Actualité

Actualité de la semaine, 18/05/2012

Alors, quoi de neuf cette semaine ?

– La semaine dernière, nous avions un nouveau président, cette semaine, c’est le nouveau gouvernement qui fait son entrée. Pour la première fois, il est parfaitement paritaire (mesure sur laquelle je suis d’ailleurs assez mitigée). Je vais vous épargner la liste complète des membres de notre gouvernement mais voici quelques postes-clef. Jean-Marc Ayrault, premier ministre ; Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères ; Pierre Moscovici, ministre de l’économie ; Manuel Vals, ministre de l’intérieur ; Christiane Taubira, ministre de la justice ; Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense ; Aurélie Filippetti, ministre de la culture.

Ratko Mladic, dit « le Boucher des Balkans », comparaît pour crime contre l’humanité à La Haye. L’ancien chef des militaires serbes de Bosnie est accusé d’épuration ethnique envers les bosniaques, notamment musulmans. Son procès vient d’être reporté. Il est à l’origine du siège de Sarajevo et du massacre de Srebrenica, qui ont fait respectivement 10 000 et 8 000 victimes.

Ca va toujours mal en Grèce. La crise bat son plein, les mesures d’austérités restent de rigueur. A la suite des élections législatives, aucun accord n’a été trouvé pour former un gouvernement. Les grecs revoteront en juin afin d’essayer de régler cette situation épineuse. Dans le cas contraire, l’absence de gouvernement pourrait amener à la sortie de l’Euro faute de meilleure solution.

– Plus léger, notre Johnny national a entamé cette semaine sa 181° tournée. Un record de longévité !

– Culture toujours, la 65° édition du festival de Cannes s’est ouvert ce mercredi. Le jury est présidé par Nanni Moretti, Bérénice Béjo est la maîtresse de cérémonie (que j’ai trouvé par ailleurs extrêmement peu convaincante lors de l’ouverture). La sélection officielle comporte 22 films dont certains me semblent très prometteurs.

– Cela nous amène aux sorties de la semaine. Parmi la sélection cannoise, De rouille et d’os, le nouveau Jacques Audiard avec Marion Cotillard, en lice pour la Palme d’or ; Moonrise Kingdom, de Wes Anderson avec Bruce Willis, le film qui a ouvert le festival ; Matins calmes à Séoul, Hong Sang-soo avec Yu Junsang, les retrouvailles d’un homme avec son ancienne maîtresse.

– Le mot de la semaine, « abstrus » : difficile à comprendre. Un mot que je n’avais plus croisé depuis fort longtemps et que j’ai été heureuse de redécouvrir.

 A la semaine prochaine ! 

Cinéma

Indian Palace, de John MADDEN

          Comédie dramatique britannique de John Madden avec Judi Dench, Tom Wilkinson, Maggie Smith.

          7 jeunes retraités britanniques choisissent d’aller passer leurs vieux jours en Inde, dans un palace à bas prix. La réalité va se révéler bien éloignée de ce qu’ils avaient imaginé. Une vie bien différente de celle qu’ils connaissaient. Un changement de décor qui va profondément les bouleverser.

          Je n’attendais pas grand chose de ce film qui me semblait être une comédie grand public assez convenue. Toutefois, le panel d’acteurs est assez exceptionnel avec notamment Judi Dench (dans laquelle les amoureux de James Bond reconnaîtrons la redoutable M), Tom Wilkinson (The gost writter) ou encore Bill Naghi (Petits meurtres à l’anglaise). Les 8 acteurs principaux ont tous une filmographie assez exceptionnelle, pas un visage qui ne soit familier aux amateurs de cinéma. Une très belle distribution qui tient à elle seule tout le film et évite à cette comédie gentillette de sombrer dans le nanard.

