Mes lectures

Dernier voyage à Buenos Aires – un moment de nostalgie

          Quand le narrateur arrive à Paris depuis son Amérique natale, il est jeune et naïf. Il rêve de devenir un grand écrivain. Des années plus tard, on le retrouve désabusé, dans les mêmes rues. Quand un médecin lui apprend qu’il va perdre la vue, le souvenir de Magdalena, son premier amour, resurgit.

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          Je dois avouer que je n’ai pas accroché de suite avec ce roman. J’ai trouvé le début un peu laborieux et sans grand intérêt bien que le style soit agréable. En revanche, dès qu’on retourne dans le passé du personnage et ses jeunes années, même s’il faut un peu de temps pour se plonger dans l’histoire, ça devient autrement plus intéressant. Dommage que le procédé qui l’introduit manque de finesse. On assiste à la fois la première du premier amour du narrateur et sa découverte de Paris. Je dois avouer que j’ai été assez déçue de voir que Buenos Aires n’avait rien à voir là-dedans. Rien de révolutionnaire mais on se laisse prendre au jeu de cette de cette double histoire d’amour naissante pour une femme et pour une ville. On le suit dans ses déambulations, on partage ses états-d’âme. Il est d’une naïveté touchante. Je ne dirais pas que le personnage est particulièrement attachant mais sa jeunesse le rend attendrissant.

          L’histoire d’amour n’en fait pas des masses dans le romantisme, ce qui m’arrange bien et tend à la rendre crédible je trouve. On a malgré nous envie de savoir comment elle va bien pouvoir finir et c’est sans nul doute le fil conducteur de ce récit. Ce qui est intéressant et donne une note mélancolique à ce texte, c’est la confrontation entre le Paris réel et le Paris rêvé. La ville lumière véhicule beaucoup de fantasmes notamment autour de la figure du l’écrivain. Aux yeux du jeune homme, Paris semble se résumer à son arrivée à une chambre de bonne, des soirées à boire du vin et quelques cours à la Sorbonne. Même si la chute n’est pas aussi brutale qu’on pourrait s’y attendre, c’est intéressant de le voir peu à peu changer de regard sur la ville et sur lui-même. Il ne s’agit sans doute pas d’un grand roman mais j’ai aimé l’atmosphère qui s’en dégage et j’ai passé un agréable moment de lecture.

Cinéma

Une merveilleuse histoire du temps – une romance sur fond de cosmologie

Biopic, drame britannique de James Marsh avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior

          Stephen est un brillant étudiant en cosmologie qui veut expliquer la création de l’univers quand il tombe amoureux de Jane, une étudiante en art. Mais alors que tout semble lui sourire, il apprend qu’il est atteint de dystrophie neuromusculaire et on lui donne deux ans à vivre. Il décide alors avec l’aide de Jane de continuer ses recherches et va commencer un véritable combat contre le temps.

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          Je n’avais entendu sur ce film que des louanges, avant même sa sortie. Je n’avais même pas encore lu le synopsis que je craignais déjà un petit côté mièvre. Mais finalement, un soir où je voulais voir un film pas trop prise de tête je me suis décidée à aller le voir. Et puis j’étais quand même curieuse de voir de quoi il retournait. Sur le coup, le nom de Stephen Hawking ne me disait rien mais au fur et à mesure de l’avancée du film, je me suis rendu compte que j’avais vu cet homme à la télé quand j’étais petite et que j’avais été très impressionnée par le fait qu’il parle grâce à un ordinateur et écrive des livres très techniques par ce biais. Ca m’avait fascinée. Du coup j’ai été assez contente de découvrir son histoire même si, on le verra, le film n’est pas dénué de défauts. Son gros gros point fort, c’est l’histoire, vraiment incroyable, drôle, obstiné et incroyablement intelligent.

