Théâtre

Théâtre, cirque, danse : derniers spectacles vus

  • Un Noël à New-York, à la comédie Nation

New-York, le 24 décembre.. Le fils et sa nouvelle fiancée font irruption dans l’appartement de la mère . Mais à l’étonnement de la mère s’ajoute celui du fils qui la trouve en compagnie de son amant du moment.

Un Noël à New-York, Comédie NationJe n’étais jamais allée à la Comédie Nation, bien que je passe souvent devant. Cette petite comédie musicale tentait bien le fan de jazz qui m’accompagne, nous avons donc décidé d’aller voir de quoi il retournait. Au début je dois dire que je craignais un certain amateurisme. Finalement, je suis assez vite rentrée dans cet univers festif. La musique est entraînante et j’ai été agréablement surprise par les parties chantées. Les comédiens ont de belles voix (deux notamment chantent particulièrement bien) et aucune fausse note n’est à déplorer de ce côté-là. En revanche, l’écriture des parties jouées est plus approximative. Ca manque parfois un peu de rythme, c’est par moment un peu long et un peu laborieux. Les parties dramatiques sont dans l’ensemble plus réussies que celles plus légères même si on rit à de nombreuses reprise. Malgré quelques moments un peu longs, l’émotion est au rendez-vous dans cette comédie musicale jazzy, parfaite pour les fêtes. Si le texte manque un peu de tenue, ce sont les chansons qui restent au cœur de cette comédie de Noël et le tout possède une belle énergie qui nous fait passer un bon moment.

  • Wheeldon – Mac Gregor – Baush, à l’Opéra Garnier

Wheeldon-Mac Gregor-Baush, afficheCette année, je me suis fait un programme ballet assez chargé à l’opéra, avec 8 spectacles cette saison (pour le moment, j’en ai vu 2 – ou 3 – et je n’en ai raté qu’un). Bien que j’aie fait un peu de danse classique, je n’y connais pas grand chose mais j’apprécie de plus en plus tant les grands classiques que les créations contemporaines. J’aime assez ce principe de mêler plusieurs styles – ou de les enchaîner plus précisément – au sein d’un même spectacle, permettant ainsi de découvrir différents chorégraphes et la corrélation qui existe entre eux. Cette fois, le lien entre les 3 parties était un hommage à Pierre Boulez (mort justement -étrange coïncidence – la semaine où j’ai vu le spectacle).
La première partie est somme toute relativement classique mais je l’ai trouvée très belle même si elle reste peut-être un peu trop académique : des danseurs en justaucorps évoluent avec grâce sur le scène, tantôt en couple, tantôt en groupe, dans un ballet assez fascinant servi par de belles lumières. Simple et efficace.
Le deuxième volet est quant à lui ultra contemporain. La musique est on ne peut plus étrange (signée Boulez donc) et les lumières ultra travaillées avec des costumes très graphiques pour un résultat hypnotique. Un peu étrange, pas vraiment mon style, mais très beau tout de même dans son style si particulier.
La troisième partie est de loin la plus surprenante, la plus belle, la plus réussie. Durant l’entracte, les machinistes déversent des bennes entières de terre sur la scène pour un sacre du printemps à la fois léger et très charnel. J’ai rarement vu quelque chose d’aussi puissant et délicat à la fois. La puissance d’évocation et la puissance dramaturgique sont assez incroyables. Une danse sensuelle, brutale et pourtant très aérienne. Époustouflant.

