Cinéma

The Homesman, beau mais tellement lent…

Drame historique américain de et avec Tommy Lee Jones avec Hilary Swank, David Dencik, Meryl Sreep

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          J’avais hâte de voir ce film qui a priori ne pouvait que me plaire. Le genre, l’histoire, les acteurs, tout me tentait ! J’étais presque certaine d’aimer. Grave erreur, ne jamais partir trop sûr de soi… Je dois avouer que je ne sais trop que vous dire de ce film (d’ailleurs, j’aurais dû vous parler aujourd’hui de « Pas son genre » mais j’ai laissé ma chronique en plan, me disant que vu l’heure tardive, autant écrire sur quelque chose qui ne va pas me prendre la nuit…). Bien que très enthousiaste en entrant dans la salle, je me suis endormie au bout de quelques minutes à peine. Ca commençait mal. Quand je me suis réveillée, au bout d’une durée indéterminée, je n’avais pas franchement l’impression d’avoir raté quoi que ce soit. Voilà qui n’augurait pas d’un rythme trépidant.

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          S’il m’est si difficile de parler de ce film, c’est parce que je n’ai rien à lui reprocher. Et pourtant, je me suis ennuyée ferme ! L’histoire semblait assez porteuse, les personnages sont bien construits et esthétiquement, c’est irréprochable. L’interprétation des deux acteurs principaux est impressionnante et les personnages gagnent en épaisseur et en subtilité au fil du récit. La construction de leur relation est très bien menée et pleine de finesse. Le hic, c’est que j’ai eu le plus grand mal à m’y intéresser. Je suis restée coincée au degré zéro de l’émotion.

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          Mais pourquoi ? A vrai dire, je n’en sais rien moi-même ! A peu près toutes les personnes qui ont vu ce film ont eu l’air de l’adorer et en chantent les louanges – ce que je comprends dans une certaines mesure. C’est comme si les ingrédients étaient tous là mais qu’il manquait le liant. C’est beau (bien que paradoxalement ce coin des Etats-Unis semble particulièrement dépourvu de charme), c’est bien fait, c’est impeccable mais ça manque cruellement de vie ! Bref, pour le dire vulgairement : on s’emmerde. J’ai regardé ce film sans déplaisir mais sans parvenir non plus à me sentir un tant soit peu concernée. Heureusement, les images sont belles. 

Cinéma

Conversation animée avec Noam Chomski

Documentaire d’animation français de et avec Michel Gondry avec Noam Chomsky

          Noam Chomsky a livré plusieurs interview à Michel Gondry. Ensemble, ils ont parlé de son parcours, de sa vision du monde. Le cinéaste a animé à la main cette conversation avec le linguiste et philosophe pour un résultat pour le moins surprenant.

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          Malgré quelques ratés, j’aime généralement assez l’univers de Michel Gondry. Quant à Noam Chomsky, j’ai forcément entendu parler de lui durant mes cours de linguistique. En lettres modernes ceux-ci sont très très nombreux et bien qu’ils m’aient rarement passionnée et que je me sois empressée d’en oublier le plus possible, le penseur américain fait toutefois partie de ceux dont j’ai retenu le nom ; essentiellement car il a largement contribué à dépoussiérer cette matière très figée depuis l’arrivée du structuralisme (même si dans les facultés le changement est long à venir, c’est bon de savoir qu’il est en route…). Je n’avais pas entendu parler de la sortie de ce film quand quelqu’un m’en a parlé au cours du soirée. Il ne me tentait pas des masses mais le lendemain, j’ai voulu aller au cinéma et tout était complet, je suis donc allée voir le seul film pour lequel il restait de la place, selon mon habitude d’aller voir les films un peu au hasard. Eh bien je n’ai pas été déçue !

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          J’avais un peu peur de trouver cela trop austère sur le fond et trop fou dans la forme. Les dessins de Gondry sont quand même très particuliers et je voyais mal comment ils pouvaient coller au sérieux de Chomsky. Et pourtant, la magie opère. Michel Gondry n’est pas un grand philosophe et, qui plus est, son anglais est assez médiocre. Les questions qu’il pose sont donc assez simple et il oblige souvent son interlocuteur à reformuler ses réponses, les mettant ainsi à la portée de spectateur. Pas que Chomsky soit obscur d’ailleurs, bien au contraire, il tient un discours extrêmement clair, mais certains concepts gagnent à être reformulés, ça aide à mieux les appréhender. Michel Gondry illustre ces conversations avec beaucoup d’humour et s’amuse de ses propres contre-sens, créant des situations pour le moins cocasses.