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          Malheureusement, le parti-pris scénaristique met en avant l’histoire d’amour avec sa femme. Bon, c’est pas que ce ne soit pas intéressant hein mais parlant de l’homme qui a sorti une théorie des trous noirs expliquant les origines de l’univers (rien que ça) et saluée unanimement par le monde scientifique avant de décider de contredire sa propre théorie, chamboulant une deuxième fois toutes les certitudes. Mais pourquoi en parlant quand on peut souligner qu’il a eu une femme merveilleuse qui l’a toujours soutenu ? Partant de là, le film passe un peu à côté de son sujet. Au lieu de l’histoire passionnante d’une véritable génie, on a une histoire d’amour. Touchante certes, mais quand même. C’est important de montrer la place de sa femme dans sa réussite, d’autant plus que ça n’a pas dû être simple tous les jours, mais le film donne a un peu l’impression que sans elle il ne serait rien. Il ne faut pas trop pousser quand même.

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          Eddie Redmayne est vraiment exceptionnel dans ce rôle pourtant pas simple. Il est hyper attachant et retranscrit bien l’intelligence de l’homme qu’il incarne, ce qui est loin d’être évident vu ses mouvements très limités. Chapeau. Je ne l’avais que rarement vu dans des films et il a un charme fou ! Il a d’ailleurs reçu l’Oscar du meilleur acteur pour ce rôle. Quant à Felicity Jones, autant elle est pas mal tant qu’elle joue la jeune madame Hawking, autant elle perd toute crédibilité dès qu’elle prend de l’âge et que les relations avec son mari se tendent un peu. C’est vraiment dommage, ça plombe le film qui lise pourtant sur cette relation assez idyllique – pendant les premières années du moins – et la vie de famille de manière plus générale. J’aurais préféré que le film soit axé sur le travail de Stephen Hawking. C’est dommage d’en faire une simple histoire d’amour – aussi forte soit-elle. La romance aurait méritée d’être dosée avec plus de subtilité. Les recherches sont quand même en toile de fond, ce qui a le mérite de faire connaître l’homme et ses travaux à un public jeune qui n’avait surement jamais entendu parler de cet homme. Au final, malgré un excellent sujet, un film un peu mièvre qui reste agréable à regarder grâce à l’excellente interprétation de son acteur principal.

Série tv

Hello Ladies, la série qui dépote !

          Stuart cherche la femme de sa vie à Los Angeles. Elle sera forcément grande, belle et si possible célèbre. Malheureusement, rencontrer un mannequin n’est pas une mince affaire. Mais il en faut plus arrêter notre prince (presque) charmant.

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          J’ai commencé l’année en découvrant cette série humoristique. Je l’ai regardée un peu par hasard le 1° janvier et j’ai de suite adoré cet humour décalé. Je l’ai finie à une vitesse assez hallucinante. Et encore, je me suis raisonnée, je pense que sinon je l’aurais regardée dans la journée ! Il faut dire que les épisodes sont assez courts (26 minutes) et au nombre de huit seulement, ce qui est un crève-cœur, la fin arrivant forcément trop vite ! Je ne suis pas toujours très réceptive aux séries humoristiques même si quelques une font exception comme How I met your mother (enfin le début, d’ailleurs je n’ai pas vu les dernières saisons) ou The Big-bang theory. Je sais , je sais, pas très original mais bon, on fait ce qu’on peut. J’ai trouvé qu’il y avait d’ailleurs dans le personnage principal quelque chose qui rappelait Sheldon dans The Big-bang. Pas que les deux se ressemblent mais ils font partie de ces personnages assez antipathiques au premier abord aux dépends de qui on rit et qui deviennent finalement d’une certaine manière assez touchants.

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          Stuart peut s’avérer horripilant. Il ne possède à peu près aucun savoir vivre et nombre de situations m’ont mises franchement mal à l’aise. Pourtant, j’ai trouvé ça très, très drôle. En grande partie grâce à l’excellente performance de Stephen Merchant que j’avais déjà croisé dans des seconds rôles sans grand intérêt dans des films débiles mais dont j’ignorais jusque-là toute l’étendue du talent. On pourrait reprocher à la série de faire passer ses acolytes un peu au second plan mais entre le bon copain trop gentil obsédé par son ex, la coloc qui vit dans un cabanon au fond du jardin et le dragueur invétéré en fauteuil roulant, on ne peut pas leur reprocher de manquer de caractère. Les situations cocasses s’enchaînent non sans une bonne part de vérité qui rend la série si percutante. C’est assez étrange ce mélange d’aversion et de pitié pour ce personnage qui s’avère pourtant profondément comique.