  • Roméo et Juliette, à la Comédie Française

Roméo et Juliette, Comédie Française, afficheVoilà une pièce qui m’a quelque peu déroutée. J’avais vu un très bon Roméo et Juliette mis en scène il y a quelques années à Toulouse et j’en gardais un souvenir ému. J’attendais avec impatience cette version proposée par Eric Ruff, dont j’apprécie énormément le travail. A première vue, le décor n’est pas fou fou – et étonnement classique – même s’il s’avère assez ingénieux. Malgré cette petite déception du côté du décor, j’ai très vite senti que j’allais beaucoup aimé cette mise en scène qui propose une relecture assez originale du si célèbre Roméo et Juliette. Le premier acte est à mon sens le plus réussi (et de loin !). Eric Ruf s’ingénie en effet à mettre en avant par le jeu des acteurs tout l’humour de Shaskespeare. Il choisit de placer la pièce dans une Italie du milieu du XX° s. dans laquelle la chanson tient une place importante. Ca m’a rappelé le cinéma italien des années 50 (ou 60, je ne suis pas très douée avec les décennies) et le comedia del arte. La musique utilisée (une tarentelle ?) est très entraînante. On rit souvent et j’ai trouvé que cette conception de la pièce trouvait sa pleine mesure lors de la scène de la rencontre, une des plus réussies que j’aie pu voir. Très émouvante.
Malheureusement, la suite fonctionne un peu moins bien. En grande partie parce que malgré les nombreux traits d’esprits de l’auteur, la pièce demeure éminemment tragique. Comme souvent à la Comédie Française, j’ai trouvé que c’était légèrement surjoué, avec une diction un peu ampoulée – même si ça reste ici assez léger. Un peu plus de naturel aurait selon moi était bienvenu. Cela dit, Laurent Laffite, Roméo et la nourrice sont excellents. Ca me fait toujours un peu bizarre de voir des comédiens qui ont 30 ou 35 ans jouer des adolescents, mais bon, les gros rôles exigent souvent un minimum d’expérience. J’ai trouvé dommage de continuer à insister autant sur l’aspect comique dans la deuxième partie de la pièce où, s’il est présent, il n’est pas dominant. Un glissement de la légèreté du début vers le tragique de la fin aurait été plus subtil et naturel. L’insistance sur les piques de Shakespeare rend la fin moins émouvante et lui enlève un peu de sa force. Malgré une deuxième moitié moins réussie, j’ai dans l’ensemble beaucoup aimé cette représentation originale dont le début fonctionne très bien. Une belle tentative pour dépoussiérer une des pièces les plus célèbres du théâtre classique.

Roméo et Juliette, Comédie Française

Du 5 décembre 2015 au 30 mai 2016
Salle Richelieu
13€ à 41€ la place

  • 37° Festival du cirque de demain, sous le chapiteau du cirque Phoenix

37° festival du cirque de demain, afficheJ’aime beaucoup le cirque et depuis quelques années je commence à en revoir un peu. Les acrobaties me fascinent et c’est toujours le même bonheur d’entrer sous un chapiteau, même si aujourd’hui je préfère nettement le cirque contemporain au traditionnel. J’étais assez curieuse de découvrir les numéros de ces jeunes artistes venus du monde entier. Ne pouvant pas m’offrir le pass pour toute la durée du festival, j’ai choisi d’aller voir le spectacle des lauréats. Je ne sais pas si c’était le meilleur choix, en tout cas les numéros étaient de qualité. Sur 10 numéros, j’ai eu 4 coups de cœur et peu de grosses déceptions (à part les clowns, mais je n’aime généralement pas ça) : un numéro de diabolo survolté, deux jeunes à la planche coréenne – si c’est bien là son nom – qui offrent un numéro impeccable, deux autres au cerceau avec un numéro plein d’humour et de tendresse, et enfin, un jeune homme totalement loufoque avec un magnifique numéro d’équilibre – mon chouchou. Mention spéciale aussi à un numéro de sangles très esthétique et technique même si un peu lent. Comme dans tout concours, je n’étais dans l’ensemble pas trop d’accord avec les prix remis qui ne m’ont pas paru récompenser l’originalité. Mais bon, je suis loin d’être une spécialiste. Un festival qui permet de découvrir de jeunes artistes venus du monde entier avec des univers très variés. Les numéros sont sélectionnés avec soin et on en ressort admiratif.

