Comme j’y retourne d’ici quelques jours et que je n’ai jamais mis l’article avec mes photos de l’année dernière, voici quelques clichés de la Côte Vermeille pris à Collioure et Banyuls.
Un petit avant goût de vacances…
Les critiques assassines
Comme j’y retourne d’ici quelques jours et que je n’ai jamais mis l’article avec mes photos de l’année dernière, voici quelques clichés de la Côte Vermeille pris à Collioure et Banyuls.
Un petit avant goût de vacances…
Pour deux personnes
2 escalopes de veau
1/2 citron jaune
1 filet d’huile d’olive
50 g de haricots plats
2 carottes
1/2 cube de bouillon
100 g de pâtes
10 cl de crème épaisse
1 c. à café de sauge séchée
Sel, poivre
Dans une assiette plate, posez les escalopes de veau. Salez, poivrez et mettez à mariner quelques minutes dans un filet d’huile d’olive et le jus d’un demi citron.
Mettez de l’eau à chauffer avec un peu de gros sel dans deux casseroles.
Pelez les carottes et équeutez les haricots. Coupez les haricots grossièrement (en carrés d’environ 2 cm) et les carottes assez finement (en cubes d’environ 1/2 cm de côté). Lorsque l’eau bout, mettez les à cuire dans une casserole avec le bouillon-cube. Laissez cuire 8 à 10 min, jusqu’à ce que les légumes commencent à être fondant (vous pouvez ajuster la cuisson selon votre goût).
Dans l’autre casserole, mettez les pâtes à cuire.
Mettez un filet d’huile à chauffer dans une poêle et faites revenir les escalopes de veau à feu vif environ 2 min de chaque côté. Réservez la marinade. Lorsque la viande est cuite, déglacez la poêle avec la marinade et ajoutez la crème et la sauge. Faites chauffer environ 1 min à feu vif.
Égouttez les pâtes et les légumes et servez immédiatement en accompagnement de la viande, nappée de sauce sauge/citron.
Qui n’a pas rêvé enfant devant un western et ses histoires de cow-boys et d’indiens ? Dans l’inconscient collectif, les Indiens d’Amérique sont clairement définis, avec leur tenue en peau, leurs chevaux et la coiffe en plumes de leurs chefs. Sans oublier bien sûr les tipis et autres calumets de la paix. Loin de ces clichés, le mode de vie des indiens des plaines est à découvrir au musée du Quai Branly.
On a tous en tête des images faussée des indiens d’Amérique, pour moi, c’est surtout l’image des chefs indiens de Lucky-Luke ; bien que j’en aie vu bien d’autres représentations et que j’ai eu l’occasion de me documenter un peu sur le sujet à travers des livres ou des reportages, cette image continue à me poursuivre. Mais quelle part de réalité dans tout ça ? Ne sommes nous pas très éloignés de ce qui fut la vraie vie de ces peuples ? D’autant que ceux que l’on appelle les « Indiens » d’Amérique n’ont rien d’un peuple uni – ni d’un peuple tout court d’ailleurs tant l’appellation est large, un peu comme si on disait « les africains » ou « les européens » – mais représentent une grande diversité de tribus, plus ou moins importantes, qui possèdent chacune leur langue, leur culture, leurs croyances. Certaines sont proches, alliées parfois, d’autres sont en guerre, beaucoup de se connaissent même pas. En effet, quel lien entre le Sud du Texas et le Nord du Canada ? On oublie souvent l’immensité de ce territoire, avec ses différences de paysage et de climat qui entraînent forcément des modes de vie pour le moins variés. Impossible donc des parler des Indiens au sens large sans se lancer dans des généralisations et des clichés. Comment alors rendre compte de ce que fut la vie de ceux qui vivaient en Amérique avant l’arrivée des colons ? Le Musée du Quai Branly répond en partie à cette question en proposant une exposition axée sur le mode de vie des Indiens des plaines, qui vivaient essentiellement au centre des Etats-Unis.
