Nathan est un adolescent souffrant de troubles autistiques et prodige en mathématiques. Brillant mais asocial, il fuit toute manifestation d’affection, même venant de sa mère. Il tisse pourtant une amitié étonnante avec son professeur anticonformiste Mr. Humphreys, qui le pousse à intégrer l’équipe britannique et participer aux prochaines Olympiades Internationales de Mathématiques. De la banlieue anglaise à Cambridge en passant par Taipei, la vie de Nathan pourrait bien prendre un tour nouveau…
Je suis assez intriguée par l’autisme. Sans doute parce que ça me renvoie à mes propres peurs. Sans m’être jamais vraiment renseignée sur le sujet, j’apprécie toujours de voir un reportage ou un film qui en parle. Je ne pouvais donc pas rater celui-ci, d’autant plus que les génies des maths me fascinent. J’ai bien aimé ce film qui montre le monde à travers les yeux d’un jeune autiste, mais aussi les difficultés pour son entourage à le comprendre. Rien de très original dans le scénario, et moins encore dans la réalisation on ne peut plus formelle. Toutefois, le lien entre les personnages est fort et souvent attendrissants. C’est la vraie force de ce film qui parvient à nous faire découvrir l’univers de ce jeune garçon atypique avec beaucoup de finesse. Les mathématiques sont forcément très présentes mais pas besoin d’en être spécialiste pour s’intéresser à cette histoire qui est avant tout celle d’un mal-être, aussi bien pour le jeune adolescent que pour sa mère, qui peine à communiquer avec lui. La fin, si elle est prévisible, n’en n’est pas moins émouvante. Un film qui manque un peu d’originalité mais s’avère souvent touchant.
Love and mercy, de Bill Pohlad
Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.
Je suis allée voir ce film par hasard, un jour d’envie furieuse de cinéma. J’aime bien les Beach Boys mais au vu de leurs chansons, je m’attendais à un film léger. J’ai été très agréablement surprise. La légèreté est sans doute la dernière chose qu’on trouve dans ce film finalement assez sombre. A part leurs tubes, je ne connais pas grand chose des Beach Boys et je ne savais rien de leur chanteur à la voix si particulière, qui s’avère aussi être l’auteur-compositeur du groupe. C’a vraiment été une découverte des plus enrichissantes. Au début, tout va pour le mieux pour le groupe qui rencontre un beau succès et profite de la vie. Mais bien vite, Brian commence à devenir bizarre. Il se replie sur lui-même et ses compositions sont de plus en plus étranges. Il semble entendre des voix qu’il tente de retranscrire : sa musique se nourrit de sa folie. Le film alterne entre deux période de la vie de Brian Wilson : la jeunesse de jeune prodige, avec le début de ses crises, et quelques années plus tard, l’âge adulte et la folie. On le retrouve diminué, perdu et sous l’emprise d’un pervers narcissique qui le martyrise. Si le film est relativement classique sur la forme, l’histoire mérite le détour. Le naufrage de cet homme est particulièrement touchant. On en ressort un peu mal à l’aise mais avec l’envie d’écouter sa musique d’une autre oreille.
Le suicidé de la société, d’Antonin Artaud
Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n’était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l’était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir. » Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d’être soignés par d’authentiques vivants ? «
J’avais acheté ce livre lors de l’exposition Van Gogh/Artaud, le suicidé de la société. J’avais adoré les phrases d’Artaud qui ponctuaient l’exposition, elles sonnaient particulièrement juste, et ça m’avait donné très envie de lire le texte dans son intégralité. D’autant plus que sans grande originalité, Van Gogh est un de mes peintres préférés. Je dois avouer que j’ai été amèrement déçue. Artaud est connu pour ses textes très obscurs et sa folie. Je dois avouer que j’ai mieux compris avec cette lecture. J’ai eu un mal fou à suivre. Je me suis même demandée où se cachaient les phrases que j’avais tant aimé dans ce discours qui m’a paru sans queue ni tête. Les commissaires d’expo ont fait un travail incroyable, ils ont tiré le meilleur de ce texte pour le moins alambiqué. Artaud porte un regard très intéressant – et admiratif – sur le travail de Van Gogh, même s’il n’est pas aisé de tirer la substantifique moelle de cet article. Un texte qui m’a laissée quelque peu pantoise mais les courageux y trouveront un regard acéré sur le côté visionnaire de Van Gogh. Difficile mais pas inintéressant.
