et ça ne va pas vraiment en s’arrangeant.

25- Comment classez-vous les livres dans votre bibliothèque ?

Ca dépend. Chez mes parents elle est classée par genre (poésie, théâtre, épistolaire, roman, essai) puis par ordre chronologique. Je sais, c’est très bizarre comme classement mais vous n’imaginez pas à quel point ça m’a aidée à retenir les époques du publication des livres ! Chez moi, les livres sont classés de manière plus traditionnelle, à savoir par genre (poésie-théâtre-nouvelles, jeunesse, SF, polar, essai, biographies, beaux livres, littérature française, littérature étrangère ; les BD sont à part), puis par ordre alphabétique. Pour les romans, je sépare grands formats et poches pour des raisons pratiques. Pour la littérature étrangère, je classe par langue d’origine. J’ai aussi une étagère spéciale pour les livres empruntés.

26- Etes-vous livre papier ou ebook ?

Papier, mille fois papier ! Je n’ai même pas de liseuse et ne compte pas vraiment m’y mettre. J’adore le papier, le toucher, l’odeur, je ne pourrais pas m’en passer.

27- Que faites-vous de vos livres une fois lus ?

Je les garde. Il m’arrive d’en prêter à des amis, bien sûr, ou d’en ramener quelques uns chez mes parents mais on peut dire que je garde tout. J’ai le plus grand mal à me séparer d’un livre, même quand je ne l’ai pas aimé. Inutile de vous dire que je passe mon temps à rajouter des étagères !

28- Connais-tu la règle de la page 99 ? Et si oui, est ce que tu l’appliques parfois à tes lectures ?

Je connais mais n’applique pas. Des fois je me souviens de cette règle et je lis la page 99 de mon livre en cours pour voir mais c’est à peu près tout.

Mes lectures

La théorie de la tartine, une bonne surprise signée Titiou Lecoq

          En 2006, lorsque Marianne découvre sur le net une sextape postée par son ex, elle ne trouve pour l’aider qu’un hacker immature et un journaliste visionnaire qui croit qu’Internet va transformer le monde. Dix ans et les chocs de la jeunesse (enfants, travail, amours) plus tard, que deviennent notre ex-étudiante blogueuse, le jeune pirate et l’homme de presse idéaliste ? Internet a tout bousculé…

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          Quand l’éditeur (ou son attachée de presse plutôt) m’a envoyé ce livre, je dois admettre que je n’étais pas particulièrement emballée. Le titre me laissait un peu perplexe. Comme c’étaient des épreuves, je disposais en plus d’informations très limitées. Je ne savais pas grand chose du contenu et j’avoue que les titres précédents de l’auteur, que je ne connaissais pas, ne me tentaient absolument pas. L’auteur est blogueuse et je me méfie toujours un peu des blogueuses qui écrivent des livres, il y a souvent un ton particulier à ce genre d’ouvrages, assez léger – ou faussement léger, qui ne m’enchante pas vraiment. Comme je reçois très peu de livres en service de presse, j’ai quand même fait l’effort de me lancer dans cette lecture. Grand bien m’en a pris parce que contre toute attente, j’ai de suite accroché ! Les personnages sont assez sympathiques et le sujet m’a pas mal intéressé. L’auteur revient sur les débuts d’internet et les premières désillusions qui s’en sont suivies. C’est assez marrant de se rappeler de ce temps pas si lointain où tout semblait possible sur la toile et de la vitesse à laquelle les choses nous ont échappées.

          L’écriture est agréable et ce livre se lit vraiment tout seul, c’est un plaisir. L’histoire est plutôt bien construite même si elle est parfois improbable. J’ai trouvé la fin un peu faible mais pas non plus au point de gâcher l’ensemble. Il y a une certaine fraîcheur dans ce livre qui ne va pas jusqu’à la niaiserie. Bien sûr, l’auteur n’échappe pas à quelques clichés sur ses personnages mais l’ensemble reste intelligent et agréable. Au fond, ce livre a surtout un gros capital sympathie que je ne saurais pas vraiment expliquer et que ses petites faiblesses n’entament pas vraiment. Objectivement (enfin je crois), j’ai quand même l’impression qu’il s’agit d’un livre générationnel qui plaira surtout aux trentenaires désabusés un peu nostalgiques des débuts d’internet (ou pas). Ce sont en tout cas sans doute eux qui se sentiront le plus concernés par cette histoire. Le ton un peu aigre-doux assez typique du temps. Un roman assez réussi et franchement agréable largement ancré dans son époque. Une heureuse surprise.

