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Les hauts de Hurlevent

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          Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés.

          Si j’ai réduit un peu réduit le rythme dans ma découverte (ou redécouverte pour certains) des classiques de la littérature, je continue tout de même à en intercaler quelques uns dans mes arrivées de romans contemporains. C’est cette fois à la littérature anglaise que je m’attaque avec les célèbres Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Je ne savais pas au juste à quoi m’attendre – même si j’avais déjà entendu parler de l’histoire bien sûr, et que j’en avais même lu des extraits il y a fort longtemps.

Couverture des Hauts de Hurlevent

          Je dois avouer avoir été un peu déçue par le style. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction mais je l’ai trouvé assez terne. Ca n’a pas très bien vieilli et ça manque un peu de rythme. Mais je m’y suis assez vite habituée. Il faut dire que l’histoire s’avère assez prenante. Les histoires de famille et moi ne sommes pas franchement inséparables mais je dois avouer avoir trouvé dans celle-ci un ton tellement particulier et empreint de désespoir que c’en est tout à fait fascinant. On ne peut s’empêcher de se demander comment les personnages ont bien pu en arriver là.

          Le gros point fort de ce roman, ce sont ses personnages donc, assez atypiques, et surtout qui entretiennent des relations qui le sont encore plus. C’est vraiment un aspect du livre que j’ai adoré et qui est inhabituel pour cette période où tout était quand même assez codifié. Pas étonnant que sur le moment le roman n’est pas rencontré un succès fou. C’est très sombre et dérangeant. S’il y a quelques longueurs – notamment sur la fin – et malgré un style qui manque de fraîcheur, j’ai beaucoup aimé ce roman au thème inhabituel extrêmement bien traité.

Portrait d'Emily Brontë par son frère

Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.

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Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité.

Michel Strogoff, de Jules Verne

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          Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares. Le traitre Ivan Ogareff projette d’entamer l’empire moscovite ! Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk et les communications sont coupées. Comment le prévenir ? Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d’une intelligence et d’un courage quasi surhumains. Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d’une lettre du tsar, en même temps qu’une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l’Anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet…

Couverture de Michel Strogoff

          Classiques toujours. Le dernier de cette première série de (re)découverte des classiques de la littérature. J’avais lu Michel Strogoff étant enfant et j’en gardais un excellent souvenir, j’étais donc très curieuse de le relire avec des yeux d’adultes. Contre toute attente, je me souvenais assez précisément de l’histoire. Je me rappelais d’un roman d’aventure et d’une histoire d’amour et je pensais que si je l’avais lu avec autant de plaisir à 10 ans le style devait être plutôt facile à lire. J’espérais y prendre le même plaisir qu’étant enfant et raviver mes souvenirs.

          Si je ne m’étais pas trop trompée du côté de l’histoire (je me rappelais grosso modo des moments les plus marquants), pour le style j’ai été très étonnée de constater que non, ce n’était pas particulièrement facile à lire. C’est un style classique, parfois pompeux, dans l’ensemble assez lourd et qui a plutôt mal vieilli. Ca manque clairement de mordant et de légèreté. Sans compter qu’il y a des tournures parfois assez alambiquées et du vocabulaire qui m’échappe encore aujourd’hui. Bref, un style très « XIX° ». C’est bien écrit mais ce n’est pas le comble de la modernité. Je suis fort étonnée que ça ne m’ait absolument pas frappée à l’époque et que j’aie trouvé ça tout à fait normal. Comme quoi, les enfants, tant que l’histoire est bien, ça se fiche pas mal de galérer avec le style. J’essaierai de me rappeler devant le prochain bouquin alambiqué que j’étais autrement plus patiente  10 ans…

          Côté histoire, il y a quand même de quoi faire dans ce roman. Il y a un héros qui assure (du genre fort et courageux), il se trouve une acolyte toute faible à protéger (bon, c’est un peu sexiste, ok mais pour l’époque on va dire que ça passe). Ca y va fort sur la péripétie, le méchant très méchant et tout et tout, franchement, c’est génial ! Et en plus ça se passe en Russie avec des tartares, ça fait une occasion de se cultiver un peu. Gros gros plaisir de lecture. Même si ça passerait encore mieux avec un style plus actuel. Un roman d’aventure efficace dont l’écriture a sans doute un peu vieilli et qui m’a permis de me rendre compte à quel point mes goûts en littérature allaient de plus en plus (un peu trop ?) vers la simplicité.