Et il avait raison Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société lui a interdit.
Avec une fois de plus beaucoup de retard, voici un petit tour d’horizon des films d’action vus ces derniers temps. Un joli mélange de sérieux, de films de voitures, d’espionnage ou de parodie. Il y en a pour tous les goûts !
Ce film me tentait moyennement mais je me suis laissée traîner par un ami. J’en avais entendu dire le plus grand mal et finalement, je n’ai pas trouvé ça si horrible que ça. Certes, ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais ça se laisse regarder. Comme vous vous en doutez, je l’ai vu il y a un certain temps (ou je sais, je dois avoir pas loin de 6 mois de retard dans mes chroniques, je n’écris plus assez vite) et je dois bien admettre que je n’en ai pas gardé grand souvenir. Que dire ? la salle était confortable et il pleuvait à la sortie ? Non, plus sérieusement, ce dont je me souviens c’est d’un film d’action assez bien mené, plutôt bien joué aussi (oui bon les acteurs sont canons quoi, ça suffit amplement en l’occurrence) mais qui a aucun moment ne m’a vraiment emballée. Côté photo, c’est assez convaincant, avec un univers sombre et une lumière léchée. Les scènes d’actions sont nombreuses et relativement variées, pourtant je n’ai pas été subjuguée, ça manque peut-être un peu de nerf, surtout au début où ça traînaille un peu, après ça s’améliore. Le scénario tient à peu près la route mais aurait mérité d’être plus fouillé. Pas mal mais pas exceptionnel quoi, on attendait un peu plus de Michael Mann sur ce sujet pourtant porteur. Rien de franchement mauvais donc mais malgré d’indéniables qualités, un film a qui il manque clairement un petit quelque chose.
Je voulais voir ce film dont la thématique me rappelait un peu celle de Snipper. Si j’ai bien aimé dans l’ensemble, j’ai toutefois trouvé qu’il manquait d’envergure. Je m’attendais à quelque chose de plus percutant. Le sujet me semble très porteur et intéressant mais il est largement sous exploité. La bande-annonce (ou le synopsis, ou les commentaires lus dessus, je ne sais plus) m’avaient laissé penser que le film parlait des joueurs de jeux vidéos recrutés par l’armée américaine pour piloter des drones (et lancer des missiles au passage tant qu’à faire) et un peu trop coupés de la réalité et je trouvais ça franchement intéressant. Bon, finalement, ça n’a qu’un vague rapport, ce côté-là des choses n’étant carrément pas évoqué. Le film est plutôt axé sur les problèmes de conscience – et de bougeotte – d’un pilote qui vit très mal de ne pas être sur le terrain et de faire la guerre de loin. Bof quoi. Pas mal, sans plus, on s’ennuie un peu. Ca m’a un peu rappelé American Sniperplus ou moins sur le même sujet. Si je n’ai pas grand chose à reprocher à ce film à part de rester trop tiède, j’ai trouvé le résultat mitigé pour un potentiel pourtant intéressant.
Un de mes coups de coeur cinématographiques du début d’année. Ce film est un pur régal pour qui aime les films d’espionnage et l’humour anglais. Qu’est ce que j’ai ri ! J’ai eu l’impression d’un mix détonant entre Kill Bill et OSS 117, le tout avec la classe de James Bond.C’est drôle, vif et élégant. Certains lui ont reproché une trop grande violence. Elle est indéniable mais tellement exagérée et éloignée de toute réalité que ça ne m’a absolument pas dérangée. C’est une violence de comics où le sang ne gicle pas ou alors uniquement par torrents (oui, parce qu’on ne fait pas les choses à moitié). J’ai eu du mal à déterminer si on pouvait parler ou non de parodie. Certes, ça joue outrancièrement avec les codes du films d’espionnage avec un humour truculent mais en même temps, le résultat est un très bon film d’espionnage en soi, ce qui est assez inhabituel. J’ai d’ailleurs bien aimé ce doute quant aux intentions du réalisateur. J’ai trouvé ça extrêmement bien joué, avec un Colin Firth à son meilleur. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce film ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer, avec force rebondissements et scènes d’action bien senties. Un petit bijou plein d’humour qui ravira les amateurs de films d’espionnage.