© agence Anne et Arnaud
© agence Anne et Arnaud

Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

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La réunion de prérentrée de l’établissement scolaire secondaire ne servait pas à mettre au point des détails pratiques afin que l’école soit en état d’accueillir de nouveaux élèves, elle avait pour fonction essentielle de permettre au personnel de faire le deuil psychologique des vacances.

Jeunesse·Mes lectures

La fabrique des mots, quand Orsenna déçoit

          Quand un dictateur décide d’interdire l’utilisation de la plupart des mots, des enfants et leur instituteur décident d’entrer en résistance pour sauver la richesse du vocabulaire. Une guerre qui va leur apprendre à aimer leur langue et à jouer avec les mots.

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          J’ai découvert Erik Orsenna à l’adolescence. J’ai lu quelques livres de lui, dans des genres très divers : une biographie de Le Nôtre pour commencer, puis La grammaire est une chanson douce et Les chevaliers du subjonctif, L’exposition coloniale plus tard. J’aime son style léger, souvent. Son esprit acéré et son humour aussi. Quand j’ai vu ce livre dans la bibliothèque de mes parents qui semblait dans la lignée de La grammaire est une chanson douce, j’ai eu envie de le lire. J’avais trouvé les deux que j’avais lus dans cette veine vraiment très bien. Ils expliquent avec beaucoup de poésie, d’humour et de bienveillance les bases du français, qui ne sont pas toujours facile. Des livres à faire lire pour apprendre à aimer les mots. Plus encore que ceux la grammaire ou la conjugaison, celui-ci me tentait énormément, le vocabulaire, l’origine des mots, leur sens, bien que j’aie toujours été une très mauvaise élève en linguistique, je trouve le sujet passionnant !

          Malheureusement, ce livre ne tient pas à mes yeux toutes ses promesses. J’ai trouvé l’histoire un peu tirée par les cheveux et assez artificielle. Je n’arrive pas vraiment à expliquer pourquoi mais je n’ai pas réussi à m’y intéresser même si je suis allée au bout de cette lecture en espérant finir par accrocher un peu plus. J’aime d’habitude beaucoup le ton d’Erik Orsenna qui a une incroyable fraîcheur. Je ne l’ai pas tout à fait retrouvé ici. Certes, il tente de trouver cette légèreté et cette poésie qui lui sont propres mais ça sonne ici un peu faux. Le charme n’opère tout simplement pas. J’ai eu la désagréable impression que l’auteur était en manque d’inspiration et se contentait d’exploiter un filon qui avait bien marché. C’est franchement dommage. Ce roman a été une vraie déception et je pense qu’à l’avenir, je me concentrerai sur ses textes plus « sérieux » qui eux, recèlent toujours ce petit quelque chose qui fait la différence. 

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Vous avez entendu Nécrole ? Trop de mots ! Ca me rappelle ceux qui disent : trop de notes ! Pour ne pas dire trop de musique. Trop de liberté. Trop de bonheur de vivre !

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– Les mots sont des armes.
– Ou des déclarations d’amour.
– Des outils pour comprendre.
– Ou pour faire.
– Ou pour refuser de faire.

Divers

Mars, le bilan

          Un mois de mars à la fois très compliqué et étonnamment chargé. C’a été le grand retour des problèmes de santé avec un sacré coup au moral. Pourtant, alors que j’ai eu l’impression de me traîner lamentablement, j’ai quand même fait pas mal de choses. Il faut dire que je me suis fait violence pour sortir un peu histoire de ne pas trop déprimer. Finalement, 9 livres lus ce mois-ci bien que je me sois plutôt attaquée à des pavés. L’énorme coup de coeur de ce mois de mars aura été L’homme qui savait la langue des serpents, qui traînait dans ma bibliothèque depuis au moins un an et que j’en ai enfin sorti. Une lecture juste folle, une littérature inventive et poétique qui m’a rappelé les contes dont j’étais friande dans mon enfance. J’ai aussi beaucoup aimé Le Jardin-Forteresse dans lequel j’ai retrouve toute la sensibilité de Claude Pujade-Renaud. Côté BD, j’ai trouvé Le dernier des Mohicans de Cromwell très très beau.