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          Je n’ai pas bien compris pourquoi cette série avait été annulée alors qu’elle est franchement désopilante. Elle aurait mérité de continuer au-delà d’une première saison bien trop courte. J’aurais été curieuse de voir comment Stephen Marchant, également réalisateur, aurait fait évoluer son personnage qui, loin de se contenter de faire rire à ses dépends, gagne en profondeur au fil des épisodes. Un téléfilm a été tourné un peu en catastrophe pour clore la série, je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir mais les échos sont mitigés, ça ne peut évidemment pas remplacer les 3 saisons supplémentaires qui étaient initialement prévues. C’est une vraie déception. Non seulement les personnages sont assez géniaux et les répliques franchement croustillantes mais la réalisation est impeccable, avec une bande-son plutôt sympa. J’ai rarement envie de revoir une série mais je pense faire une exception pour celle-ci. Une série drôle et intelligente qui sort des sentiers battus et dont on ne peut que regretter la disparition prématurée. 

Désolée, je ne vous ai pas trouvé de version sous-titrée en français mais voici quand même le trailer de la saison 1.

Cinéma

Mon amie Victoria, un drame qui passe à côté de son sujet

Drame français de Jean-Paul Civeyrac avec Guslagie Malanda, Pierre Andrau, Nadia Moussa

          Victoria une petite fille d’un milieu modeste. Une nuit, elle dort chez Thomas. Elle est impressionnée par le luxe qui règne chez lui. Quand elle le retrouve des années plus tard, elle a une aventure avec lui de laquelle naîtra Marie. Elle lui dévoile l’existence de cet enfant 7 ans plus tard. L’arrivé dans la famille ne sera pas sans conséquences. 

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          Le synopsis de ce film me tentait assez. L’histoire me semblait pouvoir être intéressante, j’en avais entendu dire beaucoup de bien, j’étais enthousiaste à l’idée de voir de quoi il retournait. Dès le début j’ai senti que ça n’allait pas être le petit bijou dont dont tout le monde parlait. Les voix off et moi sommes assez fâchées, je trouve ça horripilant. On y a droit ici tout le long du film et je l’ai trouvée particulièrement pesante. Partant de là, il y avait peu de chances que j’accroche outre mesure. Quant à l’histoire, elle s’est avérée pour le moins décevante. Je m’attendais à un drame social, il s’agit d’un destin tristement banal qui ne nous épargne guère les clichés les plus rebattus. Le film est tourné dans mon quartier et j’ai passé mon temps à essayer de repérer à quel endroit exactement avait été tournée telle ou telle scène, dans quel café, quel coin de rue. Passionnant n’est-ce pas ?

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          Toutefois, il faut souligner que le casting relève le niveau. Les petites filles sont assez géniales et l’ensemble des prestations est tout à fait honorable. Malheureusement, ça ne parvient pas à combler une impression de vide persistante. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ça assez inconsistant. Il faut dire aussi que les films sur l’intime ne sont pas particulièrement ma tasse de thé et que là on n’y va pas de main morte sur le pathos pour une histoire somme toute assez banale. Je vous passe le côté mélo qui est aussi inutile que ridicule et finit de décrédibiliser ce film qui n’avait clairement pas besoin de ça. L’ensemble s’avère assez lent et franchement moyen. Pas exactement mauvais, juste terriblement maladroit. Une preuve supplémentaire si besoin était que les bons sentiments ne font pas les bons films. 

Mes lectures

Le voleur d’ombres : j’ai lu (et aimé !) mon premier Marc Lévy

          Enfant, il vole les ombres des gens qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir…? 

