Mes lectures

Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

          Paul et Louise s’aiment et décide de se marier mais la Grande Guerre va les séparer. Dans les tranchées, Paul croit devenir fou et il profite de la première occasion pour déserter. Mais une fois à Paris, il est contraint à la clandestinité. Pour en sortir, une seule solution : il va se travestir et deviendra Suzanne. 

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          Dès sa sortie, cette BD me tentait beaucoup et les éloges que je n’ai cessé d’entendre dessus n’ont fait que renforcer mon envie de la lire au plus vite. Et puis, comme l’an passé, Priceminister nous a proposé lors du festival d’Angoulême de nous envoyer une BD de la sélection en échange d’une critique. C’est donc celle-ci que j’ai choisie sans la moindre hésitation. Après avoir entendu tant de louanges à son sujet, j’avais un peu peur d’être déçue, c’est toujours le risque quand on en attend trop. Pourtant, même si certains aspects m’ont quelque peu surprise, ç’a été loin d’être le cas.

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          J’ai beaucoup aimé les dessins de cette BD : un univers très marqué, à la fois sombre et d’une certaine douceur. Tout est quasi en noir et blanc, avec simplement des touches de rouge qui ressortent et viennent illuminer les vignettes. L’histoire, inspiré de faits réels, est absolument passionnante. Je n’avais même pas jeté un œil à la quatrième de couverture avant d’entamer ma lecture et j’ignorais que l’histoire se déroulait pendant la Première Guerre Mondiale. Ce fut une excellente surprise.

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          Le contexte historique est très intéressant et l’histoire aborde des thèmes et univers très différents : la guerre, l’amitié, le couple, le désir… L’évolution de Paul et Louise mais aussi et surtout de leur relation est rendue avec beaucoup de justesse. Des premiers regards aux disputes, on suit pas à pas ce couple que la guerre va amener hors des sentiers battus. Une histoire magnifique appuyée par un dessin très poétique. Entre humour et sérieux, entre noirceur et délicatesse : sublime. 

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Si je devais noter cette BD, je lui accorderais 18/20. Merci Priceminister pour cette très belle découverte.

Cinéma

The Grand Budapest Hotel

Comédie américaine de Wes Anderson avec Ralph FiennesTony RevoloriF. Murray Abraham 

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          Monsieur Gustave était le célèbre concierge du Grand Hotel Budapest et Zero Moustafa fut son lobby boy. Ensemble, ils vont vivre de grandes aventures à travers la république de Zubrowka après que madame D ait légué un tableau à la valeur inestimable à l’homme aux clefs d’or.

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          J’avais beaucoup aimé le précédent film de Wes Anderson, Moonrise Kingdom, et j’avais entendu lire le plus grand bien de celui-ci, me donnant plus envie encore de le voir. J’ai tardé à aller le voir et comme je ne suis pas franchement en avance dans mes chroniques – histoire de changer – j’arrive un peu après la bataille. J’ai du mal à trouver que dire de ce film tant les critiques élogieuses ont été nombreuses ! Je ne peux que me joindre au chœur des louanges. Sans surprise, j’ai beaucoup aimé ce film à l’humour savoureux. Les décors en carton pâte, l’élégance venue d’un autre temps, les courses poursuites truculentes : autant d’ingrédients qui donnent à ce film un charme désuet et absolument irrésistible.

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          Mais sous son apparente légèreté, le film ne manque pourtant pas de consistance, voire même d’un certain sérieux. En effet, sous couvert de comédie, le fond est plutôt grave et l’histoire principale laisse apparaître en toile de fond la montée d’une dictature qui s’apparente grandement au nazisme. De plus, Wes Anderson signe un cinéma bourré de références qui ravira les amateurs. La mise en scène est très soignée et l’univers très coloré est un régal. Le panel d’acteurs est franchement exceptionnel, on se délecte du plaisir qu’ils semblent prendre à jouer cette histoire survoltée. Je ne sais pas si je dirais qu’il s’agit d’un très grand film mais j’ai passé un excellent moment et je le reverrais même avec plaisir : une comédie juste comme je les aime.

Cuisine

Cailles aux fruits secs

Pour 2 personnes

2 cailles préparées

4 c. à soupe de moutarde au miel

1 filet d’huile

1 oignon

8 pruneaux dénoyautés

8 abricots secs

1 c. à soupe de raisins secs

1 c. à soupe de pignons de pin

1/2 c. à café de 5 épices

1 filet de vinaigre balsamique

Sel, poivre

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Pour la garniture

1 belle tranche de potiron

8 pommes de terre

1 filet d’huile de sésame

1 pincée de noix de muscade

Sel

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Badigeonnez les cailles avec la moutarde au miel. Si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser de la moutarde en grain ou faire vous même votre mélange avec 2/3 de moutarde fine et 1/3 de miel.

Dans une cocotte, faites chauffer l’huile. Et mettez les cailles à cuire.

Faites-les dorer 2 à 3 minutes sur chaque face puis ajoutez l’oignon, les fruits secs et le 5 épices. Salez, poivrez et laissez cuire à couvert 15 à 20 minutes en retournant régulièrement.

Pendant ce temps, épluchez les pommes de terre et le potiron et coupez-les en gros dés. Mettez à cuire les pommes de terre dans un grand volume d’eau salée pour environ 10 minutes. A mi-cuisson, ajoutez le potiron.

Lorsque les légumes sont cuits, égouttez-les et écrasez-les à la fourchette avec un filet d’huile de sésame. Vous pouvez remplacer l’huile de sésame par une autre huile végétale ou du beurre. Ajoutez la muscade et rectifiez l’assaisonnement au besoin.

