Divers

Mars, le bilan

          Un mois de mars qui est passé super vite ! On ne peut pas dire qu’il ait été beaucoup plus productif pour autant. Avec notamment beaucoup de mal à écrire pour le blog. 6 livres lus ce mois-ci dont de sacré pavés. Quasi que de bonnes surprises ! J’ai été ravie de retrouver l’univers de Philip Pullman dans La belle sauvage, j’ai dévoré La fille du roi des marais et j’ai été très touchée par L’oiseau, le goudron et l’extase dont la lecture s’est avérée éprouvante.

v2 sig

          Côté cinéma 3 films vus et beaucoup d’ennui. The ride sort toutefois du lot. Je ne suis pas sure de pouvoir aller jusqu’à dire que j’ai aimé mais il faut reconnaître que ce film m’a un peu secouée quand même. Bref, j’étais pleine de bonnes intentions et j’avais envie de retourner au ciné mais on ne peut pas dire qu’entre un choix de films douteux et la fin de mon abonnement je sois beaucoup aidée.

          Pour les sorties, ça reste calme mais j’ai fait un aller-retour rapide pour aller découvrir la magnifique exposition Van Gogh et le Japon à Amsterdam. Je vous en parle très vite. J’en ai également profité pour visiter le musée de la ville. Ma cheville peine à s’en remettre mais c’était sympa. Ca m’a donné envie de recommencer à aller voir des expositions même si à chaque fois il me faut une bonne semaine pour récupérer. Je suis aussi en grave manque de théâtre, je vais voir ce que je peux trouver en avril pour arranger ça.

Mes lectures

Une Vie de Guy de Maupassant

          À dix-sept ans, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, elle attend l’amour… Elle a si souvent pressenti le frémissement des cœurs, l’élan des âmes, espéré ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu’il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L’être créé pour elle… Le même écho s’éveille en leurs cœurs.
Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d’alcôves, des désirs d’hommes ? Que sait-elle de l’amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent… Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C’est une vie qui se déroule…

Couverture de Une vie, Le livre de Poche

          Je continue ma série « classiques de la littérature » avec cette fois un roman de Guy de Maupassant. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? un peu par hasard à vrai dire. Je le connaissais de nom mais je n’avais aucune idée de quoi ça pouvait bien parler. Heureusement d’ailleurs que je n’avais pas lu le résumé ci-dessus sinon je n’aurais jamais ouvert ce roman. Si j’ai lu beaucoup de nouvelles de Maupassant, je connais en revanche très mal ses romans. Je garde de Pierre et Jean lu au lycée le souvenir d’un ennui mortel et je comptais bien essayer de me réconcilier avec les romans de l’auteur. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec celui-ci dont je ne connaissais pas l’histoire mais j’espérais retrouver toute la justesse et la noirceur de ses nouvelles. J’ai donc commencé ma lecture dans un bel élan d’enthousiasme (oui, encore).

          Je dois avouer avoir été un peu déçue. Le début est assez « mignon », pour ne pas dire mièvre, avec cette jeune fille naïve qui sort du couvent et tombe amoureuse pour la premier fois avec de grands élans de romantisme. Pas franchement ma tasse de thé (ou ma bolée de cidre en l’occurrence). Comme on s’en doute, l’idylle est de courte durée et tout ça tourne assez mal. Toutefois, si c’est loin d’être tout rose et que ça décrit sans doute très bien l’isolement d’une bourgeoise du XIX° siècle maltraitée par son mari, on ne me pas dire que j’aie éprouvé une énorme compassion pour le personnage que je trouve grosso modo fade et sans intérêt. Les deux sont assez caricaturaux dans leur genre et ce n’est pas franchement évident de s’y reconnaître. Heureusement, le style très maîtrisé et la brièveté de ce roman le rendent agréable à lire et ne permettent pas vraiment d’avoir le temps de se lasser. Si ce livre ne manque pas de qualités, notamment stylistiques, je trouve qu’il n’a pas la force des nouvelles de l’auteur.

