Cinéma

360 – Fernando MEIRELLES

          Drame, romance britannique de Fernando Meirelles, avec Anthony Hopkins, Jude Law, Rachel Weisz.

          Des histoires qui s’entrecroisent, aux quatre coins du monde. Des histoires d’amour heureuses ou hésitantes, esquissées ou à venir. Sans en avoir conscience, des destins qui s’entre-mêlent, pour le meilleur ou pour le pire.

          Ce film est une réécriture de la pièce La Ronde d’Arthur Schnitzer, dont je n’avais jamais entendu parler mais ça se signale quand même. La première chose notable est le casting assez surprenant, nous proposant pêle-mêle Jude Law, Anthony Hopkins ou Jamel Debbouze. Un mélange assez improbable qui m’a intriguée et m’a donné envie d’aller voir ce qu’il en était (enfin ça et surtout le fait que c’était le seul film qui passait à l’heure qui m’arrangeait…). Honnêtement, j’étais assez septique quant au résultat et y suis allée un peu par dépit (beaucoup ?). J’étais donc assez mal disposée en entrant dans la salle et finalement, la surprise fut plutôt bonne.

          La critique était franchement moyenne quant à ce film, qui grosso modo, a été considéré comme sans intérêt. Je n’irais certes pas jusqu’à dire que c’est un chef d’oeuvre du septième art mais j’ai trouvé le résultat très agréable à regarder. J’étais fatiguée et la légèreté de l’intrigue me saillait admirablement. Je me suis laissée porter par ces histoires qui s’entrecroisent avec plaisir. Les saynètes sont un peu inégales et parfois tirées par les cheveux et le lien avec les histoires n’est pas toujours très fluide ni très crédible. Toutefois, j’ai trouvé le tout très frais et agréable à regarder. Le talent et l’énergie déployée par les acteurs y sont aussi pour beaucoup. Malgré d’indéniables faiblesses, un film léger devant lequel j’ai passé un bon moment.

Mes lectures

Les larmes de Tarzan, de Katarina MAZETTI

          Lui c’est Janne, elle Mariana, elle lui est tombé dessus (littéralement) un jour où elle jouait à Tarzan. Elle est maman de 2 enfants dont le père schizophrène a un jour quitté la maison, et elle peine à joindre les deux bouts. Lui est un jeune premier cousu d’or à qui tout réussi. Ils ne peuvent pas se supporter et pourtant, bientôt ils ne pourront plus se quitter.

          L’auteur reprend ici le thème qui avait fait le succès du Mec de la tombe d’a côté : deux personnes que tout oppose et qui s’aiment pourtant tant bien que mal. Autant j’avais apprécié le premier, aux personnages attachants et à l’écriture d’une fraîcheur reposante, autant là, je suis restée sur ma faim. Non seulement l’histoire est à la fois déjà vue et improbable, mais l’écriture est bâclée et les personnages aussi épais qu’une chips. Tout est téléphoné et le Happy end ne fait que rajouter une couche à la médiocrité ambiante. Certes, ça se laisse lire, sans déplaisir, mais guère plus.

Un jour j’ai trouvé son bulletin de salaire dans la boite à courrier sur le plan de travail de la cuisine… Non, ce n’était pas une petite prime, c’était vraiment son salaire ! Il aurait peut pu faire manger une famille de canaris, mais certainement pas elle et ses enfants !

_______________

Ce soir là, il m’est clairement apparu que ce qui me manquait le plus dans la vie était un compagnon avec fonction de vide-sauce. On peut manifestement vivre sans sexe, mais il est indispensable de disposer d’un évier à vider ses petites agressions quotidiennes.

Cinéma

Moonrise Kingdom, de Wes ANDERSON

          Comédie-dramatique américaine de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray

          Suzy et Sam sont amoureux et décide en cet été 1965 de s’enfuir ensemble pour vivre leur amour. Suzy est une jeune fille de bonne famille pour le moins torturée, pouvant se montrer violente sous le coup de la colère, Sam est un jeune scout orphelin hai de tous. Pourtant, il va bien falloir partir à leur recherche. La tempete qui approche va encore compliquer la tache à leurs poursuivants.

          J’avais entendu des avis très mitigés sur ce film : un public assez réceptif qui semblait apprécier un peu de légèreté dans une sélection cannoise pour le moins sérieuse (et un peu tristounette) et une critique plus réticente, paraissant trouver que le tout manquait quand meme un peu de consistance. Une fois n’est pas coutume, je suis plutot de l’avis général et populaire et ai apprécié ce film qui n’avait pourtant a priori pas grand chose pour m’enchanter. Une histoire d’amour chez les scouts, je dois admettre que ça m’inspirait assez moyennement. Je suis quand meme allée voir par curiosité. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Les scènes cocasses s’enchainent à un rythme effréné et on se régale de cet humour tendre et décalé.