Portrait de Jules Verne

Eh ! Que diable ! Il faut bien bouillir quelquefois ! Dieu nous aurait mis de l’eau dans les veines et non du sang, s’il nous eût voulus toujours et partout imperturbables !

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Michel Strogoff avait le tempérament de l’homme décidé, qui prend rapidement son parti, qui ne se ronge pas les ongles dans l’incertitude, qui ne se gratte pas l’oreille dans le doute, qui ne piétine pas dans l’indécision.

Une Vie de Guy de Maupassant

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          À dix-sept ans, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, elle attend l’amour… Elle a si souvent pressenti le frémissement des cœurs, l’élan des âmes, espéré ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu’il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L’être créé pour elle… Le même écho s’éveille en leurs cœurs.
Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d’alcôves, des désirs d’hommes ? Que sait-elle de l’amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent… Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C’est une vie qui se déroule…

Couverture de Une vie, Le livre de Poche

          Je continue ma série « classiques de la littérature » avec cette fois un roman de Guy de Maupassant. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? un peu par hasard à vrai dire. Je le connaissais de nom mais je n’avais aucune idée de quoi ça pouvait bien parler. Heureusement d’ailleurs que je n’avais pas lu le résumé ci-dessus sinon je n’aurais jamais ouvert ce roman. Si j’ai lu beaucoup de nouvelles de Maupassant, je connais en revanche très mal ses romans. Je garde de Pierre et Jean lu au lycée le souvenir d’un ennui mortel et je comptais bien essayer de me réconcilier avec les romans de l’auteur. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec celui-ci dont je ne connaissais pas l’histoire mais j’espérais retrouver toute la justesse et la noirceur de ses nouvelles. J’ai donc commencé ma lecture dans un bel élan d’enthousiasme (oui, encore).

          Je dois avouer avoir été un peu déçue. Le début est assez « mignon », pour ne pas dire mièvre, avec cette jeune fille naïve qui sort du couvent et tombe amoureuse pour la premier fois avec de grands élans de romantisme. Pas franchement ma tasse de thé (ou ma bolée de cidre en l’occurrence). Comme on s’en doute, l’idylle est de courte durée et tout ça tourne assez mal. Toutefois, si c’est loin d’être tout rose et que ça décrit sans doute très bien l’isolement d’une bourgeoise du XIX° siècle maltraitée par son mari, on ne me pas dire que j’aie éprouvé une énorme compassion pour le personnage que je trouve grosso modo fade et sans intérêt. Les deux sont assez caricaturaux dans leur genre et ce n’est pas franchement évident de s’y reconnaître. Heureusement, le style très maîtrisé et la brièveté de ce roman le rendent agréable à lire et ne permettent pas vraiment d’avoir le temps de se lasser. Si ce livre ne manque pas de qualités, notamment stylistiques, je trouve qu’il n’a pas la force des nouvelles de l’auteur.

Portrait de Guy de Maupassant

On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts.

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Ses relations avec Julien avaient changé complètement. Il semblait tout autre depuis le retour de leur voyage de noces, comme un acteur qui a fini son rôle et reprend sa figure ordinaire. C’est à peine s’il s’occupait d’elle, s’il lui parlait même ; toute trace d’amour avait subitement disparu ; et les nuits étaient rares où il pénétrait dans sa chambre.

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Elle semait partout des souvenirs comme on jette des graines en terre, de ces souvenirs dont les racines tiennent jusqu’à la mort.

Oliver Twist

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          Dans un orphelinat de l’Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d’infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu’au jour où une provocation de trop le pousse à s’enfuir vers Londres. Epuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs.
Couverture d'Oliver Twist de Charles Dickens

          Je continue mon exploration de la littérature classique avec cette fois une histoire réputée sordide. Les premières pages d’Oliver Twist sont un vrai régal. Charles Dickens y fait preuve d’un humour noir qui m’a ravie au plus au point. C’est du grand art. Je ne m’attendais pas à trouver autant de dérision et de mauvais esprit dans ce livre. Cet homme est un génie. Malheureusement, plus l’histoire avance et plus le style prend un tour sérieux. Le second degré pointe bien encore parfois le bout de son nez mais de plus en plus timidement jusqu’à disparaître tout à fait. Cruelle désillusion… J’ai toutefois continué ma lecture, non sans plaisir.