Portrait de Guy de Maupassant

On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts.

_______________

Ses relations avec Julien avaient changé complètement. Il semblait tout autre depuis le retour de leur voyage de noces, comme un acteur qui a fini son rôle et reprend sa figure ordinaire. C’est à peine s’il s’occupait d’elle, s’il lui parlait même ; toute trace d’amour avait subitement disparu ; et les nuits étaient rares où il pénétrait dans sa chambre.

_______________

Elle semait partout des souvenirs comme on jette des graines en terre, de ces souvenirs dont les racines tiennent jusqu’à la mort.

Mes lectures

Un jour tu raconteras cette histoire

Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n’attend plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre avec Jim vient tout bouleverser. En 2014, après trois ans d’une romance tourbillonnante, on diagnostique chez Jim un cancer du pancréas. Au cours des dix-neuf mois qui suivent, alors qu’ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce découvre ce que signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance, de l’angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant.

Un jour tu raconteras cette histoire, couverture

J’ai découvert Joyce Maynard il y a deux ou trois ans et j’ai jusque-là beaucoup aimé chacun des romans que j’ai lus d’elle (et tout particulièrement le dernier Les règles d’usage). J’avais donc hâte de lire celui-ci. Je crois bien que je n’ai même pas jeté un œil à la quatrième de couverture avant de l’entamer. Quand bien même je l’aurais fait, j’aurais eu envie d’en savoir plus sur le deuil de son mari, ne doutant pas que même si ce n’est pas un thème qui me parle beaucoup, elle saurait trouver les mots qui le rendraient universel. Bref, j’attendais beaucoup de ce livre.

J’ai été cruellement déçue. Dès le début, quelque chose n’est pas passé avec le style. Ou plutôt avec le ton. Ce n’est pas mal écrit, loin de là. Ce n’est pas larmoyant, ni mièvre. Rien de particulier à lui reprocher donc, si ce n’est que je n’ai pas retrouvé l’écriture que j’aime tant d’habitude. Comme si en racontant son histoire elle prenait de la distance, mettait des barrières, et était étonnement moins dans l’émotion. Je ne suis pas sûre que ce soit le cas, mais c’est en tout cas l’impression que ça m’a fait. De rester loin de l’histoire, de la regarder de haut sans parvenir à rentrer dedans malgré mon envie de m’y intéresser.

L’auteur parvient pourtant à aborder des sujets qui nous touchent tous. On parle dans ce roman de rencontres, de divorce, de famille, d’amour, de peur, d’indépendance… Elle se livre sans retenue et on se reconnaît forcément dans tel ou tel aspect évoqué. Mais n’empêche toujours impossible de vraiment m’y intéresser. Franchement, je me suis sentie garce de me contrefoutre à ce point de ses histoires de cœur. Je n’ai même pas un seul argument valable. Je comprends qu’on adore ce roman, qu’on le trouve bien écrit, sensible, touchant… Sauf que moi, ça ne m’a pas du tout touchée, et pourtant je n’attendais que ça. La vie est mal faite parfois. Il faut dire aussi qu’en ce moment je suis un peu pénible côté lectures. Tout ce qui est un peu historique, ça passe, dès que c’est un peu plus intime, je m’ennuie. Une phase comme une autre, ça finira bien par passer. Même si je n’ai rien à reprocher à ce roman, je n’ai pas réussi à en venir à bout. J’espère qu’il vous plaira plus qu’à moi.

Portrait de Joyce Maynard

Je n’ai compris tout le sens du mariage que lorsque le mien était sur le point de s’achever. J’ai découvert ce qu’était l’amour quand le mien quittait le monde.