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          Ce documentaire hors-normes m’a beaucoup plu. Il aborde des thèmes essentiels et parfois complexes avec une grande simplicité et beaucoup d’humour. J’aurais aimé que certaines questions soient plus approfondies mais en même temps, c’est la la légèreté de ce film qui m’a séduite et trop des questions trop ardues l’auraient mise à mal. Ce documentaire m’a réellement donné envie de me plonger dans les textes de Noam Chomsky auxquels il me semble proposer une excellente introduction. Pour qui lit très peu d’essais depuis que j’ai fini mes études, me donner l’envie de lire de la linguistique – matière que j’abhorre – tient de l’exploit ! Difficile de définir cet OVNI cinématographique, on se retrouve catapulté dans un monde complètement à part et assez fascinant. Il y a bien quelques longueurs mais le tout reste assez jouissif et tellement inventif !

Cinéma

Les trois soeurs du Yunnan

Documentaire franco-hongkongais de Wang Bing

          Trois sœurs de 10, 6 et 4 ans, dans une contrée reculée de la Chine, grandissent dans des conditions précaires. Leur père se voit dans l’obligation d’aller travailler en ville pour survivre. Elles sont filmées dans leur quotidien. 

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          Dans l’idée, aller voir ce documentaire me tentait assez. C’est typiquement le genre de cinéma que j’affectionne, celui qui enrichit et ouvre de nouveaux horizons. Et puis les critiques étaient tellement bonnes, la presse s’est enflammée pour ce petit documentaire sur la vie dans les campagnes chinoises. Pourtant, je n’ai pas du tout, mais alors, pas du tout aimé ce film. Je me sens horrible de ne pas m’y être intéressée une seconde, après tout, la vie de ses petites filles est bien réelle et ça aurait dû m’interpeller, me toucher, me faire réagir d’une façon ou d’une autre. Mais non, ça m’a laissée de marbre. Totalement. A tel point que j’ai plongé du nez à plusieurs reprises et ai fini par fuir avant la fin.

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          Sans grande surprise, leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles : une grande pauvreté, des travaux continuels et de la boue absolument partout. Bien sûr, c’est important de savoir que des gens vivent encore comme ça de nos jours mais j’en avais déjà conscience et je pense même que c’est bien moins rare qu’on ne le croit. La pauvreté est présente partout et dès qu’on s’éloigne un peu des villes, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, on trouve des familles dans un pareil dénuement. En Europe aussi d’ailleurs, même si c’est sans doute moins fréquent. Ca nous semble d’un autre âge mais il y a 50 ans de cela – ou à peine plus, cette manière de vivre très chiche et basée sur les travaux de la ferme était également courante dans certaines régions françaises. On s’étonne aujourd’hui, mais n’est-ce pas parce qu’on est totalement déconnecté de nos propres racines et coupé du monde depuis nos appartements surchauffés ?

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          Mais ce n’est pas cela qui m’a dérangée, simplement, ça ne m’a pas suffit suffit pour être éblouie, comme le critique parisien plein de bons sentiments qui n’a jamais vu le cul d’une vache et se laisse impressionner par le premier brin d’herbe venu. Le pittoresque ne me parle guère si rien ne vient en prime me faire rêver ou réagir. D’autant plus qu’il n’y a rien de très bucolique dans ces images baignées d’un épais brouillard (ceci dit, quand il ne pleut pas, ce qui est visiblement rare, le Yunnan doit être splendide). C’est vraiment une histoire de vision du cinéma qui entre en jeu dans l’appréciation de ce film. Pour moi, un documentaire doit amener une réflexion. Il doit enrichir le spectateur, lui donner des clefs pour comprendre ce qu’il voit ; et ici, la vie de ces fillettes est montrée nue, sans artifices mais sans explications non plus. Sans valeur ajoutée. Il m’a manqué le regard du cinéaste ou du journaliste pour aimer ce documentaire.

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          Ce sont restées pour moi des images vides de sens. J’ai regardé la vie de ses enfants et j’aurais aimé que que quelqu’un m’aide à comprendre leur quotidien, connaître leurs rêves. Au lieu de cela, je n’ai vu qu’une succession de scènes de ce qui est le quotidien de bien des familles et je me suis vite ennuyée à périr. J’ai eu la terrible impression d’être dans un épisode de Strip tease, où on ne sait jamais s’il faut rire des sujets ou en avoir pitié. Ici bien sûr, rien ne porte à rire, mais j’aurais voulu pouvoir aimer un peu ses gens, ne pas avoir la désagréable impression qu’on étalait simplement leur misère. C’est toujours difficile de trouver le juste milieu entre les images brutes – comme ici – et des documentaires qui à force de bons sentiments tirent presque sur la fiction et perdent de leur portée. Pourtant, j’ai le sentiment (tout personnel) qu’au cinéma comme en littérature, la réalité ne suffit pas, et l’artiste doit y amener sa touche, si infime soit-elle. A grand regret, j’ai trouvé ce documentaire totalement dénué d’intérêt, le réalisateur ne parvenant pas à transmettre ce qui l’a touché chez ces enfants et lui a donné envie de nous les faire connaître. 