  • Maputo Mozambique au Musée du Quai Branly

Spectacle-Maputo-Mozambique-
@Musée du quai Branly -photo Cyril-Zannettacci

Certains l’auront remarqué, je vois pas mal de cirque dernièrement (un article sur différents spectacles est d’ailleurs à retrouver ici). Je suis habituellement plutôt attirée par les acrobaties mais ces jongleurs du Mozambique m’intriguaient beaucoup. J’étais très curieuse de voir ce qu’ils proposaient et je n’ai franchement pas été déçue ! Leur spectacle est présenté comme du jonglage musical et je ne saurais mieux le définir : à la fois jongleurs et chanteurs, ces six artistes se servent de leurs balles – ou autres instruments d’ailleurs – non plus seulement pour jongler, mais aussi comme percutions. Dès les premières secondes j’ai su que j’allais adorer ce spectacle à la frontière des genre : chants polyphoniques africains, percussions, danse, jonglage, le tout servi par une mise en scène épurée et un très beau clair-obscur. La mise en scène très maîtrisée fonctionne à merveille.
Ce qui éblouit ici, ce n’est pas tant la performance des ces jongleurs pris individuellement (on s’arrête à 3 balles je crois, soit plus ou moins la base) mais leur inventivité et surtout leur incroyable synchronisation qui trouve son apogée dans un morceau où chacun marque le rythme en faisant rebondir les balles sur un tam-tam pour accompagner le chant. J’ai également adoré le passage où ils jonglent avec des sacs plastique, tout en s’en servant une fois de plus comme instrument de musique. Le spectacle est un peu court mes les artistes ne quittent jamais la scène, enchaînant les chansons-numéros. J’ai été totalement conquise par ce Maputo-Mozambique esthétique, original et touchant. 

Du 18 au 22 février 2016
Musée du Quai Branly
20€ la place
Rencontre avec les artistes les vendredi et samedi

Photo

Un week-end à Amsterdam

          Pour Noël, je me suis vue offrir deux jours à Amsterdam, ville dont j’étais tombée amoureuse il y a cinq ans maintenant sous un soleil éclatant (l’article photo tout destroy à cause des différents changements de look du blog est ici). Un cadeau absolument parfait ! Evidemment, début janvier, le temps était moins clément que la première fois avec du brouillard et de nombreuses averses mais si ça donne à la ville un côté autrement plus austère, elle n’en est pas moins belle pour autant.

Amsterdam - quartier rouge Amsterdam - quartier rouge Amsterdam - quartier rouge

          Le temps nous étant compté, nous avons surtout erré de canaux en canaux, prenant des photos (pas tant que ça parce le temps s’y prêtait moyennement et j’ai amèrement regretté feu mon 30mm) et s’arrêtant dans un certain nombre de cafés pour se réchauffer – programme qui n’aurait su mieux me convenir. Côté visite, uniquement le Rijksmuseum, et encore seulement l’étage réservé à la peinture flamande – qui nous a quand même occupé 3h. Les musées sont chers (17,50€) et ferment tôt (17h). Quant à la maison d’Anne Franck, les 2 ou 3h de queue sous la pluie un lundi matin ont de quoi déconcerter.

 Amsterdam - sabots hollandais Amsterdam - marché au fleurs - tulipes Amsterdam - vélos

          J’avais le souvenir d’une nourriture assez infâme dans cette ville où en dehors de ça il semblait faire bon vivre. Cette fois, aucune fausse note dans l’assiette : une cuisine simple et équilibrée, souvent assez exotique. Nous y avons dégusté un petit déjeuner « healthy » juste parfait avec porridge et fruits frais ! De bonnes bières locales et de l’excellent café ont complété le tout. Les petits cafés sympathiques – à la déco tantôt taverne rustique, tantôt scandinave chaleureux mais épuré – y sont légion. La ville est réputée pour ses restos thaï et j’ai regretté de ne pas avoir l’occasion de tester un des nombreux restos indonésiens, visiblement tous fermés le lundi midi.

