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Toutes les histoires d’amour du monde

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          Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?

          Je n’avais encore jamais lu de roman de Baptiste Beaulieu même si j’entendais depuis quelques temps beaucoup parler de lui (autant comme auteur touchant que comme médecin bienveillant). Je me suis dit que son dernier roman ferait donc une bonne entrée en matière. Je dois avouer que j’avais un peu peur de ne pas accrocher, que ce soit trop mièvre à mon goût, un peu trop dans cette veine feel-good très en vogue mais qui au mieux me laisse indifférente. Je n’étais pas vraiment sure que ses romans soient faits pour moi. Mais une amie en qui j’ai toute confiance me l’avait conseillé alors j’ai tenté ma chance.

Couverture de Toutes les histoires d'amour du monde

          Eh bien, j’ai bien fait ! J’ai de suite bien accroché avec le style que j’ai trouvé très agréable. Quant à l’histoire, s’il s’agit bien d’amour, sous toutes ses formes, elle est bien plus profonde et touchante que ce que j’attendais. Bien plus surprenante aussi. Ca nous parle d’amour filial avec la reconstruction d’une relation père/fils à travers une forme de recherche des origines, retraçant la vie quelque peu mystérieuse du grand-père. Mais aussi de grand amour, à travers l’histoire du dit grand-père qui a eu une vie pour le moins riche et mouvementée. Mais de l’amitié aussi, et de toutes les petites choses qui font une vie. Toutes les histoires d’amour du monde en somme.

          J’ai trouvé que c’était un très joli texte qui prend souvent des airs d’autobiographie. Ca sent le vécu et ça ne le rend que plus touchant (avec parfois une pointe de maladresse attendrissante). Ce que j’ai préféré, c’est l’histoire du grand-père, si fascinante. Ca commençait comme une histoire banale pourtant mais parfois la vie nous mène sur de bien drôles de chemins. Son histoire est triste et belle, j’ai adoré la découvrir à travers l’enquête que mène son petit-fils, avec forcément des zones d’ombres qui demeurent, parfois frustrantes. Je ne vous dévoilerai pas tout, mais j’ai trouvé cette histoire terriblement émouvante. Un très beau roman sur l’amour filial – l’amour tout court d’ailleurs – et la quête des origines. Un très joli texte que je vous invite à découvrir.

Portrait de Baptiste Beaulieu

Moi, je ne sais plus quand je suis devenu un adulte aux yeux de mon père.
Jamais, j’espère, car il n’y a rien de mieux qu’un enfant pour guérir les grands de leurs chagrins.

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On meurt vraiment quand tous les gens qui nous ont aimé meurent aussi, ou quand il n’y a plus de souvenirs.

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Les Hommes ont trois visages. Celui qu’ils montrent au monde, celui qu’ils montrent à leur famille, et celui qu’ils ne montrent à personne. La Guerre te les mélange et te les casse un peu tous.

          Si vous ne voulez pas découvrir les ressorts de l’intrigue ne suivez pas le lien qui suit. Mais Baptiste cherche une femme nommée Anne-Lise qui aurait grandi aux Etats-Unis, toutes les informations sont ici, ou dans cette vidéo (attention spoiler si vous n’avez pas lu le livre) son roman est une bouteille à la mer. Si vous avez la moindre information, aidez-le à la retrouver. Merci Baptiste d’avoir partagé avec nous cette merveilleuse histoire, j’espère qu’un jour vous serez réunis.

Deux textes courts et percutants

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Voici deux textes courts dont je n’attendais pas forcément grand chose et qui ont finalement été de bonnes surprises. Deux styles totalement différents mais dans leur genre, deux réussites.

Tu vivras toujours, Arnaud Genon

J’ai depuis longtemps ce livre en moi. Il relate la disparition de ma mère, alors que j’étais encore un enfant. C’est un court roman, plus précisément une autofiction, c’est-à-dire une autobiographie consciente de son impossibilité : je ne suis jamais que la fiction de mes souvenirs, de ma mémoire. C’est un livre sur l’enfance et l’innocence, sur l’aveuglement et la perte. Sur l’écriture, aussi. Un livre du « je » que j’aimerais croire universel : un enfant, sa maman, la mort.

