Cinéma

L’étrange histoire de Benjamin Buton

          Drame fantastique américain de David Fincher avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond.

          Benjamin est atteint d’une étrange maladie : il est né vieux. On a d’abord pensé qu’il allait mourir bientôt mais non, Benjamin est unique, alors que chacun vieillit, lui va rajeunissant. Il va peu à peu voir son corps retrouver sa jeunesse avant de rétrécir à nouveau et de voir son esprit s’étioler, redevant impotent. Une belle fable sur les âges de la vie.

          La nouvelle dont est extraite ce film est courte, trop courte. Bien que passionnante par les idées qu’elle met en avant (le parallèle entre l’enfance et la vieillesse notamment), j’aurais aimé qu’elle prenne plus le temps de les développer pour que tout l’arôme puisse s’en dégager. Dans le film, c’est un peu l’inverse. On eut apprécié plus de concision. C’est long long long. Et malheureusement, les ajouts n’ont pas été faits avec un grand discernement.

          Il y a de plus quelques incohérences dans le déroulement de l’histoire (le personnage principal semble rajeunir plus rapidement que les autres ne vieillissent). Le jeu d’acteur est inégal. Plutôt satisfaisant pour Brad Pitt qu’on a tout de même connu plus en forme, Cate Blanchett insupportable. Un film interminable auquel j’ai pris un plaisir très mitigé. 

Cinéma

Ecrire pour exister, de Ichard LAGRAVANESE

          Comédie dramatique américaine de Richard LaGravenese avec  Hilary Swank, Patrick Dempsey, Ricardo Molina

          Une jeune femme inexpérimentée choisit de débuter sa carrière d’enseignante dans un collège malfamé. Bien vite, elle va perdre ses illusions et se rendre compte que la littérature est bien le dernier des soucis de ces jeunes qui nagent en pleine guerre des gangs. Professeurs et élèves vivent dans deux mondes totalement différents mais elle va tout faire pour tenter d’aller à leur rencontre.

          L’absence de télé m’a permis de regarder quelques uns des DVD que j’avais en stock, dont celui-ci. On a déjà vu ce genre de films très idéalistes de nombreuses fois. Rien de bien original. A la différence près peut-être que celui-ci est tiré d’une histoire vrai. Je n’ai toutefois pu m’empêcher de penser qu’on avait dû en rajouter une couche dans la guimauve en cours de route. Il me semble en effet pour le moins improbable qu’en deux ans ‘aucun de ces jeunes ne se soit rebellé en cours de route, n’ait abandonné, ne soit mort tué par balle… Je reste donc un peu septique sur tout cet amour. Et je suis quasiment certaine que sur le moment les élèves n’étaient pas suivis en permanence par des violons. Cette manie d’en rajouter dans le pathos avec de la mauvaise musique me tape décidément de plus en plus sur les nerfs.

          Mis à part un léger problème de crédibilité (tout se passe trop bien pour sembler réel) dû sans doute à des raccourcis un peu rapides et cette manie de tout noyer dans de la musique mièvre, le film est plutôt prenant. L’histoire est forte. Tout d’abord, les incursions dans le système scolaire américain sont toujours surprenantes. Ensuite, bien qu’un brin idéaliste, cette histoire marche assez bien. La guerre des gangs est abordée d’un point de vue extérieur, en mettant en avant les personnalités de ces adolescents. Malgré les évidents défauts de réalisation (bien trop hollywoodienne pour faire réellement un bon film), ce film demeure assez convainquant et m’a donné envie d’en savoir plus sur l’histoire de ces jeunes. Un film moyen mais une histoire qui fonctionne. Un peu trop mélo mais agréable à regarder.

Cinéma

2 days in New-York, de Julie DELPY

          Comédie française de et avec Julie Delpy, avec Chris Rock et Albert Delpy.

          Marion est une photographe française qui vit à New-York. Jeune maman divorcée, elle vit à présent avec un jeune intello noir (oui, ça a son importance). Quand son père et sa soeur vont venir lui rendre visite pour quelques jours, les ennuis vont commencer.

