Bars, restaurants

Le Moonshiner, le bar à cocktails classe et secret de Bastille

          Un bar caché au cœur de Bastille pour siroter un cocktail ? Avec sa déco début de siècle et sa lumière tamisée, le Moonshiner m’a fait tomber sous son charme désuet. Présentations. 

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          Je sors rarement dans le quartier de la Bastille bien que ce soit clairement l’endroit où se retrouvent les étudiants et jeune actifs parisiens (avec Oberkamph, que je fréquente aussi peu, voire encore moins, je sais, je n’assure pas côté coins à la mode). Le nombre de bars atteint des sommets et si on ne connaît pas, difficile de s’y retrouver dans cette profusion d’endroit plus bondés les uns que les autres. Le gros avantage du quartier, c’est qu’il est idéalement situé au cœur de Paris et est très accessible, ce qui en fait un bon lieu de rencontre quand on est une bande de copines dispersées au quatre coins de la capitale. Un samedi, une envie de sortir et une amie m’a proposé de tester un bar qui propose des cocktails au rhum. Certains le savent déjà, j’adore le rhum !, il n’en fallait donc pas plus pour me convaincre. Malheureusement, l’endroit est minuscule et il était tout bonnement impossible d’approcher du bar. Nous avons donc cherché une solution de repli, et mon amie m’a proposé le Moonshiner, un bar pour le moins atypique. Oui, deux paragraphes sans intérêt de blablatage sur ma vie, je sais mais il en faut bien de temps en temps.

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          Nous nous déplaçons donc de quelques rues et là, ô surprise, elle me fait entrer dans une pizzeria (qui semble d’ailleurs très bonne).  Si le concept est courant de par le monde, il est un peu moins à Paris. Au fond, une grande porte qui ne donne pas comme un pourrait s’y attendre sur les cuisines mais sur un bar dissimulé derrière la chambre froide. Et quel bar mes amis ! Forcément, le bar caché, ça évoque la Prohibition aux Etats-Unis et on retrouve cet esprit dans la déco très années 20 (à la louche) et hyper soignée. Elle ne dépareille pas tellement avec d’autres bons bars à cocktails parisiens avec leurs fauteuils club et leur lumière tamisée mais ça fonctionne très bien (voir un article intéressant sur le sujet chez cocktailmolotov). Le fumoir est particulièrement classe, même si je ne l’ai vu que de loin, n’étant moi-même pas fumeuse. Côté bar, des barman efficaces et aimables, une longue liste de whisky – spécialité de la maison – mais aussi quelques bières et surtout une jolie carte de cocktails.

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          J’ai opté pour un Number 6 (rhum, gingembre, ananas, combawa), restant sur mon idée de boire du rhum. Le bar était bondé et nous avions renoncé à nous asseoir mais un jeune homme rencontré au bar nous a proposé de nous faire une place à la table qu’il partageait avec des amis. Dans l’ensemble j’ai trouvé que la clientèle était assez variée (bien qu’on y trouve pas mal de jeunes cadres dynamiques) et échangeait beaucoup, ce qui est très agréable. La musique jazzy est vraiment sympa et permet de pouvoir discuter sans avoir à hurler. J’ai goûté deux autres cocktails, tous les deux très réussis également. Côté prix, comptez 9 à 14 € pour un cocktail, ce qui reste relativement abordable pour la capitale.  J’y retournerai sans hésiter. A éviter toutefois le week-end si vous n’aimez pas les bains de foule. Un endroit agréable qui propose une ambiance chaleureuse et de délicieux cocktails, que demander de plus ?

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Le Moonshiner

5, rue Sedaine

75011 Paris

Tous les jours, de 18h à 02h

Musique·Théâtre

Golgota, le spectacle étrange et déroutant de Bartabas et Andrés Marín

          Bartabas, le maître du spectacle équestre, s’allie à Andrés Marín, danseur de flamenco talentueux, pour sa nouvelle création. Ils choisissent les œuvres liturgiques du XVI° s. de Tomás Luis de Victoria pour les accompagner. « A la recherche d’une musique silencieuse », une performance qui promet de sortir des sentiers battus. 