Tu vivras toujours, Arnaud Genon, couvertureCe texte a été écrit par un spécialiste de l’auto-fiction et plus particulièrement d’Hervé Guibert. Je l’avais contacté lorsque je rédigeais mon  mémoire de master sur l’homme au chapeau rouge. Quand il m’a proposé de m’envoyer son premier roman pour que je le lise, j’ai bien accepté. J’étais à la fois flattée et un peu inquiète : et si je n’aimais pas ? Difficile de descendre quelqu’un qu’on apprécie, en même temps, les critiques acerbes sont un peu ma marque de fabrique (moins en ce moment comme me l’ont fait remarquer certains). Je n’étais donc pas particulièrement sereine en entamant ma lecture d’autant plus que l’auto-fiction, bien que j’aie écrit un mémoire sur le sujet, n’est pas particulièrement mon truc. Finalement, ce texte a été une très bonne surprise. L’écriture est très belle, pleine de sensibilité. L’auteur nous y parle de la mort de sa mère lorsqu’il était adolescent, essayant de se remettre dans la peau de l’enfant apeuré qu’il était alors. Je trouve que le deuil en littérature est un sujet difficile tant chacun le ressent différemment. J’ai souvent beaucoup de mal à m’identifier et à partager la douleur de l’autre. Ca n’a pas été le cas ici où les choses sont amenées avec beaucoup de délicatesse. La distance aidant sans doute, le ton est bien nostalgique qu’éploré : une certaine pudeur est à l’oeuvre que j’ai trouvée touchante. Un très beau texte à l’écriture simple et élégante, tout en sensibilité, un très bel hommage que rend l’auteur à sa mère disparue.

La nuit des friches, Franck Pavloff

Une friche donc, au bord d’un canal, quelque part en France. Des murs éventrés dressés comme des souvenirs gigantesques. Autour, des ménagères rêvant à leurs anciennes amours, des retraités se réfugiant dans l’art, des gens isolés et féroces. Dedans, des squatteurs, des paumés, des destins solitaires subitement unis. Et puis un jour, un homme arrive, réveille les souvenirs bons et mauvais. Et tout bascule.

La nuit des friches, Franck Pavloff, couvertureOn change complètement de d’univers avec ce texte-ci. Là encore, j’étais un peu frileuse au moment d’entamer ma lecture : texte court, édition inconnue, la méfiance était au rendez-vous. De prime abord, je ne pensais pas connaître l’auteur, et puis j’ai découvert qu’il avait écrit Matin brun, cette nouvelle particulièrement forte sur le racisme qu’on trouvait pendant longtemps en vente à la caisse de toutes les librairies et qui  fait un vrai carton. J’ai retrouvé dans ce texte la même écriture un peu âpre, qui recèle une part de violence qui la rend particulièrement percutante. On est ici face à une histoire d’amour et de révolte. Une jeune fille paumée, un vagabond, une mère de famille bourgeoise et un retraité dont les routes vont se croiser. Quatre destins liés d’une manière ou d’une autre. Une certaine colère transparaît entre les lignes de ce texte court à l’écriture incisive. Le jeune vagabond semble insuffler un désir de liberté à quiconque croise sa route, semant un vent de contestation dans son entourage. Les personnages sont assez attachants et j’ai trouvé leurs relations intéressantes. Un beau texte sur les marges de la société qui donnerait envie de se rebeller.

Ces deux textes ont également été l’occasion de découvrir deux maisons d’édition : Le Verger et La Rémanence. Deux jolies découvertes, j’essaierai d’aller voir à l’avenir ce qu’elles proposent et peut-être pourrai-je vous en parler plus longuement à l’occasion.