Bien que le restriction soit déjà importante, une carte avec la liste des tribus indiennes et leur territoire respectif montre déjà la grande diversité que recouvre cette dénomination « d’indiens des plaines ». Ils couvrent un territoire assez large, parlent différentes langues et n’ont pas la même culture. Toutefois, des recoupement sont possible de par une certaine unité dans le paysage qui pousse à des modes de vie souvent similaires. Le climat n’est pas le même au sud et au nord mais on trouve toutefois des points communs dans les modes de vie adoptés dans cette zone médiane des Etats-Unis. J’ai trouvé très intéressante la partie qui montre cette diversité, carte à l’appui. Cela aide à prendre conscience d’une réalité qui semble aller de soi en y réfléchissant mais qui étrangement m’avait en partie échappée, sans doute en grande partie à cause des représentations simplistes dont nous sommes abreuvés. J’ai simplement trouvé un peu dommage que cette foule d’informations soit rassemblée à l’entrée et qu’on ne revienne pas dessus par la suite. J’ai malheureusement retenu très peu de choses en raison du flot de donné qui m’est tombé dessus d’un coup et j’aurais bien aimé, que des points de détails soient repris par la suite pour aider à la mémorisation.
J’ai été plus mitigée sur la suite du parcours. On commence par les œuvres modernes, ce que je trouve assez illogique. En effet, pour voir en quoi l’art moderne puisse dans les traditions et les réinvente, ne faut-il pas déjà avoir une certaine connaissance de celles-ci ? Vous me direz que bien sûr on voit tous à peu près à quoi ressemble l’art indien, ses coiffes en plume, ses tuniques de peau ornées de perles et ses patchworks. Mais justement, n’avons nous pas en tête des images erronées qui demandent à être ajustées en se confrontant à la réalité de ces objets devenus mythiques ? Personnellement, je n’avais jamais vus certains de ces objets avant (et pour les autres je les avais justement découvert au Quai Branly il n’y a pas si longtemps…). Bref, il me semblait plus logique de nous montrer d’abord l’artisanat traditionnel afin de comprendre plus finement comment l’art moderne s’en inspire.
Après les objets des XX° et XXI° siècles (dont certains très intéressants par ailleurs), nous passons à l’artisanat traditionnel, dans l’ordre chronologique cette fois. Il y a des pièces absolument splendides et j’ai été impressionnée par l’incroyable état des conservation de la plupart d’entre elles. J’ai trouvé cela vraiment émouvant. J’aurais parfois aimé avoir un peu plus d’explications sur certains objets à l’usage ou à la confection un peu obscurs. Toutefois, je crois que l’audioguide répondait à la plupart de ces zones d’ombres (un ami l’avait pris et a donc éclairé ma lanterne). L’exposition est riche et m’a pourtant laissé un peu sur ma faim. Tous les objets traditionnels sont exposés dans la même pièce, qui est vraiment immense. L’avantage c’est que la chronologie saute ainsi aux yeux de par le sens du parcours et, plus terre à terre, on se marche moins dessus, même en cas de grande affluence (ce qui était le cas, il y a avait un monde fou avec des enfants et des poussettes partout, je n’avais jamais vu ça !). Le revers de la médaille c’est que j’ai trouvé ça extrêmement froid (et je ne parle pas de la température glaciale qui y règne).
Je suis sans doute un peu futile mais c’est vrai qu’un bel accrochage m’aide à me concentrer sur ce qu’il y a dans les vitrines. Une exposition trop linéaire finit par me lasser quelque peu. Je trouve d’habitude le Quai Branly extrêmement imaginatif et j’aime beaucoup la manière dont ce musée joue généralement avec l’espace. Ce côté empilage dans un hangar m’a donc un peu déçue. Les panneaux explicatifs sont accrochés au plafond, ce qui est plutôt une bonne idée sauf qu’en cs d’affluence majeure, s’arrêter pour les lire est presque suicidaire ; dommage. Un grand mur est dédié à des points d’histoire particuliers (Buffalo Bill par exemple). L’idée est bonne, simplement, il faut choisir entre suivre le parcours qui zigzague dans le pièce selon une logique chronologique impeccable ou s’arrêter sur ces panneaux. Nous avons fait le choix de suivre d’abord l’exposition et une fois au bout, je dois avouer que j’avais moyennement envie de jouer des coudes pour retraverses toutes la pièce afin d’aller lire les textes. J’en ai donc ratés pas mal, ce que je regrette un peu (je me rattraperai si j’y reviens un jour où il y a moins de monde).