Avec ce film, j’espérais un peu retrouver l’esprit de Kingsman, qui me paraissait plus ou moins dans la même veine. Ici on est plus dans la parodie, ce qui n’était pas nécessairement pour me déplaire. Pourtant, bien que j’aie souvent ri, j’ai trouvé ce film moyen. Il ne parvient pas à dépasser le stade du divertissement un peu lourd. C’est dommage car il y avait un certain potentiel avec un personnage principal délicieusement caricatural, aussi enjôleur qu’imbuvable. Jude Law est parfait dans le rôle, jouant à merveille de son image de charmeur. On retrouve tous les personnages type habituels, du super espion à son assistante éperdument amoureuse de lui et la réalisatrice se joue des stéréotypes avec délice. Pourtant, si le rythme est enlevé et le ton franchement décalé, je n’ai qu’à moitié accroché. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que l’humour fonctionnait bien (et je suis difficile en la matière) et j’ai très souvent ri de bon cœur mais si le côté parodique est parfaitement maîtrisé, il y manque a mon goût un scénario plus fouillé qui en ferait aussi un bon film d’espionnage. Un film plaisant dont l’humour fait souvent mouche mais qui manque un peu de profondeur pour convaincre totalement.
Je sais que ça peut surprendre mais j’aime bien les films de voitures. Je trouve ça divertissant. Certes, le scénario est souvent bien maigre mais l’action est généralement au rendez-vous au chaque plan, permettant de débrancher son cerveau pendant 2h, ce qui est parfois assez appréciable. Le film détente par excellence. J’avais bien aimé le 6 et je n’ai à peu près aucun souvenir des précédents, que je n’ai d’ailleurs pas tous vus. Même s’il y a une vague continuité, il n’y a pas besoin d’avoir vu les autres pour suivre l’histoire qui est assez simple : de l’action, de l’amitié, de l’amouuur et plein de voitures qui roulent vite, une recette qui marche à tous les coups non ? Bon évidemment, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un grand film mais ça se laisse regarder avec un certain plaisir (un peu coupable, avouons-le). Les poursuites sont spectaculaires : on en prend plein la vue. De ce point de vue le film est très réussi, il tient ses promesses de jolies filles, belles voitures et effets spéciaux. Un film plus que moyen mais un divertissement assez efficace.
Je n’avais jamais vu les Mad Max, films pourtant devenus culte. J’ai donc rattrapé mon retard et regardé la trilogie avant d’aller voir ce nouveau volet au cinéma. Je vous en parle d’ailleurs bientôt si je trouve le courage de me lancer là-dedans. Les trois premiers sont inégaux et je me demandais ce qu’allait donner cette suite arrivée 30 ans plus tard (par le même réalisateur mais avec un autre acteur dans le rôle principal). Tout le monde m’en avait dit le plus grand bien, à tel point que c’en devenait suspect. Pourtant, je ne peux que me ranger à l’avis général : ce film est un pur régal ! Il y a de l’action, de l’action, des véhicules incroyables et encore de l’action. Il m’a rappelé le deux par bien des aspects, notamment l’univers et les personnages mais en encore mieux. Visuellement, ce film est très très beau, avec des paysages arides et une lumière magnifique. L’histoire ne change pas trop : un univers post-apocalyptique, des méchants, et Max qui ne peut pas s’empêcher de jouer les justiciers, le tout parsemé de courses poursuites dans des engins improbables. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce nouvel opus qui met la barre très haut. Le meilleur de la série, un vrai régal.