          Que dire de ce film ? La critique était plutôt bonne, j’y suis donc allée pensant avoir affaire à une comédie gentillette. Et puis il y a Chris Rock dedans et j’aime bien Chrs Roch qu’on ne voit pas assez souvent. Quelle erreur n’ai-je pas faite ! Ce film est d’une nullité qui n’a d’égale que sa connerie.

          Julie Delpy se met en scène, nous montre à quel point elle parle bien anglais, à quel point elle connaît bien New-York et surtout à quel point elle est moins plouc que sa famille bretonne. Imbuvable. Jamais vu une tête à claques pareille. Un film nombriliste, insipide et inutile. Condescendant aussi. La réalisatrice se prend très au sérieux et il n’y a vraiment pas de quoi. Il y a un côté très provinciale parvenue reniant ses racine là-dedans. Sans doute la raison pour laquelle la cririque a apprécié, beaucoup doivent s’y retrouver. je dis NON, NON et NON et encore NON. LE film a éviter.

Culture en vrac

Mars : le bilan

         Voici l’heure du bilan de ce dernier mois. Côté lectures, un mois très réussi. beaucoup de livres lus, dans des styles très différents, que j’ai quasiment tous aimés. Deux se détachent toutefois clairement du lot. Mon coup de coeur du mois est Courir avec des ciseaux, un livre totalement fou qui correspond particulièrement bien à mon humeur joyeuse de ce début de printemps. J’ai également beaucoup aimé La mémoire des vaincus, qui m’a appris bien des choses et ouvert de nouveaux horizons. Deux livres très différents mais qui tous deux correspondent à ce que j’aime le plus dans la littérature (les grandes fresques romanesques et l’humour déjeanté).

         Encore un mois faiblard pour le cinéma. Le film vu en salle que j’ai le plus aimé est Young adult, sur lequel je n’ai pas encore fait d’article. Un choix sans doute surprenant mais je vous expliquerai très vite pourquoi (absence de connexion internet oblige, le rythme de mes lectures et sorties dépasse largement celui de mes publications en ce moment). Loin d’être un coup de coeur, Les adieux à la reine est le film commenté ce mois-ci qui m’a le moins déçue et ressemble le plus à mes yeux à ce qu’on peut attendre du cinéma.

         Du côté des autres sorties culturelles, l’exposition Doisneau à l’Hôtel de Ville m’a totalement séduite. Un accrochage gratuit qui mérite le détour. Pas encore commentée non plus, l’exposition Degas à Orsay, très séduisante malgré une foule des plus désagréable. Un mois plutôt positif donc avec pas mal de sorties : le soleil revient, l’envie de partir à la découverte du monde aussi (enfin de Paris en l’occurrence mais ce n’est déjà pas si mal). On se retrouve dans un mois tout pile pour le résumé du mois d’avril.

Cinéma

Les adieux à la reine, de Benoît JACQUOT

          Film historique franco-espagnol de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen.

          14 juillet 1798. La prise de la Bastille crée un véritable vent de panique à Versailles. Pendant que chacun prépare sa fuite, Marie-Antoinette tente de sauver la jeune femme dont elle s’est amourachée et demande pour cela l’aide de sa jeune lectrice, qui lui voue un véritable culte et serait prête à tout pour lui être agréable.

          Une incursion au coeur de Versailles, au milieu des servantes des grands de ce monde. On est plongé dans cette ambiance survoltée. Entre amitiés et jalousies, les petites mains de la Cour sont les mieux placées pour suivre de près les évènements. Ce film est avant tout très esthétique, avec notamment de beaux costumes. La lumière y est également très belle. Malheureusement, bien qu’on soit au crépuscule de la monarchie, on ne peut pas dire qu’il y ait une action folle…

          J’ai trouvé un peu dommage que la politique soit quasiment absente du film. Les évènements sont vus de loin et restent finalement assez vagues. Le point intéressant était cette amitié pour le moins ambigüe qu’entretenait la reine. Je m’attendais à ce qu’elle soit très présente dans le film (après tout, c’est le sujet), pourtant, elle n’apparaît qu’au second plan. Ca manque de profondeur psychologique et d’émotion (je n’aime pas les violons mais tout de même, là, même la banquise est plus chaleureuse). Un film beau mais froid, qui reste à la surface des choses. J’ai passé un bon moment mais n’en garderai pas un souvenir impérissable.