 Amsterdam - pont mobile Amsterdam - pont mobile Amsterdam - pont mobile

          Le centre ville est assez petit et c’est clairement une ville pensée pour les cyclistes qui ont en toutes circonstances la priorité. Les vélos sont partout, tout le temps, de toutes sortes. J’aime la quasi absence de voiture, le côté vert et les maisons toutes tordues. J’ai aussi développé un début d’addiction au vieux cheddar. Par contre – fait surprenant – la ville était absolument dégueulasse lors de notre passage. L’hyper centre est joli mais un peu agressif avec ses néons de coffee shop et de maisons closes. Nous y avons tout de même passé pas mal de temps avec notamment le marché au fleurs. Si l’occasion se présente je souhaiterais une prochaine fois découvrir des quartiers plus excentrés.

 Amsterdam - vue de nuit Amsterdam - vue du nuit Amsterdam - vue du nuit

          J’ai beaucoup aimé flâner dans les rues du Jordaan, quartier bobo plus résidentiel où on trouve beaucoup de bars et restaurants moins touristiques que dans le quartier rouge et nombre de petites boutiques très sympa : déco, épicerie… idéal pour se promener et ramener quelques souvenirs. Ca m’a un peu rappelé les Batignolles parisiennes dans l’esprit. Le quartier des antiquaire mérite également le détour pour les curiosités qu’il propose. Une capitale à taille humaine que je trouve très agréable pour une escapade le temps d’un week-end.

Amsterdam - pont, cycliste, vélos

          Des allers-retours sont disponibles depuis Paris à partir de 70€ A/R. Pour les moins pressés, il existe également des bus à partir de 38€ A/R. Pour un hôtel proche du centre ville, comptez minimum 75€ par nuit.

Je n’ai pas noté d’adresses de boutiques mais voici celles de quelques cafés que nous avons appréciés :

  •  Caffè Il Momento – Singel 180
  • Harlem – Haarlemmerstaat 77
  • Louis – Singel 43
  • Vinnies – Haarlemmerstraat 46 HS

Vous pouvez découvrir quelques photographies supplémentaires prises durant ce séjour sur mon compte Instagram.

Mes lectures

Nouvelles et autres textes courts

          J’ai beau lire presque exclusivement des romans, j’ai toujours eu un attrait particulier pour les recueils de nouvelles qui je trouve sont souvent un bon moyen de découvrir l’univers d’un auteur. En voici quelques-uns, assortis d’autres textes courts. J’en ai aimés certains, d’autres moins, faites votre choix.

Macadam, Jean-Paul Didierlaurent

Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit.

Macadam - Jean-Paul DidierlaurentJe dois avouer que quand j’ai reçu ce petit recueil au milieu des romans de la rentrée littéraire, je me suis dit que ça me ferait une pause agréable au milieu de lectures plus ardues. Si en effet ce livre se lit facilement, je n’ai pas été franchement convaincue. J’ai trouvé ces nouvelles « gentillettes » et plutôt convenues. A tel point que, si elles ne sont pas désagréables à lire, je n’ai pas eu l’envie d’aller jusqu’au bout. En lisant d’autres articles sur ce recueil, je ne suis tombée que sur des avis très élogieux qui semblent notamment dire que toutes ces nouvelles forment un tout réussi et surprenant. Ca m’aurait presque donné envie de reprendre ma lecture pour vérifier (un jour peut-être mais là, le temps me manque déjà pour lire tout ce qui me tente alors…). Un texte un peu fade qui ne m’a pas emballée mais auquel je donnerai peut-être une seconde chance.

La guerre l’avait finalement recraché parmi les siens, décharné et mutique. Il était rentré au pays amputé d’une partie de son esprit, comme d’autres étaient revenus sans bras ou sans jambes, avec la certitude que le morceau manquant de son âme était resté là-bas, au cœur de cette forêt, captif de l’entrelacs de racines.