L’enfant grec – Vassilis Alexakis

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          Le narrateur vient de subir une grosse opération et est en convalescence près du jardin du Luxembourg à Paris où il passe le plus clair de ses journées pour tromper l’ennui en assistant aux spectacles de Guignol ou en discutant avec les habitués. Le jardin lui rappelle celui de son enfance, en Grèce, dans le quartier de Callithéa à Athènes, et ses souvenirs d’enfance s’en mêlent.

l-enfant-grec-2532962-250-400          J’avais entendu louer les louanges de ce texte, sorti à la rentrée littéraire de l’an passé mais n’avais pas encore trouvé le temps de le lire. Il y a déjà un moment que j’ai fini cette lecture mais j’ai mis un peu de temps pour prendre le temps d’en parler, ne trouvant à vrai dire pas grand chose à en dire je crois. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais le titre me plaisait bien, je trouvais qu’il invitait au voyage. La découverte de l’histoire m’a donc un peu déçue. D’ailleurs je dois avouer que je m’attendais plus à un « vrai » roman qu’à une autofiction, ce qui m’a un peu désappointée également. Bref, je ne sais pas trop pourquoi mais j’avais une image totalement erronée de ce livre et il ne correspondait pas trop à mes attentes au moment de la lecture, une période où j’avais envie de quelque chose plus léger je crois.

          Le style est très agréable. C’est bien écrit et j’ai commencé cette lecture avec plaisir. Toutefois, je me suis assez rapidement ennuyée. Dans ce genre de textes, se couler dans le rythme du récit est particulièrement important. Il faut prendre le temps de se faire à l’univers du narrateur, sa voix, ses souvenirs. Je dois bien admettre qu’ici malgré la beauté des phrases je n’y suis pas arrivée. J’ai eu l’impression que les choses allaient un peu trop lentement et que cette retenue constante gênait mon envie de d’avancer. Je n’ai pas lu ce texte jusqu’à la fin, alors que je n’avais pourtant rien à lui reprocher. Je pense que même si c’est une écriture trop intime à mon goût, c’est un livre que j’aurais pu apprécier à un autre moment, ce n’était sans doute simplement pas le bon choix à la bonne période, ce sont des choses qui arrive, peut-être dans quelques années, retenterais-je me chance ? Une rencontre qui ne s’est pas faite malgré une écriture de qualité et une grande sensibilité.

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Peu après, elle m’a apporté le Petit Robert qu’elle a déposé sur ma poitrine. Ce dictionnaire que j’utilise depuis trente-cinq ans et dans lequel j’ai puisé tous mes livres m’a paru soudain extrêmement lourd. J’ai eu peur d’étouffer sous le poids du vocabulaire français.

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-Pourquoi écrivez-vous? interroge-t-on aussi.
Est-ce une activité saugrenue, comme la cleptomanie ou le saut en parachute? Je regarde encore mes mains. La main droite lâche à nouveau le crayon et s’approche de mon visage. Elle ne va pas me gifler, j’espère? Non, bien sûr. Elle me gratte cette fois-ci la tête : c’est tout ce qu’elle peut faire pour m’aider à trouver une réponse. J’ai découvert de bonne heure que la vie n’avait rien de plus beau à m’offrir que des mensonges. Je l’ai su grâce aux lectures que me faisait ma mère le soir. Je ne rêvais pas encore d’écrire, pour la bonne raison que je ne savais même pas lire.

Un château en Italie

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Comédie dramatique française de et avec Valeria Bruni-Tedeschi, avec Louis Garrel, Filippo Timi, Marisa Borini

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          La famille de Louise ne va pas très bien : il ne reste pas grand chose de leur fortune, ils n’ont plus les moyens d’entretenir le château familial, son frère a le sida et son meilleur ami est alcoolique. Quand elle rencontre Nathan, qui a la moitié de son âge, elle se prend à rêver qu’un avenir meilleur est encore possible. Une histoire se termine et une autre commence.