Malgré l’intérêt des pièces exposées, j’ai eu du mal à me faire une idée précise du mode de vie des indiens des plaines. Beaucoup d’objets du quotidien n’étaient pas ou peu présents (arcs et flèches par exemple, ou attrape-rêves qu’on retrouve pourtant à la boutique souvenir). J’ai eu l’impression de voir essentiellement des vêtements, certes splendides, mais qui ne m’ont pas suffi à appréhender le mode de vie de ces tribus de manière plus globale même si la chasse ou la croyance dans les esprits sont évoqués à diverses reprises. J’aurais sans doute aimé que ces questions aient une place plus centrale. C’est un pari-pris très compréhensible mais pas de traces non plus des représentations « caricaturales » des Indiens. Quelques dessins ou extraits de films en fin de parcours auraient permis de comprendre comment ces représentations se sont construites et ainsi de mieux combattre les a priori profondément ancrés.
Le sujet abordé est très vaste et il était bien entendu impossible de tout dire, de tout montrer. J’ai malheureusement trouvé que l’exposition peinait à trouver un fil conducteur et à s’y tenir même si les contraintes étaient énormes et qu’on peine à voir comment ils auraient pu s’en sortir à moins de faire une exposition qui se serait étendue sur l’ensemble du musée et qu’il aurait fallu deux jours pour visiter. J’ai aimé ce que j’ai vu, réellement. J’ai été bouleversée comme rarement devant un porte-bébé ou une robe brodée dont l’éclat m’a subjuguée. Ce qui n’empêche pas d’éprouver certains manques. Je crois que j’ai trouvé le tout un peu froid. Malgré l’intérêt porté à chaque chose, j’ai eu du mal à me représenter la vie de ses gens dont pourtant on a tous vu maintes représentations. Une exposition riche, intéressante et belle mais qui laisse des vides béants et manque de vie. Malgré ses trésors, elle ne parvient pas à nous transmettre l’esprit de ces Indiens des plaines.
Musée du Quai Branly
37 quai Branly – 75007 Paris
Du 8 avril au 20 juillet
Tous les jours sauf lundi de 11h à 19h ou 21h selon les jours
9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes
Pour ce septième tome de la géniale série fantasy, c’est Murgen qui reprend le rôle d’annaliste. Toubib est mort et la Compagnie, assiégée à Dejagore, se déchire entre les vieux de la vieille et l’équipe de Mogaba. La scission est proche et la tension à son comble. Pendant ce temps, Tisse-Ombre rôde toujours.
J’avais adoré les 6 premiers tomes de cette série, même si j’avais trouvé celui relaté par Madame un peu en dessous. J’ai eu plus de mal à entrer dans celui-là. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, la Compagnie Noire est une bande de mercenaires qui offre ses services au plus offrant. L’originalité de cette série fantasy (une aventure dans un monde inventé où la magie fait généralement irruption) est que le rôle du narrateur peut varier d’un tome à l’autre, avec par la même occasion des changements de ton et de point de vue intéressants. La tradition tient un rôle important dans la Compagnie et elle est consignée dans des annales tenues par un annaliste. Il s’agissait en bonne partie de Toubib dans les premiers tomes – un personnage très attachant. Toutefois, Madame, sa compagne a également tenu ce rôle, tout comme Murgen, le successeur de Toubib, dans ce tome-ci. Ceci étant dit, revenons-en donc à nos moutons.