Silhouettes, Jean-Claude Mourlevat

Lorsqu’elle découvre que son acteur préféré vient tourner près de chez elle, Pauline, répond à une annonce pour être « silhouette » sur le tournage… Puisque ses jours sont comptés, M. Duc n’a qu’une idée en tête : retrouver les personnes auxquelles il a fait du mal autrefois et leur demander pardon… Dans le car qui l’emmène en colo, Guillaume s’aperçoit qu’il a laissé son chat enfermé dans sa chambre. Que réservera le destin à ces héros ordinaires ?

Silhouettes - Jean-Claude MourlevatOn m’a prêté ce recueil estampillé « ado » il y a un certain temps et je dois avouer que je ne me suis pas jetée dessus… J’avais sans doute peur de quelque chose d’un peu facile ou de déjà vu. Pourtant j’ai été agréablement surprise par ces nouvelles dans l’ensemble très réussies. Si ces nouvelles s’adressent plutôt à un public adolescents, elles n’en sont pas pour autant mièvres ou condescendantes, bien au contraire. Certains de ces textes sont assez cruels. Le déroulé des événements et la chute ne surprennent pas à tous les coups mais ils parviennent parfois à faire mouche et chaque histoire fonctionne malgré tout. L’auteur fait montre d’un humour noir des plus délectables et la vie chez lui n’est pas avare en rebondissements à la fois inattendus et criants de vérité. Un recueil qui s’avère assez homogène et révèle une belle connaissance de la nature humaine : jubilatoire. 

J’aurais aimé quelques mots de plus . Écrivez-les moi, s’il vous plaît. Juste quelques mots qui signifieront que j’existe un peu.

Les eaux troubles du mojito, Philippe Delerm

Un recueil de nouvelles sur les plaisir transgressif du mojito, la surprise provoquée par l’averse, la perfection de la pastèque, la nostalgie, l’amour et le bonheur. Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre.

Les eaux troubles du mojito - Philippe DelermJe ne suis pas une grande fan des textes de Delerm. D’aucuns jugeront que c’est un parfait manque de sensibilité mais je me fiche comme d’une guigne de ce qu’il peut bien ressentir en buvant sa bière. Le filon semble toutefois bon puisque les recueils se sont enchaînés année après année. Le titre de celui-ci présageait de quelque chose dans le même goût que les premiers. Sans surprise, j’ai trouvé ce livre parfaitement sans intérêt. Trop de bons sentiments. Je ne m’étendrait donc pas. J’ai vaguement espéré qu’avec l’âge je réviserais mon avis sur ce type de texte mais visiblement toujours pas, allez, je retenterai ma chance dans une dizaine d’années, qui sait ? Si je n’ai toujours pas d’affinités avec cet auteur pourtant fort sympathique, je suis convaincue que les amoureux de Delerm se retrouveront totalement dans ce texte dans la lignée de La première gorgée de bière.

On aime les choses telles qu’on les a trouvées, même les plus alambiquées, les moins utiles, les moins fonctionnelles. On veut les vies d’avant sa vie, et les faire siennes, épouser le décor et lui faire plaisir.

Princesse vieille reine, Pascal Quignard

Cinq contes. Cinq merveilleuses robes : une longue tunique franque, une robe de soie de Chine longue et souple, un kimono japonais tout raide, un manteau de fourrure immense, une robe à crinoline Napoléon III. Plus le souvenir de la fourrure d’un chat et celui d’une robe en serge noir d’enfant.