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          Je ne suis généralement pas friande de ce type de films et je dois admettre ne pas apprécier particulièrement Valeria Bruni-Tedeschi en tant qu’actrice. Autant dire que je n’avais a priori aucune raison de me précipiter dans les salles. Pourtant, lorsque j’ai vu la bande-annonce, quelque chose m’a intriguée dans cette histoire – une certaine fragilité peut-être – et je me suis surprise à avoir envie d’en savoir plus. Tant et si bien qu’un soir où rien d’autre ne me tentait à l’heure qui m’arrangeait, je me suis lancée ! Un peu sur la réserve, je dois l’admettre, pas bien sure de ce que je faisais… Mais j’ai été agréablement surprise et n’ai pas regretté mon choix. J’avais bien aimé la présentation et le film est tout à fait dans le même esprit, je n’ai donc nullement été déçue.

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          Comme toujours dans l’autofiction (comme son nom l’indique, savant dosage d’autobiographie et de fiction), la réalisatrice n’a pas de grandes chose à nous raconter, mais ici au moins elle ne prétend pas le contraire et prend le recul nécessaire pour ne pas rendre pesant cet exercice un rien nombriliste. Elle parvient à faire preuve d’auto-dérision et à créer ainsi une certaine connivence avec le spectateur, riant avec lui de ses propres travers. Elle met se dévoile, met en avant ses fêlures de manière touchante parfois, drôle aussi souvent. On s’y retrouve forcément un peu. Surtout, elle joue remarquablement, tout comme Louis Garrel et la mère. Vous me direz « facile, chacun joue son propre rôle ». Certes, mais tout de même, j’ai connu des films où même en jouant leurs propres rôles les acteurs étaient  mauvais (non, je ne citerai personne…). On ne peut pas parler d’un grand film mais l’image est soignée et la musique très bien choisie, pour un tout très cohérent. Il y a du charme dans cette histoire-là, un brin de folie teinté de mélancolie. On sourit et on s’y reconnaît peut-être un peu sans oser l’avouer. Une jolie réussite.

La littérature et le sida

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          Comme promis, voici une première page thématique. Pour la première, je ne vais pas faire dans l’originalité mais reprendre le thème qui a marqué mon année 2011 : la littérature et le sida. Je sais, on va encore me dire que c’est déprimant mais pas du tout ! La littérature sur le sida est étonnamment optimiste. L’occasion de revenir un peu sur les livres qui ont marqué mon année et de clôturer ainsi ce travail.

          La littérature sur le sida est née au début des années 90, au moment où la maladie s’est transformée en véritable pandémie et a décimé le milieu homosexuel. C’est aussi à cette époque que des chercheurs français identifient le virus, lui donnent un nom, et que les premiers traitements font leur apparition. Cette maladie, dont on sait alors très peu de choses, crée un véritable vent de panique et est à la naissance d’une forte création artistique. La littérature a voulu dire cette impuissance face à un fléau méconnu. Hervé Guibert fut un des premiers à oser avouer qu’il en était atteint et a placé la maladie au centre de son oeuvre. À l’ami qui ne pas sauvé la vie retrace l’annonce de la maladie et décrit aussi bien les symptômes physiques que la douleur psychologique. Étrangement, il apparaît que si la maladie et la mort certaine qu’elle entraîne fait bien sûr peur, elle est aussi accueillie comme une incitation à profiter d’autant plus du temps qu’il reste pour parachever son oeuvre. Une idée qu’on retrouvera chez bien d’autres artistes. Le protocole compassionnel est la suite du premier et se centre plus sur le traitement, les espoirs, la vie avec la maladie. Deux livres forts, non dénués d’humour, où la maladie apparaît avant tout comme le meilleur des sujets.