          Côté films, 8 films au cinéma. Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant fréquenté les salles obscures. Il faut dire que depuis que je suis malade j’ai un principe de base : vu que c’est à 2 min à pieds, chaque fois que je vais chez le médecin, j’essaie d’aller au cinéma en sortant. Une sorte de compensation pour mon moral qui ne me demande pas d’efforts démesurés. Donc bon, finalement, le nombre de mes sorties est surtout le signe que ce mois a été pourri, mais peu importe. Honnêtement, les chefs-d’œuvres ne se sont pas bousculés même si je n’ai pas trop vu de navets non plus. Citizen Four sort très largement du lot. Etrangement, moins de films vus depuis chez moi, même si j’en compte une grosse quinzaine. Là pour la peine, essentiellement de grosses daubes. Pas de nouveautés séries non plus.

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          Pour le reste, une exposition à La Pinacothèque : Au temps de Klimt, La Sécession à Vienne. Très intéressante. Il y a beaucoup d’autres expos qui me tentent pour les semaines à venir, j’espère arriver à en voir quelques unes. J’avais beaucoup de sorties prévues ce mois-ci avec mes abonnements divers et variés. Je n’en avais jamais raté autant (6 quand même, sans compter les sorties entre amis) ! J’ai juste envie de pleurer après avoir raté Le lac des cygnes que j’attendais depuis un an… J’ai aussi raté L’homme cirque, un homme-canon/funambule/accordéoniste qui me vendait du rêve. Je bous intérieurement. Bref. J’ai quand même vu un ballet et une pièce de théâtre, ce n’est pas si mal.

          Sinon, quelques sorties quand même puisque mars est le mois de mon anniversaire et de celui de la plupart des mes ami(e)s. Pas de grosse fête mais un repas succulent chez des amis cette année. Et plein de super cadeaux ! Côté bars et restos, j’ai beaucoup aimé Chez Léon et le Dirty Dick. En revanche je n’ai pas bougé de Paris, trop crevée. C’est bien dommage parce qu’avec le printemps j’ai bien envie d’aller prendre l’air. Je n’ai pas non plus testé mon nouvel appareil photo, et ça c’est presque un crime ! Pas de cuisine non plus. Ca doit faire 2 mois que je n’ai pas testé la moindre nouvelle recette, ça commencerait presque à m’inquiéter… Avec un peu de chance je me rattraperai en avril.

Et vous, qu’avez-vous découvert ce mois-ci ?

Cinéma

Trois chroniques ciné (très) en retard

          Je n’ai pas l’habitude des articles groupés. J’aime consacrer un article à chaque livre et film que je lis/vois. J’aime développer mes avis et que chacun soit mis en avant de la même manière. Mais dernièrement, j’ai pris énormément de retard dans mes chroniques. Des films vus début février n’ont toujours été critiqués et vu l’accumulation des articles à écrire il fallait réagir. J’écris beaucoup moins en ce moment, une petite baisse de régime qui dure depuis un certain temps et me contraint à revoir un peu ma manière d’envisager les choses pour alléger un peu la longue liste de tout ce dont j’ai envie de vous parler. Comme je ne me sens pas encore prête à faire l’impasse sur certains livres, films ou sorties (on est monomaniaque ou on ne l’est pas), je me lance la mort dans l’âme dans un article regroupant 3 films vus en février. A priori, pas vraiment de rapport entre eux si ce n’est que ce sont des films américains, sérieux, d’assez bonne qualité et qui tournent plus ou moins autour de la violence ou de la guerre. 3 films qui ont marqué ce début d’année. Voici donc un court avis pour chacun d’entre eux.