           Je dois avouer que je n’avais jamais lu de Marc Lévy avant ça et franchement, ça ne me tentait pas des masses. Les grands succès populaires sont une source quasi-inépuisable de déception pour moi, j’ai donc tendance à les fuir. Pas que je me sente à part ou au dessus du lot mais c’est vrai que j’ai toujours aimé une littérature assez exigeante (je n’ai peut-être pas un Bac +5 en la matière pour rien non plus hein) et qui donc peine souvent à rencontrer son public. Plus un roman a de succès, plus il a de chance d’être moyen. Pas mauvais non. Juste fade. Il y a fort heureusement quelques exceptions mais elle sont rares. Et puis c’est vrai que je prends plus de plaisir à découvrir un auteur qui doit avoir à peine 500 lecteurs qu’à passer après 200 000 autres mais ça c’est juste un petit délire personnel. Bref, Marc Lévy n’était donc pas arrivé dans ma bibliothèque jusque-là. Parce qu’on ne peut pas dire du mal d’un auteur avant de l’avoir lu et que des fois c’est très tentant, une année, j’avais décidé de lire un titre des chaque gros vendeur du moment qui étaient grosso modo Lévy, Pancol, Gallay, Pancol et Musso – et Nothomb mais elle je connais déjà. Je me suis arrêtée après le premier titre. Encore une résolution mise au placard, même si je n’ai pas dit mon dernier mot.

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           Mon papa qui est un gros lecteur, aime bien Marc Lévy mais je ne lui en avais jamais emprunté. Il y a peu, je me suis rendue chez une amie prof de lettre sans rien à lire, je lui demande de me prêter quelques chose et pof, elle me sort un Marc Lévy, que voulez-vous, je ne pouvez quand même pas refuser. J’ai été très surprise de constater que le style n’était pas si mauvais. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est bien écrit mais franchement, ça passe tout seul : à aucun moment je ne me suis dit que c’était moyen. Ce n’est pas un style recherché mais c’est simple et efficace et c’est déjà pas mal ! L’histoire est assez sympa. Le petit héros est très attachant. Je dois avouer que j’ai un peu eu l’impression d’être face à un roman jeunesse. Ca n’a rien de péjoratif, simplement, la sobriété du style et le côté un peu fantastique de l’histoire m’ont fait penser aux romans que j’adorais quand j’avais 10 ou 12 ans. Etant donné que, si je ne m’abuse, l’auteur a commencé à écrire pour son fils, ça ne paraît pas totalement illogique non plus. Ce n’est pas dénué de quelques niaiseries mais c’est assez bien amené pour être plus mignon qu’agaçant.

           Bien sûr, je comprends les critiques négatives. On ne va pas parler de grande littérature, il n’aura pas le prix de l’Académie française pour la pureté de sa langue (quoi que quand on voit que Joël Dicker l’a eu avec un style franchement pourri en l’occurrence, tout est possible), il n’entrera probablement pas dans la postérité à part comme plus gros vendeur de ce début de XXI° s. mais honnêteté, c’est loin d’être ce qu’on fait de plus mauvais dans le genre. J’en ai lu des torchons mais là, on a juste affaire à un roman gentillet. Pas de quoi en dire ni du bien ni du mal, sauf si on est agacé par son succès. Si on veut du Balzac, c’est raté mais ça se laisse lire avec un certain plaisir, même pas tellement coupable. Je crois que c’est le genre de livre que je recommanderais typiquement à quelqu’un qui m’aime pas lire : c’est assez facile et court pour ne pas décourager mais c’est écrit dans un français tout à fait acceptable et on prend vraiment plaisir à suivre cette histoire. Franchement, je me suis surprise à vouloir connaître et à le finir très rapidement. Un roman sans grande prétention mais qui ne manque pas d’une certaine poésie et s’avère au final assez efficace. Contre toute attente, un bon moment de lecture.

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C’est drôlement dangereux de s’attacher à quelqu’un, c’est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l’autre est douloureuse. Sans nouvelles d’elle ; tout s’écroulait autour de moi. C’est moche de guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux .

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Il ne faut jamais comparer les gens, chaque personne est différente. L’important est de trouver la différence qui vous convient le mieux.