          Ma foi ce film se laisse regarder. Ce n’est certainement pas le chef-d’oeuvre du siècle mais on passe un bon moment. C’est gentillet, joyeux et plein de couleurs, pas mal pour occuper un jour de pluie et de déprime. L’histoire est somme toute assez banale, un jeune homme plein d’illusions que la vie met à mal, un groupe de personnes qui ne s’entendent pas, on rassemble tout ça dans un même lieu, on secoue et tous les problèmes se résolvent comme par magie. Il eut été possible de faire quelque chose de vraiment bien avec ce film, en se penchant plus sur les aspects sociaux-culturels, tant indiens que britanniques par exemple ; mais on reste malheureusement à la surface des choses. Le résultat est une comédie romantique du 3° âge. Un film qui ne révolutionne pas les codes du genre, ça reste très convenu et l’Inde n’y est qu’un décor de carton pâte. Heureusement que les acteurs tiennent un peu tout ça ; ils semblent s’amuser et nous évitent un ennui mortel. Un film agréable qui n’est pas sans rappeler certains téléfilms diffusés sur M6 en début d’après-midi (on est dans le haut du panier tout de même) et reste toutefois tout à fait dispensable. 

Cinéma

Le prénom, d’Alexandre DE LA PATELLIERE et Matthieu DELAPORTE

          Comédie française d’Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling.
          Vincent va être papa. Il se rend chez sa soeur et son beau-frère pour un diner avec leur meilleur ami. Il leur annonce au cours de cette soirée en apparence banale le prénom que portera son enfant. Un choix qui va faire ressortir de vieille rancoeurs et mettre à mal la belle harmonie familiale…

          Je n’étais que moyennement motivée pour aller voir ce film. D’un côté, ça avait l’air drôle, de l’autre, je détestes les engueulades au cinéma, ça me hérisse, et le film n’avait l’air de n’être qu’un long échange de hurlements en famille. Finalement, j’ai fini par y aller pour de banales raisons de bon moment au bon endroit. Et puis comme les critiques étaient plutôt bonnes… Eh bien je ne regrette pas le déplacement, parfois le hasard fait bien les choses !

          Dès les premières minutes, ce film surprend. L’entrée en matière est pour le moins surprenante : originale et bien plus intelligente que ce à quoi je m’attendais. Premier bon point donc pour cette introduction pour le moins plaisante. Et la suite ne vient pas démentir cette première impression. Souvent, dans les comédies, tous les meilleurs moments sont condensés dans la bande-annonce et finalement, quand on les voit, on ne rit pas plus en 1h30 qu’en 2 minutes de résumé. Là ce n’est pas le cas. Certes, la bande-annonce donne un avant goût, mais le film est plus subtil que l’annonce le laissait présager. Le ton en est plus grinçant et la palette d’humour plus large, pour notre plus grand bonheur. On se moque gentiment des bobos, de la famille, chacun en prend pour son grade et si on rit franchement, on frôle parfois le drame, avec des moments bien plus graves. Si le film aurait pu se permettre d’aller plus loin, selon certains j’ai apprécié qu’il n’en fasse rien, restant dans la limite de ce que je peux supporter comme subversion dans une comédie familiale et restant ainsi très grand public (même s’il y perd en teneur intellectuelle, mais on ne peut pas tout avoir !).

          Bien que je n’aime pas les engueulades au cinéma et que je ne sois pas très bon public pour les comédies, j’ai beaucoup aimé ce film qui a été pour moi une vraie bonne surprise. On se retrouve sans doute tous un peu dans ces personnages assez marqués (un peu caricaturaux diront sans doute certains). Les relations de famille et les petits secrets qui les font tenir y sont décrits avec une certaine justesse. Le rythme est enlevé et on jongle avec les registres. Le jeu d’acteur est efficace, même si j’ai trouvé Patrick Bruel peut-être un peu en dessous, mais ça doit être le côté un peu faux du joueur de poker (en même temps face à Charles Berling, la barre était haute). L’histoire est simple et efficace et malgré quelques faiblesses (des longueurs, une fin un peu bâclée, de la facilité parfois…), le film se tient bien. J’ai ri au larmes devant certaines blagues et les gens autour de moi étaient dans le même état. Une comédie douce-amère  efficace, on passe un bon moment, on rit : le travail est fait et plutôt bien.

Cinéma·Mes lectures

Top ten tuesday (01/05)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 meilleures adaptations cinématographiques ou télévisuelles de livres.