A most violent year

AMVY_120_WEB.inddEn ce début, le film dont tous les blogueurs vantaient les mérites, c’est The most violent year. J’ai un peu tardé à le voir (et encore plus à vous en parler…) mais ça valait franchement le coup ! Je ne m’attendais pas trop à ça bizarrement. Etant donné le titre – et le sujet, la guerre entre les géants du pétrole à New-York en 1981 – je m’attendais à un film hyper violent. J’ai trouvé qu’il ne l’était pas tant que ça. Certes, il y a quelques scènes de violence mais ce n’est pas aussi sanguinolent qu’on pourrait s’y attendre. La violence présente dans ce film est avant tout psychologique. Il y a un suspens certain et la tension monte de minute en minute. L’histoire est simple et efficace, une guerre de pouvoir dans un milieu proche de la mafia. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le traitement du personnage principal, qui se veut un modèle de droiture et de réussite et qui va se rendre compte peu à peu qu’il n’est peut-être pas si simple de nager au milieu des requins sans se salir les mains. Magistralement interprété, un film qui nous tient en haleine de bout en bout, l’excellente surprise de ce début d’année.

American sniper

american-sniper-posterEvidemment, je ne pouvais pas rater le dernier Clint Eastwood même si le sujet m’inspirait moyennement. Il y a eu une grosse polémique autour de ce film, certains l’ont accusé de faire l’apologie de la guerre. Honnêtement, on n’a pas tous dû voir le même film ! Certes, c’est l’histoire d’un petit con qui part faire la guerre parce qu’on a attaqué son pays et qui devient un héros parce que c’est celui qui a tué le plus de femmes et d’enfants. Mais bon, l’idée de se battre pour la patrie n’est pas particulièrement rare aux Etats-Unis et les héros de guerre sont rarement ceux qui sont planqués. Mais surtout, on voit cet homme se transformer et se renfermer sur lui-même peu à peu pour devenir une espèce de zombie qui pète les plombs au moindre bruit. Personnellement je ne trouve pas que ce soit très vendeur. Ce que j’ai aimé dans ce film c’est justement l’évolution de son personnage. On suit l’action de son point de vue, ce qui peut parfois mettre franchement mal à l’aise mais s’avère intéressant. Le réalisateur ne semble pas porter de jugement, ce qui laisse une assez large place à l’appréciation de spectateur quant au bien-fondé ou non des actions de son héros. Un parti-pris payant puisqu’il donne au film une certaine profondeur et incite à la réflexion. Un film dérangeant qui manque peut-être un peu de rythme mais certainement pas d’intérêt.

Imitation game

573252Je ne connaissais pas du tout l’histoire d’Alan Turing mais je dois dire que la bande-annonce a grandement piqué ma curiosité. Il faut dire que malgré mon parcours je suis fascinée depuis toujours par les inventeurs et plus généralement les grands esprits. Je ne pouvais donc pas rater ce film sur celui qui peut être considéré comme un des pères de l’ordinateur même s’il n’a pas eu l’occasion de le construire. Cet homme asocial et brillant est assez fascinant. Malheureusement, le film n’est pas tout à fait à la hauteur de l’enjeu. Sans être vraiment mauvais, il reste extrêmement classique dans sa réalisation et l’histoire mise bien trop sur la romance, manquant ainsi un peu de consistance. Ca m’a un peu rappelé Une merveilleuse histoire du temps, qui avait sensiblement les mêmes défauts. La réalisation n’est pas dénuée de maladresse. La trame principale est intéressante bien que j’aurais préféré que l’accent soit un peu plus porté sur le côté technique que sur l’aspect sentimental qui franchement m’intéresse assez peu. On ressent assez peu le fait que le pays est en guerre, à part dans des scènes de bombardement d’une mocheté absolue. Pour le reste, c’est un peu plan plan mais pas si mal. Dommage que la fin ait été un peu bâclée, je trouvais pourtant qu’il y avait là matière à faire quelque chose d’intéressant. L’ensemble se laisse quand même regarder avec un certain plaisir, d’autant que Benedict Cumberbatch vaut quand même le détour. Un film assez moyen qui a tout de même le mérite de mettre en lumière cette histoire incroyable et trop largement méconnue.