          L’histoire est donc celle d’un petit orphelin, comme chacun sait, placé chez une horrible femme et qui après s’être enfui doit trouver le moyen de survivre seul à Londres. Pas très joyeux, vous en conviendrez. Les rebondissements se succèdent à un rythme effréné avec une crédibilité de plus en plus douteuse. Et surtout, plus ça avance et plus ça vire mièvre… J’ai également trouvé que les personnages étaient bien souvent trop stéréotypés (même si à vrai dire ça leur confère un certain charme). Malgré tout, on se lasse prendre par l’histoire de ce petit garçon si touchant. Si dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture, ce sont toutefois les premières pages qui m’ont le plus convaincue par leur ton grinçant.

Charles Dickens

Le fait est qu’on eut beaucoup de peine à décider Olivier à remplir ses fonctions respiratoires, exercice fatigant, mais que l’habitude a rendu nécessaire au bien-être de notre existence.

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Ton lit est sous le comptoir. Tu n’as pas peur de coucher au milieu des cercueils, je suppose ? D’ailleurs qu’importe que cela te convienne ou non ? Tu ne coucheras pas ailleurs.

Le comte de Monte-Cristo

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          Le comte de Monte-Cristo est un livre sur la vengeance, sur l’argent et l’intelligence. C’est aussi l’histoire d’une métamorphose, celle d’Edmond, un jeune homme vertueux qui après avoir subi une terrible injustice se mue en machine à punir.

          Il y a peu, après presque 2 ans à ne lire quasi que de la littérature ultra-contemporaine (à savoir des romans à peine sortis), j’ai pris la grande décision de faire une pause avec le XXI° siècle et de me remettre aux classiques. Je me suis fait une longue liste de romans qui me tentaient depuis longtemps et que je n’avais jamais ouverts. Ou de livres lus à 10/12 ans et que je voulais redécouvrir adulte. J’ai mis tout ça sur ma liseuse, et c’est parti ! J’ai commencé par le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas père. Un monument de la littérature française, le must du roman d’aventure. Bref, j’avais hâte.

Le comte de Monte Cristo

          J’ai beaucoup aimé le début et ses personnages attachants. Évidemment, le bonheur est de courte durée, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Bon, c’est là que ça se gâte. Assez vite ça en prend un sérieux coup côté crédibilité… Quant au style, il ne va pas franchement en s’améliorant non plus. Le personnage principal semble tout à coup changer totalement de caractère. Je veux bien que la prison vous change un homme mais enfin là on frôle la schizophrénie quand même… Le mec super sympa et attachant du début devient un sacré con imbu de lui-même. Pas du bol, c’est lui le héros, on n’a pas fini de devoir le supporter. Et je peux vous dire que ce n’est pas facile à toutes les pages ! Bon, heureusement, il est aussi devenu riche entre-temps, ça l’a rendu passablement fascinant.

          Le style est souvent assez médiocre, mais surtout, il est extrêmement inégal. Il y a quelques passages de génie et d’autre qui frôlent la littérature de bas étage. Surprenant dirons-nous. Du côté de l’histoire, on ne lésine pas sur les grosses ficelles et les retournements de situation improbables. La crédibilité semble être le dernier des soucis de l’auteur (et on ne parle même pas de la psychologie des personnages à peu près inexistante). Sans compter que c’est parfois pompeux et moralisateur, surtout sur la fin. Bref, c’est à se demander parfois comment ce texte a bien pu devenir un classique. Sauf que malgré tout, c’est terriblement prenant. Ces péripéties à n’en plus finir, ces aventures improbables, ces histoires de vengeance, c’est qu’on y prend goût ! J’ai trouvé à la lecture de ce texte des airs de plaisir coupable. Sauf qu’en plus il est de bon ton de dire en société qu’on l’a lu alors pourquoi s’en priver ?

Portrait d'Alexandre Dumas

Le bonheur est comme les palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir…

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La civilisation nous a donné des besoins, des vices, des appétits factices qui ont parfois l’influence de nous faire étouffer nos bons instincts et qui nous conduisent au mal.