Princesse Vieille Reine - Pascal QuignardJe connais assez peu Pascal Quignard mais j’ai aimé chaque texte que j’ai lu de lui ou que j’ai eu l’occasion de voir mis en scène. Je trouve son écriture d’une rare délicatesse et son érudition m’enchante. Quand j’ai vu que ce texte était joué au théâtre du Rond Point, j’ai eu très envie d’aller le voir. J’avais beaucoup aimé Le nom sur le bout de la langue, vu il y a quelques années joué par la même actrice (Marie Vialle). J’en garde un excellent souvenir. Malheureusement, j’ai découvert l’existence de cette pièce un peu tard et n’ai pas eu l’occasion de la voir. Quelques semaines plus tard, une amie de ma mère m’a fait la surprise de m’en offrir le texte et je me suis empressée de le lire. J’ai aimé retrouver l’univers si particulier de cet auteur. Ce récit se présente comme une succession de cinq contes. Certains m’ont touchée plus que d’autres même s’ils semblent s’enchaîner en un seul mouvement mais j’ai aimé tant leur poésie que les thèmes qu’ils abordent. On referme ce livre à regrets. Un très beau texte, subtil et plein de sensibilité.

Le temps passait, versait, tournait, tombait, s’en allait, mais point leur amour.
Point leur désir qui revenait sans cesse.

Tartarin de Tarascon, Alphonse Daudet

A Tarascon, Tartarin raconte partout qu’il est le plus grand chasseur. Pour raconter, ça, il raconte beaucoup, et pour expliquer, ça, il explique ! Mais les gens de Tarascon, eux, voudraient bien voir des preuves de son héroïsme… Alors, à force de le dire, Tartarin de Tarascon est bien obligé de partir… en Afrique, au pays des lions !

Tartarin de Tarascon - Alphonse Daudet - LibrioVoici un grand classique qui est plutôt un roman mais que j’ai jugé suffisamment court pour trouver sa place dans cet article (de toute façon on est chez moi, c’est moi qui décide). Ce livre est un classique de la littérature française dont on a tous forcément entendu parler et j’avais le souvenir qu’on me l’avait vendu comme quelque chose de très drôle. Je dois avouer avoir été déçue (oui, c’est un peu l’article des déceptions). Ce texte a franchement vieilli. J’ai trouvé l’humour lourdingue et le style daté. Ce texte a beau être très court, j’ai trouvé cette lecture extrêmement longue… Je me suis même demandé si j’allais en venir à bout (et pourquoi on en faisait un tel cas, par la même occasion). Sans doute aurais-je ri si j’avais lu ce texte à 13 ou 14 ans… et encore. Malheureusement, je suis bien plus adepte du cynisme que de la farce et je n’ai pas su goûter toute la saveur de ce texte. Une rencontre manquée.

Avec cette rage d’aventures, ce besoin d’émotions fortes, cette folie de voyages, de courses, de diable au vert, comment diantre se trouvait-il que Tartarin de Tarascon n’eût jamais quitté Tarascon ?

La vraie gloire est ici, François Cheng

Avec ce titre, qui a tout d’un énoncé manifeste, le subtil penseur du vide médian ose de déroutants alliages : l’âpre et la joie, le silence et la lucidité, la mort et les nuages, les oiseaux et les larmes, l’émoi et les étoiles…

La vraie gloire est ici - François ChengJe suis tombée amoureuse il y a très longtemps des écrits de François Cheng. Je les trouve d’une rare sensibilité. J’ai commencé par ses romans avant de m’attaquer à sa poésie (son domaine de prédilection) et ses textes sur la calligraphie. Si ses romans sont de loin ce que je préfère chez lui – en dépit de leur rareté – j’ai toutefois été très heureuse de me voir offrir ce recueil de poésie, genre que je délaisse bien qu’il m’ait toujours attirée. L’auteur y aborde des thèmes universels tels que la nature, l’amour ou la mort. Certains m’ont touchée bien plus que d’autres mais j’ai aimé retrouver son style épuré et sa sensibilité exacerbée. Il offre à travers ses textes des pistes de réflexion sur la vie. Bien que je sois loin d’avoir fait le tour de son oeuvre, François Cheng reste pour cela un de mes auteurs favoris. Un très beau recueil dont certains poèmes mériteraient d’être appris et médités.

Bleus de la profondeur,
Nous n’en finirons pas
d’interroger votre mystère.

L’illimité n’étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus

Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n’est autre
que nos propres bleus à l’âme.