Quand les cailles sont prêtes, sortez-les de la cocotte et déglacez-la avec un filet de vinaigre balsamique.

Vous n’avez plus qu’à servir et napper vos cailles avec le jus ainsi obtenu.

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Une recette facile à réaliser et pleine de goût, un régal.

Bon appétit !

Mes lectures

La Horde du Contrevent – Alain Damasio

          Dans des contrées où le vent fait rage, un groupe d’élite est formé dès l’enfance pour l’affronter et remonter jusqu’à sa source : ce groupe, c’est la Horde. Celle du 9° Golgoth est la plus rapide et la plus forte de tous les temps, mais parviendra-t-elle en extrême amont ? et si oui, qu’y trouvera-t-elle ?

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          Vous le savez peut-être, je lis peu de fantasy. Si j’apprécie assez le genre, je suis un peu difficile en la matière, d’autant qu’il est un peu fourre-tout et que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Quand on m’a conseillé ce roman-ci, j’étais mitigée : j’aimais beaucoup l’idée de partir à la recherche de l’origine du vent, en revanche certains artifices utilisés me laissaient perplexe (les pages sont numérotées à rebours, la narration est partagée entre tous les personnages et un sigle nous indique qui parle, bref, c’est compliqué) et puis près de 700 pages tout de même ! Les premières pages m’ont un peu déroutée. Le style est très agréable, en revanche, j’ai eu peur de me perdre dans l’incroyable profusion de narrateurs. Et puis, finalement, je suis rentrée rapidement dans l’histoire et m’y suis peu à peu retrouvée entre chaque personnage, qui a sa voix propre.

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          L’histoire est très prenante et les personnages attachants. Si la construction peut surprendre au début, elle s’avère efficace. Ce récit est celui d’une quête et il est aussi intéressant de suivre les aventures du groupe que la manière dont elle influe sur chacun. Les relations évoluent au fil des pages, des liens se tissent ou se dénouent et nous passionnent autant que la recherche de l’origine du vent. C’est sans doute un des aspects qui rend ce roman si passionnant : l’univers autant que ceux qui le peuplent est très travaillé, chaque aspect est approfondi, avec un soin du détail qui donne une belle profondeur à l’ouvrage. Chaque personnage a sa voix propre et ses failles, ce qui ne les rends que plus humains. Certains trouveront peut-être l’histoire un rien compliquée, avec des concepts pas toujours simple à appréhender, mais cela ne m’a pas dérangée et j’ai même trouvé que ça contribuait grandement au charme de l’histoire et à l’immersion dans ce monde où le vent prédomine. L’univers très fouillé classe ce livre dans ce que la fantasy offre de meilleur : un vrai régal ! J’ai dévoré ce roman avec un grand plaisir et, après avoir fini ma lecture, je me suis longtemps demandé ce que devenaient ses personnages. Un véritable coup de cœur !

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La maturité de l’homme est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant.

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L’héroïsme c’est d’accepter la honte de survivre.

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Pour ma part, j’avais longtemps pensé qu’être noble relevait du respect de trois principes cardinaux : la générosité, l’élévation et le courage.

Pour en savoir plus sur cet univers si particulier, n’hésitez pas à aller voir le site qui lui est dédié : c’est ici.

Théâtre

Ballet Revolucion

          La troupe cubaine de Ballet Revolucion mélange les styles entre la grâce du ballet, la sensualité des danses latines et l’énergie des mouvements contemporains. Un show unique sur des musiques actuelles revisitées qui a déjà fait le tour du monde.

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chicas4          J’ai gagné deux places pour assister à ce spectacle grâce à Luzycalor que je remercie. Ca tombait à pic puisque justement, ce spectacle me tentait beaucoup et seul les tarifs me faisaient hésiter (comme souvent à Paris…). J’ai finalement bien fait d’attendre, jamais je n’aurais été aussi bien placée si j’avais pris les places moi-même : dans une loge tout devant, avec super vue sur la scène, l’idéal pour bien profiter du spectacle ! Autant vous dire que j’étais tout excitée à cette idée ! Une seule chose m’inquiétait un peu malgré toutes les critiques très positives que j’avais entendues, le mélange du ballet et du contemporain me laissait perplexe et je n’étais pas sure d’apprécier les musiques. Usher, Rihanna ou David Guetta ne sont en effet pas ma tasse de thé et je voyais mal ce que ça pouvait donner avec de la danse classique…

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photo-by-Nilz-Boehme_BRE0228_N1          Mes craintes se sont vite envolées tant ce qui se déroule sur scène est fascinant ! Les tableaux sont vraiment magnifiques, même si dans la première partie il y a peut-être quelques longueurs. La musique, jouée par un orchestre sur scène, passe finalement très bien et le mélange de danse classique et contemporaine avec quelques accents de danses latines est aussi original que réussi. D’un morceau à l’autre, les univers sont très différents et j’ai beaucoup aimé cette variété. Dans ce type de spectacle, j’apprécie particulièrement les tableaux dans lesquels les danseurs sont très nombreux sur scène ; même si les solos sont nécessaires pour laisser la place aux figures les plus techniques, j’ai tendance à trouver que l’harmonie laisse une impression plus forte par l’énergie dégagée. L’équilibre entre le performance individuelle et collective est ici extrêmement bien dosée, ce qui est assez rare. Je n’ai vraiment rien à redire à ce spectacle tout y est impeccable, jusqu’à la plastique parfaite des danseurs qui vend du rêve à elle seule. Je n’hésiterai pas à prendre des places si la troupe repasse sur Paris. J’ai passé une excellente soirée avec ce Ballet Revolucion plein d’énergie et d’inventivité. Magnifique.