          Autre très beau livre, Ce sont amis que vent emporte d’Yves Navarre. Ici la maladie est presque secondaire, elle s’efface devant une fabuleuse histoire d’amour entre deux hommes en phase terminale du sida. Un texte très émouvant et totalement dénué du pathos qu’on pourrait attendre dans ce type de sujet. Un livre que je classe sans hésiter parmi les beaux qu’il m’ait été donné de lire. Plus surprenant encore, un livre drôle. Oui oui, un livre sur le sida qui nous fait rire (jaune, certes, mais tout de même !). Air conditionné est un roman contemporain qui se passe dans la milieu de l’édition. Un homme vient de perdre son compagnon du sida et veut lutter contre l’exclusion qu’il a vécu. Une dénonciation à la fois de la manière dont la société traite ses malades mais aussi et surtout du terrible milieu de l’édition. Le cynisme dont fait preuve l’auteur m’a ravie.

          Inclassable, Alexandre Bergamini avec Sang damné. Un livre d’une grande complexité et d’une rare maîtrise. L’auteur mêle autobiographie, poésie, extraits d’articles ou de procès verbaux. C’est extrêmement bien écrit, on se laisse totalement porter par la force de cette écriture. Un texte très personnel et pour le moins original. On  retrouve une fascination pour la maladie qu’on pouvait déjà voir chez Hervé Guibert. Un texte déroutant qui met à mal bien des préjugés. Il permet également d’informer sur l’avancée des traitement et la vie d’un séropositif aujourd’hui. Une dédramatisation qui peut surprendre. Un texte un peu difficile sans doute mais qui mérite le détour, pour un livre qui peut se comparer aux plus grands.

          Voilà pour mes coups de coeur. Il y a d’autres livres qui m’ont moins convaincue. Parmi eux Les quartiers d’hiver de Jean-Noël Pancrazi, qui a reçu le prix Médicis. Ecrit au début des années 90, il retrace l’histoire d’un homme dont les amis meurent les uns après les autres du sida. Un texte tout en retenu que j’ai trouvé un peu ampoulé. Dans un tout autre genre, un témoignage, celui de Barbara Samson, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Le récit d’une écervelée inconsciente qui se victimise à souhait. Un livre qui a cependant beaucoup ému et semble continuer aujourd’hui. Enfin, un livre que j’ai aimé mais dans lequel le sida me semble très en retrait par rapport à l’histoire d’amitié qui constitue le fil conducteur de l’histoire, Kyoko, de Ryû Murakami.

          En définitive, le sida en littérature est souvent un prétexte à l’écriture. Les autobiographies ont souvent tendance à se pencher sur l’aspect médical, ce qui leur donne un aspect informatif. Mais ce sont aussi dans ces textes personnels qui offrent des approches de la maladie souvent surprenantes. On imagine la détresse que doit être l’annonce d’une mort certaine et pourtant, beaucoup de ces auteurs transforment la maladie en « chance ». Elle permet de découvrir des horizons nouveaux, de se dépasser tant qu’il est encore temps. L’écriture devient un exutoire. Etonnamment, ce qui ressort de cette proximité de la mort, c’est avant tout la fureur de vivre.

          Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive, je suis loin d’avoir tout lu sur le sujet. Des ouvrages critiques sont également parus sur cette littérature un peu particulière. Le cinéma c’est aussi penché sur le sujet. Je suis plus ignorante encore sur la question. Toutefois, je peux vous signaler le documentaire d’Hervé Guibert, La pudeur ou l’impudeur. Un film extrêmement poignant. Les images sont souvent insoutenables. A ne regarder que si vous n’êtes vraiment pas impressionnable. Côté fiction, le plus connu est Les nuits fauves de de Cyril Collard, que je n’ai malheureusement toujours pas vu. Je pense que le seul film que j’ai sur le sujet est Les témoins d’André Téchiné que j’avais plutôt aimé. J’y avais trouvé quelques longueurs me semble-t-il mais c’est un film qui m’a tout de même marquée.

          Le mois prochain, c’est promis, je choisirai un sujet plus porteur. En attendant, j’espère que vous partirez à la découverte de quelques uns de ces auteurs qui ont illuminé mon année.