Je connaissais un peu l’histoire de ce couple mythique à travers la chanson de Gainsbourg et leur évocation dans de nombreux films de gangsters (dont je suis assez friande même si j’en vois trop peu). Mais tout ça restait un peu vague et mis à part qu’ils avaient volé des banques et étaient morts jeunes, je ne savais pas grand chose d’eux. Je n’avais jamais vu ce film devenu un classique du cinéma et quand j’ai vu qu’il passait dans une séance de plein air, je me suis ruée sur l’occasion. Sans grande surprise, j’ai a-do-ré ! Ce film n’a pas pris une ride. Il faut dire aussi que le voir sur écran géant en extérieur a bien aidé à l’apprécier à sa juste valeur. Les acteurs sont impeccables, plus vrais que nature ! Cette « aventure » ne manque pas de piquant et apparaît du début à la fin comme un jeu un peu improbable. Bonnie s’ennuyait dans sa vie tranquille et un peu terne, jusqu’à ce qu’elle rencontre Clyde, un petit malfrat qui tente de voler sa voiture. Il va commettre un braquage pour tenter de l’impressionner et elle va immédiatement se prendre au jeu. Elle semble s’amuser comme une folle quand lui paraît vouloir tout faire pour satisfaire les envie d’action de sa belle. Bien sûr, tout cela tourne mal. On les suit avec délices, les rebondissements ne manquent pas et on s’attache à ces personnages hauts en couleurs. On a beau connaître la fin, on la redoute autant qu’on l’attend. Un film de gangsters comme on les aime, avec de l’action, de l’action et de l’action. Intemporel.
Quand j’ai vu la bande-annonce de ce film de 1971 au cinéma à l’occasion de la sortie de la version restaurée, j’ai eu très envie d’aller le voir. J’avais vu La French l’année dernière – que j’avais bien aimé – et j’étais curieuse de voir la version américaine. Je m’attendais à un polar très musclée plein de courses poursuites et de fusillades. Je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Le film se concentre sur les ramifications américaines de la French Connection. Ce réseau français inondait les Etats-Unis d’héroïne dans les années 60 et était traquée des deux côtés de l’Atlantique. Contre toute attente le film traîne vite en longueur et s’avère assez soporifique. Seule la dernière demie-heure détone un peu, avec une course poursuite mémorable entre une voiture et un train puis une arrestation musclée. Avant ça ? une interminable filature, aussi éprouvante pour le spectateur que pour le policier. Malgré tout, ce film n’est pas dénué d’intérêt. Bien construit, bien joué, il est sans doute plus réaliste que les films d’actions auxquels on est habitués. Un film qui a un peu vieilli et déçoit par un manque d’action mais rend bien compte d’une époque.
Voilà pour le moment, vous n’avez plus qu’à faire votre choix !
Quand en voulant jouer un mauvais tour au fermier, Shaun l’expédie par erreur à la Grande Ville, il part à sa recherche avec ses congénères. Ils vont devoir user de ruse pour le retrouver et le ramener à bon port.
Ceux qui me suivent l’auront constaté, je vois peu de films d’animation. Mais Shaun me tentait terriblement. Parce que Chicken Run et Wallace et Groomit m’avaient bien fait rire je me doutais donc qu’il en serait de même pour la nouvelle création de Nick Park. Je n’ai pas été déçue ! J’ai beaucoup ri pendant cette séance. Bizarrement, même si j’avais déjà vu la bouille de ce mouton malicieux, je n’avais jamais regardé la série. J’ai trouvé que la pâte à modeler donne un côté très sympa, un « grain » particulier et inimitable dont je ne ma lasse pas (je suis vieux jeu parfois, je sais). On s’attache de suite à ces boules de laine que les animateurs ont réussi à rendre extrêmement expressives.
