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La belle au bois dormant se réveille à Chaillot

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          Voilà un spectacle que j’ai vu il y a déjà quelques temps et dont j’ai totalement oublié de vous parler. Je dois avouer que je ne vois pas trop par quel bout prendre des choses. J’aime beaucoup les contes de fées et je m’y suis un peu intéressée à la fac (modestement, et j’ai presque tout oublié depuis). J’étais vraiment très curieuse de découvrir ce que ça allait donné, d’autant plus que j’avais a-do-ré l’excellente chorégraphie de Cendrillon l’an passé, également à Chaillot. Je n’avais pas regardé le programme de très très cette année, me fiant surtout au titre – technique de sélection pour le moins périlleuse – et j’ai été assez surprise de constater que le spectacle se déroulait dans la petite salle.

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© François Stemmer

          Sur scène, seulement 3 danseurs. L’histoire se déroule en 3 temps : un premier qui semble représenter le bonheur et l’insouciance, un second qui est celui de la rencontre avec la sorcière et la « transformation », enfin, le réveil. Le début est très lumineux. On est dans un univers léger, solaire, d’une certaine naïveté. Notre jeune Aurore, puisque c’est le nom de la Belle, danse le menuet (du moins de crois, je ne suis pas une grande spécialiste des danses des XVII et XVIII° s.) – après recherche, il s’agirait de danse baroque puisque c’est la spécialité de la chorégraphe, comme quoi je ne suis pas si mal tombée. J’ai trouvé ça très joli mais passé le plaisir immédiat que me procurait cette charmante scène, j’avoue que sur le moment je n’ai pas bien vu où ça voulait en venir. Ni le rapport avec l’histoire d’ailleurs, d’autant plus que cette première partie est assez longue. Toutefois, ça ne m’a guère empêchée de savourer.

© François Stemmer

© François Stemmer

          J’ai beaucoup moins accroché avec la partie avec la sorcière. Heureusement, elle est relativement courte parce que je crois bien que je n’ai rien aimé dedans ! Je l’ai trouvée des plus désagréables. Enfin, la sorcière n’est pas sensée nous être sympathique non plus. Et puis il faut bien faire peur aux enfants. N’empêche, je n’aurais pas été contre un endormissement de notre jeune héroïne plus expéditif. Vient ensuite le temps du réveil, la partie la plus créative avec un atterrissage dans un univers moderne et beaucoup d’humour. J’ai vraiment adoré cette fin dont la touche espièglerie est délectable. Le côté technique n’est pas en reste non plus, avec un joli mélange des genres. Si ce spectacle m’a fait douter à un moment, il s’avère au final très bien conçu avec une vraie ligne directrice. Artistiquement parlant, il parvient à créer des univers forts avec très peu de moyens. Béatrice Massin nous livre une création originale et inventive qui donne un coup de jeune à notre belle endormie.

Roméo et Juliette déçoivent à Chaillot

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          Comme vous avez pu le voir ici, mon programme culturel pour cette année est pour le moins chargé avec beaucoup, beaucoup de danse contrairement à mon habitude. J’ai d’ailleurs commencé la saison par un ballet que j’attendais avec impatience, Roméo et Juliette à Chaillot. J’y avais vu l’année dernière une formidable Cendrillon, drôle et inventive, qui m’avait donné l’envie de voir plus de danse, beaucoup plus de danse. J’espérais donc que la magie opérerait de nouveaux avec ce classique de la littérature maintes fois adapté et réadapté. La musique de Prokoviev, un de mes compositeurs préférés, ne pouvait que finir à me motiver à aller voir de qui il retournait.

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Je n’avais pas fait attention en regardant le programme que c’étaient des enfants sur scène – Josette Baïz et le groupe Grenade. J’avoue que ç’a un peu été le choc. Enfin, j’ai essayé de garder l’esprit ouvert (je dis bien « essayé »). Au début puis à plusieurs reprises, il y a des textes récités dont je n’ai pas bien compris d’où ils sortaient. Ensuite, c’est de la danse contemporaine. Comme pour beaucoup de choses, j’ai toujours été plutôt classique. D’autant là la mise en scène est très brouillonne : les rôles de Roméo et Juliette ne sont pas clairement définis et sont joués tour à tour par différents enfants. Il arrive même qu’il y ait plusieurs couples en scène en même temps. Je sais que le ballet ne peut pas être une illustration parfaite d’un texte, c’est toujours délicat, mais là, je n’ai RIEN retrouvé de Roméo et Juliette. Si je n’avais pas su de quoi il retournait, je n’aurais pas compris de quoi il s’agissait avant la scène finale. Et encore.

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Pour le reste, pas de décor à part de grands panneaux semi-transparents qui ne sont pas du plus bel effet si on n’est pas parfaitement en face et à hauteur de la scène et cachent les danseurs, c’est assez désagréable. Les costumes sont à peu près inexistants également et pas flatteurs pour deux sous. Finalement, ce qu’il y a de mieux dans cette mise en scène, ce sont encore les enfants qui dans l’ensemble, s’en sortent quand même assez bien. Certaines figures sont assez techniques mais ne sont pas du tout mises en valeur, perdues dans des tableaux qui apparaissent comme un peu confus. Rares sont les moments de grâce dans ce spectacle où souvent l’enchaînement entre les tableaux m’a semblé précipité. C’est vraiment dommage, la musique est tellement belle !

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Evidemment, dès qu’il s’agit d’enfants, tout le monde adore, les applaudissements ont donc été nourris. J’ai entendu des commentaires du style « la mise en scène est nulle, la danse pas terrible, mais c’était bien quand même non ? » Euh… si tout est nul je vois mal comment ça peut être bien… Ca m’a fait penser à un spectacle de fin d’année d’école de danse un peu plus élaboré que d’habitude. Je trouve quand même l’idée de donner à des enfants l’opportunité de danser sur de grandes scènes nationales très bonne (pour en savoir plus sur La belle saison avec l’enfance et la jeunesse, cliquez sur le lien). D’ailleurs, si je me suis ennuyée ferme tout au long de ce spectacle, je dois avouer que malgré une mise en scène très brouillonne que ces enfants s’en sortent plutôt. Une représentation décevante qui ne rend pas hommage aux classiques du ballet.