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          Je dois avouer qu’en arrivant au Théâtre du Rond Point, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je n’avais jamais eu l’occasion de voir de mises en scènes de Bartabas jusque-là et je sais que c’est souvent à la fois très particulier et spectaculaire. Et en effet, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un univers à part ! Le rideau se lève sur une scène très obscure, éclairée par des chandeliers. Arrivent ensuite sur des chants liturgiques, Bartabas à cheval et Andrés Marín mains liées, dans une scène qui évoque clairement l’Inquisition. En scène, tour à tour, un danseur, un cavalier, un acteur, un chanteur et deux musiciens. Quatre chevaux et un âne sont aussi de la partie pour ce spectacle vraiment à part.

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© Nabil Boutros

          Beaucoup de choses surprennent dans cette mise en scène très forte et hors du temps. Du sable recouvre la scène, étouffant le bruit des pas du danseur. Je ne pensais pas que cela serait si perturbant, pourtant, ça change totalement la perception que l’on peut avoir du rythme et du mouvement tant on associe le flamenco à ses pas qui résonnent. Si le cheval est très présent, on n’est pas réellement dans la performance équestre, la faute sans nul doute au manque de place. Toutefois, il y a beaucoup de grâce et de légèreté dans le travail de Bartabas avec ses chevaux qui m’a donné envie – si besoin était – de voir ses créations plus étoffées. Quant à la musique, bien que je ne sois pas du tout adepte des chants liturgiques, je l’ai trouvée tout bonnement splendide, et elle m’a donné plus d’un frisson. Un des moments que j’ai préféré, c’est quand le danseur et le cheval semblent danser ensemble au son de la musique : tout simplement splendide !

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© Nabil Boutros

          Du côté du fil conducteur du spectacle, c’est un peu plus confus… On est clairement dans un univers religieux, dur et sombre, qui rappelle sans nul doute l’Inquisition. Toutefois, certaines références restent pour le moins obscures et on est souvent déroutés par l’esthétique de la mise en scène. J’ai souvent été sur le point de décrocher, trouvant cela extrêmement déroutant, l’étrange frôlant parfois le ridicule. Pourtant, si étroite soit la limite, elle n’est jamais franchie, et si on ne comprend pas toujours tout ce qui se passe sur scène, la fascination l’emporte. Il faut lâcher prise pour parvenir à apprécier pleinement ce spectacle hors normes, accepter de se laisser porter par l’étrange mélodie mise en place pour entre dans cet univers aussi beau qu’effrayant. Il est extrêmement difficile de parler de cette performance, tant elle sort de l’ordinaire et nous pousse à sortir de notre zone. Un spectacle déroutant, dont le sens échappe parfois et dont la beauté fascine. Une expérience mystique que je ne suis pas prête d’oublier.

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© Nabil Boutros

          Pour Paris, c’est fini mais vous pouvez retrouver ce spectacle si particulier à travers la France durant les prochains mois. Vous trouverez les dates ici. C’est un détail mais j’ai particulièrement apprécié que les machinistes et palefreniers soient invités à venir saluer sur scène à la fin du spectacle. C’est suffisamment rare pour être souligné. Je ne vous promets pas que vous aimerez, mais vous resterez pas indifférents !  A voir.

Mes lectures

Les cobayes – Tonino Benacquista et Nicolas Barral

          Deux hommes et une femme sont sélectionnés pour tester un nouvel antidépresseur dont le laboratoire pharmaceutique assure qu’il n’aura aucun effet secondaire. Mais contrairement à ce qui était prévu, il va avoir de lourdes répercussions sur leurs vies. 