Divers

Janvier, le bilan

Nouveau mois, nouveau bilan. Un mois assez étrange pour moi. Il m’aura paru très long mais je ne sais pas trop si c’est parce que j’ai fait pas mal de choses ou si c’est parce que j’ai de nouveau été immobilisée. Sans doute un peu des deux. Côté perso, je retrouve un peu la forme mais me fais une sale entorse. Je suis donc moins crevée mais sur un seul pied. Histoire de rééquilibrer je suppose… On pourrait croire que j’ai ai profité pour lire plus mais on ne peut pas dire que j’aie enchaîné les lectures avec 5 livres lus. Je suis bien incapable de dire comment je me suis débrouillée. J’ai toutefois lu un beau pavé qui m’a pas mal occupée et j’ai commencé à m’attaquer à la rentrée littéraire de janvier (oui, il y en a 3 par an maintenant^^). Je me suis un peu emballée et je me retrouve avec une quinzaine de romans à lire assez rapidement : il va falloir que j’accélère sérieusement ! J’ai beaucoup aimé le dernier roman d’Anne Plantagenet, Appelez-moi Lorca Horowitz, qui aura été mon coup de cœur du mois.

Très peu de sorties ciné. D’abord par flemme. Puis par difficulté à me déplacer. Je me suis un peu ratée de ce côté-là, il y a avait tant de films qui me tentaient ! 4 films vus tout de même au final. Les huit salopards m’ont déçue et j’ai beaucoup aimé Spotlight, un film et prenant.
J’ai continué à regarder pas mal de films depuis chez moi. Une vingtaine pour ce mois-ci. J’ai regardé quelques classiques. Une résolution qui pour le moment s’est avérée plutôt heureuse. Parmi eux, j’ai adoré Et dieu créa la femme et j’ai également beaucoup aimé Le vieux fusil.
Toujours quelques séries même si je les ai moins dévorées que les mois précédents. Côté nouveautés, False flag et Deuchland 83 m’ont assez séduite.
Dans la série « activités d’intérieur », je me suis aussi un peu remise aux jeux de société et jeux vidéo avec grand plaisir.

v2 sig

J’ai l’impression d’avoir un peu plus mis le nez dehors ces derniers temps. J’ai notamment vu Roméo et Juliette à la Comédie Française, dans une mise en scène qui m’a laissée mitigée (je vous en parle bientôt), je suis allée au festival du cirque contemporain (génial !) et j’ai vu l’exposition Persona au Quai Brany qui m’a vraiment séduite. J’ai malheureusement raté la pièce avec Jacques Gamblin au 104 et Splendeurs et misères de la prostitution à Orsay. Je n’avais pas vu d’expos depuis tellement longtemps, je suis contente d’avoir eu l’occasion d’enfin remettre les pieds (enfin « le » pied) au musée.

Peu de sorties resto et bars par contre en janvier parce que je suis fauchée de chez fauchée. J’ai juste testé un plat dans un de mes QG pour le café près de Nation qui m’a agréablement surprise. Je crois bien que mes sorties se sont arrêtées là pour la cuisine. En revanche, je me suis un peu remise aux fourneaux (enfiiiin, je revis !) avec un excellent banana bread, un curry à l’indonésienne, des moelleux amande-huile d’olive bergamote ou encore du porridge sarrasin-banane – mais n’espérez pas d’articles dans l’immédiat, je n’ai fait aucune photo.
J’ai aussi eu l’occasion de goûter l’excellente galette des rois de Cyril Lignac (même deux d’ailleurs…) et la divine brioche feuilletée à la frangipane de Guy Savoy. J’en salive rien que d’y penser… Et surtout, j’ai participé à mon premier concourt de cuisine ! Sans grand succès certes, mais c’était tout de même une expérience enrichissante.