Cinéma

La crème de la crème

Comédie dramatique française de Kim Chapiron avec Thomas BlumenthalAlice IsaazJean-Baptiste Lafarge

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          Et si les lois du marché s’appliquaient aux relations amoureuses ? C’est la théorie que comptent bien expérimenter Dan, Kelliah et Louis, étudiants dans une prestigieuse école de commerce. Tout se vend et tout s’achète mais dans quelle limite ?

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           A priori, ce film n’est pas exactement le style que j’affectionne mais j’étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner. La jeunesse dépravée est un sujet assez fascinant même si ça fait rarement de bons films. Je trouvais toutefois intéressant de voir les dessous des grandes écoles qui derrière leur réputation de sérieux hébergent souvent de sacrés fêtards. Ce film m’a laissé une impression un peu mitigée. L’idée de départ pouvait sembler assez séduisante, pourtant, ça a comme un air de déjà vu. Le film apparaît comme un rien superficiel, malgré une volonté de se montrer novateur. Toutefois, il se laisse regarder non sans un certain plaisir. Il y a pas mal de bonnes idées (le parallèle entre les relations amoureuses et les lois du marché ne manque pas de sel) mais elles ne sont malheureusement pas suffisamment exploitées. On reste un peu trop à la surface des choses, n’allant jamais vraiment au bout des idées. Le réalisateur semble se chercher et ne pas oser aller à fond la carte de la provocation.

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          Il y a une belle énergie dans ce film et les jeunes acteurs sont convaincants. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Je craignais un peu que cette jeunesse dorée ne me soit franchement antipathique. Certes, je n’ai guère d’affinités avec les personnages mais ils ont tous leurs petites faiblesses qui les rend finalement assez attachants. Le déroulement de l’histoire est prévisible mais fonctionne tout de même plutôt bien. La romance qui plane est peut-être de trop et donne au film un côté naïf qui colle mal avec ses prétentions de subversion mais c’est également ce qui rend ses personnages parfois touchants et pas simplement têtes à claques. Le film joue aussi sur les effets de modes avec des Twitter, Facebook et langages SMS cités à tout va. Ca veut faire jeune mais ça en fait trop et manque de naturel. Un peu plus de sobriété dans la forme n’aurait pas fait de mal. Malgré un manque de maturité évident, ce film a toutefois des qualités avec une belle idée de départ et des acteurs prometteurs. Ce n’est pas du grand cinéma mais on passe un bon moment.

Cinéma

Her, le film qui va vous donner envie de tomber amoureux

Romance américaine de Spike Jonze avec Joaquin PhoenixScarlett JohanssonAmy Adams 

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          Theodore est dévasté après sa récente rupture avec sa femme. Il achète alors un nouveau programme informatique capable de s’adapter à son utilisateur et son environnement. « Samantha » et lui vont peu à peu faire connaissance et tomber amoureux…

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          Bien que le sujet ne soit a priori pas trop mon genre (anticipation et amour ne sont franchement parce qui m’attire le plus), la bande-annonce me semblait assez prometteuse et j’ai lu un nombre incroyable de critiques positives. Et j’avoue que j’étais assez intriguée par l’originalité évidente de cette histoire. Sans surprise, je vais me ranger à l’avis général : ce film sort du lot et est très émouvant. Le personnage de Theodore est très attachant. Il est à la fois drôle et sensible mais aussi extrêmement seul. Ca tient peut-être au fait qu’il a le travail de mes rêves mais bien que je ne me retrouve pas beaucoup dans son caractère, j’ai trouvé qu’il était facile de s’identifier à lui. En effet, il nous est à tous arrivé de nous sentir seuls, rejetés et perdus après une rupture et Joaquin Phoenix rend ce sentiment avec un grand talent.

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          La relation qui se construit peu à peu avec « Samantha », bien que complètement virtuelle, paraît incroyablement naturelle. Les prémices de l’amour, la découverte de l’autre, les joies des premiers moments passés ensemble, tout est d’une grande justesse. On se surprend même par moments à envier leur relation si particulière. Scarlett Johansson, qui a d’ailleurs été récompensé pour ce rôle, parvient à donner une présence palpable à cette voix et à la rendre très touchante. L’incroyable jeu d’acteurs et la voix sensuelle de « Samantha » sont d’ailleurs un des principaux atouts de ce film.

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          Pourtant,contrairement à ce que je craignais, on n’est pas du tout dans une vision idéalisée de l’amour. Cette relation virtuelle permet finalement de mieux mettre en évidence les difficultés de la vie à deux. La mise en scène est travaillée, avec des images intéressantes et une musique efficace. Si j’ai beaucoup aimé ce film, je lui ai quand même trouvé quelques longueurs. En effet, trop d’amour a tendance à m’assoupir un peu. Toutefois, ça reste léger et même pour les moins romantiques, l’histoire est convaincante sans en faire des tonnes dans l’eau de rose. Un film original et très bien interprété qui parle d’amour avec beaucoup de justesse et de sensibilité.