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          J’avais entendu beaucoup de bien de cette BD et ayant moi-même connu quelqu’un qui avait participé à des tests pharmaceutiques, j’étais assez curieuse de voir ce que ça donnait. Pourtant, je suis assez mitigée après cette lecture. J’ai bien aimé le dessin, même si je l’ai trouvé un poil austère, il manque un peu de fantaisie. Toutefois, ça colle pas mal avec le sujet ce qui fait que ça ne m’a pas dérangé. Ca concourt d’ailleurs à créer une ambiance particulière qui est plutôt intéressante. Je trouve qu’on imagine assez bien ce que doit être la vie de ces « rats de laboratoire » et leur découverte de ce milieu pour le moins particulier.

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          L’histoire est bien construite : une fois le décor posé, elle monte peu à peu en puissance et prend un tour intéressant. Si j’ai trouvé que tout ce qui était mis en place était bien mené, j’aurais aimé que certains aspects soient un peu plus creusés. J’ai eu un sentiment d’inachevé à la fin de ma lecture. Il est assez difficile à expliquer étant donné la qualité de l’ouvrage. Des thèmes intéressants sont abordés et je pense que l’histoire aurait mérité de se présenter sous la forme d’un roman graphique un peu plus étoffé pour prendre toute son ampleur. Malgré cette petite déception, un ouvrage original et bien construit qui mérite d’être lu et – qui sait ? – appellera peut-être une suite fort bienvenue. 

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Cinéma

Les trois soeurs du Yunnan

Documentaire franco-hongkongais de Wang Bing

          Trois sœurs de 10, 6 et 4 ans, dans une contrée reculée de la Chine, grandissent dans des conditions précaires. Leur père se voit dans l’obligation d’aller travailler en ville pour survivre. Elles sont filmées dans leur quotidien. 

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          Dans l’idée, aller voir ce documentaire me tentait assez. C’est typiquement le genre de cinéma que j’affectionne, celui qui enrichit et ouvre de nouveaux horizons. Et puis les critiques étaient tellement bonnes, la presse s’est enflammée pour ce petit documentaire sur la vie dans les campagnes chinoises. Pourtant, je n’ai pas du tout, mais alors, pas du tout aimé ce film. Je me sens horrible de ne pas m’y être intéressée une seconde, après tout, la vie de ses petites filles est bien réelle et ça aurait dû m’interpeller, me toucher, me faire réagir d’une façon ou d’une autre. Mais non, ça m’a laissée de marbre. Totalement. A tel point que j’ai plongé du nez à plusieurs reprises et ai fini par fuir avant la fin.

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          Sans grande surprise, leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles : une grande pauvreté, des travaux continuels et de la boue absolument partout. Bien sûr, c’est important de savoir que des gens vivent encore comme ça de nos jours mais j’en avais déjà conscience et je pense même que c’est bien moins rare qu’on ne le croit. La pauvreté est présente partout et dès qu’on s’éloigne un peu des villes, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, on trouve des familles dans un pareil dénuement. En Europe aussi d’ailleurs, même si c’est sans doute moins fréquent. Ca nous semble d’un autre âge mais il y a 50 ans de cela – ou à peine plus, cette manière de vivre très chiche et basée sur les travaux de la ferme était également courante dans certaines régions françaises. On s’étonne aujourd’hui, mais n’est-ce pas parce qu’on est totalement déconnecté de nos propres racines et coupé du monde depuis nos appartements surchauffés ?

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          Mais ce n’est pas cela qui m’a dérangée, simplement, ça ne m’a pas suffit suffit pour être éblouie, comme le critique parisien plein de bons sentiments qui n’a jamais vu le cul d’une vache et se laisse impressionner par le premier brin d’herbe venu. Le pittoresque ne me parle guère si rien ne vient en prime me faire rêver ou réagir. D’autant plus qu’il n’y a rien de très bucolique dans ces images baignées d’un épais brouillard (ceci dit, quand il ne pleut pas, ce qui est visiblement rare, le Yunnan doit être splendide). C’est vraiment une histoire de vision du cinéma qui entre en jeu dans l’appréciation de ce film. Pour moi, un documentaire doit amener une réflexion. Il doit enrichir le spectateur, lui donner des clefs pour comprendre ce qu’il voit ; et ici, la vie de ces fillettes est montrée nue, sans artifices mais sans explications non plus. Sans valeur ajoutée. Il m’a manqué le regard du cinéaste ou du journaliste pour aimer ce documentaire.