J’ai également eu la grande joie de passer 2 jours à Amsterdam, ce qui était à peu près le plus beau cadeau de Noël du monde ! J’étais tombée amoureuse de cette ville il y a 5 ans (c’était même mon 1° article photo sur le blog je crois !). Si cette fois le soleil n’était pas au rendez-vous, j’ai autant apprécié que lors de mon premier séjour. Il a l’air de faire bon y vivre. Un petit bol d’air qui a fait le plus grand bien.
Un mois à la fois très chargé et assez vide donc, comme souvent dernièrement. Mon activité varie du tout au tout au même rythme que ma santé défaillante, je commence à avoir l’habitude. Février s’annonce du même tonneau. Rendez-vous dans un mois pour parler de tout ça !

Bars, restaurants

Solides, la table toulousaine qui monte

          Solides, c’est le restaurant de Simon Carlier, ancien candidat de Masterchef. Au programme : menu unique qui se décline en 4 ou 6 plats (dans mon souvenir du moins). Nous avons pris la formule amuse-bouche-plat-dessert. Les portions sont assez petites mais suffisantes, on ne ressort pas avec la faim. Il est possible de manger sur de petites tables dans une salle à l’entrée ou à une grande table commune près des cuisines. Nous avons choisis la 2° option qui nous paraissait beaucoup plus agréable. Nous avons bien fait, d’autant plus que la table est aussi belle que bien située. La décoration est on ne peut plus simple mais ça donne un côté très convivial que j’apprécie. L’attente s’est avérée un peu longue ce soir-là mais zieuter ce qui se passe en cuisine est une occupation fort prenante et je n’ai pas franchement vu le temps passer.

Solides-Simon-Carlier

          Et dans l’assiette alors ? Dans l’assiette, c’est juste divin. On a commencé par une crème de topinambours et riz noir soufflé. J’aime bien les topinambours seul je trouve ça un peu triste. Mais là… là j’aurais pu en manger une soupière. C’était d’une telle finesse, et d’une telle douceur. Un coup de foudre. Après ça, j’ai passé le reste du repas sur un petit nuage. Je n’arrive pas à me rappeler au juste de ce qu’on a mangé en entrée (quelque chose de crémeux avec du foie gras dedans), mais je sais que c’était bon – moins fou que l’amuse-bouche mais bon. Pour le plat, nouvel ébahissement. Du magret de canard (je n’aime pas trop le canard) avec de la purée de carotte à la cacahuète. C’était absolument parfait. Tellement délicat. Un délice. Le dessert était un peu en dessous. Un fondant au chocolat et coulis de mandarine. Je ne suis pas très desserts au chocolat mais le fondant était très bon, en revanche, la mandarine était un peu fade, ce qui est dommage. Ca n’en reste pas moins un très bon dessert, juste moins parfait que le reste.

Solides-Simon-Carlier

          Vous l’aurez compris, j’ai été on ne peut plus convaincue par la cuisine du chef. Le « petit menu » le soir est à 32€, ce qui n’est pas donné mais amplement justifié par le contenu des assiettes. Le service est plutôt agréable et j’ai bien aimé pouvoir observer les cuistots à l’oeuvre. En revanche, sur 4 des assiettes qui m’ont été proposées, 3 étaient ébréchées (et pas qu’un peu !). Je l’ai signalé après le plat mais ça ne m’a pas empêché d’en avoir une dans le même piteux état pour le dessert. J’ai trouvé ça un peu limite étant donné le prix du menu. La cuisine est très fine, le dressage irréprochable, la vaisselle se devrait de l’être aussi. Un effort particulier après ma remarque ou un petit geste commercial auraient été appréciés. C’est le seul reproche que j’ai à faire à cet établissement qui pour le reste a été une des meilleures surprises de l’année. Chez Solides, vous trouverez une ambiance conviviale, des assiettes colorées et surtout une cuisine moderne et inventive d’une rare finesse. Une excellente adresse : on en redemande. 

Solides-Simon-Carlier

Solides

38 rue des Polinaires

31 000 Toulouse

05 61 53 34 88

Menus à 20€ le midi et 32€ le soir