_______________

J’espère toujours, quand j’écris, que mes mots vont toucher quelqu’un, peut-être une adolescente, une femme à qui ses enfants ne parlent pas, un garçon qui ne peut pas avouer à ses parents qu’il est gay, quelqu’un qui a connu la honte de ne pas s’être montré à la hauteur des idéaux de perfection, de désintéressement ou de noblesse auxquels il aspirait, et du personnage que tant de gens s’escriment à maintenir. J’aimerais que ces gens sachent qu’ils ne sont pas seuls.

Cinéma

Pentagon papers

          Drame américain  de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson
          Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Affiche du film Pentagon Papers

          J’ai une certaine passion pour les films sur des scandales dénichés par la presse. Les grandes heures du journalisme ont tendance à me fasciner. Je suis très bon public pour ce genre de film. Je ne pouvais donc pas rater Pentagone Papers. Je sortais de me grotte après plusieurs mois d’hibernation (sans Twitter ni télé, si si), j’ai juste lu le synopsis sans même regarder qui l’avait réalisé ou qui jouait dedans, totalement à l’arrache quoi. Ce n’est peut-être pas plus mal, au moins je n’avais pas d’attentes démesurées. Le risque de déception était moindre.

Image du film Pentagon Papers

          L’histoire est assez folle. C’est du gros gros scandale quand même. Sauf que bon, côté réalisation j’ai trouvé que ça ronronnait pas mal. Il y a un joli casting mais pourtant les performances d’acteurs sont loin de m’avoir éblouie. Il n’y a pas de réel suspens et assez peu d’émotion. Les personnages ne sont pas non plus particulièrement attachants. Ca tourne beaucoup autour de la directrice du journal, grande mondaine cantonnée à un rôle de potiche pendant une grande partie du film. Pas de quoi exciter les foules. Heureusement que le scoop était gros sinon il n’y aurait pas grand chose dans ce film auquel je dois quand même reconnaître une belle esthétique. Si j’ai plutôt passé un bon moment, j’ai trouvé que l’ensemble manquait clairement de rythme et d’audace. Dommage.

Mes lectures

Oliver Twist

          Dans un orphelinat de l’Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d’infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu’au jour où une provocation de trop le pousse à s’enfuir vers Londres. Epuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs.
Couverture d'Oliver Twist de Charles Dickens

          Je continue mon exploration de la littérature classique avec cette fois une histoire réputée sordide. Les premières pages d’Oliver Twist sont un vrai régal. Charles Dickens y fait preuve d’un humour noir qui m’a ravie au plus au point. C’est du grand art. Je ne m’attendais pas à trouver autant de dérision et de mauvais esprit dans ce livre. Cet homme est un génie. Malheureusement, plus l’histoire avance et plus le style prend un tour sérieux. Le second degré pointe bien encore parfois le bout de son nez mais de plus en plus timidement jusqu’à disparaître tout à fait. Cruelle désillusion… J’ai toutefois continué ma lecture, non sans plaisir.

          L’histoire est donc celle d’un petit orphelin, comme chacun sait, placé chez une horrible femme et qui après s’être enfui doit trouver le moyen de survivre seul à Londres. Pas très joyeux, vous en conviendrez. Les rebondissements se succèdent à un rythme effréné avec une crédibilité de plus en plus douteuse. Et surtout, plus ça avance et plus ça vire mièvre… J’ai également trouvé que les personnages étaient bien souvent trop stéréotypés (même si à vrai dire ça leur confère un certain charme). Malgré tout, on se lasse prendre par l’histoire de ce petit garçon si touchant. Si dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture, ce sont toutefois les premières pages qui m’ont le plus convaincue par leur ton grinçant.

Charles Dickens

Le fait est qu’on eut beaucoup de peine à décider Olivier à remplir ses fonctions respiratoires, exercice fatigant, mais que l’habitude a rendu nécessaire au bien-être de notre existence.

_______________

Ton lit est sous le comptoir. Tu n’as pas peur de coucher au milieu des cercueils, je suppose ? D’ailleurs qu’importe que cela te convienne ou non ? Tu ne coucheras pas ailleurs.