Moi qui ne suis pas toujours très bon public pour les comédies, j’ai beaucoup ri à celle-ci dont les gags font souvent mouche. Le vrai coup de force de ce film, c’est d’être accessible à tous les âges. Les plus petits seront charmés par ce mouton espiègle sans que les plus grands sombrent pour autant dans l’ennui. L’histoire est truffée de références à la culture populaire qui raviront les connaisseurs. L’humour, jamais méchant, joue sur plusieurs registres et fonctionne franchement bien. Le rythme est soutenu et même s’il y a quelques passages à vide, on ne s’ennuie pas avec ces boules de laine à l’humour anglais pour le moins délectable. Un film terriblement mignon qui fera rire à tous les âges.
Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé.
J’ai eu un gros coup de cœur pour ce film. Extrêmement bien réalisé, l’image très bien construite, millimétrée. La musique est bien choisie, soulignant habilement le discours sans jamais en faire trop. C’est d’ailleurs ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit : il n’en fait pas trop. Le sujet est difficile et on aurait pu craindre qu’il tombe dans l’horreur et/ou le pathos. Certains pourraient d’ailleurs sans doute lui reprocher un côté trop froid et trop carré. Personnellement, j’ai trouvé que l’histoire se suffisait à elle-même et que cette retenue lui conférait un surplus de dignité. Il m’est difficile de parler de ce film, même si je l’ai vu il y a déjà quelques temps, tant j’ai du mal à prendre du recul. J’ai trouvé que visuellement c’était très beau, que la musique était magnifique et que cette histoire était pour le moins poignante. Je suis toujours admirative face au courage et le héros de ce film en déborde. J’ai trouvé simplement passionnante cette histoire vraie, d’un homme qui veut rétablir la vérité et œuvrer pour la justice. Un film extrêmement fort qui m’a émue aux larmes de bout en bout. Magnifique.
La dernière page, de Gazmend Kapllani
A la mort de son père, un fils découvre un pan de l’histoire familiale jusque-là enfoui. Une découverte qui va bouleverser ses certitudes. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de l’exil des juifs grecs vers l’Albanie durant la seconde guerre mondiale. Il faut dire que je n’avais jamais lu de littérature albanaise et à peu près aussi peu de littérature grecque. J’ai donc été ravie de recevoir ce roman suite à la dernière opération Masse Critique organisée par Babelio.
Je dois avouer que je ne m’attendais pas vraiment à ce sujet, le titre et la 4° de couverture n’en laissant pas supposer grand chose. Ca m’a un peu déstabilisée au début de ma lecture, je m’attendais plutôt à un roman sur l’écriture. Le récit se présente en deux parties consacrées à un père et son fils. Le 2nd découvrant l’histoire du 1° lors d’un carnet qu’il trouve chez lui après son enterrement. J’ai très largement préféré la partie consacrée au père, que j’ai trouvée à la fois très intéressante et émouvante. En revanche, celle parlant du fils m’a paru d’un intérêt bien moindre. De plus j’ai trouvé le dispositif de narration un peu ??? et superflu. A mes yeux, ce roman aurait été bien meilleur si l’auteur s’était consacré exclusivement à la partie sur le père et l’avait plus développée. En effet, j’aurais aimé en savoir plus sur la vie de cet homme, sa fuite pendant la guerre puis la vie sous la régime communiste. Face à cette histoire forte, on a celle beaucoup plus banale de son fils qui n’apporte pas grand chose. C’est un peu dommage car ce roman est bien écrit mais s’avère assez irrégulier. Ca n’en demeure pas moins une lecture très intéressante sur un sujet dont j’ignorais tout.
Pour Melsi, le grec était une grande dame qui, après avoir voyagé dans le monde entier, avait perdu tout son éclat, alors que l’albanais était un montagnard indomptable, un peu cinglé et terriblement rétrograde, passé maître dans l’art de la survie.
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Un silence au téléphone est la pire des choses, on ne sait jamais comment le briser.