          Cette histoire est filmée avec une incroyable tendresse pour l’Amérique des années 60. Les couleurs un peu jaunies, la musique d’époque, le vent de folie qui semble souffler sur chaque scène : ce film est un concentré de bonne humeur et de fraicheur enfantine. Les critiques qui lui sont faites sont pourtant justifiées. On pourrait attendre plus de profondeur, quelque chose d’un peu moins conventionnel. Si on est face à un bon film, ce n’est pas un grand film, nuance qui en a déçu certains. Pour ma part, j’ai juste regardé ça les yeux écarquillés, suivant les péripéties avec enthousiasme. J’aurais sans doute préféré une fin plus originale mais j’ai pris un réel plaisir à suivre cette histoire, aussi prévisible soit-elle. Pour une fois, l’absence de surprise ne m’a pas dérangée tant la forme m’a emballée. Les personnages sont attachants et la brochette d’acteurs franchement convaincante. Il y a un rythme intéressant dans ce film, un humour touchant et une esthétique un peu rétro très réussie. En un mot, une très bonne comédie familiale comme on aimerait en voir plus souvent.

Mes lectures

Jo, Derib

          Jo est une BD de prévention sur le sida. Elle s’adresse aux adolescents afin de mettre à mal les préjugés sur la maladie et expliquer sans démagogie les modes de transmission, les moyens de se protéger et la manière dont évolue la maladie. Un moyen original de traiter un sujet difficile et encore largement tabou.

          Je ne sais trop comment parler de cette bande-dessinée. A première vue, ni les dessins, ni le sujet ne m’inspiraient des masses. Je lai d’ailleurs longuement laissée trainer dans ma bibliothèque avant de m’y attaquer. Finalement, bien que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, elle s’est avérée plus intéressante et plus subtile que ce que je pensais. J’y ai retrouvé beaucoup de réflexions propres à la littérature sur la sida. On échappe au pathos par une mise en avant de l’envie de vivre pleinement ses derniers instants qui peut accompagner la découverte de la maladie. A travers des thèmes tels que l’amour, la famille ou la drogue, le texte s’inscrit pleinement dans l’univers adolescent et en aborde les principales facettes.

          J’ai moins aimé la façon très romantique dont est traitée l’histoire. J’ai trouvé ça presque simpliste par moments, les personnages auraient mérité plus de nuance et de profondeur. Toutefois, même si cela m’a gênée, le texte fonctionne plutôt bien et me semble tout à fait adapté à son public. Un mode de prévention moins agressif et plus subtil que ceux auxquels on est habitués. Une initiative intéressante et réussie.

Mes lectures

Elle, par bonheur, et toujours nue, Henri GOFETTE

           Quand Pierre rencontre Marthe au détour d’une rue parisienne, c’est le coup de foudre. Elle deviendra sa muse, la seule qu’il ait connue. Il la peindra inlassablement pendant plus de 40 ans, et presque toujours nue. Dans ses tableaux, sa femme ne cessera d’avoir 30 ans. Histoire d’un amour fou.

           Ce roman raconte l’incroyable histoire d’amour entre Pierre Bonnard et sa femme, Marthe. Rencontrée dans un coin de rue, elle deviendra sa compagne et sa muse et l’inspirera tout au long de sa vie. Des centaines de toiles et dessins à son effigie. Une histoire esquissée tout en pudeur et en délicatesse  à travers les grands moments qui la composent.

           J’ai bien aimé ce livre léger et agréable dont se dégage une certaine poésie. On croirait presque se promener dans une toile de Bonnard tant son univers est bien restitué, par petites touches. J’aurais sans doute aimé un peu plus de consistance justement, plus de profondeur et de précision. Toutefois, le manque d’information ne le permettait peut-être et cela siérait-il moins à cette toile impressionniste. Une lecture tout en légèreté fort agréable.

Il a choisi la liberté et la peinture envers et contre tous, son milieu, sa famille, la femme qu’il aimait, et contre l’avenir même, ce petit train gris qui roule son tacatam monotone sur des rails sans surprise et vers le couchant.

________________

Tout plutôt qu’une vie en pot, l’amour à la petite semaine et les voyages en pantoufles.

________________

L’eau, quand elle monte d’un regard de femme, peut tout renverser, et il n’y a pas de mur qui tienne, surtout si le mur est un homme qui vit et vibre dans l’azur comme un violoncelle.