Jusqu’ici, j’avais été une inconditionnelle de la Compagnie Noire. Dès les premières lignes, je replongeais avec délices dans leurs aventures truculentes. Pourtant, cette fois, j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans cet univers. Le style « Murgen » est moins coulant que celui de ses prédécesseurs et j’ai un peu peiné à m’y faire. Quant à l’histoire, dans un premier temps la plus grande partie m’a échappée et je la trouvais tirée par les cheveux. Je sais que la crédibilité est forcément relative dans un monde plein de sorciers mais là je trouvais qu’avec des espèces de voyages dans le temps pour le moins étranges, on sombrait franchement du côté obscur de la fantasy. Et puis, vers la moitié du roman, tout s’est éclairé dans mon esprit et j’ai enfin pu l’apprécier à sa juste valeur. Bon, j’avoue que je n’ai pas été très réactive sur ce coup-là. Au final, ce tome assez complexe tient tout à fait la route et offre un point de vue intéressant sur certains événements ou sur les relations entre différentes factions. Une série qui décidément réserve bien des surprises.
Si c’était juste un gagne-pain, juste louer son épée au plus offrant, alors la Compagnie noire ne se trouverait pas dans cette région du monde. Du boulot il y en avait à foison dans le Nord. Le monde ne manque jamais de potentat désireux de brimer leurs sujets ou leurs voisins. La Compagnie est une famille pour ses membres. La Compagnie est un foyer. La Compagnie est une nation de parias, seule, défiant le monde entier.
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Sûr que le monde ne fait pas de cadeaux à ceux qui s’efforcent d’être doux et réfléchis.
Documentaire d’animation français de et avec Michel Gondry avec Noam Chomsky
Noam Chomsky a livré plusieurs interview à Michel Gondry. Ensemble, ils ont parlé de son parcours, de sa vision du monde. Le cinéaste a animé à la main cette conversation avec le linguiste et philosophe pour un résultat pour le moins surprenant.
Malgré quelques ratés, j’aime généralement assez l’univers de Michel Gondry. Quant à Noam Chomsky, j’ai forcément entendu parler de lui durant mes cours de linguistique. En lettres modernes ceux-ci sont très très nombreux et bien qu’ils m’aient rarement passionnée et que je me sois empressée d’en oublier le plus possible, le penseur américain fait toutefois partie de ceux dont j’ai retenu le nom ; essentiellement car il a largement contribué à dépoussiérer cette matière très figée depuis l’arrivée du structuralisme (même si dans les facultés le changement est long à venir, c’est bon de savoir qu’il est en route…). Je n’avais pas entendu parler de la sortie de ce film quand quelqu’un m’en a parlé au cours du soirée. Il ne me tentait pas des masses mais le lendemain, j’ai voulu aller au cinéma et tout était complet, je suis donc allée voir le seul film pour lequel il restait de la place, selon mon habitude d’aller voir les films un peu au hasard. Eh bien je n’ai pas été déçue !
J’avais un peu peur de trouver cela trop austère sur le fond et trop fou dans la forme. Les dessins de Gondry sont quand même très particuliers et je voyais mal comment ils pouvaient coller au sérieux de Chomsky. Et pourtant, la magie opère. Michel Gondry n’est pas un grand philosophe et, qui plus est, son anglais est assez médiocre. Les questions qu’il pose sont donc assez simple et il oblige souvent son interlocuteur à reformuler ses réponses, les mettant ainsi à la portée de spectateur. Pas que Chomsky soit obscur d’ailleurs, bien au contraire, il tient un discours extrêmement clair, mais certains concepts gagnent à être reformulés, ça aide à mieux les appréhender. Michel Gondry illustre ces conversations avec beaucoup d’humour et s’amuse de ses propres contre-sens, créant des situations pour le moins cocasses.
Ce documentaire hors-normes m’a beaucoup plu. Il aborde des thèmes essentiels et parfois complexes avec une grande simplicité et beaucoup d’humour. J’aurais aimé que certaines questions soient plus approfondies mais en même temps, c’est la la légèreté de ce film qui m’a séduite et trop des questions trop ardues l’auraient mise à mal. Ce documentaire m’a réellement donné envie de me plonger dans les textes de Noam Chomsky auxquels il me semble proposer une excellente introduction. Pour qui lit très peu d’essais depuis que j’ai fini mes études, me donner l’envie de lire de la linguistique – matière que j’abhorre – tient de l’exploit ! Difficile de définir cet OVNI cinématographique, on se retrouve catapulté dans un monde complètement à part et assez fascinant. Il y a bien quelques longueurs mais le tout reste assez jouissif et tellement inventif !