La balle rouge, de Patrick Bousquet
Je suis une balle rouge. J’appartenais à un enfant nommé Samuel, mais que tout le monde appelait Sam. C’était hier… En Europe. Pas loin d’ici… Au temps des nouveaux barbares…
Ce récit pour la jeunesse est intéressant. L’auteur raconte l’histoire à travers une balle rouge emportée aux camps par un enfant. Un point de vue un peu particulier mais qui permet d’aborder le sujet sous un angle intéressant. J’ai souvent du mal avec les récits dont le narrateur n’est pas une personne. Je trouve que c’est souvent dur à tenir et il finir par y avoir un moment où je n’y crois plus. Ici, ça fonctionne plutôt bien et malgré quelques maladresses l’histoire est touchante. Difficile de juger avec nos yeux d’adultes de l’effet produit, d’autant plus que je ne suis pas franchement une spécialiste de la littérature jeunesse. Je pense toutefois que ce récit doit être particulièrement marquant pour les jeunes lecteurs. L’écriture est agréable et j’ai trouvé que cette lecture intéressante. L’auteur raconte le quotidien des camps avec une certaine pudeur, sans en rajouter dans l’horreur. C’est simple et efficace. Un petit livre à faire lire sans hésitation aux enfants pour leur parler de la Shoa.
C’est une histoire terrible que la mienne
Une histoire incroyable
Mais aussi une histoire d’espérance.
Comme vous l’aurez peut-être constaté je suis gravement en retard dans mes chroniques ciné (les autres aussi d’ailleurs mais c’est moins important). Je me lance donc dans des regroupements improbables pour tenter de réduire un peu plus vite la liste des articles en attente. Aujourd’hui, ce sont deux films très différents sur des femmes fortes que je vous propose.
Big eyes, de Tim Burton
Je ne connaissais pas Walter Keane avant d’aller voir ce film, après avoir vu « ses » toiles, certaines m’ont semblé familières. L’histoire est la suivante : cette homme sans talent mais bonimenteur de génie vend les toiles de sa femme sous sa signature et devient un véritable phénomène commercial. Il la réduit peu ou prou en esclavage jusqu’à ce que celle-ci finisse enfin par se rebiffer et faire reconnaître ses droits. Beaucoup ont dit que c’était le meilleur Tim Burton depuis longtemps, c’est sans doute vrai mais j’ai regretté qu’on ne retrouve pas plus son univers dans ce biopic (même si les yeux géants sont bien son genre). J’ai bien aimé ce film qui possède une certaine fraîcheur malgré son sujet assez peu joyeux. Le destin de cette femme est intéressant et j’ai aimé la manière dont il est traité. Tim Burton parvient à créer un univers fort, très coloré, et à rendre son personnage aussi attachant que son mari est inquiétant. Toutefois, bien que j’aie aimé ce film, il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable après coup. On passe un bon moment mais on n’a pas affaire à un chef-d’oeuvre.
Still Alice, de Richard Glatzer et Wash Westmoreland
Voilà un film que malgré des critiques très mitigées j’ai beaucoup aimé. C’est l’histoire d’une intellectuelle atteinte d’Alzheimer qui voit son monde s’écrouler et tente tant bien que mal de créer des remparts contre la maladie. On suit l’évolution de sa maladie à travers ses yeux pour un résultat très émouvant sans jamais tomber dans le pathos. J’ai trouvé le résultat très saisissant. La perte de mémoire est quelque chose qui me fait particulièrement peur aussi bien pour moi (d’autant plus que depuis quelques temps la mienne est défaillante) que pour mon entourage. Ca doit être particulièrement dur de voir quelqu’un qu’on aime perdre peu à peu ses facultés. J’étais curieuse de voir comment la maladie allait être traitée ici et j’ai été très agréablement surprise par la sobriété de son traitement (ce qui justement en a déçus plus d’un !). Julianne Moore est comme à son habitude impeccable et particulièrement émouvante dans ce rôle de femme au bord du gouffre. Quant au reste de la distribution, bien que plutôt bon, il s’avère un rien en deçà. On peut regretter un film trop linéaire et sans grande surprise – aussi bien sur le fond que sur la forme – mais il va droit au but avec une efficacité certaine. Pas un grand film sur la forme mais une histoire émouvante dont je suis ressortie un peu sonnée.