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          Ce sont restées pour moi des images vides de sens. J’ai regardé la vie de ses enfants et j’aurais aimé que que quelqu’un m’aide à comprendre leur quotidien, connaître leurs rêves. Au lieu de cela, je n’ai vu qu’une succession de scènes de ce qui est le quotidien de bien des familles et je me suis vite ennuyée à périr. J’ai eu la terrible impression d’être dans un épisode de Strip tease, où on ne sait jamais s’il faut rire des sujets ou en avoir pitié. Ici bien sûr, rien ne porte à rire, mais j’aurais voulu pouvoir aimer un peu ses gens, ne pas avoir la désagréable impression qu’on étalait simplement leur misère. C’est toujours difficile de trouver le juste milieu entre les images brutes – comme ici – et des documentaires qui à force de bons sentiments tirent presque sur la fiction et perdent de leur portée. Pourtant, j’ai le sentiment (tout personnel) qu’au cinéma comme en littérature, la réalité ne suffit pas, et l’artiste doit y amener sa touche, si infime soit-elle. A grand regret, j’ai trouvé ce documentaire totalement dénué d’intérêt, le réalisateur ne parvenant pas à transmettre ce qui l’a touché chez ces enfants et lui a donné envie de nous les faire connaître. 

Mes lectures

Né pour être sauvage – Alexis Aubenque

          Ryan est un membre des Hells Angels. Il est de retour à Seattle après quinze ans d’absence avec de noirs desseins et retrouve de vieux amis. Pendant ce temps, la police enquête sur l’agression de la petite amie de l’un d’entre eux. Une affaire tortueuse qui va les mettre sur la route de Ryan. 

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          Quand MyBoox a proposé de gagner ce roman d’un auteur que je ne connaissais pas, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai été très heureuse de faire partie des gagnantes. J’avoue que j’étais assez enthousiaste avant de commencer cette lecture. J’aime beaucoup les polars, même si j’en lis beaucoup moins depuis quelques années déjà, et j’étais ravie de découvrir un auteur que je ne connaissais pas. Malheureusement, je n’ai pas trop accroché avec ce roman. Le style est assez banal et ne m’a pas emballée outre mesure. Quant à l’histoire, elle est très alambiquée et franchement tirée par les cheveux. A tel point que j’ai même à un moment hésité à abandonner.

          J’ai finalement poursuivi ma lecture, sans grande conviction. Si elle ne me passionnait pas, elle n’était pas pénible non plus et j’étais vaguement curieuse de savoir où cette histoire allait mener. J’ai trouvé que les personnages auraient mérité d’être plus fouillés, ils manquent un peu de nuances. L’histoire tient la route dans l’ensemble mais en fait un peu trop et, étrangement, en voulant faire dans l’originalité, l’auteur se disperse sans parvenir à sortir réellement des sentiers battus. Dans l’ensemble, ce roman n’est pas mauvais, il manque simplement un peu d’envergure. Une lecture qui n’est pas désagréable mais ne m’a pas passionnée. 

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Jamais il n’avait accordé crédit aux théories des Hommes en Noir qui travaillaient dans l’ombre, pour l’intérêt de l’Etat fédéral, du Vatican ou encore des Martiens! Et pourtant telle était la réalité. Il pensa à un héros de série télé, et se souvint de son leitmotiv : la vérité est ailleurs !

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Une vraie folie. Il avait passé le samedi soir à boire, et à intervalles réguliers, à sniffer de la cocaïne. Il avait dansé comme un zombie au milieu du salon, remuant la tête en tous sens comme pour faire valdinguer une tignasse imaginaire, jouant de la “air guitar” en compagnie d’autres poivrots semblables à lui. On avait bien essayé de lui mettre une vraie guitare entre les mains, mais il était trop défait pour en sortir un seul accord valable. Pourtant Dieu sait qu’il avait été un authentique guitar hero en son temps.