Voici une sélection tout à fait arbitraire, dans le désordre :

1) Le Seigneur des Anneaux. Le livre reste pour moi une référence absolue, une des fresques les plus incroyables jamais écrites. Impossible de reproduire à l’écran tous les détails imaginés par l’auteur et amplifiés par mon imagination. Pourtant l’adaptation, aussi casse-gueule fut-elle, est à la hauteur du roman. Si elle n’est pas aussi riche, elle ne trahit pas l’histoire et est devenue tout aussi culte.

2) Le liseur. J’ai moyennement aimé le livre, un peu pareil pour le film mais pour des raisons différentes. Pas assez de sentiments dans le 1°, un peu trop dans le 2°. Les deux se complètent bien et l’histoire comme les personnages y sont bien respectés.

3) Carnets de voyage. Le film est infiniment meilleur que le journal dont il est extrait. Le Che était meilleur révolutionnaire qu’écrivain. Un film qui rend joliment hommage à Ernesto Guevara et donne envie de filer sur les routes sud-américaines.

4) Ensemble c’est tout. Le film est aussi insipide que le livre. Un exploit !

5) Le journal de Bridget Jones. La même légèreté, le même humour décalé. Une adaptation réussie même si je garde un petit penchant pour le livre.

6) Les liaisons dangereuses. L’adaptation avec John Malkovich est très bonne. En revanche, celle avec Gérard Philippe restera comme un des plus gros ratages en matière d’adaptation.

7) Stupeur et tremblements. J’ai vu le film en premier, que j’ai beaucoup aimé, puis j’ai lu le livre et j’ai eu l’impression que c’était exactement la même chose. J’ai rarement vu un film retranscrire aussi précisément un texte. Impressionnant !

8) Le hussard sur le toit. Je garde une nette préférence pour le livre, mais le film, même s’il y manque quelques passages important, lui reste assez fidèle. Olivier Martinez en Angelo est un excellent choix.

9) Cyrano de Bergerac. Depardieu en Cyrano, une performance exceptionnelle. Sans doute un de ses plus beaux rôles. Je ne me lasse pas de le voir et le revoir. Le texte y est mis à l’honneur avec brio. Sans doute une des plus belles adaptations de théâtre au cinéma.

10) Zazie dans le métro. Ce n’est pas là mon Queneau préféré (c’est même un de ceux que j’aime le moins). Je n’ai pas aimé le film non plus, que je trouve particulièrement agaçant. Toutefois, il reste fidèle au texte et donne chair au personnage de Zazie. Un film culte.

Cinéma

Artemisia, d’Agnès MERLET

          Biopic, drame français d’Agnès Merlet. Avec Michel Serrault, Valentina Cervi, Miki Manojlovic. Première sortie en 1997.

          Artemisia est une jeune fille qui a grandi dans un couvent. Son père est un peintre célèbre et elle compte bien suivre sa voie. Elle va devenir son élève et va ainsi rencontrer celui qui deviendra son maître et lui apprendra les lois de la perspectives et les techniques de la peinture en extérieur. Il deviendra aussi son amant, risquant ainsi de causer sa perte.

          Ce film est un petit bijou d’esthétisme. On se croirait dans un tableau de la Renaissance italienne tant les couleurs et la lumière sont belles. L’histoire en elle-même est palpitante. C’est un plaisir de suivre les aventures de cette jeune fille passionnée. Les acteurs sont particulièrement bons, ce qui ne gâche rien à l’affaire.

          Si je devais faire un reproche à ce film, ce serait sa musique. Elle semble en permanence en total décalage avec l’histoire, semblant vouloir créer un suspens ou un sentimentaliste mal venu. C’est dommage, le film n’en avait nul besoin. Ca met même en avant des longueurs qui seraient sans ça passées inaperçues. Malgré ce petit reproche, ce film reste d’un très bon niveau. Sans doute le meilleur que j’aie vu en ce début d’année. Il m’a donné envie de m’intéresser à l’oeuvre de cette peintre. Une très belle surprise.

          Les oeuvres d’Artemisia sont exposées au Musée Maillol, dans 7° arrondissement de Paris, jusqu’au 15 juillet.

Pour en savoir plus sur cette exposition, rendez-vous chez Paris pèle-mêle.